Dans quelle mesure le PPAAO était-il climato-intelligent ?

Les projets mis en œuvre dans le cadre du Programme de productivité agricole de l’Afrique de l’Ouest (PPAAO) au Benin, en Guinée, au Niger, au Togo, et au Tchad ont intégré les dimensions d’une agriculture climato-intelligente à des niveaux différenciés, a conclu une évaluation.

L’évaluation participative a été réalisée par le Programme de recherche du GCRAI sur le changement climatique, l’agriculture et la sécurité alimentaire (CCAFS).

L’outil de programmation et d’indicateur de l’ASC aide à examiner la portée d’un programme ou d’une intervention donnée à travers les lentilles tridimensionnelles de l’ASC (Productivité/Revenu, Adaptation/Résilience et Atténuation).

Cet outil appliqué au PPAAO a montré que le programme abordait les trois piliers de l’ASC à des niveaux différenciés dans chaque pays. Les résultats ont montré que le PPAAO répondait à 35-47% des questions (ou résultats) liées au pilier productivité de l’ASC, 31 à 35% à l’adaptation/résilience et 26 à 32% à l’atténuation dans les cinq pays.

Les autres conclusions clés de l’évaluation sont les suivantes :

  • L’évaluation du niveau d’intégration de l’agriculture intelligente face au climat (ASC) dans les projets agricoles est nécessaire pour optimiser les interventions en vue d’une résilience accrue des communautés rurales en Afrique de l’Ouest.
  • L’outil de programmation et d’indicateurs de l’ASC développé par le CCAFS en collaboration avec le Programme Feed the Future de l’USAID est une méthode appropriée pour évaluer l’intégration de l’ASC dans les projets de développement.
  • Les projets PPAAO de cinq pays ont intégré les dimensions de l’ASC à différents niveaux.
  • Le PPAAO est davantage orienté vers la productivité dans chaque pays, comme le reflète le titre du projet.
  • Bien que le PPAAO ait été conçu pour répondre aux défis de l’augmentation de la productivité agricole, la mise en œuvre du programme a le potentiel de prendre en compte les autres piliers de l’ASC, tels que l’adaptation/résilience et l’atténuation.

Renforcement des capacités

Le CORAF a collaboré avec trois institutions : le CCAFS, AGHYMET et ICRAF pour soutenir les pays sous le financement additionnel du PPAAO 1C pour l’utilisation des informations agrométéorologiques dans la gestion de leurs opérations agricoles.

Le CCAFS a formé 14 collaborateurs pour servir de formateurs. A leur tour, ils ont eux aussi formé des agriculteurs de l’ASC.

L’ICRAF a coordonné la création de 20 Groupes techniques multidisciplinaires chargés de la formulation des informations agrométéorologiques à diffuser aux agriculteurs, ainsi que la production de 50 bulletins météorologiques quotidiens, deux (02) prévisions saisonnières, six (06) bulletins hebdomadaires qui ont été diffusés par les radios communautaires.

AGRHYMET a développé « L’eAgriMetelectronic pour l’agriculture et la météorologie pour la diffusion d’informations agrométéorologiques aux utilisateurs via le téléphone mobile.

L’e-AgriMet permet aux agriculteurs d’utiliser leur téléphone portable pour (i) envoyer des informations au serveur de l’ARC sur l’état de la saison culturale (caractéristiques du sol et travail, situations des cultures, phénologie, espèces/variétés cultivées, dates et densités des semis, approvisionnement en engrais), nature et étendue des dégâts observés, rendements, précipitations et autres informations sur l’exploitation) et (ii) effectuer des requêtes via SMS leur permettant de recevoir en temps réel des informations hydro-agro-climatiques et phytosanitaires spécifiques (prévisions saisonnières, risques climatiques, nuisibles, avis et conseils agrométéorologiques, etc.)