Utiliser les outils et approches de la communication pour lutter contre la chenille légionnaire d’automne

De son nom scientifique Spodoptera frugiperda, la chenille légionnaire d’automne (CLA) est de nos jours, l’un des ravageurs les plus nuisibles, qui attaque plus de quatre-vingts (80) espèces de plantes.

Parmi les cultures qui sont en proie à la CLA, trônent les cultures de base telles que le maïs, le riz et le sorgho ainsi que les cultures maraîchères et le coton.

« La chenille légionnaire d’automne s’attaque le plus aux céréales cultivées d’importance économique en Afrique de l’Ouest et du Centre. C’est pourquoi il est important de la combattre efficacement, pour aider les agriculteurs à atténuer les pertes qu’elle occasionne, et ainsi garantir la sécurité alimentaire et augmenter leurs revenus », déclare Dr Ousmane NDOYE, Coordonnateur du projet “Anticiper et gérer les risques biologiques pour renforcer la résilience des agriculteurs au changement climatique en Afrique de l’Ouest et du Centre” (Biorisks) au CORAF.

Le CORAF, dans sa mission de coordination de la recherche agricole en Afrique de l’Ouest et du Centre (AOC), met en œuvre plusieurs initiatives visant à renforcer la résilience des agriculteurs contre les risques émergents de la production agricole, y compris la CLA.

En plus de fournir aux agriculteurs des semences résilientes/tolérantes aux ravageurs, les interventions du CORAF visent aussi à les doter des connaissances et des compétences nécessaires pour lutter efficacement contre le fléau.

Toutefois, pour être efficace, la lutte contre la CLA doit être une action concertée entre tous les pays. Et pour assurer cette efficacité et une harmonisation des efforts, il est nécessaire de compléter ces connaissances avec les bonnes pratiques en communication.

« Pour lutter contre un ennemi commun, il faut connaître sa biologie, son comportement ainsi que son habitat, et surtout savoir communiquer pour coordonner efficacement les interventions », souligne Dr NDOYE.

« C’est en cela qu’il est important d’adopter une bonne stratégie de communication, non seulement pour rester continuellement informé sur la chenille légionnaire d’automne et son évolution, mais aussi pour bien coordonner les efforts de lutte contre le fléau ». 

À cet effet, le CORAF renforcera pendant cinq (05) jours, du 13 au 17 juin 2022, à Praia au Cap Vert, les capacités des spécialistes en protection des végétaux des institutions de recherche partenaires de deux de ses principaux projets : le projet Biorisks et le programme de Partenariat pour la recherche, l’éducation et le développement agricoles en Afrique de l’Ouest (PAIRED).

Les agents des ministères de l’agriculture des vingt-trois (23) pays d’AOC couverts par le CORAF ainsi que d’autres partenaires techniques du CORAF, bénéficieront aussi de cette formation. 

Les participants auront en outre l’occasion de partager leurs expériences en matière de lutte contre la CLA, et échangeront sur les stratégies pour mieux coordonner les efforts de lutte.

Les résultats attendus de l’atelier sont les suivants :

  • Les stratégies et méthodes de communication adaptées à la gestion durable de la CLA et les autres risques émergents sont connues et maîtrisées par les acteurs agricoles ;
  • Les pratiques de gestion durable de la lutte contre la CLA à travers la région sont connues et maîtrisées par les acteurs agricoles ;
  • Des stratégies sont identifiées pour une meilleure coordination des efforts de lutte contre la CLA.

L’atelier est organisé dans le cadre de la mise en œuvre des activités de deux initiatives du CORAF, le PAIRED, un programme quinquennal (2017-2022) financé par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et le projet Biorisks, financé par l’Union européenne.