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Coraf Action n° 9, octobre - décembre 1998

Sommaire

Echos de la Recherche

Cameroun. Exportation de la banane plantain : l'appui de la recherche
Un outil d'aide à la décision pour la mise en valeur des bas-fonds
Le Nigeria adopte le soja
Réseau cultures maraîchères. Approvisionner les villes en légumes
Recherche sur les savanes. La démarche participative est adoptée
Adaptation des plantes à la sécheresse. Création d'un diplôme spécialisé
Ressources génétiques. Création d'un réseau
Légumes-feuilles contre malnutrition
Réseau engrais. Contre l'appauvrissement des sols
L'igname-haricot, le nouveau laurier du CERAAS

Vie de la CORAF

Développement et transfert technologiques. Un fonds régional compétitif en vue
Recherche agricole. Forum mondial : la place des systèmes nationaux


Sur le terrain

Question.

A propos des exploitants agricoles et de la sécurité alimentaire

Zone forestière humide. Des essais culturaux avec les paysans
Nigeria. Des éleveurs adoptent un piège a tsé-tsé
Miel Améliorer les méthodes de production et de récolte
Semences : traitement en fûts
L'abeille d'Afrique méconnue
Au Cameroun, un observatoire du plantain installé
Winrock International. Des femmes formées à la rédaction de projets et de rapports


A Lire

Agenda



ECHOS DE LA RECHERCHE


Cameroun. Exportation de la banane plantain : l'appui de la recherche



La recherche propose des techniques pour améliorer l'exportation de la banane plantain.


L'exportation de la banane plantain du Cameroun vers l'Europe par avion entraîne des coûts élevés et une réduction importante des marges bénéficiaires pour les exportateurs. A la demande du Projet de diversification des exportations agricoles du Cameroun, le Centre de recherches régional sur bananiers et plantains (CRBP) de Njombé a mené des essais pour améliorer les stades de récolte des fruits de trois variétés (French Clair, Bâtard et Big Ebanga) favorables à leur conservation au froid (12-14 °C) et à l'état vert pendant la durée du transport par bâteau de Douala en Europe, soit environ quinze jours.

Il ressort des résultats que les stades appropriés de récolte des fruits pour l'exportation en conteneurs ou en cales refrigérées vers l'Europe se situent environ à une semaine avant l'apparition du doigt tournant sur la première main du régime de la variété French Clair, contre une à deux semaines pour la variété Big Ebanga, et deux à trois semaines pour la variété Bâtard. Les intervalles entre la floraison et la coupe correspondant aux stades de récolte sont environ de 79 jours pour la French Clair, de 71 à 78 jours pour la Big Ebanga, de 68 à 75 jours pour la Bâtard. Pouvant varier selon les saisons et les zones écologiques de production, ces stades de récolte précoce affectent peu la qualité des fruits, mais entraînent une légère diminution du poids des régimes et du grade des fruits.

Les rendements et la qualité des fruits

Des précautions devraient être prises lors de la récolte, du transport et du conditonnement en cartons, pour éviter les altérations mécaniques préjudiciables à la bonne qualité des fruits. Le traitement aux fongicides avant le conditionnement (tremper les mains de plantain pendant deux minutes environ dans une solution contenant 6 grammes de sulfate d'imazalil, 10 millilitres de mertect et 100 grammes de sulfate d'alumine dans 10 litres d'eau) empêhe le développement des champignons au cours du transport et de la commercialisation. Cette solution permet de traiter environ 70 à 100 cartons de 18,5 à 20 kilos de bananes préalablement lavées à l'eau. Les bananes mûrissent normalement après un séjour de quinze jours au froid et une exposition de trois à quatorze jours à une température ambiante de 25 à 30 °C.

Le suivi d'itinéraires techniques appropriés, le contrôle minimal du parasitisme tellurique (charançons et nématodes) et des cercosporioses, sont indispensables pour améliorer les rendements et la qualité des fruits destinés à l'exportation. Une fiche technique a été élaborée pour une meilleure conduite des plantations.

Conquérir les marchés européens

Les fruits des variétés Big Ebanga et Bâtard semblent mieux répondre aux normes (grade et longueur) exigées sur les marchés européens. Le développement de la production de ces cultivars est donc indispensable pour assurer les besoins à l'exportation, encourager le transport par voie maritime vers l'Europe, et permettre aux opérateurs économiques camerounais de mieux faire face à la concurrence latino-américaine. Cela implique la création de structures viables de production de matériel végétal sain : vitroplants ou rejets produits par des méthodes horticoles de multiplication rapide.

L'ajustement de ces résultats aux différentes zones écologiques de production de plantains d'Afrique centrale et occidentale pourrait permettre une production à grande échelle, afin de conquérir une part des marchés européens, grands consommateurs de plantains et " chasses gardées " des exportateurs d'Amérique latine.

Contact : Jean Tchango Tchango
CRBP, BP 832, Douala, Cameroun
Fax : (237) 42 57 86



Le type et le coût d'un aménagement sont à la portée des populations bénéficiaires.





Un outil d'aide à la décision pour la mise en valeur des bas-fonds


Dans le contexte économique et politique actuel, marqué par la rareté des ressources financières, le désengagement des Etats, la responsabilisation accrue des producteurs et de leurs organisations, on assiste à d'importants changements dans les approches de projets de mise en valeur des bas-fonds. Les nouveaux aménagements procèdent en effet d'une démarche collective où les communautés rurales participent réellement à la conception, au financement, à la réalisation des travaux et à la gestion des ouvrages.

Pour mettre en œuvre cette nouvelle approche, un outil d'aide à la décision a été créé : le diagnostic rapide de pré-aménagement. Il permet aux planificateurs de choisir les programmes de mise en valeur des bas-fonds en fonction des potentialités et des contraintes, et aux opérateurs du développement de définir les types et techniques d'aménagement adaptés aux caractéristiques du milieu, aux besoins et possibilités des populations bénéficiaires. Cette méthode permet de mesurer ou d'évaluer les indicateurs de fonctionnement des bas-fonds et leur impact, en vue de choisir les types d'aménagement limitant les risques hydriques et sécurisant les productions agricoles.

