Lutte intégrée contre les mouches des fruits : compatibilité entre deux méthodes de lutte biologique en milieu naturel

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10e Symposium international sur les mouches des fruits d’importance économique

Tapachula, Chiapas, Mexique Du 23 au 27 avril 2018.

Session 7. Ennemis naturels et contrôle biologique

 

Lutte intégrée contre les mouches des fruits : compatibilité entre deux méthodes de lutte biologique en milieu naturel

Antonio Sinzogan1, Aziz Achimi1, Florence M. Anato1, Aimé Bokonon-Ganta1 et Miriam Karlsson 2,3

1Département de Production Végétale, Faculté des Sciences Agronomiques (FSA), Université d’Abomey-Calavi (UAC), 03 BP 2819 Cotonou, République du Bénin, Email: sinzogan2001@yahoo.fr; 2Institut international d’agriculture tropicale (IITA), Tri Postal, 08 BP 0932 Cotonou, Bénin; 3Department of Plant Protection Biology, Université suédoise des sciences agricoles (SLU), 230 53 Alnarp, Suède

Contexte : Le parasitoïde indigène Fopius caudatus Szépligeti (Hymenoptera: Braconidae) est un agent biologique potentiel utilisé pour contrôler les espèces de mouches des fruits appartenant aux genres Ceratitis. En outre, la fourmi tisserande africaine Oecophylla longinoda Latreille (Hymenoptera: Formicidae) partageant le même habitat avec F. caudatus est également utilisée pour leur prédation et les composés chimiques libérés sur les fruits.

Méthodes : La compatibilité entre ces deux agents de contrôle biologique a été évaluée dans des environnements naturels. Quatre prélèvements (286 échantillons) de Sarcocephalus latifolius (Smith) Bruce (Rubiaceae) ont été effectués pour déterminer le niveau d’infestation par C. cosyra et le taux de parasitisme de F. caudatus sur les arbres avec et sans O. longinoda. Les tests de laboratoire ont mis en évidence l’effet des substances chimiques O. longinoda sur le comportement de F. caudatus.

Résultats : Les résultats ont montré que l’infestation de C. cosyra (101,73 pupes) et le taux de parasitisme par F. caudatus (8,34%) étaient plus élevés en l’absence de O. longinoda qu’en présence de O. longinoda (infestation de C. cosyra: 67,37 pupes, taux de parasitisme par F. caudatus 6,29%). Ainsi, O. longinoda réduit à la fois l’infestation par C. cosyra et le taux de parasitisme par F. caudatus. La présence des substances chimiques de O. longinoda sur les fruits a entraîné une réduction de la fréquence de sondage et de ponte des femelles de F. caudatus. Les substances chimiques laissées par O. longinoda sur les fruits interfèrent négativement avec le comportement de F. caudatus. Malgré cet impact négatif, l’infestation de C. cosyra est plus faible en présence des deux agents de lutte biologique (F. caudatus et O. longinoda) qu’en présence d’un seul agent de contrôle (F. caudatus).

Conclusions : Sur la base des résultats de cette étude, on peut conclure qu’il existe une interférence biotique négative entre F. caudatus et O. longinoda. Cependant, les deux méthodes intégrées dans le champ ont réduit les infestations de mouches des fruits par rapport à l’utilisation unique des parasitoïdes.

Mots clés : Méthodes de lutte intégrée, Ceratitis cosyra, Fopius caudatus, Oecophylla longinoda, Sarcocephalus latifolius, Parasitisme.