| |
PLAN STRATEGIQUE DE COOPERATION POUR LA RECHERCHE ET LE DEVELOPPEMENT AGRICOLES EN AFRIQUE DE L'OUEST ET DU CENTRE 1999- 2014 |
|
1.4. Systèmes Nationaux de Recherche Agricole (SNRA) 1.5. Analyse des contraintes et défis 1.5.1. Augmentation de la production alimentaire pour répondre à une demande exponentielle 1.5.2 Adoption d’une stratégie plus rationnelle et plus efficiente pour l’agriculture irriguée 1.5.3. Diversification des systèmes de production 1.5.5. Maintien de la compétitivité au niveau du marché mondial 1.5.6. Reconquête de la compétitivité des marchés régionaux de l’huile et des tourteaux 1.5.7. Développement de nouvelles cultures de rente 1.5.8. Développement du potentiel des marchés régionaux du bétail 1.5.9. Recherche et production agricoles et protection de l’environnement 1.5.10. Réduction de la pauvreté 1.5.11. Réajustements sur le plan national, régional et international 1.5.12. Les autres contraintes limitant la production agricole dans la sous-région 1.6. Domaines prioritaires de coopération sous-régionale 1.4. Systèmes Nationaux de Recherche Agricole (SNRA)Un des caractères les plus frappants des Systèmes Nationaux de Recherche Agricole est leur composition fragmentaire : Instituts de Recherche Agricole, Facultés et Universités d’agriculture, Organisations Non Gouvernementales, Secteur Privé, d’Organisations Professionnelles des Producteurs, etc. Chacune de ces structures semble faire cavalier seul, étant donné le peu de coordination centrale des activités communes. Au niveau des universités, les énormes possibilités sont à peine exploitées pour des recherches menées conformément aux objectifs des Plans Stratégiques adoptés au sein des SNRA. Il en va de même pour les ONG. Les recherches menées au niveau du Secteur Privé, pour autant qu’elles existent, répondent à des intérêts commerciaux spécifiques. 1.4.1. Structure des SNRADans la sous-région, les SNRA sont particulièrement caractérisés par leur composition hétéroclite et par la prédominance des Instituts de Recherche Agricole ; cette prédominance relègue au second plan les Universités, les Organisations Professionnelles des Producteurs, les Organisations Non Gouvernementales et le Secteur Privé. Très souvent, les Plans Stratégiques des membres des SNRA sont élaborés sans la contribution de ces autres composantes. Les recherches effectuées par les Universités et autres organismes de recherche doivent être conformes à celles identifiées dans des Plans Stratégiques. Au niveau de la zone sahélienne, par exemple, les SNRA du Burkina Faso, du Mali et du Sénégal possèdent les structures les mieux intégrées. Dans ces pays, les Instituts de Recherche Agricole mobilisent 73 à 96 % des ressources financières du secteur agricole. Ainsi, ils jouent un rôle de premier plan dans l’orientation et la gestion de la recherche agricole nationale. En Gambie, au Cap-Vert et au Niger, les SNRA sont plus fragmentés. Les budgets, qui y sont alloués à la recherche agricole, représentent presque 60 % des ressources des SNRA, les 40 % restants viennent essentiellement des agences de développement Au niveau de la zone côtière, le SNRA du Nigeria est le plus fragmenté, avec environ 60 centres de recherche, dont la plupart ne disposent pas des ressources matérielles requises pour la recherche. Le SNRA du Ghana est le moins fragmenté, celui de la Côte d’Ivoire lui est relativement comparable. Contrairement à la zone sahélienne, les Instituts de Recherche Agricole ont un statut modeste et n’occupent que 58 % de leurs années-chercheurs. La majeure partie des Instituts de Recherche Agricole sont bien spécialisés et se définissent généralement comme des institutions à caractère autonome, public, administratif, industriel ou commercial, placés sous l’autorité des ministères chargés de la recherche et de l’agriculture. Au niveau de la zone de l’Afrique Centrale, les SNRA sont aussi fragmentés. Cependant, les Instituts de Recherche Agricole n’y dominent pas. Au Cameroun, par exemple, les quatre institutions de recherche et de formation prises ensemble représentent 84 % des années-chercheurs. Au Congo, la plus importante institution couvre seulement 