Echec de plusieurs expériences

Dans les régions Sud du Mali et Nord du Ghana, deux sites ont été choisis pour la zone soudanienne. Le fonctionnement des bas-fonds est déterminé grâce aux indicateurs retenus : perméabilité des sols, présence et profondeur d'une couche imperméable, largeur et pente générale du bas-fond, présence et profil des axes d'écoulement, débit de crue, présence et profondeur de la nappe phréatique, présence d'un écoulement de base et estimation de la durée de couverture des besoins d'irrigation.

Sur le plan pédologique, la perméabilité des sols indique les pertes en eau par infiltration qui sont susceptibles d'augmenter par la mise en charge des eaux de surface. La non prise en compte de cette perméabilité a été la cause de l'échec de plusieurs expériences d'aménagement. La présence et la profondeur d'une couche imperméable dans l'axe du bas-fond permet d'estimer la puissance de la nappe phréatique, le débit d'une fuite d'un aménagement, et de juger de la faisabilité d'un masque d'étanchéité pour bloquer cette fuite, dans le cas d'un bas-fond perméable, dans une épaisseur de sol limitée à deux mètres.

L'application à d'autres pays

Sur le plan topographique, la pente générale du bas-fond permet d'évaluer la zone d'influence et la faisabilité économique de l'ouvrage. La présence et le profil des axes d'écoulement permettent d'évaluer les écoulements lors des crues, d'estimer les caractéristiques et les coûts de l'ouvrage nécessaire au contrôle et à la régulation des écoulements.

Sur le plan hydrologique, la profondeur de la nappe phréatique, qui circule en fin janvier dans l'axe du bas-fond, renseigne sur l'aptitude du site à la pratique des cultures irriguées en contre-saison. La variabilité des écoulements de base permet d'estimer un indice de risque dont la prise en considération est indispensable pour évaluer la faisabilité et la durabilité des aménagements.

Cette méthode de diagnostic a été appliquée avec succès, puisqu'elle a permis de définir les types d'aménagements adaptés aux sites étudiés ainsi que leurs coûts. Une étude est en cours pour envisager son application à d'autres zones climatiques plus humides.

Contact : Jean-Yves Jamin
ICV/CBF, 01 BP 2551 Bouaké 01, Côte d'Ivoire
Fax : (225) 63 45 91
E-mail : jamin@africaonline.co.ci





Le Nigeria adopte le soja

Au Nigeria, le National Cereals Research Institute (NCRI), qui est chargé des recherches sur l'amélioration génétique du soja, coordonne depuis 1996 le projet national de recherche sur le soja. La mise en œuvre du premier plan quinquennal de recherche à moyen terme a déjà donné des résultats. Quatorze variétés améliorées de soja ont été sélectionnées dans des essais multilocaux, et des techniques améliorées ont été développées et sont vulgarisées auprès des producteurs. Des taux d'accroissement des rendements de 37 à 50 % sont maintenant obtenus. Plus de soixante-dix recettes (y compris des boissons) à base de soja ont été mises au point. Des " kiosques " de vente pour la promotion de ces produits ont été installés dans différents points du pays.

La forte adoption des variétés diffusées a provoqué une expansion du soja au-delà des zones traditionnelles de culture. La production est passée de 180 000 tonnes par an au début des années 90 à plus de 250 000 tonnes.

Pour traiter la malnutrition

Les rendements se sont élevés de 0,9 tonne à l'hectare en 1990 à 1,5 tonne à l'hectare en 1997, ce qui est principalement dû à l'adoption des variétés et des techniques de production améliorées.

Le nombre de foyers et hopitaux qui utilisent le soja pour traiter la malnutrition a fortement augmenté. Certains villages encadrés ont adopté le soja à un taux tellement élevé (75 %) que les producteurs des villages environnants se sont lancés dans sa production.

L'approche du projet national de recherche sur le soja a permis de renforcer l'efficacité des systèmes de liaison recherche-développement au Nigeria. Si le dynamisme actuel du mécanisme de coordination et de collaboration se maintient, la production pourrait atteindre 1 million de tonne par an vers 2010.

Contact : Ademola A. Idowu, Steve M. Misan
NCRI, P.M.B. 8, Bida, Niger State, Nigeria
Fax : (234-66) 462172



La coopération en matière de recherche sur les cultures maraîchères est une préoccupation majeure pour tous les acteurs.





Réseau cultures maraîchères. Approvisionner les villes en légumes

Dans les zones urbaines et périurbaines des pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre, les cultures maraîchères connaissent un intérêt grandissant. Cultivées toute l'année, elles procurent en effet des revenus additionnels aux producteurs et approvisionnent régulièrement les marchés en produits frais.

Le réseau cultures maraîchères s'intéresse aux recherches sur la valorisation des déchets organiques d'origine urbaine, sur la filière et l'approvisionnement des grandes villes et sur l'utilisation des ressources en eau. Il s'intéresse également aux recherches sur l'utilisation des espèces locales et exotiques négligées et aux les techniques de lutte intégrée contre les ravageurs et les maladies. Les partenaires qui sont impliqués : l'Institut d'études et de recherches agricoles (INERA) du Burkina Faso, l'Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA), le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), l'Institut français de recherche scientifique pour le développement en coopération (ORSTOM), l'Union européenne, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Les recherches sur la filière dans les économies nationales et l'approvisionnement des grandes villes ont abouti à la mise en place d'un observatoire économique du marché des légumes dans chaque pays. Cet observatoire offre aux décideurs des données nécessaires à l'élaboration de stratégies de développement et aux chercheurs la possibilité d'adapter leurs programmes aux préoccupations économiques, aux exigences de l'intégration régionale.

Des cartes annuelles d'espèces cultivées

Les recherches sur l'utilisation des espèces locales et exotiques négligées ont contribué à une meilleure connaissance des facteurs agronomiques et socioéconomiques limitant la production de ces espèces. L'objectif visé est d'améliorer la nourriture des populations.

Par ailleurs, le réseau participe au projet de coopération régionale pour le développement des productions maraîchères en Afrique de la FAO. Ce projet réalise la réalisation des cartes annuelles d'espèces cultivées pour chaque pays, conduit des essais multilocaux sur plusieurs espèces (tomate, pomme de terre, oignon), encourage l'échange de matériel végétal et d'information.

