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Le CORAF est une organisation importante qui travaille à améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique de l'Ouest. Les initiatives récentes du CORAF sont un signe prometteur de sa détermination à relever les défis auxquels l'Afrique de l'Ouest est confrontée.

Secteur semencier : comment l'IFC et le CORAF veulent lever les barrières pour les femmes entrepreneures

Publié le : 02/11/2025

Alors que la demande en semences de qualité explose en Afrique de l'Ouest, les femmes entrepreneures qui alimentent ce marché stratégique demeurent largement exclues des circuits de financement traditionnels. Une anomalie que comptent corriger l'IFC (Société Financière Internationale du Groupe Banque mondiale), le CORAF et leurs partenaires à travers un mécanisme financier innovant présenté en marge du Marché des Innovations et Technologies Agricoles au Mali.

« Nous avons la capacité de produire, nous avons les débouchés, mais nous manquons cruellement de moyens pour répondre à la demande », résume Mme Oumou Coulibaly, Présidente du ROCAFES (Réseau Ouest et Centre Africain des Femmes du Secteur Semencier), lors de cette session technique qui a réuni les acteurs clés du secteur. Un cri d'alarme qui traduit l'urgence d'agir dans un contexte où la souveraineté semencière devient un enjeu de sécurité alimentaire pour toute la région.

 

Un secteur semencier en expansion

Le secteur semencier ouest-africain connaît une croissance exceptionnelle. Portée par l'augmentation de la population, l'extension des superficies cultivées et la prise de conscience de l'importance des semences certifiées, la demande ne cesse de grimper. Les femmes, qui représentent une part importante des producteurs et distributeurs de semences se retrouvent pourtant au pied d'un mur financier.

Leurs difficultés sont multiples et interconnectées. L'accès au crédit bancaire classique reste un parcours du combattant : garanties excessives, taux d'intérêt prohibitifs, méconnaissance du secteur par les institutions financières traditionnelles. Résultat : des commandes refusées faute de fonds de roulement, des semences de qualité insuffisante par manque d'équipements, et un potentiel économique considérable qui demeure inexploité.

« Le problème n'est pas la volonté ou la compétence, mais l'inadéquation des outils financiers existants avec les réalités du terrain », analyse M. Youssoupha Sy, représentant de l'IFC, qui a présenté lors de cette rencontre un modèle de financement spécifiquement calibré pour les petites et moyennes entreprises semencières.

 

Plusieurs défis à relever 

La Présidente du ROCAFES a dressé un inventaire précis des obstacles qui freinent le développement des entreprises semencières féminines. Au-delà du financement, les femmes du secteur font face à une cascade de défis structurels qui compromettent leur compétitivité.

Le financement, d'abord. Sans accès au crédit, impossible de préfinancer les campagnes de production, d'acheter des semences de base en quantité suffisante, ou d'investir dans du matériel moderne. Les banques commerciales, peu familières avec les cycles agricoles et les spécificités du secteur semencier, restent frileuses.

La qualité des semences ensuite. Sans moyens techniques et financiers, difficile de respecter les normes de certification, de s'équiper en matériel de triage et de traitement, ou de former le personnel aux bonnes pratiques. Or, dans un marché de plus en plus exigeant, la qualité fait la différence.

Les relations avec les États constituent un autre casse-tête. Les marchés publics de semences, lucratifs mais complexes, demeurent largement dominés par de grandes entreprises disposant de capacités administratives et financières que les PME féminines n'ont pas. Les procédures sont lourdes, les délais de paiement interminables, les cahiers des charges parfois inadaptés.

L'irrigation représente un goulot d'étranglement critique. Si les technologies solaires pourraient transformer la production semencière en permettant des cultures de contre-saison et en sécurisant les rendements, leur coût d'acquisition reste hors de portée pour la plupart des femmes productrices.

S'ajoutent à cela le manque d'infrastructures de stockage – les pertes post-récolte grèvent les marges –, l'accès limité aux intrants biologiques de qualité. 

 

Au-delà du financement, un changement de paradigme

Face à cette réalité, l'IFC propose un mécanisme financier qui se veut disruptif. Contrairement aux prêts bancaires classiques, ce dispositif prend en compte les spécificités du cycle semencier : préfinancement des campagnes, garanties adaptées aux actifs des entreprises agricoles, accompagnement technique en parallèle du financement.

« Notre approche n'est pas de plaquer des solutions financières standardisées, mais de construire des instruments sur mesure qui répondent aux contraintes réelles du secteur », explique M. Sy. L'institution vise particulièrement les entreprises dirigées par des femmes, consciente que leur exclusion financière représente non seulement une injustice, mais aussi un frein majeur au développement agricole régional.

L'IFC ne viendra pas seule. L'Association Africaine du Commerce des Semences (AFSTA), présente à la rencontre, réaffirme son rôle de facilitateur commercial et de défenseur d'un environnement réglementaire favorable aux acteurs privés. Quant au CORAF, il s'engage à renforcer le lien entre recherche et entreprises, tout en poursuivant son appui en matière de renforcement des capacités techniques.

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