« Le riz de l’Afrique de l’Ouest doit pouvoir rivaliser avec le riz importé », Dr. Abdoulaye Touré

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L’augmentation de la production locale de riz peut être l’une des solutions à la réalisation de l’autosuffisance dans cette denrée souhaitée par la plupart des pays africains. Mais le riz de qualité capable de concurrencer avec un avantage comparatif la variété importée, semble être la solution durable.

«Notre chaîne de valeur du riz doit être mieux intégrée et capable de rivaliser avec le riz importé en termes de qualité», explique le Dr Abdoulaye Touré, Economiste Principal, Chef de file du PPAAO à la Banque Mondiale.

« Notre expérience avec le Programme de Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO) nous a montré qu’il ne suffit pas d’augmenter la production locale de riz et de penser qu’elle remplacera le riz importé », a déclaré le Dr Abdoulaye Touré au cours d’un atelier de consultation sur la compétitivité comparée du riz, au cours de laquelle des leçons ont été tirées de l’expérience du riz en Asie afin d’améliorer la compétitivité de celui d’Afrique de l’Ouest.

Au cours de la réunion de consultation tenue récemment à Abidjan et organisée conjointement par AfricaRice, la Banque Mondiale et le CORAF, les participants ont appris que la réussite du riz asiatique repose sur un engagement fort des pays, un environnement politique propice, des investissements à long terme dans les infrastructures et la recherche et une approche axée sur le marché.

Les autres facteurs de succès du riz asiatique sont les suivants:

  • La professionnalisation des acteurs de la chaîne de valeur;
  • Des organisations paysannes fortes;
  • L’utilisation de variétés à haut rendement et la mécanisation;
  • Système de soutien au crédit;
  • La création de débouchés pour la production nationale;
  • La participation du secteur privé à l’approvisionnement en intrants;
  • Création d’un secteur privé engagé;
  • Mécanismes d’assurance qualité;
  • Création de Labels et activités de promotion;
  • Systèmes d’approvisionnement et de distribution administrés.

Le Directeur Général d’AfricaRice, M. Harold Roy-Macauley, a pour sa part déclaré au cours de cette même rencontre que, « la chaîne de valeur du riz en Asie a subi une transformation rapide, et elle est maintenant hautement intégrée et organisée ».  Il a exhorté les pays d’Afrique de l’Ouest à « identifier les stratégies en amont, intermédiaires et en aval de l’Asie, qui pourraient être applicables localement, pour rendre leurs chaînes de valeur riz compétitives et transformatrices, afin qu’elles puissent contribuer efficacement à la sécurité alimentaire dans la sous-région ».

Le riz est l’un des principaux aliments de base pour la plupart des 430 millions de personnes vivant en Afrique de l’Ouest et du Centre.

Des leçons ont été tirées de l’atelier et devraient nourrir un programme d’agriculture plus transformateur pour l’Ouest et le Centre, actuellement en cours d’élaboration.

A noter que les importations annuelles totales de produits alimentaires en Afrique sont estimées à 35 milliards de dollars Us et devraient atteindre 110 milliards de dollars Us d’ici à 2025. Malgré les améliorations de la production locale de riz, il n’est toujours pas en mesure de couvrir les besoins de la région.

Recommandations de l’atelier pour améliorer la chaîne de valeur riz local

Politique: Les gouvernements d’Afrique de l’Ouest devraient soutenir le développement continu de la chaîne de valeur riz en mettant l’accent sur l’élaboration et la mise en œuvre de politiques publiques adéquates et d’infrastructures de base améliorées telles que les installations d’irrigation et de stockage.

Production: L’établissement de groupes d’agriculteurs dans diverses zones agro-écologiques qui produiraient moins (maximum de deux à cinq) variétés de riz préférées capables de conquérir les marchés lucratifs urbains, régionaux et internationaux.

Stratégie de commercialisation: La classification du riz usiné de qualité en Afrique de l’Ouest, visant à cibler différents marchés avec des prix différents, devrait être encouragée. Le commerce transfrontalier du riz paddy qui permet à d’autres pays de le transformer et d’ajouter de la valeur devrait être étudié.

Données: Le travail en cours sur le CIPRiSSA, impliquant la collecte et l’analyse de données crédibles pour orienter les investissements dans la chaîne de valeur du riz en Afrique de l’Ouest, devrait être maintenu.

Diverses initiatives visant à améliorer la chaîne de valeur riz dans chaque pays devraient s’aligner sur la stratégie nationale de développement du riz. Cela pourrait être facilité par la mise en place du Système d’appui à l’accélération de l’autosuffisance en riz en Afrique (SSARSSA) proposé par AfricaRice. Le SSARSSA aidera à étendre les études de la CIPRiSSA à d’autres pays et à soutenir l’autosuffisance en riz en Afrique.

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