Le réseau envisage d'élaborer des projets de recherche sur la sécurité alimentaire, sur la gestion des ressources naturelles et sur la préservation de la biodiversité, préconisés par le Centre de recherche pour le développement international (CRDI).

Contact : Alain Mbaye
ISRA, BP 3120, Dakar, Sénégal
Fax : (221) 835 06 10
E-mail : corafrcm@sonatel.senet.net



Susciter la participation active des populations à la gestion et au développement des savanes.





Recherche sur les savanes. La démarche participative est adoptée

A l'occasion de sa réunion tenue en mai 1998 à N'Djamena, le Comité directeur du Pôle régional de recherche appliquée au développement des savanes d'Afrique centrale (PRASAC) a approuvé le programme scientifique, et a décidé qu'un atelier serait organisé pour définir les procédures de sa mise en œuvre. Cet atelier, qui a eu lieu du 29 juin au 3 juillet 1998 à Garoua, au Cameroun, a permis aux participants d'adopter la méthode de recherche-développement.

La réflexion a été menée par les animateurs régionaux et les délégués nationaux du Pôle, des représentants des structures de développement des pays membres (Cameroun, République centrafricaine, Tchad), du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) et de l'Institut français de recherche scientifique pour le développement en coopération (ORSTOM).

Pour chaque pays, le zonage des savanes, établi à partir de critères communs et validé par les acteurs du développement, a été présenté. Ce travail préalable a permis de choisir une quinzaine de terroirs villageois représentatifs des situations types, où seront réalisées la plupart des recherches en milieu rural. Au-delà des frontière nationales, un zonage régional identifiera de grands ensembles possédant des problématiques communes.

Diagnostic global et diagnostics sectoriels

Chaque site fera l'objet d'un diagnostic global pour identifier les problèmes majeurs et pour prévoir les évolutions possibles. La méthode de diagnostic qui est retenue s'appuie sur deux approches complémentaires : discuter avec les différents groupes de villages et les structures de développement afin d'identifier les caractéristiques de ces terroirs et les contraintes rencontrées par les populations ; réaliser des transepts pour comprendre l'organisation spatiale et pour observer certaines caractéristiques du milieu.

Cette démarche sera adoptée pour l'ensemble des activités agricoles des villages, y compris les activités de transformation, de stockage et de commercialisation. Les équipes de chercheurs et d'acteurs du développement chargées de l'exécution doivent discuter et valider les résultats. L'objectif est de réaliser, en fin d'année, un diagnostic de chaque terroir villageois permettant de lancer deux types d'actions. La première vise à analyser les résultats obtenus et à mieux définir la zone. La seconde vise à réaliser des diagnostics sectoriels pour mieux étudier les problèmes prioritaires identifiés par le diagnostic global, et pour proposer des actions dont la mise en œuvre associera les populations des terroirs viallageois.

Contact : J. N'gamine
PRASAC, BP 31, Moundou, Tchad
Fax : (235) 68 12 58
E-mail : prasac@mtnet.td





Adaptation des plantes à la sécheresse. Création d'un diplôme spécialisé

La conjonction entre le Centre d'étude régional pour l'amélioration de l'adaptation à la sécheresse (CERAAS), l'Ecole nationale supérieure d'agronomie (ENSA), l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), centrée sur des recherches portant sur l'adaptation des plantes à la sécheresse, a conduit à la création, pour la première fois en Afrique sahélienne, d'une formation d'ingénieurs et de chercheurs spécialisés dans ce domaine.

Cette formation se compose d'un certificat d'études supérieures spécialisées (CESS) sur l'adaptation à la sécheresse des plantes cultivées délivré par l'ENSA et des diplômes de troisième cycle (diplôme d'études approfondies et thèses) délivrés par l'UCAD. L'objectif visé : favoriser la formation d'ingénieurs et de chercheurs de la région capables de participer à l'élaboration et à la mise en œuvre des politiques de développement agricole.


Face à la persistance de la sécheresse, l'adaptation des plantes doit être privilégiée.


Quatre bourses

Le certificat d'études spécialisées, qui sera inauguré en janvier 1999, concerne les étudiants, les chercheurs, les professionnels (ingénieurs agronomes, ingénieurs agricoles diplômés). Ce certificat donnera accès aux chercheurs et aux professionnels à la formation de troisième cycle dispensée par l'Université.

Le programme des enseignements, qui se déroulera chaque année du 15 janvier au 15 mai, portera essentiellement sur l'agronomie, la physiologie, la génétique, et développera une expertise permettant d'aborder les problèmes de l'agriculture en zones sèches avec des outils modernes.

Pour l'année 1999, quatre bourses seront octroyées par l'Ecole nationale. Le dernier délai de réception des dossiers de candidature est fixé au 31 novembre 1998.

Des informations complémentaires sont disponibles.

Contact : Saliou Ndiaye
ENSA, BP A 296, Thiès, Sénégal
Fax : (221) 951 40 95
E-mail : ensath@telecomplus.sn


Contact : Nicolas Diallo
CERAAS, BP 332, Thiès, Sénégal
Fax : (221) 951 49 95
E-mail : ceraas@syfed.refer.sn





Ressources génétiques. Création d'un réseau

A l'issue de l'atelier sous-régional sur la mise en œuvre du plan d'action global sur la conservation et l'utilisation des ressources génétiques végétales organisé en mars 1998 à Cotonou, la CORAF, l'International Plant Genetic Resources Institute (IPGRI) et le Fonds des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), ont mis en place le réseau ressources génétiques en Afrique de l'Ouest et du Centre.

Dans le plan d'action global qui a été adopté, dans lequel va s'insérer l'action du réseau, les priorités sont définies. Pour créer ou renforcer les capacités de conservation et de gestion des pays, il est nécessaire d'élaborer des programmes nationaux prenant en compte les ressources génétiques végétales, de coordoner ces programmes et les activités d'autres institutions intéressées, de mettre en place un fonds destiné au financement de ces programmes, d'élaboer des réglementations et des législations nationales. La formation de tous les acteurs, la promotion du rôle des femmes, la valorisation du savoir populaire en techniques de conservation ainsi que l'évaluation des différentes méthodes de diffusion des espèces végétales sous utilisées, sont prévues.

