Lutte contre les ravageurs et les maladies en AOC : Le plan d’action du CORAF

« La propagation des ravageurs et des maladies transfrontaliers des plantes a considérablement augmenté, affectant les cultures vivrières, causant des pertes importantes aux agriculteurs et menaçant la sécurité alimentaire », a déclaré Dr Emmanuel NJUKWE, Directeur de la Recherche et de l’Innovation du CORAF. 

Dr NJUKWE s’exprimait ainsi lors d’un forum public organisé sous un format hybride à Accra (Ghana) et en ligne, par le projet “Accélérer les impacts de la recherche climatique du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale —GCRAI— pour l’Afrique (AICCRA)”.

Organisé sous le thème “Libérer le potentiel des innovations et des financements inclusifs et adaptés au climat pour des cultures, un environnement et des populations plus sains”, le forum poursuivait entre autres objectifs, la mise en place d’une alliance régionale pour soutenir le Programme de résilience du système alimentaire (FSRP), à travers le co-développement d’une stratégie totalement intégrée pour la gestion des risques biologiques liés au climat en Afrique de l’Ouest.

C’est dans ce cadre, que le Directeur de la Recherche et de l’Innovation du CORAF a exposé le programme du CORAF sur les ravageurs et les maladies ainsi que les plans de l’organisation, en vue de l’établissement d’une alliance régionale.

« À travers ses interventions, le CORAF aide les agriculteurs à mieux contrôler et gérer les ravageurs et les maladies en Afrique de l’Ouest et du Centre. Il fournit une assistance technique aux Systèmes nationaux de recherche agricole pour établir des approches de surveillance efficaces, des procédures de gestion intégrée, et pour assurer la formation des agriculteurs, la sensibilisation et le renforcement des capacités, tout en renforçant les liens entre les parties prenantes et en promouvant la collaboration régionale », a expliqué Dr NJUKWE.

Le CORAF met actuellement en œuvre, une myriade de projets visant à juguler les effets du changement climatique et lutter contre les ravageurs et les maladies.

Ces projets comprennent le projet “Anticiper et gérer les risques biologiques pour renforcer la résilience des agriculteurs au changement climatique en Afrique de l’Ouest et du Centre” (BioRisks), le Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine ex-Pilier 4 (PDDAA-XP4) qui vise une transformation adaptée au climat et pilotée par la science, le projet de mise à l’échelle des Technologies et innovations agricoles pour accroître la résilience des systèmes de production et des exploitations familiales en Afrique de l’Ouest et du Centre (TARSPro), le Programme de résilience des systèmes alimentaires (FSRP), et bien d’autres encore. 

« Orientés vers l’agriculteur, plus précisément les petits exploitants, tous ces projets promeuvent l’Agriculture intelligente face au climat, adressant ainsi les défis du changement climatique et des risques biologiques car il est aujourd’hui impossible de dissocier les deux », souligne le Directeur de la Recherche et de l’Innovation du CORAF.

Vers une alliance régionale de lutte contre les ravageurs et maladies

Toutefois, « la croisade contre les ravageurs et les maladies n’est pas l’affaire d’une seule organisation. La nécessité de mettre en place une alliance qui mutualise les efforts de ses membres est triviale reconnaît Dr NJUKWE.

Pour plus d’efficacité et d’impact, le CORAF développe des plans pour former une alliance avec deux partenaires stratégiques : le Centre régional d’excellence (CRE) du programme “Épidémiologie des virus d’Afrique centrale et occidentale pour la sécurité alimentaire —WAVE” et le Mécanisme de gestion des risques biologiques —BIMAF.

Le CRE Wave concentre ses efforts sur le contrôle et la gestion efficaces des maladies des plantes, ainsi que la prévention de l’incursion de maladies exotiques de plantes dans de nouvelles zones, tandis que le BIMAF est une plateforme de plusieurs partenaires qui se focalise sur la lutte contre les arthropodes.

« Le CRE Wave est basé en Côte d’Ivoire et le BIMAF, au Bénin. Les deux ont un périmètre d’action relativement limité à l’Afrique de l’Ouest. Ainsi, une alliance CORAF-WAVE-BIMAF serait efficace dans la lutte contre les ravageurs et les maladies car chacune des parties apporterait son expertise, et, le CORAF assurerait la coordination des actions ainsi que leur extension à l’Afrique centrale », a déclaré Dr NJUKWE.

« Ce faisant, on se donnera de meilleures chances de gagner la lutte contre les ravageurs et les maladies et d’assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle pour les populations d’Afrique de l’Ouest et du Centre. »

AICCRA est un nouveau projet qui élargit l’accès des agriculteurs africains aux services d’information sur le climat et à l’agriculture intelligente face au climat. 

Il est mis en œuvre dans six pays : le Ghana, l’Éthiopie, le Kenya, le Mali, le Sénégal et la Zambie.

Soutenu par une subvention de l’Association internationale de développement de la Banque mondiale, il est dirigé par l’Alliance Bioversity et le Centre international pour l’agriculture tropicale.