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Coraf Action no 17, octobre-décembre 2000

Sommaire

Echos de la reherche

Un sel régulateur de croissance des plantes
Et si l’ail cesse d’être cultivé par les sénégalais
Culture du café. L’expertise ivoirienne exportée
Communication institutionnelle. Un manuel en voie de publication
Reboiser la forêt
Systèmes irrigués. Après les recherches, la dissémination des résultats
Vacance de poste à l’Association pour le développement de la riziculture en Afrique de l'Ouest (ADRAO)
Année 2001. Les cours du National Research Institute de Grande-Bretagne

Vie du CORAF- WECARD

Recherche égale impact
CORAF. L’avenir proche est tout tracé
Les neuf membres du Comité exécutif du CORAF
Les six représentants du CORAF au Comité exécutif et à l’Assemblée générale du Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA)
Les bailleurs de fonds réaffirment leur soutien
Afrique sub-saharienne. Du Programme spécial au Forum pour la recherche agricole
Une réorganisation achevée

Sur le terrain

Mortiers et pilons aux oubliettes !
Question. Comment se débarrasse-t-on des fourmis magnan ?
Ne jetez plus les sous-produits du cacao !
La drogue en prison
Développer le petit élevage
Etuvage du riz. Les femmes et non les hommes
Le plastique ou la chronique d’une mort certaine
Le canard adoré par des tchadiens
Remerciements a vous, les lecteurs
Massacre à Ouidah
Des bananes : du Cameroun à la Guinée

Coraf Action

Célestin Lemba, coordonnateur du Gabon
Cheikh Diop, coordonnateur de la Mauritanie

Agenda

L’International Institute of Tropical Agriculture (IITA) organise une conférence internationale sur le niébé à Ibadan, du 4 au 7 septembre 2000.

L’International Centers Week du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI) se tiendra à Washington, du 23 au 27 octobre 2000

A lire

 

ECHOS DE LA RECHERCHE

 


Un sel régulateur de croissance des plantes

Au Nigeria, la riziculture de plateau, qui couvre cinquante-huit pour-cent des terres de culture du riz, est confrontée à l’irrégularité des pluies et à la pyriculariose. Pour résoudre ces difficultés, un alcool azoté (le chlorure de Chloro-cholin), régulateur de croissance des plantes, a été utilisé pour étudier son action sur la tolérance à la sécheresse et la sensibilité à Pyricularia oryzae (l’agent pathogène) de la variété de riz CO 39. Les essais en serre et en champ paysan ont montré qu’il est capable de réduire sensiblement la hauteur de la plante et l’effet de la maladie.

Les recherches ont d’abord révélé que ce sel empêche jusqu’à quatre-vingt quinze pour-cent le développement de l’appareil reproducteur de Pyricularia oryzae. Ensuite, en serre et en champ paysan il a notamment favorisé l’augmentation de la longueur des racines de la plante, de la capacité de rétention d’eau des feuilles, de la résistance des pores. Pour cela, il a fallu tremper les semences de la variété pendant huit heures dans six cents milligrammes par litre du produit. Cela a permis d’obtenir par exemple une tolérance de la plante à la sécheresse au bout de quatorze jours seulement.

Contact : E. A. Maji, E. D. Imolehin
NCRI, P.M.B. 8, Bida, Niger State, Nigeria
Fax : (234 66) 462172 

 



Et si l’ail cesse d’être cultivé par les sénégalais ?

Au Sénégal, la région nord de Saint-Louis demeure le principal centre de production de l’oignon. Dans la zone du Gandiolais, les populations ont l’apanage de la culture de l’ail, depuis une trentaine d’années. Pourtant les surfaces cultivées, qui étaient environ de cinquante hectares il y a dix-neuf ans, ont fortement regressé en neuf ans, ce qui a accru la production importée à huit cents tonnes par an, soit un milliard de francs CFA. Pour freiner cette dangereuse évolution, le Centre pour le développement de l’horticulture (CDH) de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA) vient de publier une fiche technique sur la culture de l’ail dans le pays.

Auparavant, les recherches menées depuis 1992 ont consisté à sélectionner de nouvelles variétés, à effectuer des essais (calendrier cultural entre le 15 octobre et le 15 décembre, fertilisation organo-minérale), à inventorier les principaux ennemis et ravageurs de la culture. Cela a permis aux producteurs de disposer de variétés (de 120 à 150 jours) atteignant des rendements de trois à neuf tonnes par hectare ; il s’agit de l’Ail du Gandiol, de l’Ail du Mali, de l’Ail du Cap-Vert, de l’Ail Jamaïque et du Blanc d’Egypte 5.

La fiche technique et quelques unes de ces variétés sont disponibles au CDH.

Contact : Youga Niang
ISRA, BP 3120, Dakar, Sénégal
Fax : (221) 835 06 10
E-mail : cdhisra@sonatel.senet.net



Culture du café: L’expertise ivoirienne exportée

Pour beaucoup de pays africains la coopération sud-sud n’est pas un vain slogan. Le Gabon et la Côte d’Ivoire viennent une fois de plus d’en administrer la preuve. La Caisse de stabilisation et de péréquation du Gabon et le Centre national de recherche agronomique (CNRA) de Côte d’Ivoire sont entrain de mettre en œuvre un partenariat, initié en 1999, relatif à la relance de la culture du café au Gabon.

Ainsi, une équipe de chercheurs ivoiriens a déjà identifié les zones favorables à la culture du café au Gabon. Deux techniciens gabonais ont séjourné dans la station de recherche de Divo, en Côte d’Ivoire pour une formation portant sur les pépinières et la culture du café. Il est prévu également que le CNRA fournisse le matériel végétal sélectionné et supervise la mise en place des plantations.

Ce bel exemple de coopération en matière de recherche et de développement agricoles peut faire tâche d’huile, si d’autres pays sont disposés à recourir au savoir et au savoir-faire des chercheurs du CNRA.