Echanger les informations

Afin de développer les partenariats, le réseau établira des collaborations avec les autres réseaux, les organisations régionales, les instituts internationaux de recherche, intervenant dans et en dehors de la sous-région. Le réseau associera également à ses activités les organisations de producteurs, les Organisations non gouvernementales, le secteur privé (notamment les entreprises de production de semences).

L'échange d'informations est envisagé à travers les lettres d'information de la CORAF et de l'IPGRI, les bases de données, les systèmes d'information régionaux et internationaux (système d'information sur les ressources génétiques, Africalink, Internet), la mise en place d'un système d'information sur les ressources génétiques végétales.

Contact : Marcel Nwalozie
CORAF, BP 8237, Dakar-Yoff, Sénégal
Fax : (221) 832 55 69
E-mail : nwalozie@sonatel.senet.net





Légumes-feuilles contre malnutrition


En Afrique, nombreux sont les foyers qui consomment des légumes-feuilles en salade ou ajoutés à la soupe ou au ragout. Ils accompagnent des féculents à haute valeur calorifique. Riches en vitamines, en minéraux, en protéines et en fibres, ces plantes (sauvages ou cultivées) sont cependant sous-exploitées. La plupart d'entre elles sont peu à peu oubliées et risquent de disparaître. Ce risque est aggravé par une information inadéquate, particulièrement en ce qui concerne la collecte et l'évaluation du germplasm, ainsi que la promotion de recettes. Par ailleurs, au nombre des plantes dont les feuilles sont sous-exploitées on peut compter des plantes ornementales comme le bégonia, des légumes et même le baobab et les " mauvaises herbes " comme Emilia sonchifolia.

Consommation fortement conseillée

Au Ghana, dix-neuf espèces locales, parmi lesquelles l'épinard d'eau (Talinum fructicosa) et le kapok (Ceiba pentandra), ont été récemment étudiées. Ces études ont confirmé leur haute teneur en potassium, sodium, protéines et fibres brutes comparativement aux plantes exotiques comme le chou et la laitue. Auparavant, des études avaient également confirmé la présence élevée de vitamines A, B et C, de fer et de calcium dans la plupart des légumes-feuilles locaux en Afrique.

Dès lors, la consommation de ces légumes-feuilles est fortement conseillée aux malades, aux femmes enceintes et aux enfants en bas âge, pour combattre les affections associées à une malnutrition endémique.

Contact : Lord Abbey
CRI, P.O. Box 1785, Kumasi, Ghana
E-mail : seeduuk@ghana.com





Réseau engrais. Contre l'appauvrissement des sols

En Afrique subsaharienne, la production alimentaire ne suit pas le rythme de la croissance démographique. Durant la dernière décennie, la production par tête d'habitant a diminué. Selon la Banque mondiale, l'Afrique de l'Ouest, dont la population croît annuellement de 3 %, doit nécessairement augmenter sa production alimentaire de 4 % par an pour devenir autosuffisante.

Cela ne sera pas une mince affaire. Les sols sont généralement peu fertiles, et le bilan nutritif est négatif, les systèmes agricoles ne restituent pas suffisamment les éléments prélevés. Il en résulte une dégradation des sols. Par ailleurs, les possibilités d'extension des terres cultivables sont limitées, les meilleures terres étant déjà exploitées. Pour l'avènement d'une agriculture durable dans la sous-région, le West African Fertilizer Management and Evaluation Network (WAFMEN), qui a été créé en 1983 par l'International Fertilizer Development Center (IFDC), contribue à l'amélioration de la fertilité des sols.

Ainsi, le réseau a mis en œuvre un vaste programme : recherche collaborative et échange d'informations sur les technologies utilisant les engrais, amélioration de la disponibilité et de l'efficacité des intrants (notamment des engrais organiques et minéraux), utilisation des ressources locales (conservation des eaux et des sols, recyclage des résidus agricoles, utilisation des légumineuses et des systèmes agroforestiers, etc.), intensification de la production agricole, transfert de " paquets technologiques " aux producteurs, implication de tous les acteurs du développement rural. Le réseau a publié la plupart des résultats de ses recherches.

Par ailleurs, l'IFDC participe à " l'initiative pour la fertilité des sols en Afrique " lancée récemment (voir sixième numéro de Coraf Action ) par la Banque mondiale, à l'occasion du Sommet mondial de l'alimentation organisé en septembre 1996 à Rome par la FAO.

Contact : A. Bationo
WAFMEN, BP 4483, Lomé, Togo
Fax : (228) 21 78 17
E-mail : ifdctogo@cafe.tg




L'igname-haricot, le nouveau laurier du CERAAS

Après avoir remporté le grand prix du président de la République du Sénégal pour les sciences, édition 1995, grâce au modèle de simulation de la croissance et du développement de l'arachide, le Centre d'étude régional pour l'amélioration de l'adaptation à la sécheresse (CERAAS) vient d'obtenir le prix du meilleur poster de la session " Water Limited Agriculture ". Ce poster sur l'effet de la date de semis sur la consommation en eau, le développement et la productivité de l'igname-haricot (Pachyrhizus sp.), a été présenté au cinquième congrès de la European Society of Agronomy (ESA) tenu du 29 juin au 2 juillet 1998 à Nitra, en Slovaquie.

Depuis des années, le Centre travaille en effet sur l'introduction et l'exploitation de l'igname-haricot pour en soutenir durablement la production dans les zones arides d'Afrique de l'Ouest et du Centre. Ces recherches portent sur les besoins en eau, la délimitation des aires de culture, le comportement physiologique, les performances agronomiques de cette légumineuse à tubercules.

Elle est déjà connue pour la haute valeur nutritive des tubercules et des jeunes gousses, pour l'abondance des tubercules et du fourrage dans les zones semi-arides, pour l'effet insecticide des graines mûres due au roténone, la capacité des racines à fixer l'azote (voir huitième numéro de Coraf Action). Cependant, cette plante est sensible à la photopériode qui affecte le développement de ses organes.

