Le Ministre cap-verdien de l’agriculture appelle à conjuguer les efforts pour lutter contre la CLA

La dangerosité de la chenille légionnaire d’automne (CLA) n’est plus un secret pour les parties prenantes du secteur agricole en Afrique de l’Ouest et du Centre. 

Couplée à d’autres facteurs tels que le changement climatique, la CLA est responsable d’énormes pertes économiques, surtout pour les petits exploitants agricoles.

Pour citer l’exemple de son pays, le Cap Vert, Son Excellence M. Gilberto SILVA, Ministre de l’agriculture et de l’environnement, fait savoir que la CLA est un grand défi pour la sécurité alimentaire et pour l’amélioration des conditions de vie des agriculteurs, car elle attaque certaines cultures qui constituent la base économique et culturelle de l’agriculture familiale au Cap-Vert.

« Les îles de Santiago, Fogo, Santo Antão et São Nicolau ont, en moyenne, plus de 95% de leur superficie couverte de maïs et de haricot. Le maïs joue donc un rôle important dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle de nombreuses familles rurales », a-t-il affirmé.

En outre, la CLA a une vitesse de propagation et une capacité de multiplication impressionnantes.

La FAO renseigne par exemple que l’insecte au stade ailé peut parcourir cent (100) kilomètres en une seule nuit, voire plus, si le vent est favorable, ce qui facilite sa rapide propagation à travers l’Afrique sub-saharienne.  

Il est donc d’une évidence triviale qu’un pays ne peut à lui seul lutter contre ce fléau et réussir.

« Ensemble, nous sommes toujours plus forts et nous pouvons accélérer une action concertée pour lutter contre la chenille légionnaire d’automne », a déclaré le Ministre Gilberto SILVA.

« Les ravageurs sont de nos jours une menace transfrontalière. Une réponse d’ensemble dans la lutte contre les ravageurs a plus de chance de réussir et d’avoir un impact massif et tangible sur les petits exploitants, pour les soulager du stress des pertes liées à ces ravageurs et améliorer leurs revenus », soutient Dr Ousmane NDOYE, Coordonnateur au CORAF du projet “Anticiper et gérer les risques biologiques pour renforcer la résilience des agriculteurs au changement climatique en Afrique de l’Ouest et du Centre” (BIORISKS).

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Pour stimuler cette action concertée, le CORAF organise du 13 au 17 juin 2022 à Praia (Cap Vert), la deuxième itération d’un atelier de renforcement des capacités des spécialistes en protection végétale d’Afrique de l’Ouest et du Centre, en matière de lutte intégrée contre la CLA et les autres risques biologiques.

Le Ministre SILVA a lancé son appel à mutualiser les efforts, à l’occasion du lancement de l’atelier de Praia. 

L’atelier a enregistré la participation d’environ trente (30) experts.

Il vise principalement à partager les expériences des pays sur les stratégies de gestion durable de la CLA, accroître la sensibilisation sur la CLA et ses effets néfastes sur l’agriculture et fournir aux experts, une base solide pour une stratégie de communication efficace pour la lutte intégrée contre la CLA et d’autres risques biologiques émergents liés à la production agricole.

Il est organisé dans le cadre de deux projets mis en œuvre par le CORAF : le projet BIORISKS —financé par l’Union européenne— et le programme de Partenariat pour la recherche, l’éducation et le développement agricoles en Afrique de l’Ouest (PAIRED) —financé par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID).