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PLAN STRATEGIQUE DE COOPERATION POUR LA RECHERCHE ET LE DEVELOPPEMENT AGRICOLES EN AFRIQUE DE L'OUEST ET DU CENTRE 1999- 2014 |
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Objectif du Plan Stratégique de Coopération Présentation de la sous-région Afrique de l’Ouest et du Centre Recommandations de l’atelier des acteurs agricoles
ADPH Association africaine pour le développement du palmier à huile ADRAO Association pour le développement de la riziculture en Afrique de l’Ouest AUF Association des universités francophones AZEPAS Association des zootechniciens pour l'essor des productions animales au Sénégal BAD Banque africaine de développement CAA Conseil africain de l’arachide CARBAP Centre africain de recherche sur bananiers et plantains CEDEAO Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest CEMAC Communauté économique des États de l'Afrique Centrale CEMAGREF Centre national du machinisme agricole, du génie rural, des eaux eCENUA United Nations Economic Commission for Africa CERAAS Centre d'étude régional pour l'amélioration de l'adaptation CGIAR Consultative Group on International Agricultural Research CILSS Comité permanent inter-Etats de lutte contre< la sécheresse dans le CIP Centro Internacional de la Papa CIRA Centre international de recherche agricole CIRAD Centre de coopération internationale en recherche agronomique CIRDES Centre international de recherche-développement sur l'élevage CIRES Centre Ivoirien de Recherches Economiques et Sociales CMA/AOC Conférence des ministres de l'agriculture de l'Afrique de l'Ouest CORAF Conférence des responsables de la recherche agronomique africains et français Conférence des responsable de recherche agricole en Afrique de l’Ouest et du Centre CORAF/WECARD Conseil Ouest et Centre africain pour la recherche et le développement agricoles/West and Central African Council for Agricultural Research and Development CRBP Centre de recherches régionales sur bananiers et plantains CRESA Centre Régional d’Enseignement spécialisé en agriculture CTA Centre technique de coopération agricole et rurale DLO Service de la recherche agricole, Pays-Bas ECAPAPA Eastern and Central Africa Programme for Agricultural Policy Analysis EISMV Ecole inter-États des sciences et médecine vétérinaires FAO Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture FARA Forum pour la recherche agricole en Afrique FED Fonds européen de développement GFAR Forum mondial de la recherche agricole GGP Groundnut Germplasm Project GRENEWECA Genertic Resources Network for West and Central Africa GRET Groupe de recherche et d'échanges technologiques GRN Gestion des ressources naturelles ICARDA International Center for Agricultural Research in the Dry Areas ICLARM International Center for Living Aquatic Resource Management ICRAF World Agroforestry Centre ICRISAT International Crops Research Institute for the Semi-Arid Tropics ICW International Centre Week IFPRI International Food Policy Research Institute IITA International Institute of Tropical Agriculture ILRI International Livestock Research Institute INIBAP International Network for the Improvement of Banana and Plantain INSAH Institut du Sahel INTSORMIL International Sorghum and Millet Collaborative Research Support IPGRI International Plant Genetic Resources Institute IPR Institut polytechnique rural IRD Institut de recherche pour le développement ISNAR International Service for National Agricultural Research ITC International Trypanotolerant Center IWMI International Water Management Institute KIT Koninklijk Istituut voor de Tropen MAPP Multi-Agricultural Productivity Program MTM Mid-Term Meeting MUSACO Réseau Musaco en Afrique Centrale et Occidentale NEPAD Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique Development NRI Natural Resources Institutes ONG Organisation non gouvernementale PIBA Produit intérieur brut agricole PRASAC Pôle régional de recherche appliquée au développement des savanes d'Afrique Centrale PRONAF Projet niébé pour l’Afrique PSC Plan stratégique de coopération PSI Pôle régional de recherche sur les systèmes irrigués soudano- RCA République centrafricaine RDC République démocratique du Congo ROCAFREMI Réseau