La chèvre rousse de MARADI : la vache laitière du pauvre

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Equilibre, finesse, harmonie de forme et de couleur, telle est l’impression générale que donne la petite chèvre rousse de Maradi. Elle reste le pilier du développement de l’économie des ménages ruraux car, en plus d’être considérée comme « la vache laitière du pauvre », elle possède d’autres atouts dont la qualité de sa peau. Une espèce dont le PPAAO facilite la diffusion afin d’aider les petits producteurs.

Elle se rencontre dans la partie centrale du Niger, précisement dans le département de Maradi en particulier. La chèvre rousse est très prolifique avec des portées de 2 à 3 chevreaux, voire 4 dans certains cas. Elle est également très précoce, car sa première mise bas intervient entre 6 et 7 mois.  C’est aussi une bonne laitière qui peut donner une production jounalière 0,6 l de lait pendant deux périodes de 3 à 4 mois en raison de la mise bas deux fois par an. Son lait est riche en vit A et parfaitement digestible notamment par les jeunes enfants. Il est notoirement connu que dans nos villages, beaucoup d’orphélins de mère ont survécu grâce au lait de chèvre.  La chèvre rousse possède une viande savoureuse et tendre. Le rendement carcasse est estimé à 45-50%.

Mais sa réputation internationale vient surtout de sa peau, fine, souple et d’une solidité remarquable, ce qui fait que cette peau est très recherchée en maroquinerie de luxe. C’est la qualité de sa peau qui entraina sa diffusion hors du berceau d’origine.

L’animal est harmonieux, assez élancé, mesurant entre 0,62 à 0,67 m et pesant à l’âge adulte de 30 à 35 kg. Ses cornes sont moyennement développées, ses oreilles tenues horizontalement et parfois pendantes. Cet animal présente une grande rusticité. la détermination du standard des caprins roux de Maradi peut se formuler comme une population de format moyen, avec des oreilles courtes et dressées, deux cornes (plus développées chez le mâle) inclinées vers l’arrière, le poils ras, une présence de barbiche (barbe développée chez le mâle) dans les deux sexes, la présence de pendeloques chez quelques individus des deux sexes, surtout à l’Est de Maradi (Tessaoua).

Selon le Pr. Marichatou Hamani, Enseignant Chercheur à la Faculté d’Agronomie de l’Université Abdou Moumouni de Niamey et al. (2012), « l’appellation chèvre rousse de Maradi » semble limiter les acquis de la race. Il serait préférable de dire la chèvre de Maradi et préciser qu’elle se présente sous trois robes : la rousse, la noire et la brune. C’est un animal dont les mensurations corporelles varient en fonction du milieu. La variabilité phénotypique de la taille au sein de la race offre dans un premier temps des possibilités de sélection en s’appuyant sur les souhaits des éleveurs. Ceci permet de dégager des populations homogènes sur lesquelles des croisements avec d’autres races peuvent être envisagés ».

Au Niger, les autorités ont très vite perçu l’enjeu de la conservation, l’amélioration et la diffusion de cette espèce. C’est pourquoi dès 1963 fut mis en place le Centre Secondaire d’Elevage Caprins sur 1850 hectares à Maradi (630 kms à l’est de Niamey). Cet établissement public a pour objectifs la sélection et la diffusion de la chèvre rousse à partir de son berceau authentique qu’est la région du Katsina-Maradi et la vulgarisation auprès des éleveurs des techniques d’élevage adaptées. Grâce à cette politique de diffusion, la chèvre rousse se retrouve et s’adapte dans plusieurs contrées du Niger. Ainsi, selon des témoignages que nous avons recueillis auprès de productrices dans le département de Balleyara (région de Tillabéry), au plan de l’alimentation, les chèvres rousses ne sont pas capricieuses et elles appètent pratiquement toutes les espèces d’herbes de notre zone et les résidus domestiques.

Dans le cadre de la coopération entre les pays du PPAAO, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Mali ont acquis plusieurs centaines de têtes des chèvres rousses de Maradi.