Irrigation complémentaire

Au Sénégal, où les recherches se déroulent, les essais au champ ont permis de déterminer la date optimale de semis de la plante. Le semis a lieu entre mars et septembre. Durant la saison sèche (mars-mai), les plantes sont régulièrement arrosées, alors qu'en saison pluvieuse (juin-septembre) une irrigation complémentaire est nécessaire jusqu'à la fin du cycle de croissance.

Ces essais ont montré que la formation des racines est toujours amorcée avant la floraison. Les plantes semées plus tôt (photopériode longue, température élevée et humidité relativement basse) produisent plus de fourrage que les plantes semées beaucoup plus tard (photopériode courte, température basse et humidité relativement élevée) dans l'année. En revanche, ces dernières ont des rendements en tubercules et en gousses plus élevés.

Contact : Harold Roy-Macauley
CERAAS, BP 3320, Thiès, Sénégal
Fax : (221) 951 45 95
E-mail : ceraas@syfed.refer.sn



VIE DE LA CORAF




Développement et transfert technologiques. Un fonds régional compétitif en vue

En Afrique de l'Ouest et du Centre, la recherche agricole a fortement contribué à l'accroissement de la productivité, à la croissance économique et à l'allègement de la pauvreté, mais elle aurait pu faire beaucoup mieux surtout si les systèmes nationaux de recherche agricole (SNRA) avaient un accès plus facile aux financements requis. Pour relancer la productivité de la recherche agricole, il importe donc de mettre en commun les ressources, et de faire en sorte que leur accès soit compétitif pour les programmes et projets de recherche.

Sous les auspices de la Banque africaine de développement (BAD), du Special Program for African Agricultural Research (SPAAR) et de la CORAF, les ministres des finances, du développement rural, de la science et de la technologie, se sont réunis en avril 1998 à Abidjan, pour examiner le statut de la recherche agricole et prendre les mesures susceptibles de renforcer durablement sa contribution au développement économique et social de la sous-région.

Plan d'action pour la mise en place du fonds

Ainsi, la décision a été prise de mettre en place un fonds régional compétitif pour le développement et le transfert de technologies agricoles. Pour cela, la CORAF, le SPAAR et d'autres bailleurs de fonds, ont été chargés de constituer le groupe de travail qui doit étudier la pertinence des différentes options, les avantages du fonds régional compétitif et du mécanisme de financement actuel. Ce groupe de travail doit également proposer la mission et les objectifs du fonds régional, évaluer la faisabilité technique et légale, établir les règles d'organisation et de gestion, les mécanismes et les conditions d'accès et de mobilisation, élaborer un plan d'action pour la mise en place.

Contact : Ndiaga Mbaye
CORAF, BP 8237, Dakar-Yoff, Sénégal
Fax : (221) 825 55 69
E-mail : ndiaga@sonatel.senet.net



Mobiliser les partenaires et renforcer leurs efforts en faveur de la réduction de la pauvreté et de l'augementation de la sécurité alimentaire.






Recherche agricole. Forum mondial : la place des systèmes nationaux


Le Forum mondial pour la recherche agricole (GFAR) a été mis en place en octobre 1996 en vue de contribuer à la mobilisation de tous les partenaires, et de renforcer leurs efforts en faveur de la réduction de la pauvreté, de l'augmentation de la sécurité alimentaire et à la promotion de l'utilisation durable des ressources naturelles. Au sein du GFAR, les systèmes nationaux de recherche agricole (SNRA) disposent d'un Comité directeur et d'un secrétariat basé au Fonds des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), à Rome.

L'objectif du secrétariat est de renforcer la capacité des SNRA à générer et transférer, de manière participative, des technologies agricoles répondant aux besoins des utilisateurs, d'améliorer l'élaboration des priorités de la recherche agricole mondiale par la prise en compte de leurs points de vue. Il a également pour objectif de développer la coopération et les partenariats entre les SNRA, entre ces derniers et les autres acteurs, de contribuer à améliorer la communication et la circulation de l'information entre le GFAR et le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI).

Jouer un rôle prépondérant

Ainsi, dans le programme de travail (1998-2000) il est prévu de soutenir la mise en œuvre de dix-neuf projets de recherche.

Cette dynamique permet aux SNRA de s'exprimer d'une voix forte au sein de la communauté scientifique mondiale, de participer activement à l'élaboration et à la mise en œuvre des programmes de la recherche agricole, au succès desquels la CORAF, présidente en exercice du Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA), devra jouer un rôle prépondérant.

Contact : Moïse Houssou
INRAB, BP 884, Cotonou, Bénin
Fax : (229) 30 07 36
E-mail : inrab@cgnet.com



SUR LE TERRAIN


Question


A propos des exploitants agricoles et de la sécurité alimentaire


Fidèle lectrice de Coraf Action, Christine Hounton de Porto-Novo, au Bénin, invite les autres lecteurs à échanger des points de vue sur la question suivante.

Après la dévaluation du franc CFA intervenue en janvier 1994, quel sort l'avenir réserve-t-il aux exploitants agricoles et à l'objectif de sécurité alimentaire ?

Vos contributions sont vivement attendues dans les prochains numéros de Coraf Action.

Contact : Christine Hounton
BP 1051, Porto-Novo, Bénin





Zone forestière humide. Des essais culturaux avec les paysans

L'Institut de recherche agricole pour le développement (IRAD) du Cameroun et le Centre international pour la recherche en agroforesterie (ICRAF) ont mis en œuvre un programme régional pour la recherche en zone de forêt humide de basse altitude d'Afrique de l'Ouest et du Centre. Ce programme vise le développement des systèmes agroforestiers par une gestion rationnelle et durable de l'environnement.

Ainsi, des alternatives ont été trouvées à la pratique de l'agriculture sur brûlis : techniques de gestion des jachères courtes, d'amélioration et de domestication des fruitiers sauvages à haute valeur économique, de culture des fruitiers sauvages dans les jardins de case et agroforestiers. Ces systèmes améliorent la fertilité des sols, contrôlent l'érosion, luttent contre les mauvaises herbes, diversifient la production agricole et forestière.