10 % d’années-chercheurs. Il en est presque de même au Gabon et en RCA. Au Gabon, environ 15 institutions partagent la majorité des années-chercheurs, tandis qu’en République Centrafricaine 12 institutions se les partagent. Compte tenu du rôle potentiel important qu’ils pourraient jouer dans la quête de la sécurité alimentaire, les pays ont beaucoup mis l’accent sur le développement des Instituts de Recherche Agricole, d’où leur prédominance. Ils possèdent 72 % des agronomes et 77 % des fonds disponibles pour la recherche au niveau de la zone. Il faudra noter que les ressources humaines et financières des autres SNRA sont insuffisantes. En général, les Instituts de Recherche Agricole sont des Etablissements Administratifs à Caractère Public ou des Entités Industrielles et Commerciales à Caractère Public. 1.4.2. Ressources humainesEn zone sahélienne, les SNRA se sont fixés un objectif d’environ 1 015 années-chercheurs. Le nombre d’années-chercheurs potentielles est relativement proportionnel au niveau du produit intérieur brut agricole (PIBA). Sur les 1 000 années chercheurs-potentielles, environ 77 % sont localisées dans les pays. Au niveau de la plupart des SNRA, il existe une forte concentration d’un potentiel scientifique dans et autour des capitales. En outre, 48 % des chercheurs interviennent dans la production agricole contre 18 % dans la production animale, le reste étant réparti entre la foresterie, les industries de transformation et la socio-économie. En zone côtière, les SNRA ont environ 2 300 années-chercheurs. A lui seul, le Nigeria représente 52 % des années-chercheurs, tandis que la Côte d’Ivoire enregistre un taux relativement bas. Dans les pays anglophones, les nationaux sont responsables de la quasi-totalité des années-chercheurs, tandis que le degré de nationalisation du potentiel scientifique est plus bas dans les autres pays. Concernant la répartition par secteur de recherche, la production de cultures de subsistance et la production industrielle mobilisent une plus grande majorité de chercheurs locaux ou étrangers. Dans les autres secteurs de la recherche, la transformation des produits, les systèmes de production et les sciences sociales sont bien représentés. Dans les pays anglophones, la répartition des années-chercheurs est généralement plus équilibrée. Selon la FAO, les SNRA de la zone de l’Afrique Centrale possédaient environ 938 années-chercheurs en 1990-1991, dont 81 % revenaient aux chercheurs nationaux et le reste aux chercheurs étrangers. Ce ratio varie d’un pays à un autre. Actuellement, la nationalisation du corps des chercheurs très avancée dans la plupart des pays. Comme dans les autres zones, les chercheurs sont concentrés autour des capitales. L’essentiel du potentiel scientifique est mobilisé au profit des secteurs de la production industrielle et alimentaire. Les secteurs laissés-pour-compte sont ceux qui sont consacrés aux recherches sur la gestion des ressources naturelles, les systèmes de production et les sciences sociales. 1.4.3. Ressources financièresLes dépenses annuelles des SNRA de la zone sahélienne sont estimées à 70 millions de dollars, répartis comme suit :
D’après la FAO, au cours de la période 1989-1991, les dépenses annuelles globales au chapitre des activités de recherche agricole des SNRA au niveau de la zone côtière étaient estimées à environ 92 millions de dollars, répartis comme suit : · 52 millions de dollars venant des sources locales · 30 millions de dollars venant des subventions extérieures · 10 millions de dollars venant des prêts Les dépenses nationales représentent 74 % des frais totaux. Pour la période 1989-1991, les dépenses totales des SNRA de la zone de l’Afrique Centrale s’élevaient à 59 millions de dollars, répartis comme suit : · 30 millions de dollars venant des sources locales · 19 millions de dollars venant des subventions extérieures · 10 millions de dollars venant des prêts 1.5. Analyse des contraintes et défisPeu après leur indépendance, la plupart des pays de la sous-région ont vu leur production agricole diminuer, surtout du fait de l’exploitation accrue des ressources minérales liquides ou solides. Ainsi, le continuum production-consommation a été bouleversé avec en prime l’augmentation continue de la population. L’instabilité politique dans les pays nouvellement indépendants semble avoir aussi contribué à la diminution de la production. 