Ouest et Centre africain de recherche sur le mil ROCARIZ Réseau Ouest et Centre africain de recherche sur le riz ROCARS Réseau Ouest et Centre africain de recherche sur le sorgho SACCAR Southern African Centre for Cooperation in Agricultural Research SADC/FNRA South African Development Community/Food, Agriculture, Natural Resources Unit SAFGRAD Semi-Arid Food Grain Research and Development SFI Sustainable Financial Initiative SNRA Système national de recherche agricole SPAAR Programme spécial pour la recherché agricole en Afrique UNU/IRNA Institut universitaire des nations pour les ressources naturelles VIH/SIDA Virus de l’immunodéficience humaine/Syndrome de l’immuno déficience acquise PréfaceRéunis pour la troisième concertation annuelle franco-africaine de recherche agronomique, du 22 au 27 mars 1987, à Abidjan, en Côte d'Ivoire, les directeurs de 15 institutions nationales francophones de recherche agricole d'Afrique de l'Ouest et du Centre et de Madagascar et les directeurs d'institutions françaises de recherche agronomique ont décidé d'élever d'un cran leur volonté de coopérer plus efficacement à la résolution des problèmes communs de recherche et de développement agricoles des pays de cette sous-région, en créant la Conférence des Responsables de la Recherche Agronomique Africains et Français (CORAF). Première Organisation Sous-régionale d'Afrique au Sud du Sahara de coordination des moyens et des activités agricoles, la Conférence des Responsables de Recherche Agricole Africains et Français, devenue la Conférence des Responsables de Recherche Agricole en Afrique de l'Ouest et du Centre (CORAF), a dressé le bilan d’une décennie de coopération entre les Systèmes Nationaux de Recherche Agricole (SNRA), d'une part, et avec leurs partenaires scientifiques et techniques et les partenaires financiers du Nord, d'autre part. En effet, sa dixième Réunion Plénière, qui a tenu ses assises du 17 au 22 mars 1997, à N'Djamena, au Tchad, a procédé à une profonde analyse de l'évolution de l'Organisation Sous-régionale. Cette analyse a mis en évidence d'importantes avancées sur les plans institutionnel (nouvelles adhésions, diversité linguistique, légitimité sous-régionale, reconnaissance internationale) et scientifique (fonctionnalité et acquis des outils de coopération). Elle a également perçu la nécessité impérieuse d'engager l'Organisation Sous-régionale dans la voie de la restructuration, favorisant ainsi l'émergence d'une communauté scientifique tournée vers le développement agricole des pays et la consolidation de sa place dans la sous-région. Dans cette dynamique, la onzième Réunion Plénière a adopté la résolution de l'élaboration d'un Plan Stratégique de Coopération en Recherche Agricole de l'Afrique de l'Ouest et du Centre, à l'issue de ses assises organisées à Accra, au Ghana, du 20 au 25 avril 1998. Ce Plan Stratégique de Coopération vise à contribuer à la réalisation de la sécurité alimentaire, à l'amélioration de la compétitivité des produits agricoles et à la lutte contre la pauvreté tout en préservant l'environnement. Pour atteindre cet objectif, il est prévu dans le Plan Stratégique de Coopération d'identifier les priorités de recherche, de déterminer le cadre de négociation, de dialogue, entre tous les acteurs ou partenaires agricoles et de proposer un mécanisme de financement durable de la recherche en coopération Depuis, a démarré l'organisation de consultations ou d'ateliers nationaux, zonaux et sous-régionaux chargés de donner corps au Plan Stratégique de Coopération et conduits de la manière la plus participative possible, notamment par l'implication des acteurs agricoles de la société civile (Organisations Professionnelles des Producteurs, Organisations Non Gouvernementales et Secteur Privé), les partenaires scientifiques et techniques et les partenaires financiers. Ainsi,
la première Assemblée Générale annuelle, tenue du 17 au 21 juillet 2000, à
Dakar, au Sénégal, qui a consacré la naissance du Conseil Ouest et Centre
Africain pour la Recherche et le Développement Agricoles (CORAF/WECARD) à la
place de la CORAF, a adopté le Plan Stratégique de Coopération et le Plan
d'Action et de financement devant le mettre en œuvre pour la période
2000-2003.