Contact : Bouraïma Osseni
CNRA, 01 BP 1740 Abidjan 01, Côte d’Ivoire
Fax : (225) 23 45 33 05
E-mail : cnra@africaonline.co.ci

 


Communication institutionnelle : Un manuel en voie de publication

En Afrique, les institutions de recherche et les organismes de développement agricoles ont besoin, pour réussir leur mission, que les acteurs agricoles s’engagent ensemble dans la résolution des problèmes de la production, de la transformation, de la commercialisation et de l’utilisation des produits et sous-produits agricoles. Pour cela, le recours à la communication institutionnelle s’avère indispensable. A travers elle, ces structures font mieux comprendre à leurs divers publics le rôle et la place qu’elles jouent dans leur vie. Elles visent à obtenir leur adhésion à leurs objectifs, à l’image qu’elles se font d’elles-mêmes, par conséquent à leurs discours et actions. Malheureusement, cette préoccupation n’est pas encore considérée comme une priorité par la plupart d’entre elles.

Pour combler cette lacune, le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) et l’International Institute of Rural Reconstruction (IIRR) ont organisé, en juin 2000 à Nairobi, un atelier destiné à rédiger un manuel de communication institutionnelle pour le développement agricole en Afrique. Les participants, venus de pays d’Afrique francophone et anglophone, d’Europe et d’Amérique du Nord, ont élaboré les outils propres à cette nouvelle forme de communication. Ils ont d’abord défini, notamment les objectifs, les audiences, les messages, des stratégies de communication, des méthodes d’évaluation. Ensuite, ils ont indiqué comment parler en public, comment produire les publications (rapport annuel, lettre, bulletin d’information, etc.) et les supports audiovisuels, comment intéresser les médias, comment se servir de l’outil informatique, de l’exposition, du théâtre. Enfin, les meilleures manières de gérer les crises liées à la communication institutionnelle ont été identifiées.

Il est prévu que le manuel de communication institutionnelle pour le développement agricole en Afrique paraisse en décembre 2000.

Contact : Armand Faye
CORAF, BP 8237, Dakar-Yoff, Sénégal
Fax : (221) 825 55 69
E-mail : c.action@coraf.org
Internet : www.coraf.org



Année 2001 : Les cours du National Research Institute de Grande-Bretagne

Le National Research Institute (NRI) de Grande-Bretagne dispense des formations en gestion des stocks de graines et en technologie post-récolte des produits horticoles (voir quatorzième numéro de Coraf Action). Ces formations sont dispensées à l’Institut même aux étudiants en année de licence, alors que les étudiants en mastère mènent généralement leurs recherches dans les pays d’origine.

Pour les étudiants en année de licence, les cours intensifs (seize semaines) débutent le 12 mars et se terminent le 29 juin 2001. Pour les étudiants en année de mastère, ils commencent avant le 2 juillet 2001. Les cours peuvent être également donnés par correspondance informatique, surtout pour les professionnels.

Par ailleurs, un nouveau programme sur la sécurité alimentaire, prévu pour quarante-cinq semaines, sera mis en route à l’intention des professionnels de l’alimentation et de l’agriculture.

Contact : Gesa Reiss
NRI, University of Greenwich, Central Avenue, Chatham Maritime, Kent ME4 4TB, United Kingdom
Tél. : (44) (0) 1634 883448
Fax : (44) (0) 1634 883386
E-mail : nri-training@gre.ac.uk
Internet : www.nri.org/training



Reboiser la forêt

Au Gabon, l’exploitation forestière a dévasté certaines zones, mais le péril n’est pas encore dans la demeure. Le Programme de recherche sur le reboisement des essences locales a en effet permis de disposer de connaissances précieuses sur la sylviculture de ces espèces. A présent, le projet qui va être lancé entend développer les techniques sylvicoles facilitant une meilleure maîtrise des opérations de reboisement, mais aussi une parfaite diffusion de l’expérience acquise. Pour cela, des fiches techniques sur la régénération des principales espèces forestières sont prévues.

Ce nouveau projet, qui sera exécuté par l’Institut de recherches agronomiques et forestières (IRAF) et la Direction des inventaires, des aménagements et de la régénération des forêts (DIARF), sera doté de près de 15,400 millions de francs CFA.

Contact : David Ngueza
IRAF, BP 2246, Libreville, Gabon
Fax : (241) 73 08 59
E-mail : unitésylvicole@itnetgabon.com



Systèmes irrigués : Après les recherches, la dissémination des résultats

Après la présentation et l’évaluation de ses quatre années d’activités (voir quinzième numéro de Coraf Action), au Pôle régional de recherche sur les systèmes irrigués en zone soudano-sahélienne (PSI) le temps est maintenant à la dissémination des résultats. C’est à cela que s’est consacré le Centre national de recherche agronomique et de développement agricole (CNRADA) de Mauritanie, en organisant au début de mai 2000 un séminaire destiné aux responsables nationaux et aux bailleurs de fonds du secteur agricole.

Plusieurs communications y ont été présentées sur l’intensification de la riziculture irriguée, sur la diversification des cultures et des productions animales, sur la lutte contre la dégradation des sols, sur la gestion technique, l’organisation sociale et foncière de l’irrigation. Dès lors, rien n’étonne que les participants recommandent que tout projet de développement sur l’irrigation comporte des recherches d’accompagnement visant la valorisation de l’expertise du PSI, et que cet effort du CNRADA appuyé par l’Ambassade de France soit poursuivi dans les autres pays du Pôle.

Des dossiers techniques sur les principaux travaux sont disponibles à la Coordination régionale à Dakar.

Contact : Jean-Claude Legoupil
PSI, BP 8320, Dakar, Sénégal
Fax : (221) 825 39 63
E-mail : legoupil@sonatel.senet.net



Vacance de postes à l’Association pour le développement de la riziculture en Afrique de l’Ouest

L’Association pour le développement de la riziculture en Afrique de l’Ouest (ADRAO) cherche un directeur scientifique (ou de recherche) et un agronome spécialiste des systèmes de culture qui seront affectés à Bouaké, en Côte d’Ivoire.

