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Le CORAF est une organisation importante qui travaille à améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique de l'Ouest. Les initiatives récentes du CORAF sont un signe prometteur de sa détermination à relever les défis auxquels l'Afrique de l'Ouest est confrontée.

CORAF: Comment les parcs de technologies et d'innovations agricoles rapprochent les solutions des producteurs

Publié le : 20/01/2026

Face au défi de nourrir une population en forte croissance, le CORAF a déployé un réseau de dix parcs de technologies et d'innovations agricoles dans huit pays. Du Sénégal au Tchad, en passant par la Sierra-Léonne, le Mali, le Burkina-Faso, le Niger, le Ghana, et le Togo, dix parcs de technologies et d'innovations agricoles sont en train de transformer la manière dont les innovations éprouvées parviennent aux paysans. Une réponse concrète à l'un des paradoxes les plus cruels de la région : disposer de technologies agricoles performantes sans parvenir à les diffuser massivement.

Selon une note technique publiée en décembre 2025 par le CORAF, ces parcs ont démontré 557 technologies et innovations en 2024. Des variétés de maïs résistantes à la sécheresse aux techniques d'élevage améliorées, en passant par des équipements de transformation post-récolte : l'éventail couvre l'ensemble de la chaîne de valeur agricole.

Des vitrines vivantes de l'innovation

« Les parcs de technologies et d'innovations agricoles  sont des vitrines vivantes où les producteurs, les entreprises et les décideurs peuvent voir, toucher et comprendre les technologies avant de les adopter. Contrairement aux approches traditionnelles de vulgarisation, nous créons un espace de rencontre entre ceux qui développent les innovations et ceux qui peuvent les diffuser à grande échelle. » explique Dr Niéyidouba Lamien, gestionnaire de programme au CORAF et coordinateur de la composante 2 du Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l'Ouest (FSRP) qui apporte une part importante dans le financement des parcs dans les pays de mise en oeuvre du FSRP. 

L'initiative répond à un constat alarmant. En Afrique de l'Ouest, l'agriculture emploie près de 70 % de la population active, mais les rendements restent parmi les plus faibles au monde. La dégradation des sols, le changement climatique et l'insuffisance de semences améliorées freinent la productivité. Pendant ce temps, les centres de recherche accumulent des technologies éprouvées qui ne franchissent jamais les portes des laboratoires.
 

QUELQUES CHIFFRES CLÉS

10 parcs technologiques dans 8 pays (Bénin, Burkina Faso, Ghana, Mali, Niger, Sénégal, Sierra Leone, Tchad, Togo)

557 technologies démontrées en 2024

6 527 visiteurs, dont 40 % de femmes

52 accords de partenariat signés avec le secteur privé

 

Le secteur privé et les jeunes au cœur du dispositif

L'un des résultats les plus significatifs de l'année 2024 réside dans l'engagement massif du secteur privé. Sur les 81 organisations ayant manifesté leur intérêt, 52 ont formalisé des partenariats avec les instituts nationaux de recherche. Parmi elles, 70 % sont des acteurs privés : entreprises semencières, associations de producteurs, transformateurs agroalimentaires et médias spécialisés.

« Pour la première fois, nous voyons des entreprises semencières venir directement dans nos centres pour signer des accords de multiplication », se réjouit un responsable du Centre de recherche agricole du Burkina Faso, où 22 partenariats ont été conclus. « La demande en semences de base a déjà augmenté. C'est le signe que le mécanisme fonctionne. »

Cette dynamique est d'autant plus remarquable qu'elle intervient dans un contexte régional difficile. Au Mali, au Burkina Faso et au Niger, l'instabilité sécuritaire complique les activités agricoles. Pourtant, les parcs de technologies et d'innovation agricoles continuent de fonctionner, offrant aux populations rurales un accès aux innovations susceptibles d'améliorer leur résilience.

Au-delà de la diffusion technologique, les parcs jouent un rôle croissant dans la formation de la jeunesse. En 2024, 25 jeunes entrepreneurs agricoles issus de six pays ont bénéficié d'un accompagnement spécifique dans le cadre du programme « Jeunes dans l'agribusiness ». Une réponse au défi démographique : l'Afrique de l'Ouest et du Centre possède les populations les plus jeunes du continent, et l'agriculture demeure le premier pourvoyeur d'emplois potentiels.

« Ces parcs sont devenus des incubateurs naturels pour la prochaine génération d'agripreneurs. Les jeunes y découvrent des opportunités concrètes et acquièrent des compétences qu'ils pourront valoriser dans leurs propres entreprises. », souligne Dr Caroline Makamto Sobgui, spécialiste de la mise à l'échelle au CORAF et première auteure de la note technique. 

 

 

Un modèle à consolider

Le dispositif n'est pas exempt de défis. La note technique identifie six conditions préalables au succès des parcs : 

  • une équipe multidisciplinaire, 
  • une sélection rigoureuse des technologies, 
  • un ancrage institutionnel solide, 
  • un suivi-évaluation continu, 
  • une communication stratégique et 
  • un environnement favorable aux partenariats.

Autant d'exigences qui supposent des investissements humains et financiers conséquents. La question de la pérennité se pose également. Les parcs sont actuellement financés par plusieurs programmes internationaux — le Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l'Ouest (FSRP) de la Banque mondiale, et le projet TARSPro de la Coopération suisse. Leur maintien au-delà de ces financements dépendra de la capacité des institutions nationales à développer des modèles économiques autonomes, notamment par la vente de services et de semences.

Malgré ces incertitudes, les premiers résultats sont encourageants. En démontrant que la recherche agricole  peut nouer des partenariats productifs avec le secteur privé, les parcs de technologies et d'innovations agricoles ouvrent une voie prometteuse pour combler le fossé historique entre laboratoires et champs. Une transformation d'autant plus urgente que la région de l'Afrique de l'Ouest et du Centre devra doubler sa production alimentaire d'ici 2050 pour nourrir sa population.

 

POUR ALLER PLUS LOIN

La note technique complète « Requisites and procedures for establishing and managing agricultural Technology Parks » est disponible sur le site du CORAF. 

Tag : Recherche,Actualités,FSRP

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