Le ‘modèle PSAO’ peut-il changer la donne pour l’industrie des semences en Afrique de l’Ouest?

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Pour toute personne se débattant avec les complexités du développement, serait d’avis que la recherche de modèles transposables peut être difficile.

En Afrique de l’Ouest, les défis constants du faible investissement en semences, de la participation insuffisante du secteur privé dans l’industrie, de l’absence de partenariats public-privé et les semences de mauvaise qualité pourraient avoir trouvé une solution.

Tout ceci est rendu possible par un programme novateur du Conseil Ouest et Centre Africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF) mis en œuvre depuis 2012. Intitulé, Programme semencier de l’Afrique de l’Ouest (PSAO), aujourd’hui crédité d’améliorer considérablement la disponibilité des semences pour les agriculteurs et permettre aux pays d’adopter une législation autorisant les échanges transfrontaliers.

Financé par l’agence des États-Unis pour le développement international (USAID), la Banque mondiale (BM) et d’autres bailleurs, le PSAO a réussi à rassembler les principaux acteurs de la région pour travailler ensemble afin de rendre les semences de qualité accessibles aux agriculteurs d’Afrique de l’Ouest.

Satisfait des résultats du modèle PSAO, les partenaires clés de l’industrie en Afrique de l’Ouest se sont réunis en juin 2017 pour tirer des enseignements du modèle, identifier les enseignements et établir une feuille de route pour amener l’industrie semencière ouest-africaine à un niveau supérieur.

A ladite réunion, ont émergé des recommandations concrètes pour assurer que le modèle soit étendu proportionnellement au potentiel de l’industrie semencière et à l’ambition des gouvernements et communautés de la région. Ci-dessous les recommandations tridimensionnelles sur la réglementation, l’agro-industrie et le financement à mettre en avant dans la prochaine phase du programme, ainsi que par les parties prenantes (décideurs politiques, programmes de développement, systèmes semenciers nationaux et régionaux).

Règlement sur les semences

Améliorer la mise en œuvre du règlement sur les semences au niveau des pays. Il est nécessaire d’approfondir la mise en œuvre du règlement sur les semences de la CEDEAO en incluant davantage le secteur public, en créant et encadrant les équipes de certification des pays, en renforçant les installations de certification et en établissant des procédures de certification rentables.

Élargir l’assurance de la qualité en utilisant des modèles alternatifs de contrôle de la qualité. Il devrait y avoir la poursuite de systèmes de contrôle de qualité alternatifs tels que le système déclaré de qualité et l’utilisation d’installations privées accréditées d’analyse des semences devraient permettre de réduire le coût de la certification des semences et d’élargir les avantages des essais de semences pour couvrir un plus large éventail de cultures.

Minimiser les obstacles aux mouvements transfrontaliers des semences. Des efforts concertés devraient être déployés pour minimiser les obstacles au commerce transfrontalier, en formant des acteurs non traditionnels et en plaidant auprès des décideurs et d’autres partenaires nationaux et régionaux.
Regrouper pour faire progresser le secteur des semences. On a estimé que lorsque les pays participants sont regroupés en fonction de leur degré d’avancement dans le processus d’harmonisation des semences, notamment en termes de capacité, d’installations et de résultats, des résultats globaux plus rapides seraient atteints puisque les interventions ciblées, selon les différents besoins pour de meilleurs résultats pour chaque groupe.

Secteur agro-industrie

Élargir l’utilisation du modèle d’affaires PSAO. Le modèle d’affaires PSAO s’est avéré être un outil approprié et doit être consolidé, étendu, adopté plus largement et rendu plus accessible aux partenaires par la promotion et le partage du modèle entre les parties prenantes d’ASIWA.

Améliorer la demande de semences de qualité. La création de la demande de semences de qualité était considérée comme un maillon faible. Dans un suivi possible du PSAO. Une composante importante de la demande devrait être incorporée, impliquant la vulgarisation, la recherche et l’autonomisation du secteur privé, visant à accroître la demande de semences et à renforcer la chaîne de valeur des semences de toutes les cultures couvertes afin d’établir une base solide sur laquelle l’industrie prospèrera.

Financement

Améliorer le crédit et le soutien financier à l’industrie des semences. Le secteur privé doit plaider en faveur de l’amélioration de la fourniture de crédits pour l’industrie semencière ainsi que de l’institutionnalisation totale du Fonds de soutien au secteur semencier inscrite dans le Règlement et de son applicabilité durable à l’ensemble des éléments essentiels à la croissance de l’industrie dans les pays participants.

Pour plus de détails sur le rapport complet de l’évènement apprentissage, veuillez cliquer ici.
Une évaluation à mi-parcours indépendante ressort les éléments du modèle à mettre à profit
Une évaluation indépendante à mi-parcours du programme en 2016 a mis en évidence des approches réussies qui pourraient être mises à l’échelle pour permettre à l’industrie semencière de relancer la transformation souhaitée dans l’agriculture.

Cela implique la mise en œuvre d’une réglementation régionale harmonisée des semences dans 17 pays de l’Afrique de l’Ouest et la promotion de l’outil de prévision de la demande de semences. Parmi les autres réussites de ce modèle, citons la création de modèles commerciaux, la mise à profit du partenariat public-privé dans le secteur des semences, la résilience des semences régionales et la mise en place d’un système de suivi et d’évaluation essentiel.

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