La faible productivité du mil pose de nouveaux défis aux chercheurs

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En dépit des récentes avancées dans le domaine de la recherche, l’insuffisance de la production et les effets néfastes du climat, mettent à nouveau les chercheurs à l’épreuve sur le mil. C’est ce qui ressort d’une récente conférence internationale sur cette céréale tenue au Sénégal. Les communautés se tournent vers les chercheurs pour concevoir de nouvelles variétés capables de stimuler la productivité, de nourrir les populations d’Afrique de l’Ouest, de réduire la faim et la pauvreté.

Combinés aux attaques des ravageurs, à l’accès insuffisant aux marchés et à d’autres défis émergents, les chercheurs travaillant sur cet aliment de base crucial se trouvent dans l’obligation d’intensifier leurs travaux  afin d’identifier des solutions de pointe, pour revitaliser le secteur du mil.

Organisée récemment à Thiès (70 km à l’Est de Dakar), au Sénégal, par le laboratoire d’innovation de Feed the Future pour la recherche collaborative sur le sorgho et le millet (SMIL) et d’autres partenaires de recherche nationaux et régionaux, la conférence a documenté les défis et identifié de nouvelles priorités de recherche pour augmenter la productivité, la consommation et réduire aussi les écarts de revenus.

Le mil représente un aliment de base important pour la plupart des populations du Sénégal et de l’Afrique de l’Ouest en général. Les plans de développement nationaux et régionaux reposent sur le mil pour assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle de la population.

Selon le Dr Alioune Fall, Directeur général de l’Institut sénégalais de recherche agricole, (ISRA), les prévisions montrent que selon les tendances climatiques actuelles, les rendements du mil pourraient baisser de 30 % d’ici à 2050.

L’expansion de la productivité pour répondre à la demande de la population croissante du Sénégal et de l’Afrique de l’Ouest nécessitera en partie des solutions de recherche innovantes et adaptées aux changements climatiques.

Le consortium d’instituts de recherche coordonné par le CORAF entreprend déjà des recherches sur le mil et d’autres céréales sèches. Jusqu’à présent, certains des résultats incluent l’introduction de variétés de mil résistantes à la sécheresse et hybrides, auprès des producteurs de la région.

Le Centre pour l’amélioration de l’adaptation à la sécheresse (CERAAS) basé au Sénégal, travaille en collaboration avec le CORAF et SMIL pour générer des variétés innovantes, pour le mil et d’autres céréales sèches.

Bio fortification du mil?

La question de la nutrition a été élevée au plus haut niveau des priorités des Etats en Afrique. Les chefs d’État et de gouvernement se sont engagés à mettre fin au retard de croissance noté chez les enfants et en le ramenant aux alentours de 10 % et l’insuffisance pondérale à 5 %, d’ici à 2025.

La biofortification du mil pourrait être un moyen relativement rentable pour lutter contre la malnutrition, la faiblesse en micronutriments des aliments, pour les populations d’Afrique de l’Ouest. Non seulement, la conférence de Thiès a exploré les options à cet égard, mais les participants ont également discuté des moyens d’utiliser la technologie de transformation agroalimentaire et la mécanisation agricole, pour accélérer la production alimentaire.

Près de 90 participants venus du Mali, du Burkina Faso, du Niger, des États-Unis, de la France, d’Angleterre et d’Inde ont assisté à l’événement. Ils ont été soigneusement sélectionnés pour représenter le large spectre de la chaîne de valeur du mil. Ils représentent entre autres, les acteurs de la recherche, de la transformation et de la commercialisation, les groupes de producteurs, les opérateurs économiques, le secteur privé et les entreprises semencières.

Le Centre de recherche sur les céréales sèches du CORAF, créé dans le cadre du Programme de productivité agricole de l’Afrique de l’Ouest (PPAAO), est une initiative de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui partage ses avantages en matière de recherche avec les 23 pays d’Afrique occidentale et centrale, membre de l’espace régional du CORAF.

Dans le même temps, par le biais du Programme semencier pour l’Afrique de l’Ouest (PSAO), financé par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), et bientôt par le Partenariat pour la recherche agricole, l’éducation et le développement, (PAIRED), le CORAF s’emploiera à assurer la disponibilité d’intrants agricoles de qualité pour les agriculteurs ouest-africains. L’une des cultures prioritaires ciblée dans le cadre de cet accord de collaboration est le mil.

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