Formation

Les techniques d'amélioration des systèmes de production, notamment la jachère, et de domestication des fruitiers sauvages font actuellement l'objet d'essais dans les exploitations agricoles avec les paysans. A l'issue de ces essais, ces derniers indiquent leurs préférences selon les problèmes rencontrés. Les organisations non gouvernementales et les organismes privés intéressés prennent le relais du transfert technologique et de l'évaluation, et l'ICRAF apporte l'appui technique et matériel (semences).

Les résultats de ces essais servent notamment de supports à la formation de l'ensemble des acteurs.

Contact : Jacques Kanmégné
IRAD, BP 2067, Yaoundé, Cameroun
Fax : (237) 23 74 40



La lutte contre les glossines contribue au développement des production animales.





Nigeria. Des éleveurs adoptent un piège a tsé-tsé

Si les éleveurs parviennent à prendre en charge la lutte contre la mouche tsé-tsé, leurs troupeaux échapperont, au moins dans une certaine mesure, aux conséquences de la maladie qu'elle transmet, la trypanosomiase. Le Nigerian Institute for Trypanosomiasis Research (NITR) a mis au point un piège pour les espèces de savane de la mouche tsé-tsé. Des essais ayant démontré la grande efficacité de ce piège contre les espèces riveraines des cours d'eau, une version modifiée a été conçue, utilisant des cannes produites localement et de l'acétone comme appât.

Ce piège a été testé dans le cadre d'un programme de lutte intégrée fondé sur la participation des communautés d'éleveurs fulani, avec la contribution des vulgarisateurs du projet de développement agricole du Niger State et le département de l'agriculture du gouvernement local de la région d'Agaie.

L'incidence de la maladie résuite

Deux semaines après le début du piégeage dans les galeries forestières riveraines de trois cours d'eau fréquentés par les troupeaux, les populations de tsé-tsé avaient déjà diminué de 50 à 70 %. A titre d'exemple, dans l'un des cours d'eau, le nombre de mouches avait diminué de 60 % au bout de trois mois et de 90 % au sixième mois. Au dixième mois, elles avaient pratiquement toutes disparu.

L'incidence de la maladie parmi les 1093 bovins de douze troupeaux s'abreuvant aux cours d'eau surveillés a été réduite de près de 32 % après dix mois de piégeage continu de la mouche.

Autres régions in,festées

La technique de fabrication du piège a tsé-tsé avec du matériel local a été vulgarisée auprès des communautés d'éleveurs. Ces derniers, ayant pu constater la réduction drastique des populations de mouches et l'amélioration de l'état de leurs troupeaux, ont progressivement pris des responsabilités dans la conduite du projet. Ils sont maintenant pleinement mobilisés et contribuent à la planification, à la gestion et à la réalisation du programme de lutte. Des projets similaires vont être mis en place dans d'autres régions du pays infestées par la mouche tsé-tsé.

Contact : A.B. Ahmed, F.A.G. Lawani, J.A. Onyiah
NITR, P.M.B. 2077, Kaduna, Nigeria
Fax : (234-62) 238075
E-mail : nitr@linkserve.com.ng





Miel. Améliorer les méthodes de production et de récolte

Les méthodes de production et de récolte du miel jouent un rôle important dans l'apiculture. Mais les méthodes de l'apiculture traditionnelle sont peu productives et celles de l'apiculture moderne sont onéreuses.

En apiculture traditionnelle, on utilise une ruche (panier ou tronc d'arbre) sur les parois de laquelle les abeilles construisent des rayons de cire fixes pour produire le miel, ce qui contraint l'apiculteur qui veut récolter à chasser ou à détruire la colonie d'abeilles, le couvain et la ruche. D'où la nécessité de refaire la ruche, de reconstituer la colonie d'abeilles, d'attendre deux à trois années pour récolter à nouveau. Cette méthode est peu productive.

En apiculture moderne, on utilise une ruche à l'intérieur de laquelle des cadres mobiles en bois sont placés. L'apiculteur fixe sur ces cadres des feuilles en cire gaufrée, qui permettent aux abeilles de mieux produire le miel. La récolte de miel se fait en enlevant les cadres à l'aide d'un extracteur. Les cadres sont aussitôt remplacés par d'autres cadres vides, ce qui facilite une nouvelle production. La récolte peut aussi intervenir deux ou trois fois dans l'année. Si cette méthode est productive, elle entraîne des dépenses encore plus élevées : la ruche moderne coûte plus de 50 000 francs CFA ; les vingt-deux feuilles de cire gaufrée par ruche reviennent à 7 000 francs CFA la pièce ; l'achat d'un extracteur est obligatoire.


L'amélioration des méthodes de production et de récolte du miel contribue à l'accroissement de la production.


Le travail de l'apiculteur simplifié

Pour réduire les coûts de production et de récolte du miel, une nouvelle méthode de production est développée au Sénégal. La ruche, de développement horizontal, est construite en ciment (entre 30 000 et 50 000 francs CFA) ; les cadres sont remplacés par des baguettes démontables ; des bandelettes de cire ordinaire (de fabrication facile) sont utilisées à la place des feuilles de cire gaufrée ; l'utilisation de l'extracteur n'est plus obligatoire.

En outre, cette méthode présente d'autres avantages : autonomie de fonctionnement de la ruche due à sa forme horizontale, simplification du travail de l'apiculteur, production importante.

Contact : Alain Vautier
BP 6131, Dakar, Sénégal
Fax : (221) 821 66 73





Semences : traitement en fûts

Les agents pathogènes (virus, bactérie, champignon), qui attaquent les semences, diminuent leur capacité germinative, causent la mort des jeunes plantules et développent des maladies dans les champs.

Au Cameroun, depuis 1993 plusieurs champignons ont été identitifiés, dont le plus redoutable Fusarium moniliforme provoque la pourriture des tiges, des épis et des graines de maïs, et développe des mycotoxines sur les graines stockées. La consommation de ces graines stockées entraînerait des cancers antéro-gastriques chez l'homme et l'animal.


Le traitement des semences a également pour préoccupation la préservation de l'environnement et la santé des populations.