Le directeur scientifique est le coordonnateur de tous les programmes de recherche et de développement. Il est également membre du Comité exécutif de l’institution. Pour cela, il doit notamment être titulaire d’un doctorat d‘Etat ou d’un Ph.D, avoir dix ans d’expériences dans la gestion et le pilotage de la recherche agricole en Afrique sub-saharienne, avoir à son actif plusieurs publications scientifiques. Il doit être excellent en relation humaine, en rédaction et en communication dans les langues anglaise et française.

Quant à l’agronome spécialiste des systèmes de culture, il est appelé à travailler avec l’équipe chargée d’améliorer la productivité du riz et les systèmes de production. Il est notamment appelé à associer à ces activités tous les acteurs agricoles à travers des collaborations, des réseaux, l’assistance et la formation. Il doit être titulaire d’un doctorat d’Etat ou d’un Ph.D en science de la terre, en lutte contre les mauvaises herbes, disposer d’au moins dix ans d’expérience dont cinq consacrés aux systèmes de culture rizicoles en Afrique, être excellent en communication écrite et orale en anglais et en français, et savoir communiquer avec les producteurs et les vulgarisateurs.

Le contrat proposé à chacun pour deux ans renouvelables comportera un salaire et des avantages accordés aux personnels des centres internationaux du Groupe consultatif pour la recherche agronomique internationale.

Les dossiers de candidature doivent comporter un curriculum vitae détaillé, deux publications (uniquement pour le directeur scientifique), les coordonnées de trois référés. La date de dépôt de celui du directeur de recherche est fixée au 30 septembre 2000. La date de dépôt de celui de l’agronome spécialiste des systèmes de culture n’est pas limitée.

De plus amples informations sont fournies à cette adresse.

Contact : The Human Resources Officer
ADRAO, 01 BP 2551 Bouaké 01, Côte d’Ivoire
Fax : (225) 36 63 47 14
(225) 31 63 09 72
Tél. : (225) 32 63 45 14
E-mail : g.dao@cgiar.org
Internet : www.cgiar.org/warda  


VIE DU CORAF



 CORAF : L’avenir proche est tout tracé

A Accra, il y a deux ans, l’actuel Conseil Ouest et Centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF) amorçait " le virage du changement " institutionnel. A Bangui, il y a un an, il faisait " peau neuve " en se mettant " sur le chemin des réformes ", parmi lesquelles le Plan stratégique pour la coopération, la recherche et le développement agricoles en Afrique de l’Ouest et du Centre (1999-2014). A Dakar, il y a tout juste deux mois (du 17 au 21 juillet 2000), la treizième Assemblée générale annuelle de l’organisation sous-régionale a posé le dernier jalon de ce processus, en approuvant le Plan d’action mettant en œuvre ce Plan stratégique. Cette Assemblée générale a été ouverte par le ministre sénégalais de l’agriculture et de l’élevage, Mr Papa Diouf, en présence du président du CORAF, des directeurs des institutions de recherche représentant les Systèmes nationaux de recherche agricole membres, des coordonnateurs des unités opérationnelles, des partenaires au développement (le secteur privé, les Organisations non gouvernementales), des représentants des agences de coopération internationale, des partenaires scientifiques et financiers.

A l’échelle sous-régionale, la construction d’une agriculture compétitive et durable passe par une même vision des problèmes identifiés, des solutions envisagées, des responsabilités partagées. En cela, le CORAF est aujourd’hui en mesure de réaliser la planification et la programmation de la coopération sous-régionale en matière de recherche et développement agricoles, dont la finalité est de contribuer à réduire les disparités, à sortir du sous-développement, à minorer les coûts du développement intégré. Pour cela, concernant les plantes annuelles, les participants ont examiné le cas du coton, des légumineuses à graines (arachide et niébé), des céréales et des plantes à racines et à tubercules. Ils ont alors décidé que l’accent soit mis sur la création varétale, sur la lutte contre les maladies et les ravageurs, sur la diffusion et la valorisation du matériel végétal. Il faut notamment créer des produits à haute valeur ajoutée, en utilisant les biotechnologies par exemple. L’accent doit également être mis sur le développement des techniques de gestion intégrée, sur la vulgarisation des technologies de transformation, sur l’évaluation de leur adoption. Mais la crédibilité de ce processus dépend essentiellement de l’implication des utilisateurs. De plus, il importe d’étudier les législations en vigueur pour faciliter les échanges de matériel végétal et la réglementation de la propriété intellectuelle.

Des mesures d’accompagnement sont prévues

S’agissant des cultures pérennes (le palmier à huile, le café, le cacao, l’hévéa et les fruits), les décisions favorisant leur compétitivité sur le marché international, la préservation de l’environnement, l’inventaire de toutes les espèces, ont été arrêtées. Quant aux ressources génétiques d’origine végétale et animale, leur association permet d’utiliser les variétés et espèces à cycles court et long, de prévenir l’irrégularité des pluies, de disposer des ressources en eaux souterraines, de développer des méthodes de gestion participative. Les enquêtes sur les espèces menacées, la gestion des données sur les ressources phytogénétiques, l’information du public, contribuent également à leur meilleure conservation. Dans cette optique, le CORAF et l’International Centre for Research in Agroforestry (ICRAF) vont éditer cette année une publication sur l’agroforesterie.

Pour rendre efficaces de telles décisions, des mesures d’accompagnement ont été prises concernant le développement des capacités institutionnelles : limiter le rôle du CORAF à la facilitation et à la coordination de la coopération, rendre la recherche de moyens plus agressive (notamment en accélérant le processus de création du fonds régional compétitif), faciliter les contacts entre SNRA et bailleurs de fonds, renforcer leurs capacités de gestion de la recherche (la motivation des chercheurs est primordiale) et de diffusion de leurs résultats. A ce sujet, l’incorporation de la politique d’information et de communication adoptée dans le Plan stratégique favorise la mise en place de la base de données sur les ressources humaines : assurer la mobilité des chercheurs, l’échange d’expériences et la formation. En outre, Il a été arrêté que désormais les organisations paysannes, les Organisations non gouvernementales et le secteur privé seront membres de l’Assemblée générale et du Comité exécutif du CORAF, les mécanismes de cette représentation étant à étudier.

