Dernière étape des discussions sur la réforme des intrants agricoles en Afrique de l’Ouest

Un groupe d’experts qui dirige la formulation de la stratégie intégrée de développement des d’intrants agricoles pour l’Afrique de l’Afrique de l’Ouest se réunit pour le dernier tour de discussions dans la capitale du Nigeria, Abuja, le mercredi 6 février 2020 et cela avant son adoption par les Etats membres.

Pendant trois jours (du 6 au 8 février), le groupe de travail composé de représentants des institutions de recherche agricole, du secteur privé, des décideurs politiques et des acteurs du développement examinera et validera le premier volet de la stratégie et du plan d’action.

La stratégie régionale intégrée pour la gestion durable des intrants agricoles est justifiée par la faible utilisation générale des intrants agricoles  appropriés en Afrique de l’Ouest avec pour conséquences sur la faible productivité   agricole.

“Comme la population augmente alors que la superficie des terres reste fixe, les terres disponibles par agriculteur deviennent de plus en plus limitées ; les agriculteurs doivent donc produire plus de nourriture sur moins de superficie”, explique le Dr Abdulai Jalloh, Directeur de la Recherche et de l’Innovation du CORAF.

“Invariablement, l’intensification de la production dans un contexte de changement climatique nécessite l’utilisation de semences améliorées et d’engrais appropriés à doses optimales “.

Une nouveauté importante est que les semences, les engrais, les pesticides, les concentrés alimentaires pour le bétail, les vaccins et le matériel génétique animal sont traités de manière globale et interdépendante dans cette stratégie.

Une fois le plan stratégique validé, il sera transmis aux États membres pour adoption.

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Comment en est-on arrivé là ?

En 2006, les chefs d’État et de gouvernement de la Commission Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont adopté la déclaration d’Abuja visant à porter le niveau des intrants utilisés dans la région à 50 kg/hectare d’ici 2015. Cinq ans après, cet objectif n’a toujours pas été atteint.

En conséquence, la CEDEAO et l’Union Economique et Monétaire Ouest-africaine (UEMOA) ont convenu qu’il est nécessaire de -formuler une stratégie globale du développement  du le secteur des intrants agricoles et cela de manière intégrée. En tant que partenaire technique des deux institutions, le CORAF a été mandaté pour coordonner le processus de formulation de la dite stratégie.

L’Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID) fournit les moyens financiers nécessaires.

Un groupe de travail a été mis en place pour diriger le processus. Il a tenu sa première réunion le 10 juin 2019 à Dakar, au Sénégal, où il a validé la méthodologie et la feuille de route présentées par les consultants.

Une étude documentaire a été réalisée parallèlement à la tenue de réunions consultatives nationales à Conakry (Guinée), Ouagadougou (Burkina Faso), Abidjan (Côte d’Ivoire) et Abuja (Nigeria).

La première ébauche de la stratégie a été revue et améliorée lors de la deuxième réunion du groupe de travail qui s’est tenue début novembre 2019 à Dakar, au Sénégal. L’Afrique de l’Ouest devrait connaître un regain de productivité grâce à la mise en œuvre de cette stratégie.