Stimuler le secteur agricole sous-performant de l’Afrique

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Parvenir à la transformation souhaitée dans le secteur agricole requiert une application soutenue de la science, de la technologie et de l’innovation (STI), a conclu une conférence de haut niveau sur l’utilisation des STI pour transformer la production alimentaire et assurer la sécurité alimentaire.

« L’insécurité alimentaire croissante due au secteur agricole sous-performant et les pauvres politiques en Afrique sont encore compliquées par les impacts du changement climatique et l’émergence de nouvelles maladies des cultures », a déclaré le ministre ougandais de la Science, de la Technologie et de l’Innovation lors de l’ouverture de la conférence qui s’est tenue récemment à Kampala.

Le secteur agricole de l’Afrique «nécessite l’application de la science et de la technologie pour atténuer les impacts», a déclaré le Dr Elioda Tumwesigye.

Les importations annuelles totales de produits alimentaires en Afrique sont estimées à 35 milliards de dollars US et devraient atteindre 110 milliards de dollars d’ici à 2025. Le secteur agricole emploie environ 70% de la main-d’œuvre du continent. Les experts arguent que la plupart des produits alimentaires importés peuvent être cultivés sur le continent.

Les gouvernements d’Afrique et les partenaires au développement ont fixé des objectifs ambitieux pour renverser cette situation. L’utilisation des résultats de la recherche et des nouvelles technologies et variétés de cultures est au cœur des solutions.

En tant que plus grande organisation de recherche sous-régionale sur le continent travaillant dans 23 pays avec plus de 430 millions de personnes, le Conseil pour la recherche et le développement agricoles en Afrique de l’Ouest et du Centre (CORAF) a été invité à apporter son expérience et ses connaissances pour relever ce défi.

«De nombreuses solutions du CORAF, tant au niveau de la contribution à la création et à la promotion de nouvelles variétés de cultures et de technologies, que de l’aide apportée aux pays pour mettre en place des réglementations et des politiques scientifiques, font déjà une différence dans la région», selon Dr Lamien, coordonnateur régional du programme PPAAO au CORAF.

Au cours des dix dernières années, le CORAF a contribué, grâce à son Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest, à concevoir près de 200 technologies qui ont atteint environ 8 millions de personnes directement, pour 47 millions atteints indirectement. De nombreux pays d’Afrique de l’Ouest disposent désormais de cadres de régulation des semences grâce à l’appui politique du CORAF.

Afin de mieux s’acquitter de son rôle de coordination dans la région de l’Afrique de l’Ouest et du Centre et de relever les nouveaux défis de recherche, l’institution de recherche basée à Dakar révise actuellement sa stratégie. Relever les défis pressants en matière d’alimentation et de nutrition tout en aidant les pays à utiliser l’agriculture pour gérer les problèmes cruciaux de l’emploi des jeunes, de la migration, du genre, du changement climatique et de la durabilité sont au cœur de la nouvelle stratégie.

Avantages des STI

Les biotechnologies ont de nombreux avantages pour le secteur agricole. Non seulement ils stimulent la croissance économique dans la mesure où ils conduisent à augmenter les rendements des cultures et à améliorer les revenus des agriculteurs, mais ils peuvent également améliorer les moyens de subsistance en améliorant la valeur nutritive.

Avec les STI, la conférence a également noté que la sécurité alimentaire, la durabilité environnementale et les produits agricoles compétitifs pourraient être améliorés.

Volonté politique

La conférence a également noté que si la volonté politique a été essentielle à l’adoption des STI dans d’autres parties du monde, cela n’a pas toujours été le cas en Afrique.

Le manque de volonté politique, les politiques restrictives, le faible investissement public et l’accès aux technologies ont entravé les progrès réalisés dans l’utilisation des STI dans la transformation de l’agriculture en Afrique subsaharienne.

La conférence a donc appelé à un engagement politique au plus haut niveau pour changer la trajectoire. Un tel soutien suppose la politique scientifique, l’adoption de cadres réglementaires qui facilitent la recherche, le développement et le déploiement de cultures biotechnologiques.

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