1.5.1. Augmentation de la production alimentaire pour répondre à une demande exponentielleEn 1960, à part les marchés locaux exclusivement orientés vers la consommation des produits agricoles, il existait très peu d’opportunités de commercialisation de ces produits. Cependant, avec le taux de croissance démographique des 3 dernières décennies, les populations urbaines et rurales ont considérablement augmenté en l’espace de deux générations. Cette situation a conduit à une forte demande en vivres, créant ainsi des opportunités de commercialisation des produits locaux. L’approvisionnement des zones urbaines en denrées alimentaires est un véritable enjeu étant donné que, durant les 3 dernières décennies, le taux d’augmentation de la production alimentaire dans certaines régions atteignait à peine le taux de croissance démographique annuelle de la population rurale. Le modeste taux de croissance enregistré est dû surtout à l’augmentation des superficies cultivées, plutôt qu’à l’application des technologies. Le mil, le sorgho et le maïs continuent d’être les céréales de base consommées au niveau de la zone sahélienne, tandis que les racines et tubercule et le plantain constituent les principaux produits de la zone de l’Afrique Centrale et de la zone côtière. La majeure partie de la population de l’Afrique de l’Ouest et du Centre vit dans la zone côtière de l’Afrique de l’Ouest, et formule ainsi la plus grande demande en vivres. Cependant, plusieurs conjonctions de facteurs exacerbent les problèmes alimentaires dans cette zone. Il s’agit, entre autres facteurs, de l’urbanisation rapide qui a conduit à de nouveaux modes de consommation et à une demande structurelle en vivres. Ainsi, la demande en riz et en blé augmente chaque année, tandis que la demande en céréales traditionnelles (mil, sorgho et maïs) continue de diminuer. L’écart entre la production intérieure et la consommation tend donc à augmenter régulièrement dans la majorité des pays de la sous-région, du fait de l’insuffisance en ressources des producteurs de la zone. Ainsi, on espère qu’en élargissant la base de la production, en réduisant le coût des intrants et les pertes post-récoltes et en transformant les produits agricoles, il sera possible de mettre plus de vivres à la disposition des populations. 1.5.2 Adoption d’une stratégie plus rationnelle et plus efficiente pour l’agriculture irriguéUne augmentation, même significative de la production vivrière par l’agriculture pluviale, serait insuffisante pour résoudre, dans les décennies à venir, le problème de la sécurité alimentaire de la sous-région. Les mesures prises pour assurer la sécurité alimentaire devraient inclure la gestion appropriée des risques comme moyen de faire face aux aléas agro-climatiques. L’augmentation constante de la consommation de riz et de blé a exacerbé l’écart entre l’offre locale et les structures de demande, créant ainsi l’éventualité d’une dépendance accrue vis-à-vis des importations. Ces deux facteurs laissent supposer qu’il est opportun de reconsidérer la priorité à donner au développement des potentialités de l’agriculture irriguée, surtout au niveau de la vaste zone sahélienne. Considérant les facteurs qui ont conduit aux mauvais résultats enregistrés en agriculture irriguée, il est proposé ici de faire de la recherche sur les techniques d’irrigation rentables sur la diversification des cultures irriguées dans le cadre d’un système de rotation des cultures, sur la redéfinition du rôle des secteurs public et privé dans le cadre de la gestion des terres irriguées concernant la production et la commercialisation, sur la gestion des crédits, sur la transformation des produits agricoles et sur leur commercialisation 1.5.3. Diversification des systèmes de productionLe régime alimentaire de la plupart des populations vivant dans la sous-région peut être amélioré en qualité et en quantité. En effet, on peut y introduire des quantités plus importantes de protéines, de vitamines et d’ions essentiels, grâce à une diversification de la production et des procédés de consommation. Le niébé et d’autres légumineuses, les fruits et légumes pour lesquels il existe une plus forte demande en milieu urbain sont les produits qui se prêteraient bien à une telle diversification. A ce titre, la recherche ne devrait pas se focaliser uniquement sur le transfert des résultats disponibles, mais aussi sur le développement des marchés agricoles, des industries de transformation et de conservation et des transports. 