Du sang neuf

Enfin, la composition du Comité exécutif, qui préside à la destinée du CORAF, et la représentation du CORAF à l’Assemblée générale du Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA) ont été remaniées avec l’entrée de nouveaux membres (voir encadrés).

Contact : Ndiaga Mbaye
CORAF, BP 8237, Dakar-Yoff, Sénégal
Fax : (221) 825 55 69
E-mail : ndiaga.mbaye@coraf.org
Internet : www.coraf.org



Les neuf membres du Comité exécutif du CORAF

- Adama Traoré, Président, Mali
- José-Gabriel Levy, Vice-président, Cap-Vert
- Paco Sérémé, Burkina Faso
- Théodore Mianzé, République centrafricaine
- Olatunde Ademeyi Oloko, Nigeria
- Sié Koffi, Côte d’Ivoire
- Jean-Daniel Mbéga, Gabon
- Pape Abdoulaye Seck, Sénégal
- Adam Fousseyni, Togo



L
es six représentants du CORAF au Comité exécutif et à l’Assemblée générale du Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA)

- Adama Traoré
- Emmanuel Owosu-Bennoah
- Paco Sérémé
- José-Gabriel Levy
- Rogers A. D. Jones
- Samuel Bruce-Oliver 



Les bailleurs de fonds réaffirment leur soutien

En Afrique de l’Ouest et du Centre, la recherche agricole ne bénéficie pas encore du soutien indispensable des partenaires du financement public quant à son impact. Les instituts de recherche tardent encore à rentabiliser leurs résultats auprès des utilisateurs. Tel est le constat des partenaires financiers du CORAF, qui se sont réunis à l’occasion de sa treizième Assemblée générale tenue du 17 au 21 juillet 2000, à Dakar. Sachant qu’il n’y a pas de problème sans solution, ils comptent sur le CORAF, devenu une véritable organisation sous-régionale, une solide base de collaboration entre tous ses partenaires.

Pour cela, " afin de nous aider à vous aider " ces partenaires ont souhaité notamment que la vision stratégique adoptée par l’organisation sous-régionale se traduise effectivement dans la mise en œuvre de projets et programmes de recherche à caractère régional, par le renforcement de son rôle de facilitateur des relations entre les Systèmes nationaux de recherche agricole, par la définition des mécanismes des partenariats. La route étant balisée, ils offrent, sans se substituer à qui que ce soit, leur appui institutionnel et au renforcement des capacités.

Contact : Marcel Nwalozie
CORAF, BP 8237, Dakar-Yoff, Sénégal
Fax : (221) 825 55 69
E-mail : marcel.nwalozie@coraf.org
Internet : www.corf.org  


 
Recherche égale impact

En Afrique, il n’est pas encore dans les habitudes des institutions de recherche et de développement agricoles de vérifier si leurs recherches produisent le bien-être escompté des utilisateurs. Sur cent vingt-deux pays, seuls six d’Afrique ont été concernés par les études sur l’impact de la recherche agricole menées par le Service international pour la recherche agricole nationale (ISNAR). Pourtant, plus que pour leur utilité, leur raison d’être doit être démontrée : la rentabilité. En marge de l’Assemblée générale (17-21 juillet 2000 à Dakar) du CORAF, cette brûlante question a fait l’objet d’un atelier animé par Samba Ly de l’Institut du Sahel (INSAH), par William Masters de l’Université de Purdue aux Etats-unis, et par Francis Idachaba de l’ISNAR.

Autant évaluer l’impact des recherches est différemment perçu par l’ensemble des acteurs agricoles, autant les chemins sont multiples pour y arriver. Ainsi, depuis 1994, l’INSAH et l’Université de Purdue organisent des ateliers de formation, accordent des bourses de recherche, publient les résultats, organisent des forum de restitution des résultats. Ils ont également analysé les aspects des politiques agricoles liés au droit, à la justice, à la bonne gouvernance, à la position fiscale, monétaire, financière, commerciale et douanière, aux transports, aux communications, ainsi qu’à la variabilité de ces politiques. Enfin, ils ont analysé les ressources et les avantages comparatifs. De 1992 à 2005, l’Afrique connaît une croissance de 1 % des revenus et de près de 3 % de la population par an, l’Asie du Sud une croissance de 5,5 % des revenus et de 2 % environ de la population par an, et l’Asie de l’Est une croissance de 9,5 % des revenus et de 1 % de la population par an. Cependant, si la croissance vertigineuse de la main-d’oeuvre, la rareté des capitaux et des terres peuvent faire craindre le pire, l’étude montre que l’Afrique verra sa capacité d’autoconsommation en produits agricoles non céréaliers passer de 1,25 à 1,45 %, en céréales de 0,94 à près de 1 %.

Les conditions de rentabilité

Quant à l’ISNAR, sa démarche a consisté à étudier les surplus économiques (coûts, bénéfices, production et consommation), à estimer les parts de la recherche et de la vulgarisation au niveau de la production, de la participation des acteurs agricoles à l’évaluation, etc. Les résultats sont éloquents : l’impact du niébé au Sénégal est près de 65 %, de la canne à sucre en Afrique du Sud de 50 %, des semences de patate au Rwanda de 40 %, de la recherche agricole au Mali de 25 %.

La conclusion qu’en tirent l’INSAH et l’Université de Purdue est que la recherche est rentable si elle est pertinente (les cultures importantes), diversifiée (plusieurs variétés), originale, abordable (sources d’intrants et de débouchés pour les produits).

Etendre ces études aux autres pays

Les commentaires, qui ont suivi, ont recommandé que ces types d’étude soient adoptés par les institutions de recherche pour une meilleure prise en compte de la demande sociale, et que les hypothèses de base soient mieux formulées pour saisir les liens entre la recherche et la vulgarisation. Pour mieux convaincre les décideurs à soutenir davantage la recherche et leur faire prendre conscience des effets à long et moyen termes des études sur l’environnement, les participants suggèrent de favoriser les études prévisionnelles, de faire adopter les résultats par les autres acteurs agricoles. En outre, le CORAF doit étudier la possibilité d’étendre ces études aux autres pays.

