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Coraf Action no 16, octobre-décembre 2000

Sommaire

Echos de la reherche

Bananier et plantain : Du matériel végétal pour tous
L’hydatidose sévit en Mauritanie
Biotechnologie: Déjà des résultats convaincants !
La trypanotolérance, toujours un casse-tête
Comment améliorer la race Ndaama
Gabon-Congo : La flore, une richesse fructifiée
Foreurs du maïs : l’heure de la lutte a sonné !
L’encéphalomyélite aviaire apparaît au Sénégal
L’espoir d’une meilleure canne à sucre
Le Sénégal s’ouvre au sésame

Vie du CORAF- WECARD

Une institution, une recherche
Information-communication : Vingt et un pays : une politique et un projet

Sur le terrain

Séchage solaire : Quelle alternative pour l’industrie agroalimentaire
Des poules guéries de la variole aviaire
Pourquoi élever un rongeur comme l’agouti
Patate douce mais résistante
Réponse : Au sujet du mil et du sorgho
Rappeler les vertus du citron
Question : Où trouve-t-on le camphrier ?
Culture du coton : L’expertise chez les paysans aussi
Les jachères incontournables

Coraf Action

Odile Tahouo, coordonnatrice de la Côte d’Ivoire
Bah Seiti Rabiou, coordonnatreur du Togo

Agenda

Les réunions du CORAF

A lire

 

ECHOS DE LA RECHERCHE



Bananier et plantain : Du matériel végétal pour tous

Le Centre régional de recherches sur bananiers et plantains (CRBP) multiplie du matériel végétal, et le commercialise au Cameroun et dans certains pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Au Centre même, les différents programmes de recherche ont acquis en 1999 près de deux mille quatre cent sept vitroplants. Les organismes nationaux, tels l’Institut de recherche agricole pour le développement (IRAD) et le Programme national de vulgarisation agricole (PNVA), et les opérateurs économiques ont également acquis environ mille neuf cent soixante vitroplants. Mais la demande étant devenue très forte pour le Centre, il est prévu que certains organismes nationaux interviennent dans l’opération de multiplication.

En 1999, onze pays de la sous-région ont en effet importé trois mille trois cents plantains hybrides résistants à la maladie des raies noires (CRBP 14, CRBP 39, CRBP 85 et CRBP 100). Il s’agit du Bénin, du Gabon, du Congo, du Sénégal, du Tchad, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée-Bissau, de la République centrafricaine, de la République démocratique du Congo, de la Guinée et de la Guinée équatoriale. Pour cela, un accord de transfert de matériel et une licence d’expérimentation (pour le matériel hybride protégé) sont signés. Les différents types de vitroplants proposés sont au stade de multiplication in vitro, de croissance finale, de fin de sevrage et de plantation.

Le Centre assure enfin des formations dans ces techniques.

Contact : Kodjo Tomekpe, Pascal Noupaja, Emmanuel Youmbi
CRBP, BP 832, Douala, Cameroun
Fax : (237) 42 57 56 



L’hydatidose sévit en Mauritanie

Jusqu’en 1997, l’hydatidose humaine était méconnue en Mauritanie. Mais, cette année vingt-quatre personnes ont été atteintes par cette maladie parasitaire, causée par un ver adulte (un ténia) qui vit chez des carnivores domestiques ou sauvages. Chez l’homme et les herbivores domestiques, la larve se développe (sous forme de gros kystes) dans le foie ou les poumons.

Pour une meilleure connaissance de la maladie, le Centre national d’élevage et de recherches vétérinaires (CNERV) a d’abord mené, dans plusieurs localités, des enquêtes épidémiologiques, qui montrent que les camelins sont atteints à 28,4 %, les petits ruminants à 5,6 %, les bovins à 4,5 %. A Nouakchott seulement, 14 % des chiens sont affectés par la maladie. Ensuite, des recherches sont entreprises, afin de déterminer le nombre de souches du ténia présentes, de les comparer à celles de certaines régions comme le Maghreb (où les moutons sont très affectés), et de déceler l’herbivore, principal vecteur de transmission à l’homme.

Ces travaux, soutenus par la Coopération française, permettront une prévention efficace de la maladie.

Contact : Fabien Schneegans, Dia Mamadou Lamine
CNERV, BP 167, Nouakchott, Mauritanie
Fax : (222) 25 28 03
E-mail : schneegans@toptechnology.mr



Biotechnologie: Déjà des résultats convaincants !