Le chemin conduisant à la mise en œuvre effective du Plan Stratégique de Coopération étant ainsi balisé, il y a lieu de souhaiter que cet important document, pour la formulation duquel nous tenons à remercier la contribution inestimable de toutes les parties prenantes, serve de support à nos actions futures vers la réalisation de la sécurité alimentaire, l'amélioration de la compétitivité des produits agricoles de la sous région et la lutte contre la pauvreté basée sur la préservation de l'environnement. Nous espérons également qu’il permettra de convaincre davantage les décideurs politiques sur l'impact économique et financier de la recherche agricole et de diversifier le partenariat du CORAF/WECARD dans sa quête de l'excellence scientifique. A cet égard, nous fondons beaucoup d’espoir sur l’appui du FARA (Forum pour la Recherche Agricole en Afrique), Organisation continentale coordonnatrice en Afrique au Sud du Sahara, des trois Organisations Sous-régionales que sont le CORAF/WECARD, l’ASARECA (Association for Strenghtening Agricultural Research in Eastern and Central Africa) et le SADC/FANR (South African Development Community/Food, Agriculture, Natural Ressources Unit) qu’il représente auprès du GFAR (Forum Mondial de la Recherche Agricole).
Le Président du CORAF/WECARD Dr Koffi SIE
RESUMEObjectif du Plan Stratégique de Coopération Pour relever les défis de la recherche et du développement agricoles, la onzième Réunion Plénière de la Conférence des Responsables de Recherche Agricole en Afrique de l’Ouest et du Centre (CORAF), tenue en 1988, à Accra, au Ghana, avait adopté une résolution portant sur l’élaboration d’un Plan Stratégique de Coopération pour la recherche agricole et le développement. Prévu pour une période de 15 ans (1999-2014), le Plan Stratégique de Coopération a pour objectifs : § d’identifier des priorités en matière de coopération § d’établir un cadre de négociation et de dialogue entre les différents partenaires § de proposer un mécanisme de financement durable de la coopération sous-régionale Présentation de la sous-région Afrique de l’Ouest et du Centre Les pays de la sous-région de l’Afrique de l’Ouest et du Centre sont parmi les plus pauvres du monde. Sur une population de 280 millions d’habitants, plus de 100 millions vivent en dessous du seuil de pauvreté, tel que défini par les Nations Unies. Quarante-cinq à 78 % de la population rurale dispose de revenus en-dessous du seuil de pauvreté et 32 à 37 % de la population urbaine vit avec moins d’un dollar par jour. L’agriculture reste la principale activité des populations de la sous-région. Elle contribue pour plus de 35 % au produit intérieur brut (PIB), pour plus de 40 % des exportations et pour 70 % de la main- d’œuvre. Le taux de croissance démographique reste élevé (2 à 3 % par an). En 1997, la population rurale représentait 64 % de la population totale. A partir du milieu des années 70, les importations de denrées alimentaires (céréales surtout) ont considérablement augmenté. Pourtant, la sous-région possède un important potentiel agricole favorisé par différentes conditions agro-écologiques. Elle est susceptible de produire assez d’aliments de base et de cultures de rente pour nourrir les populations et développer des marchés viables et compétitifs pour les céréales, les légumes, les racines, les tubercules, les produits de l’élevage, de la forêt et de la pêche. Le rapide changement démographique offre aux producteurs des opportunités certaines de commercialisation de leurs productions agricoles. Les obstacles à la recherche agricole, à la production, au développement économique et à la réduction de la pauvreté sont liés, notamment à l’insuffisance des ressources humaines, l’absence de politiques macro-économiques ou sectorielles, à la faible productivité, aux difficultés de gestion des ressources naturelles, à l’augmentation croissante de la population urbaine, aux nouvelles habitudes de consommation alimentaire. Viennent s’y greffer l’inefficacité des systèmes de commercialisation, les difficultés d’accès au crédit, l’inadéquation des infrastructures rurales, l’inexistence