Contact : Samba Ly, William Masters
INSAH, BP 1530, Bamako, Mali
Fax : (223) 22 23 37

Contact : Francis Idachaba
ISNAR, P.O. Box 93375, 2509 AJ The Hague, The Netherland
Fax : (31) 70 38 19677
E-mail: f.idachaba@cgiar.org



Afrique sub-saharienne : Du Programme spécial au Forum pour la recherche agricole

La formation des hommes, le rôle des femmes, le syndrome d’immuno-déficience acquise (SIDA), la fertilité des sols, le financement durable, le renforcement du Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA) telles devraient être maintenant les préoccupations majeures des pouvoirs publics, des acteurs agricoles en Afrique sub-saharienne, ainsi que de tous leurs partenaires au développement. Dans cette seule région, onze millions de sidéens sont déjà décédés sur vingt millions de personnes séropositives. Pire, onze millions d’enfants ont perdu leurs parents, et tout nouveau-né aura une chance sur deux de mourir de la terrible maladie. En Guinée, les quatre cent quarante-deux mille cent soixante-dix exploitations agricoles sont presque toutes gérées par des hommes, alors que ce sont des femmes qui ont mis en valeur quatre-vingt dix pour-cent des huit cent quatre-vingt-douze mille six cent vingts hectares de culture.

Pourtant, la croissance économique et les progrès scientifiques réalisés en 1999 ont permis à l’économie africaine de supporter les effets de la récente crise asiatique et de reprendre une position favorable sur l’échiquier mondial. C’est à la vingtième Plénière du Programme spécial pour la recherche agricole en Afrique (SPAAR), tenue en avril 2000 à Conakry, que le constat a été fait. La cérémonie d’ouverture était présidée par les ministres guinéens de l’agriculture et de l’élevage, Mr Jean-Paul Sarr, et du plan et de la coopération, Mr El Hadj Thierno Mamadou Cellou Diallo, en présence du vice-président de la Banque mondiale, Mr Jean-Louis Sarbib, du secrétaire général du SPAAR, Mr Moctar Touré, des secrétaires exécutifs des trois organisations sous-régionales de recherche agricole de la région, des représentants des organisations de producteurs, des Organisations non gouvernementales (ONG), du secteur privé, des agences de coopération et des organisations régionales et internationales de recherche agricole.

A cette occasion, d’autres constats ont été formulés. Des avancées sont notées dans la mise en place de l’Initiative pour la fertilité des sols en Afrique (IFS). Dans une décennie, la rapide diffusion de la pandémie du SIDA dans la région risque de modifier complètement l’environnement dans lequel opèrent les Systèmes nationaux de recherche agricole (SNRA), d’autant que les traitements actuels ne sont toujours pas à la portée des pays en développement. Très affectées par cette terrible maladie et la non satisfaction de leurs besoins réels par les programmes agricoles, les femmes n’en jouent pas moins un rôle prépondérant dans l’économie rurale. Abordant la lancinante question du financement, il est noté que les difficultés subsistent, malgré l’initiative sur l’accroissement du financement durable des SNRA lancée en décembre 1999 à Nairobi.

La fin de la période transitoire

La situation ainsi décrite a amené les participants à demander l’établissement d’un tableau de bord des projets accomplis par les différents pays en matière de fertilisation, de réhabilitation et de gestion des sols, et à évaluer les moyens mobilisés par la communauté internationale au profit de l’IFS. De même, la lutte acharnée livrée au SIDA doit principalement viser la prévention. La division du travail entre hommes et femmes au sein des ménages doit être également étudiée, ainsi que les disparités dans l’accès et le contrôle des ressources productives. Mieux, on devrait développer des stratégies de promotion d’une nouvelle agriculture au coeur de laquelle se situent aussi les femmes. Quant à l’accroissement du financement, il est proposé que soient définies les actions prioritaires relatives aux mécanismes et aux stratégies alternatives, que soient renforcés les capacités institutionnelles en matière de génération, de transfert de technologies et de gestion des ressources, ainsi que le dialogue avec les bénéficiaires des résultats de recherche.

Enfin, le SPAAR devant disparaître bientôt, le transfert de ses prérogatives au FARA a été débattu dans le sens de désigner un gestionnaire de la transition. A cet effet, au cours de l’Assemblée générale du CORAF (voir précèdent article) il a été annoncé que le Service international pour la recherche agricole nationale (ISNAR) est chargé par le FARA de faciliter cette période de " passage du témoin ", dont la fin devrait intervenir avant janvier 2001.

Contact : Senkoun Wagué
IRAG, BP 1523, Conakry, Guinée
Fax : (224) 41 57 58
E-mail : irag@mirinet.net.com



Une réorganisation achevée

Au Cameroun, la restructuration de la recherche agricole avait abouti en 1996 à la création de l’Institut de recherche agricole pour le développement (IRAD) et à la définition de vingt programmes de recherche. Pour mettre en œuvre ces derniers, un atelier regroupant les responsables scientifiques, administratifs et financiers s’est tenu en juin-juillet 2000 sur la gestion de leurs activités.

A l’issue de cet atelier, il a été demandé que soient élaborés un répertoire des projets de recherche actuels et un manuel de procédures administrative, financière et comptable. De même, un fichier des ressources humaines et matérielles, un code de prestation de services pour le personnel, des fonds documentaires, doivent être établis.

Enfin, les participants ont recommandé qu’une telle rencontre se renouvelle tous les deux ans.

Contact : Nsangou Mama
IRAD, BP 2123, Yaoundé, Cameroun
Fax : (237) 22 33 62
E-mail : iradpnva@iconet.cn

  


SUR LE TERRAIN



Mortiers et pilons aux oubliettes !

Depuis des lustres, les femmes africaines ont usé sans relâche du mortier et du pilon pour casser et mettre en poudre des produits agricoles. Travail ne peut être plus pénible que le concassage et la mouture des cossettes de manioc ou d’igname (voir douzième numéro de Coraf Action), puisqu’une femme consacre en moyenne six heures pour transformer cent kilos. Sous l’impulsion du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), le projet sous-régional de transfert de technologie a introduit il y a un an au Togo des modèles de concasseurs mécaniques et électriques fabriqués au Bénin.

