Le PSAO augmente avec succès la participation des femmes au secteur semencier en Afrique de l’Ouest

2016-01-26_141354Contexte :Les femmes représentent plus de 50% de la main d’œuvre agricole de l’Afrique. Malgré cela, leur implication dans le secteur des semences est faible avec une participation au secteur formel des semences qui s’élevait à 10% en 2012/13. Une récente discussion sur le Web portant sur l’intégration du genre dans les systèmes semenciers menée par le CORAF/WECARD a, par ailleurs, révélé qu’en plus du faible accès au crédit, l’accès des femmes à des intrants agricoles de qualité, aux semences certifiées, en particulier, est faible. Ces déséquilibres représentent un obstacle important à l’effort d’amélioration de la productivité agricole et des moyens d’existence en Afrique de l’Ouest.

En reconnaissant le potentiel des femmes dans la production et l’utilisation de semences de bonne qualité, un atelier de sensibilisation et de formation sur l’intégration du genre destiné aux femmes championnes a été organisé en 2014 pour des acteurs du secteur des semences et pour le personnel du PSAO. 60 personnes (dont 85% de femmes) issues de huit pays et travaillant dans le secteur des semences y ont participé. Un des résultats de cet exercice a été la feuille de route pour l’intégration du genre dans les activités du PSAO. Ceci a permis de préparer le terrain pour le cours sur le renforcement des capacités des femmes dans le secteur des semences et de l’appuyer.Le groupe a reçu les outils d’intégration du genre (un plan d’action et des modèles pour le S&E) pour faciliter la mise en œuvre dans leurs pays respectifs. A cet effet, un plan d’action genre visant à remplir les objectifs cités ci-contre est en cours de mise en œuvre par sept pays : i) promouvoir l’équité de genre dans la recherche agricole axée sur les semences, ii) développer l’entrepreneuriat des femmes dans le sous-secteur des semences et iii) capitaliser et diffuser les expériences, les meilleures pratiques et les leçons apprises avec les groupes d’agricultrices. Les résultats de ces actions sont en train d’être suivis à travers des rapports périodiques sur les indicateurs ventilés par genre. Suite à l’élaboration d’un plan d’action, une conférence en ligne organisée du 7 avril au 3 mai 2015 a permis le partage d’opinions, des bonnes pratiques et des leçons apprises entre les participants de 12 pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre pour l’amélioration du potentiel des femmes et des jeunes pour la transformation durable du secteur des semences.

Interventions:le PSAO est en train dedélibérément et de progressivement cibler les femmes dans ses activités. Par exemple, parmi les 1582 membres du personnel technique (ce qui représente 75% des experts nationaux)de haut niveau formé dans les trois domaines de résultats du PSAO que sont les techniques de production de semences, de gestion d’une entreprise agricole et de mise en œuvre des règlements sur les semences, l20% coupureétaient des femmes comparé au chiffre de base de 10 % au début du programme. En ce qui concerne les retombées, chacune des personnes formées a transmis ses connaissances à 8 autres personnes selon le mini-sondage effectué, ce qui permet d’avoir 12.656 bénéficiaires techniques

Effets des interventions :le PSAO fait l’actualité et donne le ton sur les enjeux de genre dans les systèmes semenciers des pays focaux. Le PSAO-Mali, en partenariat avec l’organisation de recherche malienne(Comité National de la Recherche Agricole) et l’Association nationale du commerce des semences (ASEMA), a récemment figuré dans quatre journaux nationaux pour la promotion de l’intégration du genre dans la chaîne de valeurs des semences au Maliet pour l’amélioration de la visibilité des personnes vulnérables du secteur semencier, les femmes et les jeunes, en particulier. Neuf (9) groupes de femmes, avec un nombre moyen de 25 participants, issus des sept pays cibles ont bénéficié de différentes activités de renforcement des capacités en production, politique, contrôle de la qualité et développement d’un plan d’affaires dans le domaine des semences en 2015. Un groupe de femmes du Mali a été accompagné pour le développement de plans d’affaires pour l’amélioration de la gestion de leurs entreprises. Ceci a permis un meilleur accès au crédit pour les femmes entrepreneurs. Au Ghana,deux groupes de femmes sont devenus les points focaux pour l’organisation de démonstrations dans les fermes pour la promotion de l’utilisation des variétés de cultures nouvellement développées. En réponse aux crises de l’Ebola au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée, le CORAF/WECARD, à travers le PSAO, en collaboration avec le PPAAO, la CEDEAO, la Banque mondiale, l’USAID, AfricaRice, le secteur privé et 13 agences gouvernementales a fourni 5000 tonnes de semences à ces pays.    Ceci couvre 110.000 ha de terres cultivables. Parmi les 150.000 bénéficiaires enregistrés jusqu’ici, 55% sont des femmes et 50% sont des jeunes.

Les femmes entrepreneurs de la Ferme Semencière AINOMAau Niger; de FASOKABA au Mali et de Techniseeds au Nigeria ont fourni 219 tonnes de semences de prébase et de semences certifiées de riz, de niébé et de maïs au Liberia et à la Sierra Leone.
Augmentation de la participation des femmes aux systèmes semenciers : une perspective: l’expérience a2016-01-26_141418 montré que les femmes peuvent contribuer de manière active et significative au développement du secteur des semences en Afrique de l’Ouest si les bonnes opportunités leur sont offertes. Des programmes sont en cours pour la conduite d’activités spécifiques de production de semences ciblant principalement les femmes. Ceci se fait dans le cadre de l’accord de coopération entre le CORAF/WECARD – USAID/AO qui est en train d’être amendé pour l’octroid’un financement additionnel en vue d’augmenter la production et l’approvisionnement en semences de riz dans la région.L’équipe du PSAO projette d’allouer 50% des nouveaux financements à une initiative, Les femmes dans le système semencier (Women in Seed System), pour accroître la participation active des femmes au secteur semencier et l’accès aux semences certifiées pour au moins 50% d’entre elles, ce qui permettrait de réellement refléter leur contribution à l’amélioration de la productivité agricoleet des moyens d’existence.