d’institutions capables de soutenir des initiatives de relance de l’agriculture, ou d’appuyer le développement rural, ou de réduire la pauvreté, l’absence de participation des bénéficiaires à la conception et à la mise en œuvre de projets, la négligence des besoins spécifiques des femmes dans le continum production-distribution-consommation et, enfin, sur le manque de coordination des différentes interventions des partenaires financiers. Le rôle des femmes productrices au sein des systèmes de production agricole est important, par conséquent la recherche sur leurs conditions de vie et de travail est capitale pour l’amélioration de la production et la réduction de la pauvreté. Pourtant, malgré ce tableau non reluisant, la recherche agricole a eu un impact positif sur la production d’un certain nombre de cultures importantes dans la sous-région. En effet, des chiffres publiés par la FAO montrent une croissance continue de la production pour la plupart des cultures à partir du milieu des années 80, suite à la disponibilité de meilleures variétés mises au point par les Systèmes Nationaux de Recherche Agricole (SNRA) et à l’introduction de nouvelles approches en matière de protection des végétaux. D’autre part, les données de la Banque Mondiale indiquent que la production vivrière a considérablement augmenté au cours des années 90, avec des taux de 24 % au Bénin, 19 % au Nigeria, 12 % au Ghana et 11 % en Guinée. Ainsi, malgré l’accroissement démographique galopant, il y a eu une certaine amélioration, cependant, de la situation vivrière dans la sous-région. En 1980, l’offre en vivres a accusé un retard de 5 ans par rapport à la demande ; avec une production égale à celle consommée en 1975. En 1993, l’écart entre l’offre et la demande a été réduite à 3 ans, la production étant égale aux besoins en consommation enregistrés en 1990. Il est donc impérieux que les écarts soient comblés en vue d’assurer la sécurité alimentaire et de réduire la pauvreté. Une recherche ciblée, suivie d’une application convenable des technologies générées, devrait permettre la relève. De ce défi, les chercheurs et les producteurs de la sous-région, travaillant en collaboration, devraient pouvoir satisfaire les besoins alimentaires et industriels liés à la croissance des villes, grâce à l’augmentation de la production et à l’intensification de la productivité. Pour cela, il faut tripler la production actuelle d’ici à 2025, tout en préservant la base des ressources naturelles. Avec la croissance des marchés urbains et leur rapprochement des zones de production, il y a lieu que la production soit intensifiée par les exploitants agricoles. Au niveau des trois zones de la sous-région (zone sahélienne de l’Afrique de l’Ouest, zone côtière de l’Afrique de Ouest et zone de l’Afrique Centrale), on s’attend à ce que les relations entre la ville et la campagne se renforcent, consolidant ainsi la compétitivité de la production et assurant des revenus plus substantiels aux producteurs. Il y a lieu de développer et d’appliquer les bénéfices de la biotechnologie pour accroître la production, tout en évaluant les risques et autres difficultés qu’elle comporte. L’intensification de la production ne nécessite pas seulement le recours aux intrants extérieurs, mais également l’utilisation optimale des compétences locales, le développement d’une nouvelle technologie liée à la demande et adaptée aux conditions locales et l’implication des utilisateurs des résultats de la recherche afin de faciliter le transfert de technologies. Pour faire face aux nombreux problèmes cités plus haut, plusieurs gouvernements ont créé des structures de recherche dans les années 70 et 80. Ainsi, des programmes nationaux de recherche se sont consolidés, d’où le nombre accru d’experts de haut niveau, l’existence de protocoles de recherche bien conçus et documentés, etc. Cependant, la plupart de ces programmes nationaux de recherche n’ont pas été mis en œuvre du fait de la limitation des moyens financiers, surtout ceux destinées au fonctionnement des structures de recherche. Afin de promouvoir la collaboration entre