1.5.4. Renforcement des liens du continuum production-consommation au niveau des principaux secteurs alimentairesContrairement aux principales cultures de rente que sont le coton, l’arachide, le cacao, le caoutchouc, etc., les secteurs traditionnels de production sont caractérisés par des problèmes, tels l’absence de liens assurant une coordination verticale entre les activités se situant en amont et en aval et le continuum production-consommation. Le secteur des cultures vivrières souffre de l’absence de services d’appui se situant en amont (distribution de semences, accord de crédits agricoles et autres intrants). Le coût des transports représente, à lui seul, plus de la moitié du prix unitaire total des produits proposés aux consommateurs. Ainsi, par exemple, les fluctuations des prix des produits pétroliers nécessaires pour le transport influent sur les prix des denrées alimentaires qui, eux, diminuent rarement. Dans ces conditions, il est important que la recherche agricole s’occupe des problèmes de développement des cultures dans le cadre d’une stratégie globale. Ceci devrait contribuer à réduire le prix unitaire final au profit des consommateurs. 1.5.5. Maintien de la compétitivité au niveau du marché mondialPour les producteurs de la sous-région, le coton est l’un des produits agricoles ayant le plus gros potentiel de compétitivité sur les marchés mondiaux. L’existence des signaux positifs pour une probable augmentation de la demande mondiale en coton pour les 15 prochaines années est liée aux perspectives de croissance des revenus des pays industrialisés. Par conséquent, il y a lieu de se réapprovisionner et de développer rapidement les potentialités actuelles qui sont sous-exploitées dans le secteur textile des pays producteurs de coton de l’Afrique au Sud du Sahara. Afin de tirer parti des opportunités d’exploitation offertes en matière d’exportation aux pays sahéliens producteurs de coton, ceux qui travaillent en équipe pourraient améliorer et maintenir la qualité de leurs produits et devraient exploiter les possibilités de gains additionnels en réduisant les coûts de transformation des produits et en contrôlant les prix du marché. A part la recherche effectuée dans ces secteurs techniques, il serait opportun d’assurer le maintien de la valeur ajoutée en allant au-delà du simple égrenage et en promouvant le développement des fabriques de tissus. Ces mesures sont valables pour les autres produits, tels le caoutchouc, le cacao, etc. 1.5.6. Reconquête de la compétitivité des marchés régionaux de l’huile et des tourteauxCompte tenu de la rude compétition entre les divers oléagineux que sont le soja, le tournesol et les graines de colza dans la plupart des marchés des pays en développement, les perspectives de marché pour l’huile et les tourteaux d’arachide paraissent limitées. Cependant, elles sont meilleures pour certains produits, telle l’arachide de confiserie qui pourrait constituer un débouché intéressant pour la filière arachidière. En outre, à l’échelle sous-régionale, un renversement de la tendance générale paraît possible, surtout au niveau des pays côtiers qui enregistrent non seulement une augmentation plus rapide de leur demande en huile végétale par rapport aux autres marchés mondiaux, mais aussi celle des consommateurs affichant toujours une préférence pour l’huile d’arachide. L’augmentation de la production de petits ruminants et de la volaille destinée aux marchés urbains et côtiers contribue à l’accroissement de la demande en aliments et en tourteaux pour les animaux. Ces opportunités de marché