Le secteur semencier offre des opportunités sans précédent aux femmes en Afrique

Bien qu’il soit complexe et confronté à d’énormes défis, le secteur semencier africain offre des opportunités sans précédent aux femmes. 

M. Kouamé MIÉZAN, Directeur Exécutif d’AfricaSeeds —organisation semencière intergouvernementale et agence de mise en œuvre du programme semencier de l’Union africaine— a posé cette analyse lors d’un atelier de formation régionale sur la production de semences de qualité, la gestion des entreprises semencières, le genre et le leadership des femmes, organisé à Abidjan (Côte d’Ivoire) du 11 au 15 avril 2022, par le CORAF. 

Cet espace de renforcement des capacités et de partage d’expériences a été le lieu pour le Directeur Exécutif d’AfricaSeeds de présenter un aperçu du secteur semencier en Afrique.

« Le secteur semencier africain est complexe, avec une cohabitation des systèmes formels et informels. Or, en Afrique, les semences contribuent pour 20 à 40% à la productivité agricole et malgré les nombreuses interventions à travers le continent, les résultats obtenus ne satisfont pas encore les attentes », a déclaré M. MIÉZAN.

De fait, plusieurs défis constituent des goulots d’étranglement à une émergence effective du secteur semencier sur le continent. 

Au nombre de ces défis, l’expert relève entre autres des politiques et une commercialisation inadéquates des semences, des insuffisances dans le développement et le déploiement des variétés, un soutien insuffisant aux petits entrepreneurs semenciers, une faible valorisation du secteur semencier informel, et la question des intérêts des femmes et des jeunes.

Place des femmes dans le secteur semencier

Loin d’être une fatalité, il est possible de relever ces défis, en activant certains leviers de développement du secteur semencier en Afrique, selon M. MIEZAN.

Mieux, ils offrent d’innombrables opportunités aux femmes qui peinent à s’y faire une place.

Le Directeur Exécutif d’AfricaSeeds estime que des actions concrètes pour amener plus de femmes à exercer dans le secteur des semences, sont primordiales pour l’éclosion d’un secteur semencier dynamique et prospère. 

« Il faut mobiliser les femmes pour une contribution plus agressive et efficace au développement du secteur semencier africain, en leur permettant de valoriser plus leur expertise dans leurs interventions traditionnelles et essentielles dans le secteur », a-t-il déclaré.

« Il existe un gap à combler dans le secteur semencier et cela constitue une réelle opportunité pour les femmes, qui n’y étaient déjà pas trop représentées », a commenté pour sa part, Dr Mariame MAÏGA, Conseillère Régionale Genre et Développement Social au CORAF.

Le présent atelier de formation est justement en droite ligne de la politique et de la stratégie genre du CORAF, qui entend assurer que tous les efforts déployés pour la recherche et le développement agricole de l’Afrique de l’Ouest et du Centre soient orientés afin d’avoir des impacts équitablement bénéfiques tant pour les hommes que pour les femmes.

« Avec cette formation qui s’aligne sur sa politique et sa stratégie genre, le CORAF souhaite renforcer les capacités des femmes et les autonomiser afin qu’elles prospèrent davantage dans le secteur semencier », a ajouté Dr MAÏGA.

L’atelier s’inscrit dans le cadre des activités du programme de Partenariat pour la recherche, l’éducation et le développement agricoles en Afrique de l’Ouest (PAIRED). 

Le PAIRED est une intervention quinquennale du CORAF qui a débuté en 2017, sur un financement de la Mission régionale de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) pour l’Afrique de l’Ouest.