Vers une association ouest-africaine du commerce des semences

Les principales entreprises semencières d’Afrique de l’Ouest se sont réunies pour explorer la possibilité de créer une Association du commerce des semences d’Afrique de l’Ouest (en anglais West Africa Seed Trade Association — WASTA) pour aider à relever certains des défis insolubles auxquels est confrontée l’industrie des semences dans la région.

Plus de 30 participants issus de sociétés semencières du Burkina Faso, de Côte d’Ivoire, du Ghana, du Nigeria, du Sénégal, etc., ont assisté à la réunion virtuelle pionnière convoquée par le CORAF. 

« Il y a une fenêtre pour que le secteur privé joue un rôle dans la libération du secteur agricole en Afrique de l’Ouest », a déclaré le Professeur Abdulai Jalloh, Directeur de la Recherche et de l’Innovation du CORAF, lors de la cérémonie d’ouverture de l’événement en ligne.

Les experts s’accordent à dire que sans semences de qualité, le système agricole aurait des difficultés. De nombreux acteurs sont impliqués dans le secteur, y compris des entreprises privées. Beaucoup soutiennent que peu d’acteurs disposent de ressources financières, telles que les entreprises semencières privées, pour produire et commercialiser des semences. 

« Fournir des semences de qualité aux agriculteurs et aux producteurs d’Afrique de l’Ouest est un défi si important qui ne peut être laissé entre les mains des seuls gouvernements. Le secteur privé doit être impliqué », a fait valoir le haut responsable du CORAF.

La création de la WASTA est envisagée comme une solution durable pour amener le secteur privé à contribuer davantage à fournir des semences de qualité à ceux qui en ont besoin.

Lors de la réunion virtuelle tenue le 03 juin 2021, le concept a été présenté aux acteurs. Des discussions ont eu lieu sur la vision, la mission, l’adhésion, les services et avantages potentiels, le périmètre d’action, la gouvernance, etc. de la WASTA. Les participants ont mis en garde qu’il y aurait duplication des efforts actuels et qu’une mission et une proposition de valeur claires devraient être attribuées à la WASTA. Elle devrait principalement être limitée aux entreprises impliquées dans le commerce des semences dans la région, ont averti les participants.

Au terme de longues discussions, les membres ont convenu qu’il serait pertinent et précieux pour l’Afrique de l’Ouest d’avoir un groupe qui reflète les voix des commerçants de semences. Un tel groupe mènerait un travail de plaidoyer autour de la mise en œuvre de la politique semencière auprès des décideurs et aiderait à relever certains des défis de l’industrie.

Des groupes existants dans le secteur des intrants, tels que l’Association des engrais d’Afrique de l’Ouest (en anglais West Africa Fertilizer Association — WAFA) et l’Association africaine du commerce des semences, ont été invités à partager leur expérience et leurs meilleures pratiques.

« La WAFA regroupe uniquement les entreprises impliquées dans le secteur des engrais. Les règles de fonctionnement ont été établies par les membres uniquement et les finances sont générées par les membres. Et nous avons un plan stratégique qui vise à relever les défis majeurs de notre secteur », a déclaré Innocent Okoku, Vice-Président de la WAFA.

Un groupe de travail composé d’entreprises semencières de pays francophones et anglophones a été mis en place à l’issue de la réunion pour réfléchir à la forme et aux contours de la future WASTA. Le groupe, principalement composé de bénévoles, aura pour mission majeure de concevoir les règles et de convoquer la première conférence pour créer l’association. L’AFSTA et la WAFA ont été cooptées dans le groupe de travail à titre consultatif.