nécessitent une analyse détaillée des principaux facteurs avantageant les pays producteurs d’arachide, afin de les préparer à une meilleure compétition avec les producteurs d’huile de palme d’Asie, qui ont récemment réussi à combler l’écart résultant de la perte des marchés régionaux d’huile de palme de la sous-région. A ce titre, une recherche pertinente en coopération devrait s’efforcer de régénérer et de maintenir la qualité et la productivité des terres utilisées pour la culture de l’arachide, en plus de la restauration des diverses qualités des produits sahéliens, afin de satisfaire les préférences des consommateurs pour les matières grasses non saturées. 1.5.7. Développement de nouvelles cultures de renteUn des problèmes majeurs auxquels les pays de la sous-région sont confrontés est leur grande dépendance à l’égard d’un ou des mêmes produits, laquelle dépendance n’augure point leur stabilité économique. Tout changement de la demande en de tels produits affecte la stabilité de leurs économies non diversifiées. Afin de briser ce cercle vicieux, les stratégies de recherche et de développement agricoles devraient envisager des options pratiques visant à diversifier et à accroître la production des cultures de rente. En général, l’Afrique de l’Ouest et du Centre constitue une importante sous-région de diversification des cultures. En fait, les cultures non traditionnelles, tels certains produits horticoles (fruits, légumes, etc.) qui ne sont pas concernés par les programmes de recherche et de développement agricoles actuels, pourraient offrir d’immenses possibilités méritant d’être étudiées, dans la mesure où elles peuvent contribuer à l’accroissement des revenus. Cependant, ces nouvelles filières agricoles nécessitent, en plus, des recherches variétales sur les nouvelles techniques de production, de transformation et de commercialisation. L’exportation de ces produits comporte une exigence de contrôle de la qualité et des efforts remarquables en matière de commercialisation. 1.5.8. Développement du potentiel des marchés régionaux du bétailL’urbanisation et l’amélioration des revenus contribuent à la forte demande en produits de l’élevage ─ viande, produits laitiers, volaille ─ au niveau sous-régional, surtout dans les pays côtiers, tels le Nigeria, la Côte d’Ivoire et le Ghana. A titre d’exemple, les importations de bétail du Nigeria équivalent pratiquement le PIBA du Niger voisin. Ces marchés offrent aux éleveurs une bonne opportunité de s’approprier des parts de marchés régionaux. Une exploitation entière d’un tel avantage est à rechercher. Par conséquent, la recherche devrait se focaliser sur les domaines suivants : santé animale et alimentation, intégration de l’agriculture et de l’élevage, création de nouveaux marchés des sous-produits agricoles du coton, du sorgho, du maïs, etc., destinés au bétail et à la volaille. 1.5.9. Recherche et production agricoles et protection de l’environnementLa conservation et le développement des capacités de production des ressources naturelles commande, avant tout, de relever les défis liés aux deux problèmes majeurs que sont la croissance démographique galopante et le retard technologique. La surexploitation des ressources, les actuels systèmes de production extensive et la forte pression démographique sont généralement cités comme les principales causes de la dégradation de l’environnement. Les systèmes de production, qui affectent négativement l’environnement, ne devraient plus être tolérés. Protéger les ressources naturelles de base devient donc une nécessité absolue. Des systèmes de production à grande échelle sont en train d’être mis en place autour des villes, surtout en zone sahélienne : fermes périurbaines d’élevage, jardins potagers périurbains. Dans ce contexte, il est plus indiqué que la recherche aille au-delà de l’étude du simple facteur de production ou d’un seul secteur afin de contribuer à la diversification des systèmes de production dans les exploitations. En outre, il serait opportun de choisir et de promouvoir une approche rationnelle permettant une combinaison optimale des systèmes intensifs et des systèmes extensifs. Il est