Les agriculteurs sahéliens ont subi le contrecoup des réponses gouvernementales à la COVID-19 selon une nouvelle étude

  • Une nouvelle étude a révélé que les mesures mises en place par les gouvernements pour contenir la pandémie de COVID-19 ont eu un effet considérablement négatif sur les agriculteurs et les éleveurs.
  • Certaines de ces mesures n’ont pas manqué d’avoir divers effets sur les systèmes alimentaires et les moyens de subsistance des populations.
  • L’étude a été financée par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) et menée par le CORAF dans cinq (05) pays d’Afrique de l’Ouest. Elle visait à évaluer les effets de ces réponses gouvernementales à la COVID-19 sur les systèmes alimentaires et les moyens de subsistance des populations. Elle jette les bases pour des politiques et actions de réponses plus équitables et inclusives, à implémenter maintenant et dans le futur.

« Les mesures mises en place par les gouvernements au début de la pandémie de COVID-19 ont eu d’importants effets négatifs sur la population, certaines mesures touchant négativement jusqu’à 70% de la population », selon une nouvelle étude menée par le CORAF.

En réponse à la pandémie de COVID-19, les gouvernements ont pris plusieurs mesures allant de la fermeture des frontières et des écoles à la limitation des rassemblements sociaux, en passant par la distribution de masques, l’instauration de l’état d’urgence et du couvre-feu. Certaines de ces mesures ont considérablement affecté les chaînes de valeur du système alimentaire.

Cette étude commandée par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) visait à comprendre et à documenter les mécanismes par lesquels les réponses gouvernementales à la COVID-19 ont impacté les agriculteurs dans cinq pays sahéliens d’Afrique de l’Ouest. Il s’agit du Burkina Faso, du Cap-Vert, du Mali, du Niger et du Sénégal.

« Dans l’ensemble, la tendance générale qui se dégage des résultats de l’étude est que les réponses gouvernementales à la COVID-19 ont eu plus d’effets négatifs que positifs sur les agriculteurs », déclare Dr Mariam MAÏGA, Conseillère Régionale Genre et Développement Social au CORAF.

Les résultats complets de l’étude seront présentés lors d’un événement organisé par le CORAF et ses partenaires dans la capitale sénégalaise, Dakar, les 29 et 30 novembre 2021. L’atelier réunira des experts des ministères de l’agriculture, de la santé, du genre et des affaires sociales, de l’économie et des finances, et les instituts de recherche agricole.

En outre, les gouvernements ont certes mis en œuvre des mesures d’accompagnement dans le but de faire contrepoids à ces effets négatifs. Cependant, même si ces mesures d’accompagnement ont eu quelques effets positifs pour certaines couches, la majorité de la population y compris les agriculteurs n’a pas été significativement affectée. 

« Les mesures d’accompagnement ont touché positivement un nombre très faible de personnes, soit 15% des personnes enquêtées », souligne Dr Maïga.

Des mesures plus équitables et inclusives

En plus de fournir des données probantes sur les effets des mesures gouvernementales sur les agriculteurs, l’étude réalisée par le CORAF vise également l’objectif spécifique de proposer des politiques et actions de réponses plus équitables et inclusives aux effets de la COVID-19 sur les systèmes alimentaires et les moyens de subsistance, ainsi que pour d’éventuelles futures pandémies.

En la matière, ses résultats fournissent suffisamment d’éléments aux acteurs et aux décideurs pour prendre à l’avenir, des décisions éclairées et plus efficaces.

« Les résultats de l’étude sur les effets des réponses gouvernementales à la COVID-19 sur les agriculteurs interpellent tous les acteurs des systèmes alimentaires, non seulement des pays concernés par cette étude, mais de toute la sous-région. Ils devraient s’en inspirer pour adopter et implémenter des stratégies plus efficaces et moins dommageables aux populations à l’avenir », déclare Dr Maiga.