les SNRA, de créer des synergies et de mobiliser les ressources nécessaires à la résolution des problèmes communs aux pays de la sous-région, la Conférence des Responsables de la Recherche Agronomique Africains et Français (CORAF), devenue Conférence des Responsables de Recherche Agricole en Afrique de l’Ouest du Centre, puis Conseil Ouest et Centre Africain pour la Recherche et le Développement Agricole (CORAF/WECARD), fut créé en 1987, il est doté de la mission suivante : améliorer l’efficience et l’efficacité de la recherche agricole en Afrique de l’Ouest et du Centre en contribuant à la construction et à la consolidation des capacités des Systèmes nationaux de recherches agricoles (SNRA), à travers la coopération entre ses membres, les partenaires au développement, les organismes régionaux et internationaux, le secteur privé, les organisations non-gouvernementales, les utilisateurs des résultats de la recherche d’une part, de consolider la place de la sous-région Afrique de l’Ouest et du Centre dans le contexte de la recherche et du développement agricole international, d’autre part. Mandaté pour mettre en œuvre la politique de recherche agricole régionale définie par les autorités politiques des pays dont les institutions sont membres, le CORAF/WECARD se donne pour objectifs de : · promouvoir la coopération, la concertation, l'échange d'informations entre les institutions membres d'une part et les partenaires d'autre part ; · définir des objectifs et priorités de recherche communs à l'échelle sous-régionale et régionale ; · servir d'instance de consultation pour toute recherche menée par les organisations sous-régionales, régionales ou internationales intervenant au niveau de la sous-région; · élaborer des programmes communs de recherche pour renforcer la complémentarité des activités entre le CORAF/WECARD et ses partenaires ; · harmoniser les activités des réseaux de recherche existants et de faciliter la création de nouveaux réseaux régionaux ou de toute autre unité opérationnelle de recherche à caractère régional. Définition des priorités et développement des stratégies L’élaboration du Plan Stratégique de Coopération pour la recherche et le développement agricole en Afrique de l’Ouest et du Centre est le fruit d’un processus comportant plusieurs phases : discussions des méthodologies de travail, priorités de recherche, stratégie et formulation des recommandations. Afin de veiller à ce que soient prises en compte les préoccupations de tous les acteurs agricoles, l’approche participative a été adoptée. Cette approche est basée sur le système de consultations et d’ateliers fondé sur le consensus au niveau national, zonal et sous-régional. Chacune de ces rencontres a permis de réunir les contributions d’experts d’instituts de recherches nationaux, d’universités, de services de vulgarisation, d’ONG, du Secteur Privé, des Centres Internationaux de Recherche Agricoles, des Instituts de Recherche Avancée,etc. A l’échelle nationale, chaque rencontre a proposé des priorités en matière de coopération pour la recherche et le développement agricoles. A l’échelle zonale, chaque rencontre a arrêté des objectifs de développement et des domaines communs de recherche pour les pays : réduction de la pauvreté, sécurité alimentaire, apport de revenus substantiels aux populations, gestion durable des ressources naturelles et compétitivité accrue des produits agricoles. Ensuite, la liste des domaines prioritaires de recherche a été établie. Les différentes conclusions formulées par les consultations et ateliers nationaux et zonaux ont été validées par la douzième Réunion Plénière du CORAF, tenue en 1999, à Bangui, en République Centrale. En outre, une conférence électronique a été organisée pour une plus grande implication des acteurs de l’Association au processus de planification et pour une meilleure identification des besoins de recherche. La première Assemblée Générale du CORAF/WECARD a adopté les priorités de recherche selon 2 principales approches : Approche par thèmes : Le coton, les légumineuses à graine, le palmier à huile, la viande, le lait, le