Le CORAF est une organisation importante qui travaille à améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique de l'Ouest. Les initiatives récentes du CORAF sont un signe prometteur de sa détermination à relever les défis auxquels l'Afrique de l'Ouest est confrontée.
Au Togo, la recherche agronomique mise sur les jeunes pour combattre la malnutrition
Publié le : 12/01/2026
L'Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA) forme une nouvelle génération d'entrepreneurs aux techniques de production de farines enrichies. Un programme soutenu par le CORAF et la CEDEAO qui ambitionne de créer des emplois tout en améliorant la sécurité alimentaire.
Dans la salle de formation du centre de Tsévié, à une trentaine de kilomètres au nord de Lomé, Yawavi Assou ne perd pas une miette des explications. Cette cuisinière-pâtissière de formation, venue avec son nourrisson, prend des notes méticuleuses sur les techniques de fabrication des farines enrichies. « À la fin de cette formation, je pourrai préparer de la bonne bouillie pour mon bébé, mais aussi en commercialiser auprès d'autres mères », confie-t-elle, déjà tournée vers l'avenir.
Comme elle, cinquante jeunes Togolais – dont 33 femmes et trois mères allaitantes – ont participé, du 15 au 19 décembre 2025, à la première session d'un cycle de formations organisé par l'Institut togolais de recherche agronomique (ITRA), en partenariat avec le CORAF et la Commission de la CEDEAO.
Cette initiative, qui s’appuie sur les programmes de formation des jeunes développés par le CORAF avec les instituts nationaux de recherche agricole avec le financement de la CEDEAO, permettra de renforcer l’accompagnement technique et pratique des jeunes. Grâce à des formations structurantes et adaptées aux besoins du marché, les jeunes bénéficiaires seront mieux outillés pour saisir des opportunités professionnelles tout au long des chaînes de valeur agro-sylvo-pastorales et halieutiques
Au Togo, l'objectif de cette série de formations est de transférer aux jeunes les technologies développées dans les laboratoires et centres de recherche de l'ITRA pour en faire des entrepreneurs capables de produire et commercialiser des farines infantiles de qualité. Ces produits, enrichis en fer, zinc et vitamine A grâce à l'utilisation de variétés biofortifiées de maïs, de soja et de patate douce, constituent une réponse locale à un fléau qui touche encore trop d'enfants ouest-africains.
« Les compétences que vous allez acquérir ici sont concrètes, opérationnelles et immédiatement valorisables », a souligné le Dr Kokou Voemesse, représentant du directeur général de l'ITRA, lors de l'ouverture de la session. Avant d'ajouter : « Vous deviendrez des ambassadeurs de l'innovation agricole issue de la recherche togolaise. »
Pendant cinq jours, les participants ont alterné cours théoriques et travaux pratiques au sein de l'unité de production Nutrimix de l'ITRA. Au programme : techniques de transformation des céréales biofortifiées, normes d'hygiène alimentaire, mais aussi initiation à l'entrepreneuriat et rédaction de plans d'affaires – un volet indispensable pour transformer ces savoir-faire en activités économiques viables.

Pour Monfaye Nikabou, participante à la formation, cette formation représente bien plus qu'un simple complément à son cursus universitaire. « Mes compétences en marketing combinées aux connaissances acquises ici vont me permettre de créer ma propre marque de farines de qualité », projette-t-elle. Une ambition entrepreneuriale teintée d'engagement : « Je pourrai ainsi contribuer à résoudre des problèmes de santé publique. ». Cette articulation entre création d'emplois et impact social est au cœur de la philosophie du programme. Alors que le chômage des jeunes demeure l'un des défis majeurs de la sous-région, l'initiative entend démontrer que la recherche agronomique peut être un levier de développement économique inclusif.
Kossi Edem Zozo, un autre participant, se dit « agréablement surpris de constater que la Commission de la CEDEAO prend à cœur le problème du chômage des jeunes de la région ». Un sentiment partagé par l'ensemble des bénéficiaires, qui voient dans cette formation « une opportunité porteuse d'espoir », selon les organisateurs.
Cette première session s'inscrit dans un programme plus large qui prévoit deux autres formations dans les mois à venir au Togo et dans les autres pays bénéficiaires. L'ITRA, qui a développé les variétés biofortifiées utilisées comme matières premières, dispose ainsi d'un vivier de futurs producteurs formés à ses technologies. Le modèle fait actuellement école dans d'autres pays de la région. Car au-delà du Togo, c'est toute l'Afrique de l'Ouest qui fait face au double défi de la malnutrition infantile et de l'insertion professionnelle des jeunes. En misant sur le transfert de technologies de la recherche vers l'entrepreneuriat, le programme ITRA-CORAF-CEDEAO trace une voie qui conjugue innovation scientifique et impact social.
Depuis 2022, le CORAF, à travers les institutions nationales de recherche agricole et les centres nationaux de spécialisation, a déjà formé plus de 400 jeunes grâce à un premier financement de la CEDEAO, sur diverses opportunités professionnelles couvrant les différents maillons des chaînes de valeur agro-sylvo-pastorales et halieutiques.
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