également important de retenir que l’objectif final vise à améliorer et à conserver, autant que possible, le peu de ressources disponibles. Des améliorations techniques, prenant en compte l’utilisation de la biotechnologie, pourraient conduire à une augmentation notable de la productivité et, par voie de conséquence, limiter l’impact des pratiques conduisant à une réduction des ressources naturelles. Par conséquent, les actions à entreprendre pour un nouvel équilibre environnemental devraient constituer à mener une offensive, sur deux fronts : le contrôle stratégique de la démographie d’une part, et l’adoption de systèmes d’exploitations agricoles à grande échelle couplée à une exploitation durable des ressources naturelles, d’autre part. Un autre défi en matière de protection environnementale, auquel doivent faire face les pays de la sous-région, concerne les réformes politiques, institutionnelles et juridiques indispensables aux formes sociologiquement acceptables de gestion des ressources naturelles. La gestion participative réelle de ces ressources par les communautés locales constitue la seule alternative pour un développement environnemental efficace. A ce titre, la réforme agraire constitue une condition préalable. 1.5.10. Réduction de la pauvretéPresque toutes les parties de la zone cotière de l’Afrique l’Ouest connaissent une pluviométrie abondante, une végétation riche et une très grande biodiversité, qui sont des facteurs favorables à une agriculture efficiente. Cependant, les sols acides, les insectes et les maladies limitent la production agricole. A cela s’ajoute une faible mobilisation des ressources provenant des secteurs non agricoles au profit du développement du secteur agricole. Ainsi, la production reste une activité paysanne et de subsistance basée essentiellement sur l’utilisation des outils de travail. Il est attendu que la stratégie actuelle de recherche soit portée essentiellement sur l’utilisation de systèmes de connaissances à la base, qui devraient impliquer des liens étroits entre la recherche, la vulgarisation et les producteurs dans un continuum production-consommation. Ceci devrait aider à valoriser la production et à améliorer le bien-être des populations. 1.5.11. Réajustements sur le plan national, régional et internationalUn autre défi, auquel les pays de la sous-région doivent faire face au cours des prochaines décennies, réside dans la conduite de diverses reformes politiques et institutionnelles, en vue d’encourager les initiatives du Secteur Privé pour une croissance durable et équitable. A ce titre, on espère que le processus de libéralisation du marché déjà en cours prendra en compte ces préoccupations. D’autre part, les pays de la sous-région devront contribuer aux efforts entrepris pour encourager la création de marchés viables et tirer parti du contexte actuel de complémentarité économique entre la zone côtière et la zone sahélienne. 1.5.12. Les autres contraintes limitant la production agricole dans la sous-régioCes contraintes sont :
1.6. Domaines prioritaires de coopération sous-régionaleLa procédure utilisée pour le choix des domaines prioritaires, figurant sur le tableau ci-dessous, a consisté à identifier les grands objectifs de développement de la sous-région, à transformer les contraintes en projets de recherche, en utilisant des indicateurs appropriés pour la sous-région ou ailleurs, et à définir les méthodes de recherche et les modalités de leur mise en œuvre en vue d’atteindre les résultats escomptés (voir les détails en annexes II et III). Le procédure comporte : · Les filières comme premier point d’entrée : « Filière » signifie l’ensemble des fonctions ─ production, traitement et commercialisation ─ et des acteurs impliqués dans le processus qui mène à la transformation d’un produit agricole en un ou plusieurs produits finis utilisés par la société humaine (Manichon, 1996). Selon les cas, de pareilles filières ont parfaitement subvenu aux besoins qualitatifs et quantitatifs des populations rurales et urbaines. L’étude de chaque maillon de la filière a permis d’identifier les principales contraintes ainsi que leurs forces et