poisson, le maïs, le riz, le mil, le sorgho, le café, le cacao, le caoutchouc, le bois, la banane, le plantain, les fruits et légumes, les racines et tubercules, la gestion des ressources génétiques, l’information et la communication, la biotechnologie, la biométrie et le transfert des technologies. · Approche par systèmes : Les cultures pluviales (céréales et coton), les cultures irriguées, l’agriculture périurbaine, l’agropastoralisme, l’agroforesterie. En vertu de sa mission et de ses objectifs, la stratégie du CORAF/WECARD consiste à concentrer les investissements, la recherche et la vulgarisation sur les domaines les plus porteurs, sur les cultures vivrières ou de rente les plus rentables, sur le bétail destiné à la consommation locale et à l’exportation. Cette stratégie vise principalement à élargir l’accès des populations les plus démunies aux denrées alimentaires et aux autres produits de première nécessité et à assurer l’exploitation intensive et la gestion durable des principales ressources naturelles. améliorer l’efficience et l’efficacité de la recherche agricole en Afrique de l’Ouest et du Centre en contribuant à la construction et à la consolidation des capacités des Systèmes nationaux de recherches agricoles (SNRA), à travers la coopération entre ses membres, les partenaires au développement, les organismes régionaux et internationaux, le secteur privé, les organisations non-gouvernementales, les utilisateurs des résultats de la recherche d’une part, de consolider la place de la sous-région Afrique de l’Ouest et du Centre dans le contexte de la recherche et du développement agricole international, d’autre part. Concernant la conception, le développement, l’exécution et l’évaluation des projets de recherche communs, la stratégie est aussi fondée sur l’approche participative, qui favorisera les compétences locales quant à la conduite des projets de recherche en commun. Le CORAF/WECARD représente des avantages comparatifs pour le renforcement des SNRA à travers la coopération mutuelle, et entre eux et les partenaires scientifiques et techniques et les partenaires financiers. Enfin, la mise en œuvre du Plan Stratégique de Coopération va s’appuyer sur les pôles régionaux de recherche, les projets régionaux de recherche, les réseaux associatifs de recherche, les bases-centres, les partenariats techniques et financiers. On ne saurait trop insister sur l’importance de ces partenariats quant à la réussite de ce Plan Stratégique de Coopération, car ils seront régis par les principes d’intérêt commun, d’équité, de solidarité, de transparence et de durabilité. Le développement continu des ressources humaines et la mobilisation de l’expertise existante au profit de la recherche agricole joueront un rôle de premier plan pour la mise en œuvre du Plan, en prenant en compte l’aspect genre. Recommandations de l’atelier des acteurs agricoles L’objectif général de l’atelier des acteurs agricoles, tenu du 13 au 15 février 2003 à Dakar, au Sénégal, était de mettre à jour le Plan Stratégique de Coopération du CORAF/WECARD et le Plan d’Action pour sa mise œuvre effective. Cette mise à jour se justifiait surtout par le fait de nouvelles initiatives apparues entre-temps : "Multi Agricultural Productivity Programme (MAPP)" de la Banque Mondiale, "Global Partnership Programme" du Forum Mondial de la Recherche Agricole (GFAR), et du "Challenge Programme" du Groupe Consultatif pour la Recherche Agricole Internationale (GCRAI). Tous ces programmes visent à élever le niveau des partenariats actuels, par conséquent, cet atelier permettra au CORAF/WECARD d’avancer dans la réalisation de sa mission d’amélioration de la capacité et de l’efficacité des recherches agricoles en Afrique de l’Ouest et du Centre. Les objectifs spécifiques de l’atelier étaient définis comme suit : 1- identifier les opportunités et priorités du CORAF/WECARD pour le renforcement des partenariats au sein des SNRA membres et entre les différents acteurs agricoles intervenant dans la sous-région 2- déterminer les processus de dynamisation de la recherche et du développement agricoles en Afrique de