Au Congo, la recherche se préoccupe tellement de l’augmentation de la production vivrière qu’il lui fallait un laboratoire de biotechnologie des plantes. C’est le Centre de recherche sur l’amélioration génétique des plantes (CERAG) qui l’a installé. Il applique cette nouvelle technologie (culture des organes, des tissus et des cellules végétaux) aux plantes à racines et à tubercules, tels le manioc, l’igname, le taro, la pomme de terre.

Pour le manioc, cela a permis de développer de nouvelles variétés à bons rendements, tolérantes à la mosaïque, à la bactériose, à la cochenille, et adaptées aux systèmes de culture. De meilleurs clones et des boutures saines sont également disponibles.

Pour l’igname, le taro et la pomme de terre, le CERAG a mis en place un système de multiplication rapide in vitro de plants sains destinés à la commercialisation.

Enfin, le CERAG dispose actuellement d’une banque de gènes de toutes ces plantes.

Contact : Joseph Mabanza
CERAG, BP 2499, Brazzaville, Congo
Fax : (242) 83 13 37



La trypanotolérance, toujours un casse-tête

En Afrique de l’Ouest et de l’Est, l’accroissement de la population a engendré une forte demande des produits d’origine animale, principalement la viande et le lait. Pour la satisfaire, l’augmentation de la productivité des races locales est nécessaire. C’est pourquoi, les programmes de sélection de races pures et d’animaux issus de croisements avec des races importées performantes constituent une priorité. Ils doivent donc surtout maintenir leur résistance à la trypanosomose.

Pour cela, la résistance naturelle et la résistance acquise contre cette redoutable maladie doivent être bien maîtrisées, pour une meilleure exploitation des ressources locales par l’industrie. C’est la raison pour laquelle une trentaine de chercheurs, de planificateurs de la recherche et de décideurs se sont retrouvés dans un atelier international organisé, en fin mars 2 000 à Banjul, par l’International Trypanotolerance Centre (ITC). La Gambie a été choisie pour abriter cette rencontre, parce que les animaux domestiques sont essentiellement la " Ndaama ", la chèvre et le mouton Djallonke connus pour leur trypanotolérance, mais aussi du fait de la grande expérience de l’ITC en matière de recherche sur la trypanotolérance.

Cependant, la maladie est encore loin d’être vaincue, puisqu’elle peut faire souffrir même la Ndaama vivant dans une zone fortement infestée. Autant de difficultés à ne pas occulter, qui permettent d’apprécier l’importance de l’appui de l’Union européenne pour la tenue de cet atelier.

Contact : Raffaele C. Mattioli
ITC, P.M.B. 14, Banjul, Gambie
Fax : (220) 46 29 24



Comment améliorer la race Ndaama

Seule race trypanotolérante du Sénégal, le taurin " Ndaama " procure de la viande, du lait et des revenus aux populations rurales et urbaines. Dans la région de Kolda, sud-est du pays, l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA) mène depuis des années des recherches pour améliorer génétiquement la race. La technique utilisée consistait à sélectionner dans un troupeau le meilleur géniteur, et à le placer dans un troupeau de femelles appartenant à un village. Cette technique a certes permis d’atteindre des résultats intéressants, mais elle a révélé ses limites dues à la taille réduite du troupeau, à la non prise en compte du rendement en lait, à la non implication des éleveurs. Elle est alors remplacée par une nouvelle technique qui considère les caractères les plus performants de la race, à savoir la trypanotolérance, la capacité de production laitière, la capacité de reproduction, la croissance, la force de travail.

Les femelles reproductrices sont d’abord protégées contre la brucellose, la pasteurellose et le charbon symptomatique. Les femelles adultes sont ensuite nourries de fanes d’arachide, de pierres à lécher et de tourteaux de sésame. Elles sont enfin fécondées par saillie naturelle et par insémination artificielle. Cependant, leur fécondité s’est avérée faible. Dans le premier essai, seules six sur 54 femelles sont gestantes, soit 11 %. Dans le second essai, seules 11 sur 50 femelles sont gestantes, soit 22 %. Dans le troisième essai, 8 sur 26 femelles sont gestantes, soit 31 %. Les causes sont liées aux conditions d’élevage, d’alimentation, de santé, d’encadrement, de vulgarisation, à la méconnaissance de la physiologie de la race, à la non maîtrise des biotechnologies animales.

