Bientôt une unité moderne de fabrication de Kilichi au Niger

Soly Abdoulaye est un jeune Nigérien bénéficiaire de l’appui du PPAAO-Niger et du PRODEX (Projet de Développement des Exportations des Produits Agro-pastoraux) en vue de mettre en place une unité moderne et semi industrielle de production du Kilichi. Le Kilichi ou viande séchée occupe une place de choix au Niger et dans la sous-région. Rares sont ceux qui viennent à Niamey sans en gouter ou sans en emporter quelques kilos.

Titulaire d’une maitrise en économie et en gestion d’entreprises, Soly est né à Tessaoua à quelques 700 km de Niamey. Cette localité est reconnue depuis longtemps pour la qualité et la saveur de son Kilichi. Soly connait donc parfaitement le terrain sur lequel il s’est engagé. Son unité moderne et semi industrielle de production de Kilichi est entrain de se mettre progressivement en place grâce à la synergie entre le PPAAO et le PRODEX et son apport personnel. Une fois opérationnelle, cette unité va impulser une véritable révolution et une innovation dans ce secteur. A l’heure actuelle, au niveau de l’unité de fabrication de Kilichi, les choses sont presque fin prêtes. Le bâtiment de l’usine est prêt à être utilisé, le matériel est entrain d’être installé et la production va incessamment démarrer.

Ce projet, Soly l’avait en poche, lorsqu’il a été invité en 2006 par la Banque Mondiale à une foire sur « la jeunesse, l’entreprenariat et l’innovation » organisée à Bamako au Mali. C’était une invite aux  jeunes porteurs de projets innovants susceptibles de créer de  la richesse et de l’emploi. Son plan d’affaires sur la modernisation de la production et de la commercialisation du Kilichi du Niger bien ficelé avait été primé. Dès après 5 ans de vaines tentatives auprès de plusieurs Banques de la place en quête d’un financement, il apprend courant 2011 que le PRODEX appuie les acteurs de ce secteur. Présenté aux responsables, son projet séduit et le PRODEX s’engage pour 30 millions de FCFA sur un total de 68 millions. L’apport personnel de M. Soly étant évalué à 19 millions, il reste encore un gap de 18 millions. Retour auprès des Banquiers. Après un an de négociation infructueuse avec la Banque Régionale de Solidarité (BRS), Soly découvre le PPAAO et les opportunités qu’il offre.  Le PPAAO aussi est séduit et prend en charge le gap de 18 millions.

Mais d’où vient cette ingénieuse idée de M. Soly ? En tant qu’ancien membre du Comité de Pilotage du Programme Qualité UEMOA, Soly a mesuré toute la dynamique autour du Kilichi du Niger. Il a aussi compris l’opportunité qui existe dans ce secteur de transformation de la viande. Grâce à l’appui du Ministère du Commerce, il a initié une production pilote de Kilichi à des fins d’analyses microbiologiques au LANSPEX (Laboratoire d’Analyse des Produits et d’Expertise). Résultat, le Kilichi produit dans de bonnes conditions d’hygiène et de salubrité est exempt de tout germe et de tout problème de santé. Son ambition est de contribuer à la création d’emplois et participer à l’exportation des produits issus de cette activité. Avec l’unité de production du Kilichi, Soly compte démarrer avec 14 emplois directs. Dans la convention signée avec le PPAAO-Niger, il est prévu la mise en œuvre d’une plateforme d’encadrement des stagiaires et des chercheurs, et la formation des producteurs de Kilichi sur les normes d’hygiène et de sécurité sanitaire. L’entreprise doit être également une sorte d’incubateur de connaissances pour des étudiants en master ou en thèse qui désire faire des recherches sur le Kilichi.