l’Ouest et du Centre 3- identifier les voies et moyens pour l’implication de tous les acteurs agricoles dans le renforcement effectif des capacités humaines et institutionnelles dans la sous-région 4- elaborer un Plan d’Action pour la mise en œuvre du Plan Stratégique de Coopération Recommandations · Le Plan Stratégique de Coopération doit être périodiquement actualisé selon l’évolution du contexte sous-régional et mondial. · Le Plan Stratégique de Coopération doit s’inscrire dans les orientations du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD). Le CORAF/WECARD doit soumettre le Plan Stratégique de Coopération à la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et à la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) pour s’assurer leur soutien. · Le Plan Stratégique de Coopération doit servir de cadre d’intervention pendant une période de temps déterminée, utilisant des procédures de suivi et d’évaluation auxquelles les partenaires doivent être associés. · L’Afrique de l’Ouest et du Centre est une zone d’une grande complexité du fait des différentes zones agro-écologiques, de la diversité des cultures et des systèmes de production animale qui constituent, par ailleurs, des sources importantes d’activités économiques. Le Plan Stratégique de Coopération a été élaboré en appliquant parfaitement la méthode participative adoptée, mais la liste des priorités de recherche reste encore longue et considérable. Le Secrétariat Exécutif du CORAF/WECARD est invité à aider les SNRA à identifier les produits agricoles, susceptibles de produire les retours d’investissement les plus importants, et les recherches thématiques qui permettront l’accroissement rapide de la production. Il est extrêmement important de prendre ces décisions pour amener les gouvernements à plus de considération à l’égard de la recherche agricole, d’autant plus que dans le secteur public et le secteur privé, elle est considérée, de la manière dont elle est actuellement menée, comme ne pouvant pas apporter des solutions rapides à l’insécurité alimentaire. · L’importance du travail en réseau en matière d’organisation et de coordination de la recherche et du développement agricoles dans la sous-région a été mise en relief au cours des débats. Dans ce contexte, le CORAF/WECARD définit le réseau comme un «forum permanent de réflexion sur les problèmes de recherche, l’échange d’idées ». Les réseaux du CORAF/WECARD doivent être évalués par l’Assemblée Générale et le Comité Scientifique et Technique (CST). Cette évaluation est fondée sur la productivité du réseau en termes de résultats de recherche, de projets élaborés, de leur nombre et de leur mise en œuvre. Il a été noté que des efforts très importants ont été faits par le CORAF/WECARD afin d’harmoniser les divers réseaux de la sous-région. Cependant, il reste encore à faire que le travail en réseau devienne un outil de première importance pour la création ou le renforcement des partenariats. Cet effort d’harmonisation et de coordination des réseaux de la sous-région devrait être permanent. A cet effet, il doit chercher des ressources additionnelles. · Pour que se développent de « véritables SNRA » au sein des pays de la sous-région, il est extrêmement important que le CORAF/WECARD améliore sa visibilité dans ces pays. Pour ce faire, il doit : a) contribuer au développement des éléments suivants au sein des diverses composantes des SNRA : la collaboration, la communication, la consultation et la concurrence b) utiliser le mécanisme du financement compétitif régional pour aider au renforcement des partenariats, par exemple, en s’assurant que les différents acteurs (Instituts de recherche, Universités, ONG, Organisations Professionnelles des producteurs, Secteur Privé) sont impliqués dans l’élaboration de propositions de projets et la mise en œuvre, etc. c) s’efforcer d’être présent lors des rencontres annuelles des SNRA consacrées à la revue et à la planification de leurs activités d) désigner un point focal dans chaque pays qui sera doté d’un bureau bien équipé en technologie de l’information. Le point focal doit être sélectionné