Impliquer davantage les acteurs

Les études doivent être par conséquent poursuivies pour une meilleure connaissance de la race (période de fécondité, durée des cycles, etc.), pour la maîtrise des techniques utilisées (dosage des hormones, utilisation de l’échographie pendant l’ovulation, conditionnement et conservation du sperme, insémination artificielle, etc.). De même, les structures de développement et les éleveurs doivent être davantage impliqués, et ces derniers formés à la gestion de la reproduction du troupeau.

Contact : M. A. Bâ, P. N. Dièye, A. Faye
ISRA, BP 53, Kolda, Sénégal



Gabon-Congo : La flore, une richesse fructifiée

GABON. Située au sud de Libreville, la station forestière de Sibang est gérée par l’Institut de pharmacopée et de médecine traditionnelle (IPHAMETRA) et par l’Institut de recherche agronomique et forestière (IRAF). Elle s’étend sur seize hectares occupés par diverses espèces végétales.

De 1933 à 1953, ce grand réservoir, plusieurs fois aménagé, a été enrichi par des arbres, tels que le limba (Terminalia superba), le framires (Terminalia ivorensis), le teck (Tectona grandis).

Contact : Bourobou Bourobou
CENAREST, BP 842, Libreville, Gabon

CONGO. D’une superficie de trois cent quarante-deux mille kilomètres carrés, le Congo est couvert par vingt et un millions d’hectares de forêts, soit 60 % du territoire national. Une richesse inestimable que les autorités entendent préserver et gérer de manière durable. Dans la région de Kouilou, au sud du pays, la flore est donc passée au peigne fin par le Centre d’étude sur les ressources végétales (CERVE), dont les recherches permettent aujourd’hui une meilleure connaissance des écosystèmes, notamment la réserve de Conkouati.

Ainsi, 5 755 espèces végétales sont inventoriées, parmi lesquelles 311 plantes médicinales entrant dans le traitement des principales maladies. A la réserve de Conkouati, le CERVE montre les voies et moyens pour sa reconstitution. S’étendant de la côte maritime aux contreforts du Mayombé, la réserve est constituée de terrains sédimentaires couverts par quatre formations végétales : les fourrés littoraux où poussent Manilkara lacera (le kaïtier) et Chysobalanus icaco (le carossolier ou la prune icaque) ; les forêts littorales composées de Symphonia globulifera (appelé l’" ossol " ou le " pahouin ") et de Klainedoxa gabonensis ; les forêts sub-littorales constituées d’Aucoumea klaineana (l’okoumé ou l’angouma) et de Saccoglottis gabonensis (l’" issoua " ou l’" ozouga ") ; les forêts où poussent les légumineuses. Trois principaux groupes écologiques sont distingués : le premier représente les espèces pionnières colonisant le sol nu ; le deuxième est constitué par des espèces polyvalentes ; le troisième comprend les espèces secondaires tardives.

Les champignons méconnus

Les recherches montrent, qu’avec l’âge de la forêt, diminuent les hémicryptophytes (plantes aux bourgeons à ras du sol), les nanophanérophytes (plantes aux bourgeons entre vingt-cinq et trentre centimètres du sol) et les thérophytes (plantes à cycle de reproduction par graines très court). En revanche, augmentent les mésophanérophytes (hauteur entre trente centimètres et cent mètres) et les mégaphanérophytes (plus de cent mètres). La vitesse à laquelle se renouvellent les espèces est élevée pendant les dix premières années de la régénération, mais elle diminue après, puis se stabilise à cinquante ans. Il apparaît donc que la forêt se reconstitue entre trois et dix ans. Cependant, ces écosystèmes forestiers se dégradent à cause de la pratique néfaste de la culture itinérante sur brûlis, les jachères ne dépassant guère dix ans Le CERVE recommande alors la constitution de zones d’exploitation traditionnelle et de zones de protection des ressources. Il n’empêche que toutes les zones doivent être restaurées et réhabilitées, et que toute la flore doit être également connue, ce qui n’est pas encore le cas, faute surtout de spécialistes en mycologie (étude des champignons).

Contact : Félix Koubouana, Jean-Marie Moutsamboté
CERVE, BP 1249, Brazzaville, Congo



Foreurs du maïs : l’heure de la lutte a sonné !