Deux à trois tonnes de smences traitées

Dans les conditions paysannes, en l'absence de moyens de séchage artificiel, le traitement des semences à l'aide de fongicides reste le moyen de lutte le plus efficace, en particulier dans les zones de forêt humide. Au Cameroun comme au Nigeria (où les fongicides sont utilisés contre le mildew du maïs causé par Peronosclerospora maydis), le souci majeur est de parvenir à bien traiter les semences en assurant une bonne distribution du produit sur chaque graine, tout en garantissant la sécurité des opérateurs et la préservation de l'environnement. Des essais ont montré que le fût de plastique assure une bonne distribution du fongicide. Deux à trois tonnes de semences peuvent être traitées quotidiennement par trois ou quatre personnes, dans de bonnes conditions de sécurité.

Les recherches se poursuivent sur d'autres méthodes utilisant des huiles essentielles, des extraits et des cendres de plantes aromatiques, pour lutter contre les champignons pathogènes in vitro et sur les semences.

Contact : Apollinaire Tagne
IRAD, BP 2067, Yaoundé, Cameroun
Fax : (237) 23 37 38
E-mail : atagne@uydc.uninet.cm






L'abeille d'Afrique méconnue


Le monde regorge d'insectes : sept cent cinquante mille espèces dont cent mille espèces d'hyménoptères auquelles appartient l'abeille d'Afrique de l'Ouest et du Centre : Apis mellifica Adansonii. Selon Api Doc (janvier-février 1998) qui rapporte l'information, l'Apis mellifica Adansonii n'est pas vraiment étudiée depuis sa description en 1804.

L'Association des apiculteurs d'Atchannou, au Bénin, s'intéresse à cette abeille pour une meilleure connaissance de ses comportements, de son écotype, de sa répartition géographique, etc. Pour le peu qu'en sait l'Association, l'insecte peuple l'Afrique, l'Asie, l'Europe, les Amériques, l'Australie et la Nouvelle Zélande, et comporte une vingtaine de races. Elle est agressive ; elle donne une importante production de miel et de couvain ; elle essaime beaucoup et nidifie à l'air libre. Ce constat a été fait dans la brousse : des rayons de cire atteignant 45 cm de long et 30 cm de large fabriqués sur des branches ; des rayons de cire regroupés distants les uns des autres de 4 mm environ.

Les variations morphologiques observées sur l'abeille peuvent être dues aux changements climatiques, aux formations végétales (savanes, forêts, etc.), au métissage accidentel ou naturel.

Elucider les mystères de cet insecte

La déforestation étant une menace pour la production et pour l'abeille, l'Association a mené depuis 1996 des campagnes de sensibilisation auprès des populations, qui ont pour résultats la réalisation de pare-feux dans la localité d'Atchannou et dans les villages environnants.

L'espoir est permis qu'avec les recherches actuelles, notamment celles du Groupe de recherche et d'échanges technologiques (GRET) basé au Bénin, les mystères qui entourent cette race seront élucidés dans un avenir proche.

Contact : Alphonse Dansou
Club 3 A, 01 BP 3397, Cotonou, Bénin
Fax : (229) 30 03 22






Au Cameroun, un observatoire du plantain installé

Pour comprendre comment la ville de Douala est approvisionnée en banane plantain, le Centre régional de recherches sur bananiers et plantains a mis en place dans les années 90 un observatoire des problèmes agrophytosanitaires des parcelles cultivées par les paysans, afin de compléter les données relevées sur les marchés de production et de commercialisation. Cet observatoire recueille les informations sur les plantes, les maladies (présence de la cercosporiose, de la maladie du " bout de cigare "), les insectes (présence du charançon noir, des nématodes), la technologie après récolte, l'économie agricole.

Dans le Sud-Ouest du pays, huit parcelles ont été suivies. Les résultats obtenus mettent en évidence l'importance des pertes sur la productivité, les relations entre la fertilité, la croissance et la taille du régime, l'influence des sytèmes de culture sur les maladies.

Vingt-cinq nouvelles parcelles

Désormais, les principales contraintes, qui affectent la production et la productivité de la banane plantain, sont mieux connues ; il est possible de proposer avec les paysans des innovations adaptées aux différents systèmes de production. Ces résutats servent également à orienter la recherche appliquée du Centre.

L'observatoire va maintenant suivre mensuellement les problèmes agrophytosanitaires de vingt-cinq nouvelles parcelles.

Contact : Jean-Vincent Escalant, Bruno Iratchet
CRBP, BP 832, Douala, Cameroun
Fax : (237) 42 57 86



Pour rejoindre les secteurs de la production et de la commercialisation, l'information doit être privilégiée.





Winrock International. Des femmes formées à la rédaction de projets et de rapports

L'African Women's Leader in Agriculture and Environment (AWLAE), un programme de Winrock International, a organisé en juin 1998 à Bamako un séminaire pour former des femmes à la rédaction de projets et de rapports. La formation a également porté sur les techniques de négociation, de communication, de rédaction scientifique.

L'objectif visé est de renforcer les capacités des femmes professionnelles à accéder à des postes de décision. L'AWLAE œuvre également pour la promotion des femmes professionnelles, afin qu'elles prennent en charge les préoccupations de leurs sœurs du monde rural.

Pour cela, ce programme octroie des bourses académiques aux femmes professionnelles et organise des rencontres entre les femmes leaders. Il encourage la mise en œuvre des politiques favorables aux femmes, en créant l'environnement adéquat et en établissant des partenariats. Ce programme travaille enfin à la création de comités nationaux mixtes dans les pays où opére Winrock International.

Contact : Ahmadou Sankaré
IER, BP 258, Bamako, Mali
Fax : (223) 22 37 75




A LIRE


Etude de l'impact socio-économique du dromadaire au Mali, en Mauritanie, au Niger et au Tchad. Document n° 1 : enquête de terrain. Par Germain Jérôme Sawadogo, Louis-Joseph Pangui, Moussa Assane et Justin Ayayi Akakpo. 1998, 106 pages. Publié par l'Ecole inter-Etats des sciences et médecine vétérinaire (EISMV), BP 5077, Dakar, Sénégal, avec la collaboration de la CORAF, BP 8237, Dakar, et de la Mission française de coopération et d'action culturelle de Dakar, Sénégal.
Résumé.
La population totale de dromadaire des quatre pays (Mali, Mauritanie, Niger et Tchad), est estimée à 2 880 000 soit 16 % de la population mondiale de camelins. La présente étude fait la synthèse des résultats des missions conduites dans ces pays, afin d'évaluer l'impact socioéconomique de cet animal.