par l’Assemblée Générale du SNRA du pays, doit pouvoir accéder à chaque directeur d’un membre de ce SNRA et être en contact permanent avec le directeur représentant le SNRA de son pays à l’Assembléé Générale du CORAF/WECARD e) encourager chaque SNRA à promouvoir une journée porte ouverte du CORAF/WECARD f) faire tourner les réunions de l’Assemblée Générale des réseaux associatifs de recherche auxquelles les dignitaires locaux et nationaux peuvent être invités 2. Pour la création d’une dynamique de partenariats, le CORAF/WECARD se doit de contribuer au renforcement des liens entre les divers acteurs au sein des SNRA membres. Pour cela, le CORAF/WECARD doit : a) susciter la création d’un organisme de coordination composé de tous les acteurs agricoles des SNRA, afin d’orienter la recherche vers la conduite d’activités déterminées par les contraintes du marché. Cet organisme doit aussi mettre sur pied un système de collecte, de traitement et de diffusion de l’information agricole née de la recherche faite par les SNRA b) encourager les SNRA à organiser des fora à tous les niveaux, mais surtout à la base, à concevoir des plans de recherche et à présenter des résultats et produits c) encourager les SNRA à créer les opportunités permettant aux acteurs agricoles de contribuer à l’identification des priorités de recherche, à la planification des activités de recherche et à la mise en œuvre des programmes de recherche d) encourager la prise de contact en vue du partenariat entre les diverses composantes des SNRA e) susciter la formation d’une approche commune de suivi et d’évaluation des projets de recherche au sein des SNRA · Le CORAF/WECARD se doit aussi de contribuer au renforcement des liens entre ses divers membres. Pour ce faire, il doit : a) encourager la création d’accords de partenariats entre les différents SNRA b) utiliser le mécanisme du Fonds Compétitif Régional afin de promouvoir la collaboration entre les SNRA c) développer une base de données facilitant le partage et l’échange d’informations parmi les SNRA (site Web), le partage et l’échange de résultats de premier ordre générés par les différents SNRA · Les participants ont reconnu que l’absence de compétences humaines et institutionnelles réduit l’efficacité de la recherche agricole dans la sous-région. Les salaires bas, la précarité de l’emploi, le caractère aléatoire des modes de promotion, ont contribué à la fuite des cerveaux. Si le développement de l’éducation a été mis en relief par le NEPAD et si les activités du CORAF/WECARD doivent s’inscrire dans le contexte du NEPAD, alors le CORAF/WECARD doit impulser le renforcement des capacités humaines et institutionelles, en incitant tous les acteurs agricoles à s’impliquer dans le processus. On reproche souvent aux Universités leur incapacité de faire de la recherche dont les résultats sont immédiatement utiles au niveau du développement national. Le fait d’encourager les Universités à devenir des membres plus actifs des SNRA permettra d’éliminer cette faiblesse. Les Universités restent les principaux centres de mise au point des programmes d’enseignement à tous les niveaux et de formation de ressources humaines destinées à l’usage interne. Entre autres méthodes, le CORAF/WECARD doit pouvoir recourir au fonds Compétitif Régional pour promouvoir l’éducation et la formation, afin de bien intégrer les Universités dans leurs SNRA respectifs. Le CORAF/WECARD doit encourager les SNRA à toujours inclure dans leurs délégations des représentants des centres universitaires agricoles à de ses réunions. Au niveau de la sous-région, le phénomène de la fuite des cerveaux constitue un problème très sérieux.Le CORAF/WECARD se doit de collaborer avec d’autres organisations et institutions qui essayent de transformer la fuite des cerveaux en « gain de cerveaux ». Actuellement, ces organisations sont : la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), l’Institut Universitaire des Nations Unies pour les Ressources Naturelles (UNU/IRNA) et l’organisation «Africans for Development» basée à Londres.
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