Un financement de l’UE pour aider le CORAF à lutter contre le changement climatique et la faim

Changement Climatique

Un financement de 18 millions d’euros de l’Union européenne (UE) permet au CORAF et à ses partenaires de prendre des mesures visant à atténuer le stress du changement climatique et la faim de millions de petits agriculteurs au Sahel, en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale.

Quatre cent trente millions de personnes vivent en Afrique de l’Ouest et Centrale, dont environ 65 pour cent dépendent de l’agriculture.

Les producteurs de mil, de maïs, de sorgho, de fonio, d’arachide, de niébé et de manioc connaissent déjà des rendements en baisse en raison des graves effets du changement climatique. Alors que les températures de la région devraient augmenter d’ici 2050, les experts craignent que les systèmes alimentaires ne soient gravement touchés, mettant en danger la sécurité alimentaire au Sahel ainsi qu’en Afrique de l’Ouest et Centrale.

Les trois subventions interconnectées de l’UE au CORAF équiperont les systèmes de recherche nationaux des pays cibles pour développer et partager des variétés résistantes au climat, lutter contre les maladies du manioc et soutenir l’utilisation de la science, de la technologie et des innovations.

« Il vous souviendra peut-être qu’en 2018, le CORAF s’était engagé dans le cadre du nouveau plan stratégique à lutter contre les nouveaux défis liés à l’alimentation tels que le changement climatique et les nuisibles envahissants », a déclaré le Dr Abdou Tenkouano, Directeur exécutif du CORAF.

« C’est ce que vous voyez avec le financement de l’UE. L’objectif primordial de ces interventions est de contribuer au renforcement de la résilience et de la capacité d’adaptation des communautés au Sahel et en Afrique de l’Ouest et Centrale.»

« Nous ne pouvons que remercier l’UE d’avoir apporté ce soutien. C’est une immense opportunité pour le CORAF et ses partenaires de renforcer le système de sélection des céréales sèches au Sahel et de soutenir la production de manioc dont les habitants de notre région ont besoin. »

Le financement de l’UE est réparti sur trois projets dont l’objectif premier est de contribuer à l’Agenda 2030 ainsi qu’au Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine (PDDAA) de l’Union africaine. Ils prennent tous fin en 2024.

Variétés de céréales sèches sensibles au climat

En vertu du premier accord, les sélectionneurs seront habilités à générer et à diffuser des variétés de céréales sèches résistantes au climat pour les agriculteurs et les producteurs du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Sénégal. Le CORAF assurera la coordination avec les systèmes nationaux de recherche au Burkina Faso, au Niger et au Sénégal à cet égard, tandis que l’ICRISAT travaillera avec l’Institut d’économie rurale du Mali.

Grâce à l’ABEE (Favoriser l’autonomisation des réseaux ouest africains de sélection et de vulgarisation), les petits exploitants agricoles auront accès à des variétés résistantes au climat et adaptables aux réalités locales et commerciales. Le Centre régional d’excellence sur les céréales sèches du CORAF facilitera les échanges de germplasmes et de données entre les programmes de sélection. Une nouvelle génération de sélectionneurs et de scientifiques censés soutenir la modernisation de la sélection dans la région sera également préparée dans le cadre de ce projet.

Dans le cadre du Programme de productivité agricole de l’Afrique de l’Ouest, un Centre de recherche sur les céréales sèches a été créé et abrité par le Sénégal. Les chercheurs travaillant dans ce centre ont développé des variétés d’arachides et de niébé climato-intelligentes qui aident les agriculteurs à s’adapter aux effets du changement climatique.

« Dans le cadre de ce projet, certaines de ces variétés seront davantage diffusées auprès des plus démunis », a déclaré le Dr Abdulai Jalloh, Directeur de la recherche et de l’innovation du CORAF.

Sur la base des projections, l’ABEE devrait bénéficier à environ 40 000 petits agriculteurs sa fin en 2024.

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Lutter contre les maladies du manioc

Dans le cadre du PPAAO, des progrès substantiels ont été réalisés en termes de création et de diffusion de nouvelles variétés de manioc à travers l’Afrique de l’Ouest. Le Centre régional d’excellence sur les plantes racines et les tubercules abrité par le Ghana a dirigé les efforts régionaux à cet égard.

Mais avec les maladies à virus de la mosaïque et de la striure brune du manioc qui planent, la production est menacée.

Le deuxième financement de l’UE permettra au CORAF et à ses partenaires de mettre en place des systèmes de détection précoce et de prendre des mesures proactives contre les risques biologiques pour le manioc.

Alors qu’environ 56 pour cent de la production mondiale totale de manioc provient d’Afrique, les rendements moyens sont bien inférieurs à ceux de toute autre région du globe.

Le consortium de mise en œuvre de : Anticiper et gérer les risques biologiques pour renforcer la résilience des agriculteurs au changement climatique en Afrique de l’Ouest implique le CORAF, le Mécanisme de gestion des risques biologiques (BIMAF), le Programme Epidémiologie virale Ouest Africaine (WAVE) et les systèmes nationaux de recherche de dix pays.

De nombreux ménages ruraux et urbains et habitants du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la République démocratique du Congo, du Gabon, du Ghana, du Nigéria, de la Sierra Leone et du Togo dépendent du manioc pour leur subsistance.

« Vous pouvez donc comprendre pourquoi ce projet se concentre essentiellement dans ces pays », a expliqué le Directeur de la recherche et de l’innovation du CORAF.

L’anticipation et la gestion des risques biologiques sont peut-être l’objectif principal, mais cette intervention répondra également au défi croissant de la chenille légionnaire d’automne pour les cultures d’Afrique de l’Ouest ; les mouches des fruits déciment les mangues ouest-africaines ainsi que d’autres maladies liées au maïs.

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Accélérer la mise à jour de la science, de la technologie et des innovations

Le dernier projet de l’UE est conçu pour permettre au CORAF de jouer son rôle d’instrument régional de coordination de la recherche.

L’EX PILIER 4 du PDDAA se fonde sur l’hypothèse que sans une utilisation durable de la science, de la technologie et des innovations, il sera extrêmement difficile d’atteindre des objectifs de productivité alimentaire ambitieux fixés dans l’Agenda 2030 ainsi que dans le Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine (PDDAA).

Par la Transformation agricole pertinente pour le climat menée par la science en Afrique de l’Ouest et Centrale, le CORAF contribuera à la transformation de l’industrie agricole grâce à l’utilisation acharnée de la science, des technologies et des innovations.

Outre le CORAF en Afrique, il existe un consortium d’acteurs mobilisés pour mettre en œuvre ce programme à travers le continent. Cela comprend le Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA), le Forum africain pour les services de conseil agricole (AFAAS), l’Association pour le renforcement de la recherche agricole en Afrique de l’Est et centrale (ASARECA) et le Centre de coordination de la recherche et du développement agricoles en Afrique de l’Est et australe (CCARDESA).

Le FIDA sera chargé de gérer la subvention au nom de l’UE.

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Les trois projets font tous partie du Développement intelligent pour l’innovation par la recherche en agriculture (DeSIRA). Il s’agit d’une initiative de l’Union européenne conçue pour déployer la science et l’innovation afin de réaliser une transformation inclusive, durable et adaptée au climat de l’agriculture et des systèmes alimentaires connexes dans les pays partenaires à travers le monde entier.