faiblesses. · L’environnement comme deuxième point d’entrée pour l’analyse : la procédure de zonage est basée sur la variabilité des traits physiques, économiques et sociaux. Ce qui a permis de comprendre la diversité du processus de gestion des ressources naturelles ainsi que les principes qui les gouvernent. Cependant, il faut signaler que le zonage n’était pas nécessairement agro-écologique. Les relations entre les différents agents, leurs modes d’organisation et la pression qu’ils exercent sur l’espace ont facilité la compréhension générale de son usage et des résultats atteints. · L’analyse de politiques comme troisième point d’entrée : l’accent est mis sur les problèmes liés aux politiques macro et micro-économiques, la fixation des prix, le crédit et les politiques de gestion des terres. Cet ensemble de politiques, le fonctionnement du marché et l’organisation des activités de vulgarisation influencent le comportement des acteurs face aux risques ainsi que leurs autres relations. L’Afrique au Sud du Sahara, en général, et l’Afrique de l’Ouest et du Centre en particulier, doivent faire face à 3 grands défis intimement liés aux objectifs de leur développement :
Dans le cadre de ses activités, la recherche agricole intervient à travers deux approches : l’approche sectorielle qui traite spécifiquement en amont et en aval des différents segments de production et l’approche système qui prend en compte toute l’exploitation ou entreprise agricole du producteur et tous les produits et ressources naturelles. Pour identifier les priorités de recherche, l’Assemblée Générale du CORAF/WECARD a adopté deux approches : l’approche filière et l’approche système comportant des thèmes transversaux. En vue de spécifier les concepts d’approche système, d’approche filière et de thèmes transversaux adoptés, une note explicative sera produite pour faciliter la formulation des projets de recherche. En fait, les deux approches sont fondamentales pour l’accomplissement des objectifs de développement adoptés pour la sous-région. Ces objectifs sont : - la réduction de la pauvreté - la sécurité alimentaire - l’amélioration des revenus des populations - la gestion durable des ressources naturelles - l’accroissement de la compétitivité des produits agricoles Le thème majeur sur la collecte, l’évaluation, la préservation et l’emploi des ressources génétiques entre dans le cadre d’une meilleure prise de position de la sous-région dans la mondialisation. L’Afrique est un important centre de diversification de plusieurs espèces végétales et animales. Il est alors impératif que les SNRA prennent des mesures par rapport à cette thématique au profit des générations à venir. Les différents niveaux de consultations approfondies, basées sur un certain nombre de critères (voir détails en Annexes II et III), ont finalement abouti à la définition de priorités de la recherche (voir tableau 1 ci-dessous). Comme expliqué plus haut, les critères retenus l’ont été sur la base de la contribution du produit/thème à la sécurité alimentaire, à la gestion durable des ressources naturelles, à la réduction de la pauvreté, à la création d’emplois, l’amélioration des revenus, à la promotion des investissements privés dans les zones rurales et à la promotion de l’exportation des produits agricoles. Tableau 1 : domaines prioritaires de la coopération sous-régionale en recherche et en développement agricoles en Afrique de l’Ouest et du Centre
Le secteur agroforestier prend aussi en considération la double fonction économique et environnementale des arbres dans les systèmes de production, à savoir : 1- fonction économique : la fourniture de produits destinés à la consommation et à la vente pour générer des revenus, tels le bois, les fruits, le fourrage et les plantes médicinales 2- fonction environnementale : la conservation de l’eau et du sol, l’amélioration de la fertilité du sol, le développement de la biodiversité, etc. Des outils d’appui à la recherche, tels l’information et la communication, la biotechnologie, les politiques agricoles, la biométrie et le transfert de technologies sont aussi considérés comme prioritaires pour la coopération.
|
||||||||