Lutter contre les ravageurs et les maladies des plantes en Afrique de l’Ouest et du Centre

  • L’impact des parasites et des maladies émergentes sur la production agricole devient alarmant
  • Le projet BIORISKS permettra de faire obstacle à l’escalade de ces contraintes majeures et contribuera à la sécurité alimentaire et nutritionnelle
  • Financé par l’Union européenne, il sera mis en œuvre par le CORAF et le Programme WAVE de l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan

Les acteurs de la recherche et du développement en Afrique de l’Ouest et du Centre se sont récemment réunis lors d’une cérémonie virtuelle, pour lancer un nouveau projet conçu pour lutter durablement contre les ravageurs et les maladies émergentes des plantes.

Anticiper et gérer les risques biologiques pour renforcer la résilience des agriculteurs au changement climatique en Afrique de l’Ouest et du Centre (BIORISKS) est une nouvelle intervention quinquennale (2020-2024) financée par l’Union européenne. Elle est mise en œuvre par le CORAF et le Programme Central and West African Virus Epidemiology (WAVE) pour la sécurité alimentaire en Afrique, hébergé par l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan en Côte d’Ivoire.

Le projet a été principalement mis en place pour répondre à la récente recrudescence des ravageurs des plantes et des maladies telles que la maladie de la mosaïque du manioc (CMD), la maladie de la striure brune du manioc (CBSD), la chenille légionnaire d’automne et les mouches des fruits.

Les experts affirment que ces ravageurs et maladies ont le potentiel de compromettre gravement la sécurité alimentaire et nutritionnelle de millions de personnes en Afrique de l’Ouest et du Centre.

« La nocivité de certains ravageurs mais aussi de maladies émergentes, dont les occurrences sont dues aux changements climatiques, est une donnée essentielle qu’il faut prendre en compte dans notre combat commun pour une agriculture productive et durable. C’est probablement le seul moyen de répondre à la demande croissante en nourriture », a déclaré le Dr Abdou Tenkouano, Directeur Exécutif du CORAF, lors du lancement du projet Biorisks. L’événement s’est déroulé en ligne du 6 au 7 octobre 2020.

« Nous devons protéger les agriculteurs africains. C’est pourquoi le projet Biorisks est crucial. Il aidera les agriculteurs à anticiper et à gérer ces risques biologiques », a déclaré le Professeur Justin Pita, Directeur Exécutif du programme WAVE.

Birorisks vise à contribuer à la réduction de la pauvreté et à la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Bénin, au Burkina Faso, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Gabon, au Ghana, au Nigéria, en République Démocratique du Congo, en Sierra Leone et au Togo.

Le résultat attendu du projet est l’amélioration de la productivité alimentaire. Il s’agit également de stabiliser les rendements et les revenus des principales cultures vivrières et fruitières.

« Ces ravageurs et maladies sont au centre de la détérioration des rendements du manioc, du maïs et d’autres fruits », a déclaré le Directeur Général Adjoint du Centre national de recherche agronomique (CNRA), le Professeur Abdourahamane Sangaré qui est l’un des architectes du projet Biorisks.

La Côte d’Ivoire se classe au 3e rang des pays producteurs de manioc en Afrique de l’Ouest, après le Nigéria et le Ghana, avec environ 5 millions de tonnes en 2018.

Quels sont les résultats attendus?

Ci-dessous, les quatre principaux résultats attendus du projet:

Résultat 1: La mise en œuvre d’activités de recherche/développement et de sensibilisation sur les maladies du manioc. Ce domaine de résultat cible également l’inventaire des activités de FAW et des mouches de la mangue en Afrique de l’Ouest et du Centre.

Résultat 2: Un système efficace de surveillance, d’alerte précoce et de suivi des maladies à virus du manioc, de la FAW et des mouches de la mangue est établi en Afrique de l’Ouest et du Centre.

Résultat 3: Les capacités des acteurs et des institutions en Afrique de l’Ouest et du Centre sont renforcées, en matière de maladies à virus du manioc.

Résultat 4: Les politiques de réglementation transfrontalière sur la gestion des maladies à virus du manioc sont harmonisées.

Les petits producteurs, les agents de vulgarisation, les responsables gouvernementaux, les décideurs politiques au niveau des Communautés Économiques Régionales (CER), les chercheurs des programmes nationaux, le Biorisk Management Facility (BIMAF), sont les principaux groupes cibles de ce projet.

Le projet Brorisks intégrera également les questions de genre et de jeunes, ainsi que les questions sociales et environnementales, tout au long de sa durée de vie.