Issus de l’artisanat, ces modèles comprennent des marteaux fixes et des marteaux mobiles ; dans le cas du modèle électrique, ils sont actionnés par l’énergie produite par une dynamo. Désormais, la même quantité de cossettes de manioc ou d’igname (vingt-cinq centimètres de long chacun) est concassée en une minute avec moins d’un kilowattheure. Déjà, les concasseurs, sortis des mains des artisans togolais, sont vendus entre 350 000 et 400 000 francs CFA l’unité.

Contact : Pissang Tchangaï
ITRA, BP 1163, Lomé, Togo
Fax : (228) 25 15 59
E-mail : itra@cafe.tg



Question

Comment se débarrasse-t-on des fourmis magnan ?

La ferme de Christine M. Soro-Giordanie, technicienne d’animation rurale, fidèle lectrice de Coraf Action, est envahie par des fourmis magnan. Pour s’en débarrasser, le mari de Christine leur donne à manger des crapauds tués. Mais les crapauds ne sont pas faciles à chasser surtout la nuit, tout comme le pangolin, un déprédateur de fourmis, est difficile à trouver.

Elle prie les lecteurs de bien vouloir répondre à cette question ainsi qu’aux deux autres questions précédentes (voir quatorzième, quinzième et seizième numéros de Coraf Action).

Contact : Christine M. Soro-Giordanie
BP 71, Ferkéssédougou, Côte d’Ivoire



Ne jetez plus les sous-produits du cacao !

Les sous-produits de cacao sont partout jetés ou peu utilisés. Au Cameroun, sur une production de neuf cent soixante-trois mille deux cents tonnes de cabosses fraîches par an, huit cent mille tonnes de cortex (écorce) et quarante trois mille deux cents tonnes de jus sont inutilisées. Le cortex représente près de soixante-dix pour-cent de la cabosse. Pourtant le jus, la coque et les résidus (fèves noires et plates), peuvent servir à des utilisations diverses.

Le jus fermenté et distillé produit de l’alcool consommable et médical. Le beurre peut être fabriqué à partir des fèves noires et plates. Le mélange de coques de cabosses broyées et d’autres éléments nutritifs donne un aliment pour bétail. Les coques sèches incinérées donnent un excellent engrais pour les plantes à tubercules. Cet engrais (ou eau de la cendre) donne de la potasse (carbonate de potassium), duquel on tire un savon antiseptique et de l’huile de palme. Sans doute, la valorisation de ces produits contribuera à réduire l’importation de certains produits de première nécessité, et aussi à lutter efficacement contre la pauvreté, à freiner l’exode rural en augmentant les revenus des producteurs. Enfin, tous ces produits se conservent longtemps.

Contact : Justin Diallo
IRAD, BP 2067, Yaoundé, Cameroun
Fax : (237) 23 35 28  



La drogue en prison

Au Congo, depuis 1964 la consommation du chanvre indien, de la cocaïne, de l’héroïne, des opiacées et des substances psychotropes s’est fortement accrue, probablement du fait de la guerre civile. A Brazzaville, ce phénomène a atteint des proportions telles qu’il urgeait pour les autorités de disposer des informations nécessaires à des décisions draconiennes : éradiquer le mal à la racine en barrant la route aux cultivateurs et aux trafiquants. Pour cela, le projet sur la drogue (voir treizième numéro de Coraf Action) a enquêté auprès de la population carcérale de la maison d’arrêt de la capitale.

Ainsi, sur près de 9 800 détenus 315 l’ont été, soit 3 %, pour consommation et trafic de drogues. Ces toxicomanes sont jeunes et pauvres pour la plupart.

Contact : F. D. Siannard
CERVE, BP 129, Brazzaville, Congo



Développer le petit élevage

Au Bénin, les familles s’adonnent de plus en plus à l’élevage des petits ruminants, des porcins et de la volaille dans la sous-préfecture d’Ouidah (région du Sud-Ouest). Mais, cet élevage connaît de sérieux problèmes : une forte morbidité et mortalité provoquées par la petite taille, la divagation et l’absence de suivi du cheptel. Depuis quelques années, le Centre régional pour le développement et la santé (CREDESA) s’est engagé à les aider pour en faire une véritable source de protéines et de revenus.

Le regroupement des éleveurs a permis de vulgariser une vingtaine d’espèces fourragères, un nouveau modèle d’enclos (disposant d’un abri au toit inversé) et une technique prophylactique rendant très accessibles les soins et produits aux éleveurs. Du coup, la morbidité et la mortalité ont été sensiblement réduites et les revenus issus de la vente des animaux considérablement augmentés. Ces revenus ont servi notamment à l’achat de médicaments et à la scolarisation des enfants. Seulement, le succès de cette opération est entrain d’être entaché par la mauvaise qualité de certains produits prophylactiques mis sur le marché et par l’absence de collaboration entre les techniciens du secteur.

Le CREDESA a donc réagi, en installant sur place un cabinet vétérinaire, et il entend surtout couronner son action par la création d’un marché du bétail.

Contact : Maboudou M. Baba
CREDESA, 01 BP 1822, Cotonou, Bénin
Fax : (229) 34 70 20



Etuvage du riz : Les femmes et non les hommes

Le Nigeria est le troisième producteur de riz d’Afrique après Madagascar et l’Egypte. Pourtant, le pays ne parvient pas encore à satisfaire la demande sociale en riz. Pour ce faire, le National Cereals Research Institute (NCRI) a développé une technologie capable de produire du riz de bonne qualité comparable à celle du riz importé. Dans la zone de production du cuivre, une étude menée en 1999 a permis de mesurer le degré d’adoption de la technologie par les femmes, qui constituent quatre-vingts pour-cent des personnes engagées dans la préparation du riz. Dans quatre des huit Etats de la zone, deux cent trente femmes sont concernées.

