A la rencontre des productrices de la variété de manioc «Bocou 1»

Plus connue pour ses activités sur la culture et la transformation de palmier à huile, la localité de Yassap-Usine s’inscrit désormais dans la dynamique de la sécurité alimentaire à travers le groupement de femmes dénommé « AWANE », engagé dans la culture du manioc. Mme KOUAKOU Elisabeth, Présidente du groupement AWANE (Yassap usine) situé à 15km dans le département de Dabou nous parle du groupement ainsi que du changement opéré dans leur vie quotidienne depuis l’avènement du PPAAO/WAAPP.

« Notre groupement a été créé depuis 2007 avec à son actif 30 femmes. A la création, plusieurs activités de production de maraichers (Tomate, Choux…) ont été entreprises. Ces activités n’ont pas connu le succès escompté. Face à cette situation, nous avons décidé de suspendre nos activités. Depuis que les activités ont été suspendues, seulement 10 femmes sont restées au sein du groupement. Avec l’avènement du PPAAO /WAAPP en 2011, le groupement a décidé d’intégrer le projet afin de reprendre ses activités. Nous avons sollicité l’Agence Nationale d’Appui au Développement Rural (ANADER), structure de vulgarisation impliquée dans la mise en œuvre des activités du PPAAO /WAAPP, afin de fournir au groupement des boutures de manioc de variétés améliorées.

La variété BOCOU 1 a été fournie au groupement pour la conduite d’une parcelle de multiplication de boutures sélectionnées de manioc. Avec ces boutures, nous avons mis en place une première parcelle de 0.07 hectare de parc à bois compte tenu de la pression foncière. Sur la parcelle de 0.07 hectare, nous avons récolté 3 tonnes de tubercules de manioc. Ces tubercules ont été vendus à 150 000 FCFA et utilisé la deuxième partie des boutures pour faire une nouvelle parcelle de manioc de 0.35 hectare.

En fait, nos enfants sont inscrits dans une école située à 3 km de Yassap-usine. Les revenus enregistrés sur cette première parcelle de manioc, nous ont permis de contribuer à hauteur de 27 000 FCFA au fonctionnement de la cantine scolaire de cette école. Grace à cette contribution, nos enfants ont bénéficié pendant l’année scolaire des repas de midi.

Nous subvenons, également à nos besoins et appuyons par moment nos époux sur le plan financier.

Aujourd’hui, nous pouvons dire que le PPAAO/WAAPP a permis de faire renaitre l’espoir au sein de notre groupement. Nous ferons bientôt la récolte de la deuxième parcelle mais déjà, nous allons faire la livraison d’une commande de boutures de manioc de 3 hectares qui va nous rapporter 150 000FCFA.Nous avons également sollicité l’ANADER pour bénéficier d’une formation sur la transformation du manioc en attiéké. Cette formation est attendue avec beaucoup d’impatience par les membres du groupement car elle nous permettra de mieux rentabiliser nos parcelles ».