Comment le bétail du Niger s’adapte t-il au Mali?

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Les éleveurs d’Afrique de l’Ouest se tournent de plus en plus vers la chèvre rousse de Maradi et les moutons ‘’Balami’’, deux races de caprins et d’ovins très appréciées au Niger, et dont les recherches scientifiques ont prouvé qu’elles s’adaptent mieux au changement climatique et comportent une grande richesse sur le plan génétique.

Dans le cadre du Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO), l’un des programmes agricoles les plus performants de la region, les pays d’Afrique de l’Ouest ont intensifié leur cooperation non seulement dans le domaine de la recherche agricole, mais aussi en matière de transfert de technologies innovantes.

Ces transferts de technologies ont permis aux populations éleveurs pauvres du Mali et d’autres pays d’augmenter leurs revenus, tout en trouvant des ressources alimentaires additionnelles pour elles.

En 2016, l’IER, l’Institut d’Economie Rurale, principal institut de recherche agricole du Mali a importé environ 1000 moutons ‘’Balami’’ du Niger, qui ont été distribués aux éleveurs dans les regions de Koulikoro, Ségou et Mopti. L’objectif principal de cette initiative était de renforcer la résilience des éleveurs au Mali et d’améliorer la chaîne de valeur mouton et de l’élevage en général.

Des millions d’agriculteurs au Mali considèrent les petits ruminants comme leurs premières sources de revenus de subsistance. L’élevage de petits ruminants est considéré comme une activité génératrice de revenus à part entière et s’avère même capital dans la lute contre la pauvreté et la malnutrition en milieu rural, selon le Programme de recherche CGIAR sur l’élevage et le poisson.

À Bla, une localité située à environ 400 kilomètres à l’Est de la capitale malienne, Bamako, un groupe de 10 femmes a reçu la nouvelle race de moutons venue du Niger. Après environ 18 mois d’élevage du ‘Balami’, de nombreux indicateurs soulignent que les revenus des éleveures progressent et cette activité améliore leurs conditions de vie.

Rahat Domboua, 31 ans, de Bla, au Mali, est une mère au foyer. Elle est l'une des premières à adopter l'espèce de mouton 'Balami' du Niger. Avec une sécurité financière accrue résultant de l'élevage 'Balami', elle peut maintenant mieux soutenir ses deux filles et sa famille. Photo / CORAF
Rahat Domboua, 31 ans, de Bla, au Mali, est une mère au foyer. Elle est l’une des premières à adopter l’espèce de mouton ‘Balami’ du Niger. Avec une sécurité financière accrue résultant de l’élevage ‘Balami’, elle peut maintenant mieux soutenir ses deux filles et sa famille. Photo / CORAF

« Je suis essentiellement une femme au foyer, l’élevage des Balami est ma principale activité économique. Quand j’en ai deux par exemple, j’en vends un et j’utilise l’argent pour résoudre mes problèmes’’. dit Mme Domboua

Bien que le Mali et le Niger sont des pays voisins et partagent les mêmes réalités environnementales, le transfert du bétail d’une zone écologique à une autre à l’échelle d’un pays à un autre, peut poser des défis considérables.

‘’L’adaptation de cette race a été difficile, non seulement leurs besoins alimentaires sont énormes, mais, nous avons du également faire des efforts supplémentaires pour les soigner du point de vue nettoyage et vaccination’’ ajoute Mme Domboua.

Néanmoins, pour cette mère de famille de deux enfants de 31 ans, la nouvelle race de moutons est relativement meilleure que les précédentes espèces qu’elle possédait.

‘’Le Balami occupe une place de plus en plus importante dans la vie des éleveurs par rapport aux autres espèces locales.Sa viande est tendre et les gens l’apprécient énormément. Les clients se ruent dessus à chaque fois que j’amène de la viande à vendre au marché’’ souligne Mme Domboua.

L’élevage a une valeur culturelle importante et représente une source de subsistence considerable pour des millions de familles au Mali et en Afrique de l’Ouest en général.

Environ cinq millions de personnes sont des éleveurs au Mali dont la plupart sont des femmes selon Programme de recherché CGIAR sur l’élevage et le poisson.

Quant au groupe de femmes de Bla au Mali, leur ambition est d’étendre leurs activités malgré les difficultés liées à l’accès au credit.

‘’Nous approchons maintenant de la Tabaski, la plus grande fête musulmane. Si nous avions suffisamment de ressources financières, nous aurions développé notre activité pour répondre à la demande croissante de moutons, ce qui nous aurait permis également de faire beaucoup de profits et d’aider nos familles’’ explique une éleveure.

Les dix femmes qui élèvent des ‘’Balami’’ à Bla ont créé une association dans laquelle elles contribuent modestement à hauteur de 500 FCFA (1 USD) par mois. Elles épargnent de l’argent à la banque en espérant que lorsque leur capital deviendra important, elles pourront l’utiliser comme caution en vue d’obtenir un credit afin de developer leur entreprise d’élevage de moutons.

Le Niger abrite le Centre National de Spécialisation sur le bétail et viande en Afrique de l’Ouest.

La chèvre rousse de Maradi produit au CNS bétail et viande a été exportée au Mali, au Sénégal, en Guinée, en Côte d’Ivoire et dans d’autres pays de la région.

Les experts affirment que les prix de cette espèce deviennent plus intéressants avec sa capacité d’adaptation à de nouveaux environnements, sa résistence aux changements climatiques, en plus ses qualités nutritives reconnues.

Dans de nombreuses communautés où elle a été adoptée, y compris à Bla, nombreuses sont les preuves qui montrent sa contribution réelle à la reduction de la pauvreté, à l’alimentation et à la sécurité nutritionnelle des petits éleveurs.

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