Il s’agit d’un étuveur de riz composé d’une bouilloire et d’un évaporateur. La bouilloire est placée sur un fourneau fonctionnant au bois ou au gaz. Le riz est trempé dans l’eau chauffée à 75 °C, le tout est recouvert avec un sac en jute. Le trempage dure six heures. Après cela, l’eau est retirée, le riz bouilli est versé dans l’évaporateur et laissé durant vingt minutes. Il est ensuite séché, ce qui facilite sa transformation en farine.

L’adoption de cet étuveur a été faible dans la zone. Seules 49 % des préparatrices le connaissent, parmi lesquelles 2 % se sont servies de la plupart des techniques enseignées. Les causes sont connues : les principales sources d’information sur la technologie sont leurs maris ou frères ; les femmes n’ont pas accès aux services de vulgarisation ; la majorité des vulgarisatrices n’était même pas au courant. Dans certains Etats en effet, les hommes responsables des services de vulgarisation ont préféré assister aux formations à leur place. A cela s’ajoute le nombre réduit de vulgarisatrices par rapport à celui des préparatrices.

Le NCRI a donc décidé d’organiser des formations à l’intention des vulgarisatrices, des personnes proches de ces préparatrices, des religieux et des organisations professionnelles. Il entend également vulgariser l’étuveur de riz à travers tout le pays.

Contact : Ike Nwachukwu
NCRI, P.M.B. 8, Bida, Niger State, Nigeria
Fax : (234 46) 46234



Le plastique ou la chronique d’une mort certaine

Dans la région Nord du Cameroun, les emballages plastiques, appelés " ledda ", sont partout présents. Les animaux en raffolent. Mais ils ne sont pas biodégradables, digestibles et oxydables. Alors, ils les déciment fatalement par occlusion intestinale, surtout dans les zones urbaines. Ils font subir aux plantes le même sort : elles ne germent ni se développent de manière harmonieuse.

Les bovins, les ovins et les caprins sont les plus touchés par la consommation des plastiques. Les causes de ces décès sont dues à l’alimentation insuffisante en période de soudure (mars-mai), à sa carence en éléments minéraux et à la divagation du bétail.

Contact : Simon Killanga
IRAD, BP 33, Maroua, Cameroun
Fax : (237) 29 29 11
E-mail : coton.maroua@camnet.cm



Le canard adoré par des tchadiens

Au Tchad, dans les zones urbaines et périurbaines l’insécurité alimentaire pousse les populations vulnérables à plus pratiquer l’élevage de la volaille. Le pays compte actuellement vingt-quatre millions de têtes constituées surtout de poules, de canards, de pintades, de pigeons et d’oies. A N’Djamena, si la croissance démographique persiste (sept pour-cent par an), la population passera de huit cent mille âmes en 1999 à un million soixante mille âmes en 2003. Alors, de sérieux problèmes d’approvisionnement en denrées alimentaires d’origine animale risquent de surgir. Pour les prévenir, de nouvelles formes d’élevage doivent être pratiquées, notamment pour développer l’élevage du canard dans la capitale qui en compte dix mille têtes.

Dans cette perspective, le laboratoire de Farcha de l’Institut tchadien de recherche agricole pour le développement (ITRAD) a mené des études sur l’élevage familial de canards de Barbarie (Cairina moschata). Les éleveurs, qui viennent du sud du pays, y pratiquent également l’agriculture et l’élevage des autres volailles, des petits ruminants, des lapins et des porcs. Chaque basse-cour comprend neuf canards logés dans des cases en terre battue. Ils sont nourris surtout de son de céréales et de sous-produits agricoles. Chaque année, dans une exploitation neuf canards sont vendus et six autres consommés (soit environ deux kilos de viande par personne). Cette consommation représente 1 330 kilos pour l’ensemble des ménages.

Un bel avenir pour la filière

Chaque ménage tire de la vente des canards et de la consommation de la viande 30 000 francs CFA (17 000 francs CFA pour la vente) par an, ce qui représente un peu plus du tiers du revenu national moyen (98 000 francs CFA) par habitant. Au total, les ménages se sont retrouvés avec un revenu de 20 millions de francs CFA. Les boucheries ont tiré de la vente de la viande 5 millions de francs CFA. La demande n’étant jamais satisfaite entre février et juillet, la filière a un bel avenir devant elle.

Cependant, des problèmes subsistent qui constituent des obstacles au développement de cet élevage : les maladies, les vols, les accidents, la prédation, l’absence d’encadrement, le manque de moyens financiers, la mauvaise qualité des aliments. D’ores et déjà, l’amélioration de l’état de santé des canards et de leur conduite pourrait augmenter les effectifs. Mieux, un programme de développement intégrant des collaborations avec les structures de recherche-développement devrait être envisagé.

Contact : Mopaté Logtène Youssouf
ITRAD, BP 433, N’Djamena, Tchad
Fax : (235) 52 74 76
E-mail : zoonoses.farcha@intnet.td




Remerciements : A vous, les lecteurs

Vous avez été plusieurs lecteurs de Coraf Action à répondre aimablement à ma demande de renseignements sur les méthodes culinaires et les modes de consommation du mil et du sorgho (voir onzième, douzième, treizième, quatorzième et seizième numéros). Ces informations nous ont permis d’organiser des formations destinées aux populations paysannes, avec le soutien d’un projet local sur la nutrition. Elles ont rencontré un tel succès, qu’elles sont actuellement poursuivies dans les nouvelles zones d’intervention de l’Association nationale d’actions environnementales (ANAE).

C’est une nouvelle expérience qui vient enrichir les pratiques culturales du mil et du sorgho peu développées à Madagascar. Ils servent comme plantes de couverture avec la technique de culture en semis direct.

J’encourage donc tous mes collègues, de Madagascar et d’ailleurs, à lire Coraf Action, qui m’a permis de mesurer le sens de la communication et de la solidarité.

Contact : Andriantahina Rakotondralambo
ANAE, BP 592, Antananarivo 101, Madagascar
E-mail : anae@bow.dts.mg




Massacre à Ouidah

La chasse exerce partout une forte pression sur l’écosystème en prélevant d’importantes quantités de ressources naturelles. A Ouidah, dans la région du Sud-Ouest du Bénin, l’inquiétude s’installe quant à l’avenir des aulacodes, des francolins, des lièvres à oreilles de lapin, régulièrement abattus à coup de feu. C’est la raison pour laquelle, le Centre régional pour le développement et la santé (CREDESA) a mené une étude permettant une meilleure connaissance de l’ampleur des dégâts causés à la faune de cette sous-préfecture de l’Atlantique, et la définition des moyens de lutter contre.

