Le CORAF est une organisation importante qui travaille à améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique de l'Ouest. Les initiatives récentes du CORAF sont un signe prometteur de sa détermination à relever les défis auxquels l'Afrique de l'Ouest est confrontée.
Face aux ravageurs, l'Afrique de l'Ouest mise sur le biocontrôle pour sauver ses récoltes
Publié le : 09/12/2025
À travers l’Afrique de l’Ouest, ravageurs, maladies et parasites agricoles détruisent chaque année entre 20 et 40 % des récoltes, mettant gravement en danger la sécurité alimentaire de populations déjà vulnérables. Face à cette urgence, une équipe de scientifiques a décidé de prendre le problème à bras-le-corps au travers du projet “BIOCONTROLE”. Lancé il y a un an, ce projet vise à développer des méthodes de lutte biologique capables de protéger les cultures sans recourir aux pesticides de synthèse, dont l'usage intensif pollue les sols et contamine les nappes phréatiques.
Le projet, commissionné par le CORAF via le Programme de résilience du système alimentaire (FSRP) et financé par la Banque Mondiale, ne se limite pas au Togo. Il fédère les universités de Lomé et de Kara, le Centre régional d'excellence Fruits et Légumes du Burkina Faso et le CABI.
Porté par le Centre National de Spécialisation (CNS) - Bioagresseurs de l’Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA), le projet BIOCONTROLE a été initié en vue de prendre en compte la lutte durable contre les maladies des plantes, les ravageurs des cultures.
« Dans notre sous-région, les bioagresseurs, c’est-à-dire les contraintes biologiques à savoir les maladies, les ravageurs font partie des contraintes les plus importantes qui limitent les rendements au champ. Heureusement que nous avons des entomologistes, des phytopathologistes spécialisés pour trouver des solutions à ces types de problèmes », explique Dr TEDIHOU Ekanao, Coordonnateur du CNS Bioagresseurs.
Début décembre, une vingtaine de chercheurs se sont réunis à Atakpamé au Togo pour dresser le bilan de la première année d'activités du projet. Au programme : treize présentations scientifiques couvrant un large spectre de travaux — de l'identification de champignons antagonistes capables de neutraliser les agents pathogènes, à l'étude de prédateurs naturels des insectes ravageurs. De même, une feuille de route a été affûtée pour les deux prochaines années restantes du projet.
« Les présentations ont été remarquables. Les chercheurs se sont véritablement impliqués dans les activités ciblées. Des recommandations ont été formulées pour affiner les protocoles expérimentaux et harmoniser les méthodologies entre institutions partenaires. », s'est félicité le Pr Wolali Nyamador, entomologiste et chef du département de zoologie de l'Université de Lomé, qui présidait les travaux.
Pour le Dr Eyanawa Akata Atchozou, directeur scientifique de l'ITRA, « l'enjeu dépasse le cadre strictement agronomique. Dans le contexte actuel de variabilité climatique, marqué par la prolifération des phytopathologies et des insectes ravageurs, nous devons proposer des solutions qui permettront au CORAF d'adresser ce problème à l'échelle régionale », a-t-il rappelé lors de l'ouverture de l'atelier.

Au-delà de la validation scientifique des méthodes de lutte biologique, l'enjeu des prochains mois est de traduire ces résultats en outils concrets, accessibles et appropriables par les producteurs. « Les méthodes développées par le projet seront déployées dans la zone d'intervention du CORAF. Pour les petits exploitants , l'enjeu est existentiel. Moins de pertes, c'est plus de revenus. Des méthodes naturelles, c'est moins de dépenses en intrants chimiques importés », confirme Dr Niéyidouba LAMIEN, Gestionnaire de Programmes au CORAF et Coordinateur de la composante 2 du FSRP.
Le projet BIOCONTROLE s'étend sur trois ans. À l'issue de cette première phase, les chercheurs ont consolidé leurs acquis et élaboré une feuille de route pour les deux années restantes. L'objectif : être en mesure de proposer aux agriculteurs des solutions concrètes et reproductibles contre les fléaux qui déciment leurs récoltes, à commencer par le flétrissement bactérien de la tomate et les nématodes à galles.
« Nous avons encore besoin de l'appui des bailleurs pour poursuivre les travaux dans de bonnes conditions », a souligné le Pr Nyamador. Un appel qui résonne alors que la question du financement de la recherche agricole africaine reste un défi majeur.
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