Au Cameroun, la lutte contre les foreurs du maïs s’intensifie, depuis que s’est avérée l’efficacité de la culture associée maïs-arachide et d’un insecte perce-oreille contre ces ravageurs. Dans la région du Centre, Busseola fusca (90 % de la population des foreurs), Sesamia calamistis, Eldana saccharina, Mussidia nigrivenella, dévastent les champs de maïs, en dévorant les tiges et les graines. Mais, les chercheurs de l’Institut de recherche agricole pour le développement (IRAD) ont constaté qu’ils font plus de dégâts en monoculture de maïs qu’en polyculture maïs-arachide, l’arachide limitant la dispersion de leurs larves.

En outre, les chercheurs se sont penchés sur l’action de plusieurs ennemis naturels de ces ravageurs, qui se retrouvent plus nombreux dans les parcelles en polyculture. Un perce-oreille, Diasperasticus erythrocephala, le plus répandu, envahit les champs de maïs, dès la montaison. A la maturation de la plante, il se multiplie autant que les foreurs, ce qui en fait le prédateur le plus efficace. L’étude de sa voracité démontre en effet que cet insecte peut dévorer en moyenne quarante-cinq œufs et vingt et une larves de Busseola fusca (le plus dangereux foreur) en vingt-quatre heures. De plus, il s’attaque à tous les foreurs, et plus ils deviennent nombreux plus ils représentent des proies faciles pour ce prédateur.

Ce perce-oreille pourrait donc être rapidement élevé sur du pollen et des diètes à base de pollen de maïs, et ensuite servir de lâchers pour tester son efficacité contre les foreurs du maïs en milieu paysan.

Contact : Régine Aroga
IRAD, BP 2067, Yaoundé, Cameroun
Fax : (237) 22 33 62



L’encéphalomyélite aviaire apparaît au Sénégal

Inconnue au Sénégal jusqu’en 1997, l’encéphalomyélite aviaire est subitement apparue dans six élevages de poussins destinés à la ponte, dans les régions de Dakar et de Thiès. Ce sont des chercheurs de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA) et du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) qui l’ont découvert chez les poussins âgés de vingt et un à vingt-cinq jours. Cette maladie virale s’attaque aussi aux dindons, faisans et cailles ; elle provoque le tremblement de la tête et du cou, la paralysie chez les jeunes oiseaux et les pertes de ponte chez les sujets adultes.

D’ores et déjà, ces élevages ont payé un lourd tribut à la maladie. Sur les 8 000 sujets détenus, 2 525 sont tombés malades (soit un taux de morbidité de 31,5 %) et 1 580 sont morts (soit un taux de mortalité de 19,7 %). Les principaux facteurs ayant favorisé l’apparition de la maladie sont le développement rapide du commerce des poules pondeuses, dû à la dévaluation du franc CFA en 1994, et surtout à la non vaccination des reproducteurs dans certains couvoirs. Pourtant, plusieurs vaccins existent, mais leur mode d’administration n’est pas à la portée des producteurs. Le vaccin vivant est en effet administré par voie orale dans de l’eau de boisson : il faut au préalable assoiffer les animaux, s’assurer de l’absence de désinfectant et d’ions métalliques en excès dans l’eau, utiliser de nombreux abreuvoirs en plastique propres, ajouter la poudre de lait. Le vaccin doit être également administré à des périodes très précises (entre dix et seize mois et non à la période de ponte) pour éviter les pertes de ponte et pour protéger la descendance.

Un vaccin pour tous les élevages

Actuellement, il es important de mieux connaître les facteurs responsables des pertes de ponte chez les poules pondeuses provoquées par l’encéphalomyélite aviaire, surtout à cause de la présence de la maladie de Newcastle et de la bronchite infectieuse. Tout comme, il est indispensable de calculer le coût des pertes de ponte liées à cette maladie, ceci rendant plus aisé la recommandation d’administrer un vaccin à plusieurs élevages de poulettes.

Contact : E. Cardinale, J. F. Dayon, F. Tall
ISRA, BP 2057, Dakar, Sénégal
Fax : (221) 832 21 18
E-mail : cardinal@telecomplus.sn



L’espoir d’une meilleure canne à sucre

Au Nigeria, depuis plus de vingt ans la plupart des variétés de canne à sucre cultivées sont importées. Cependant, les rendements ne cessent de baisser, puisqu’elles ont du mal à s’adapter aux conditions de culture. Pour venir en aide aux planteurs et à l’industrie sucrière, le National Cereals Research Institute (NCRI) a développé une technique simple de création de nouvelles variétés hybrides et de culture des plantules et des jeunes pousses.