Etude de l'impact socioéconomique du dromadaire au Mali, en Mauritanie, au Niger et au Tchad. Document n° 2 : plan d'action en faveur de l'élevage du dromadaire. Par François Adebayo Abiola et Jean-Paul Laporte. 1998, 39 pages. Publié par l'Ecole inter-Etats des sciences et médecine vétérinaire (EISMV), BP 5077, Dakar, Sénégal.
Résumé.
Une étude menée par l'EISMV au Mali, en Mauritanie, au Niger et au Tchad, montre qu'une dizaine de projets de développement s'intéressent au dromadaire. Le plan d'action a pour objectif de transformer et développer les maigres ressources fourragères et alimentaires, de développer la production de lait, de viande, de peaux et de poils, de valoriser la force de travail du dromadaire.


Ravageurs, maladies et carences nutritives du haricot commun en Afrique : guide pratique. Par D. J. Allen, J. K. O. Ampofo et C. S. Wortman. 1996, 132 pages, " Publications du CIAT, n° 265 ", ISBN 958-9439-66-7. Publié par le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA), Postbus 380, 6700 AJ Wageningen, Pays-Bas, et le Centre international d'agriculture tropicale (CIAT), Apartado Aéro 6713, Cali, Colombie.
Résumé.
Le haricot commun (Phaseolus vulgaris L.) a été introduit en Afrique depuis quatre siècles. L'Afrique est maintenant la deuxième région tropicale productrice de haricots derrière l'Amérique latine (lieu d'origine de la plante). Cette publication aide les professionnels de la recherche et du développement à reconnaître sur le terrain les facteurs biotiques et abiotiques qui affectent défavorablement la culture du haricot en Afrique. L'identification des contraintes constitue un premier pas vers l'évaluation des pertes potentielles et l'application des mesures de contrôle appropriées.


Proceedings of the Workshop on Commercialization and Transfer of Agricultural Technology in Africa. Accra, Ghana, November 4-7, 1996. Par Bantayehu Gelaw and Emmanuel Acquah. 1997, 151 pages, "Technical Paper n°57". Publié par l'United States Agency for International Development (USAID), Bureau for Africa, Office of Sustainable Development, Productive Sector Growth and Environment Division, Washington, D.C. 20523, Etats-Unis.
Résumé.
L'objectif de ce séminaire était d'établir un dialogue entre les producteurs africains. Les thèmes abordés ont porté sur l'environnement, la génération et le transfert de technologies, et le partenariat.


Le gommier et la gomme arabique Acacia senegal (L.) Willd. Par Pape Ndiengou Sall. 1997, 29 pages, ISSN 1020-5659. Publié par l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), 7 place de Fontenoy, 75015 Paris.
Résumé.
Ce document fait la synthèse d'un ensemble de résultats obtenus sur Acacia senegal. Les caractéristiques botaniques, les aspects génétiques, les préférences écologiques, les modalités de production de plants en pépinières, les méthodes de plantation et d'entretien, sont traités. Ce travail s'adresse aux utilisateurs du gommier et de ses produits, et montre la place importante de cette espèce dans les systèmes sylvo-pastoraux des zones sèches d'Afrique tropicale.


Nigeria: Medium-Term Research Plans 1996-2000. Par Bukar Shaib, Adamu Aliyu, J.S. Bakshi. 1997, 468 pages, ISBN 2015 978 51 2. Publié par le Department of Agricultural Sciences, Federal Ministry of Agriculture and Natural Resources (FMANR), P.M.B. 135, Garki-Abuja, Nigeria.
Résumé.
Dans cet ouvrage figurent les plans de recherche à moyen terme de cinq ans, qui font partie intégrante du plan stratégique national de recherche agricole (1996-2010). Ces plans couvrent vingt-neuf programmes nationaux. L'élaboration de ces plans a impliqué les instituts nationaux de recherche, les universités, les services fédéraux et d'Etat, les services de vulgarisation et de développement, les sociétés privées et les utilisateurs de technologies. Ces plans seront exécutés de manière collaborative par quarante-deux institutions du pays.


Nigeria: National Agricultural Research Strategy Plan 1996-2010. Par Bukar Shaib, Adamu Aliyu et J.S. Bakshi. 1997, 335 pages, ISBN 978 2015 520. Publié par le Department of Agricultural Sciences, Federal Ministry of Agriculture and Natural Resources (FMANR), P.M.B. 135, Garki-Abuja, Nigeria.
Résumé.
Ce plan donne une vision à long terme de la recherche pour la période 1996-2010. Il dégage les grandes lignes pour organiser les importantes ressources humaines et matérielles disponibles dans les nombreuses institutions de recherche agricole du Nigeria.


L'amélioration des plantes tropicales. Par André Charrier, Michel Jacquot, Serge Hamon et Dominique Nicolas, éditeurs scientifiques. 1998, 684 pages, collection CIRAD " Repères ". Co-édité par le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), BP 5035, 34032 Montpellier Cedex 1, l'Institut national de recherche agronomique (INRA), Route de Saint-Cyr, 78026 Versailles Cedex, et l'Institut français de recherche scientifique pour le développement en coopération (ORSTOM), 209-213 rue La Fayette, 75480 Paris Cedex 10.
Résumé.
Cet ouvrage présente les derniers progrès réalisés dans le domaine de l'amélioration des plantes tropicales. Vingt-quatre cultures sont traitées. Ce document de référence est destiné aux chercheurs, aux enseignants, aux étudiants et aux professionnels de la sélection.



AGENDA


L'atelier organisé par l'International Food Policy Research Institute (IFPRI) pour la définition des priorités de recherche du réseau vision 2020 pour l'Afrique de l'Ouest se tiendra à Accra, du 19 au 21 octobre 1998.

La semaine des centres internationaux du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI) se tiendra à Washington, du 26 au 30 octobre 1998.

La réunion du groupe de formation CIRA-SNRA se tiendra à Addis-Abeba, du 3 au 6 novembre 1998.


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