L’importance du Comité Ouest-Africain des Semences nouvellement mis en place (COASem-CRSU)

Contexte :l’objectif du Règlement  CEDEAO-UEMOA-CILSS est d’harmoniser les règles régissant le contrôle de la qualité, la certification et la commercialisation des semences végétales et des plants dans l’espace CEDEAO-UEMOA-CILSS pour le développementdu commerce transfrontalier des semences. Mais, cet objectif n’a pas été pleinement atteint du fait de la non mise sur piedde l’organe de coordination, à savoir le Comité Ouest-Africain des Semences, tel que stipulé dans le Règlement depuis son adoption par le CILSS en 2006, la CEDEAO en 2008 et l’UEMOA en 2009.
En conséquence, les Etats-membres, parfois avec l’appui des programmes de développement et des agences de bailleurs de fonds, ont développé des règlements qui sont, pour la plupart,en contradiction avec le Règlement régional. Ceci a créé une énorme incompréhension et une très grande confusion et a causé d’importantes différencesdans les contenus des règlements nationaux sur les semences avec des procédures de mise en œuvreinappropriées. Consciente de cela, la Commission de la CEDEAO a confié au CORAF/WECARD, en 2013, la mise en place du COASempour que ce dernier exerce sa mission et ses fonctions de coordination des Comités semenciers nationaux (CSN) des 17 pays membres de la CEDEAO-UEMAO-CILSS pour une période provisoire de cinq années.Les principaux éléments à mettre en œuvre dans le Règlement sont classés de la manière suivante :

2016-01-26_142711Interventions: Par le biais de l’intervention du PSAO et des partenaires, les pays ont bénéficié d’une assistance pour la mise en oeuvre du Règlement avec l’utilisation d’une approche plus harmonisée, ce qui a permis une augmentation considérable du taux de mise en œuvre qui est passé de41% à 77% entre 2013 et 2015 (Image. 1a); il convient de noter que l’approvisionnement annuel en semences certifiées pour les principales céréales et légumineuses a aussi augmenté et est passé de 182.000 MT à 372.000 MT(103%) durant la même période. Actuellement, les pays qui ont fait d’importantes avancées dans la mise en œuvre du Règlement sont le Bénin, le Burkina Faso et le Sénégal et sont en train de traiter 12 des 12 éléments qu’il contient (100%; Image 1b). Ces pays sont suivis du Nigeria etdu Togo avec 11 éléments (92%)en cours de traitement,de la Côte d’Ivoire et du Mali avec 10 (83%) éléments en train d’être traitéset, enfin,du Ghana et de la Guinée, avec 9 (75%) éléments en cours de traitement. Les pays ayant des taux de mise en œuvre modérément faibles sont la Gambie et la Sierra Leone (50%). Le Liberia, le Tchad, la Mauritanie,la Guinée Bissau et le Cap-Vert sont considérés comme ayant des taux très faibles(inférieurs à 33%).

2016-01-26_142722Pour faire progresser la mise en œuvre, des processus de consultation se sont tenus entre les institutions politiques régionales et ont permis d’obtenir une recommandation concertée et une feuille de route pour la mise en place d’un Comité des Semences unique pour l’espace CEDEAO-UEMOA-CILSS. Un plan d’action a, par la suite, été élaboré pour guider le Comité (COASem & CRSU) dans la conduite de sa mission et de ses fonctions et pour la coordination des CSN avec l’appui du PSAO.

Objectif du COASem-CRSU:la mission du Comité Ouest-Africain des Semences (COASem-CRSU) est :“d’assister les Commissions de la CEDEAO et de l’UEMOA ainsi que le Secrétariat Exécutif du CILSS dans la mise en œuvre du Règlement en vigueur dans le domaine du contrôle de la qualité, de la certification et de la commercialisation des semences et des plants afin de contribuer au développement du secteur semencier dans les Etats membres. Les attributions du Comité sont les suivantes :
a) veiller au respect et à l’application des règles et normes de production, de contrôle de la qualité, de certification et de commercialisation des semences ;
b) donner des avis et des conseils et faire des propositions sur toutes les questions relatives aux semences, en particulier, sur l’organisation et la mise à jour du Catalogue Ouest-Africain des Espèces et Variétés ci-après dénommé COAfEV, commun à tous les Etats membres ;
c) définir les exigences techniques pour la présentation des dossiers sur les variétés à publier ;
d) assurer la collaboration etl’échange d’informations entre les services semenciers nationaux en charge du contrôle de la qualité et de la certification des semences dans les Etats membres ;
e) suivre l’organisation et la gestion des agences officielles responsables du contrôle de la qualité et de la certification des semences dans les Etats membres.
 Lancement du COASem-CRSU : le lancement officiel du Comité régional (COASem-CRSU)et sa première réunion statutaire qui ont eu lieu les 3 et 4 août 2015 à  Abidjan ont donc constitué une étape très importante pour l’accélération de la mise en œuvre du Règlement  grâce à l’utilisation d’une approche harmonisée. Ceci devrait permettre d’ouvrir davantage le marché des semences, d’attirer plus d’investissements et d’accélérer la production, la commercialisation et l’utilisation de semences de qualité pour l’amélioration de la productivité agricole dans l’espace CEDEAO-UEMOA-CILSS.

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