Chaque année, dix chasseurs tuent 900 aulacodes, 1 500 francolins et 300 lièvres. Trente pour-cent de ce butin est consommé par les familles des chasseurs. Le reste vendu rapporte à chacun 234 150 francs CFA par an, son investissement étant estimé à 22 470 francs CFA. En revanche, les éleveurs consomment 10 % de la viande, et le revenu de la vente varie entre 15 000 et 84 000 francs CFA par an et par éleveur. Avec ces revenus, les ménages s’achètent des denrées de première nécessité pour la période de soudure, assurent les frais de santé et de scolarité des enfants, font des économies par le biais des " tontines ".

Ainsi, le CREDESA entend mener des actions de sensibilisation des chasseurs pour les intéresser davantage à l’élevage du petit gibier. Pour cela, des mesures d’accompagnement seront nécessaires, ainsi que la collaboration du projet sur l’aulacodiculture.

Contact : Goukou Gérard
CREDESA, 01 BP 1822, Cotonou, Bénin
Fax : (229) 34 70 20




Des bananes : du Cameroun à la Guinée

Pour la Guinée, une grande productrice et exportatrice de bananes, l’importation du Cameroun de matériel végétal amélioré constitue un enjeu de taille : accroître la production destinée à la consommation locale. C’est le sens qu’il faut donner à l’action du Centre régional de Foulaya (région de Kindia) de l’Institut de recherche agronomique de Guinée (IRAG), qui a obtenu des variétés du Centre régional de recherches sur bananiers et plantains (CRBP) (voir treizième et seizième numéros de Coraf Action). Ces variétés ont fait l’objet d’une évaluation avec des petits producteurs.

Du lot est sortie la variété Popoulou, qui est très appréciée par les producteurs. Les premiers régimes distribués ont été bien accueillis par la plupart des consommateurs. La diffusion de cette variété est très attendue.

Contact : Mahmoud Camara
IRAG, BP 156, Kindia, Guinée
Fax : (224) 61 01 08
E-mail : irag@mirinet.net.com


Coraf Action


Célestin Lemba, coordonnatreur du Gabon

Documentaliste, chargé de l’édition et de la documentation de l’Institut de recherches agronomiques et forestières (IRAF), Célestin Lemba est coordonnateur du réseau national de communication du Gabon de la lettre d’information régionale du CORAF, Coraf Action. A ce titre, il est chargé de la collecte, de la rédaction ou de la réécriture éventuelles des articles écrits par des tiers (les auteurs). Dans chaque institution membre du réseau, un correspondant est chargé de l’assister, essentiellement par la fourniture d’articles.

Les articles destinés à Coraf Action devant passer par lui, tous les auteurs résidant au Gabon sont priés d’envoyer autant que possible leurs articles à cette adresse.

Contact : Célestin Lemba
IRAF, BP 2246, Libreville, Gabon
Fax : (241) 73 08 59
(241) 73 25 78
Tél. : (241) 73 25 65
(241) 73 25 75
(241) 73 25 32


Cheikh Diop, coordonnateur de la Mauritanie

Technicien supérieur de recherche, responsable du service de la documentation du Centre national d’élevage et de recherches vétérinaires (CNERV), Cheikh Diop est coordonnateur du réseau national de communication de la Mauritanie de la lettre d’information régionale du CORAF, Coraf Action. A ce titre, il est chargé de la collecte, de la rédaction ou de la réécriture éventuelles des articles écrits par des tiers (les auteurs). Dans chaque institution membre du réseau, un correspondant est chargé de l’assister, essentiellement par la fourniture d’articles.

Les articles destinés à Coraf Action devant passer par lui, tous les auteurs résidant en Mauritanie sont priés d’envoyer autant que possible leurs articles à cette adresse.

Contact : Cheikh Diop
CNERV, BP 167, Nouakchott, Mauritanie
Fax : (222) 25 28 63
Tél. : (222) 25 57 65
E-mail : cnerv10@calvapro.fr



A LIRE

.Duck Keeping in the Tropics. Par S. van der Meulen et G. den Dikkens. ISBN 90 72746 86 4, " Agrodoc series ; 33 ". Publiè par Agromisa Foundation, P.O. Box 41, 6700 AA Wageningen, Pays-Bas.
Résumé
Cet ouvrage informe sur l’élevage du canard : habitat, besoins en eau, alimentation, soins et commercialisation.

Transgenic Animals in Agriculture. Par J. D. Murray, G. B. Anderson, A. M. Oberbauer et M. M. McGloughlin. 1999, 304 pages, ISBN 0 85199 2935, 304 pages. Publiè par le Department of Animal Science, University of California, Davis, USA.
Résumé
Pour la première fois, plusieurs aspects de la technologie du transfert des gênes appliquèe aux animaux d’èlevage sont traités ensemble : l’état des connaissances, la mèthode, les nouvelles techniques et les succès. Les personnes intéressées par la génétique, l’élevage et la biotechnologie y trouveront réponse à certaines de leurs questions.

Cultures fourragères tropicales. Par G. Roberge et B. Toutain. 1999, 369 pages, ISSN 1251-7224, ISBN 2 87614 361 5, " Repères ". Publié par le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), BP 5035, 34032 Montpellier cedex 1, France.
Résumé
Les résultats de trente années de travail sur les plantes fourragères du CIRAD, de l’Institut de recherche et de développement (IRD) et de l’Institut national de recherche agronomique (INRA) de France sont présentés. Ce document s’adresse aux agronomes, vétérinaires, techniciens et étudiants.


AGENDA


L’International Institute of Tropical Agriculture (IITA) organise une conférence internationale sur le niébé à Ibadan, du 4 au 7 septembre 2000.

L’International Centers Week du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI) se tiendra à Washington, du 23 au 27 octobre 2000

 


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