Alliance Sahel donne un nouvel élan à la coopération scientifique

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La collaboration scientifique entre institutions de recherche agronomiques franco-africaines remonte à plusieurs décennies. Ensemble, ces institutions ont été à l’avant-garde de la lutte contre divers problèmes liés aux systèmes alimentaires et au renforcement de la sécurité alimentaire dans leur zone.

Mais les défis de la région étant complexes et compliqués, les acteurs de la recherche au Sahel ont décidé de se rassembler et de renouveler leur engagement pour approfondir la collaboration afin de résoudre ces problèmes.

Réunis dans la capitale du Burkina Faso le vendredi 21 septembre 2018, douze instituts de recherche nationaux et régionaux basés au Sahel ont signé la «Déclaration de Ouagadougou». La France, l’Allemagne et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont assisté à la cérémonie de signature.

« Non seulement cela apporte de nouveaux espoirs dans la lutte contre la faim et la pauvreté dans la région, mais cela ouvre également une nouvelle ère de coopération en matière de recherche en Afrique francophone », déclare le Dr Abdou Tenkouano, Directeur Exécutif du CORAF, l’un des signataires de l’accord.

Lancée en 2017 au Burkina Faso, l’Alliance Sahel vise principalement le développement de la région du Sahel. Environ neuf organisations internationales et régionales de développement font partie de cette Alliance.

Les changements climatiques, l’accroissement de la population, le sous-emploi des jeunes, la baisse de la productivité agricole, la malnutrition, la dégradation des sols, l’insécurité résultant du terrorisme, etc. sont quelques-uns des problèmes majeurs auxquels sont confrontés les pays du Sahel. Parmi les nombreuses approches et solutions envisagées par les gouvernements et les acteurs du développement, citons la science, la technologie et les innovations.

S’appuyant sur la compréhension commune selon laquelle seules les communautés rurales dynamiques peuvent garantir une paix et une sécurité durables au Sahel, les signataires de la «Déclaration de Ouagadougou» se sont engagés à travailler ensemble, mais aussi à mettre en synergie leurs moyens et efforts, innovations et réseaux, au service des populations de la région.

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Huit domaines prioritaires de recherche

La déclaration de Ouagadougou repose sur les huit priorités de recherche énumérées ci-dessous :

  • L’accompagnement du développement territorial par des analyses prospectives, le renforcement des dynamiques participatives, l’élaboration de cadres d’action favorisant les innovations inclusives ;
  • L’intensification écologique de toutes les filières par la gestion agro-écologique des systèmes de cultures , l’intégration agriculture-élevage , la réduction de pertes post-récolte, le développement de la transformation alimentaire et des marchés ;
  • Le développement des cultures irriguées et la gestion des ressources naturelles et des aménagements hydroagricoles ;
  • Une co-gestion du pastoralisme et de la santé animale tant en termes des productions animales, de la phytopathologie et de la protection sanitaire des animaux dans le cadre d’une approche « One health » ;
  • L’adaptation au changement climatique par la mise au point de nouvelles variétés végétales et de systèmes de cultures plus résilients , une révision des pratiques agricoles et l’amélioration de la séquestration du carbone pour la fertilité du sol ;
  • La gestion des milieux et des ressources naturelles pour valoriser la biomasse et les énergies renouvelables et la biodiversité ;
  • Le déploiement de systèmes alimentaires durables et sains permettant d’assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations ;
  • La contribution au renforcement des compétences des acteurs et à la consolidation des institutions de recherche, d’appui à l’innovation et de formations agricoles et rurales

Les signataires :

  1. Les 12 signataires de la Déclaration de Ouagadougou :
  2. Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST), Burkina Faso
  3. Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricole (Coraf)
  4. Comité permanent inter-états de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS)
  5. Centre national de recherche agronomique et de développement agricole (CNRADA), Mauritanie
  6. Conseil national de la recherche agronomique et de développement agricole (CNRA), Niger
  7. Institut d’économie rurale (IER), Mali
  8. Institut de l’environnement et recherches agricoles (Inera), Burkina Faso
  9. Institut national de recherche agronomique du Niger (INRAN)
  10. Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA)
  11. Institut tchadien de recherche agronomique pour le développement (ITRA)
  12. West African Science Service Center on Climate Change and Adapted Land Use (Wascal)
  13. Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD)
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