La méthode utilisée consiste à faire en sorte que les hybrides proviennent de parents sélectionnés, les semences pures atteignent la maturité, les lignées soient mises à l’essai. Pour cela, dès qu’apparaissent les bourgeons, les parents sélectionnés sont isolés dans des " lanternes " de croisement, jusqu’à ce que les fleurs commencent à sortir en septembre-octobre. Ensuite, les pollens des parents mâles sont utilisés pour féconder la fleur de la femelle. Les semences pures récoltées sont séchées, triées, nettoyées, traitées. Elles sont plantées dans des boîtes en bois contenant un milieu de culture (mélange de sol stérile, de bagasse, etc.), et où elles germent au bout d’une semaine. Leur arrosage avec une solution riche en nutriments durera trois semaines. Elles sont transférées chacune dans un sac de plantules en polyéthylène, où elles sont traitées pendant douze semaines, avant d’être utilisées dans les champs.

La qualité du jus

Ainsi, chaque année les importantes quantités de semences pures récoltées font l’objet d’évaluation. Sur cinq mille nouvelles lignées, seules une ou deux seront retenues après les trois premières années d’essais. Des recherches sur la qualité du jus sont menées pour un certain nombre de variétés, avant qu’elles ne soient transférées sur les exploitations agricoles, la dernière étape de ce processus étant l’évaluation commerciale des nouvelles variétés par les producteurs. Déjà, deux cent cinquante nouvelles variétés de canne ont été produites dans le cadre du Nationally Coordinated Research Project on Sugarcane. Quatre de ces variétés (NGSO-97-11, NGS0-97-12, NGSO-97-13 et NGSO-97-14) ont été enregistrées et diffusées par le National Varietal Release Committee.

Contact : Latif B. Basri, Sam Agboire, Mouhammed Ishaq
NCRI, P.M.B. 8, Niger State, Nigeria
Fax : (234) 46 46234



Le Sénégal s’ouvre au sésame

Le Sahel est connu pour la fragilité de son environnement agraire. Introduire dans un des pays de cette zone une culture annuelle comme le sésame (Sesamum indicum), c’est contribuer à la diversification des cultures et à l’augmentation des maigres revenus des producteurs. Au Sénégal, depuis 1998, des recherches ont permis de mieux connaître cet oléagineux et d’obtenir des rendements intéressants en essais paysans.

Le Centre d’étude régional pour l’amélioration de l’adaptation à la sécheresse (CERAAS), qui mène ces recherches, a réalisé des essais de multiplication des semences et a étudié les cycles de développement de sept variétés de sésame introduites (Primoca, Ceraas-1-98, Yendev 55, Cross n° 3, 38-1-7, 32-15, Jaalgon 128). Le cycle de chaque variété est connu (de 70 à 120 jours). Leurs capacités à germer dans les conditions de déficit hydrique sont également connues : Primoca a atteint un taux de germination de 98 % et les autres variétés sont parvenues à des taux légèrement supérieurs à 85 %. En outre, on note que les racines sont plus longues chez les variétés Cross n° 3, 32-15, 38-1-7 et Jaalgon 128.

Villages pilotes pour améliorer les rendements

Afin de mettre au point des itinéraires techniques, les besoins en eau ainsi que la productivité de ces variétés ont été aussi étudiés. Selon les performances atteintes (degré de ramification, consommation en eau et rendement), les variétés 32-15, 38-1-7, Jaalgon 128 et Cross n° 3 (entre 83 et 90 jours), ont atteint en moyenne 1 400 kilos par hectare, suivies des variétés Yendev 55 et Primoca (de 83 à 120 jours) avec un rendement de 750 kilos par hectare, de la variété Ceraas-1-98 (70 jours) avec un rendement de 625 kilos par hectare. Quand bien même les essais variétaux en milieu paysan ne soient pas encore effectués, le CERAAS a établi que la zone soudano-sahélienne (centre-nord) et la zone sub-humide (sud) peuvent recevoir la 32-15, la 38-1-7, la Jaalgon 128 et la Cross n° 3, la zone soudanienne et la zone sub-humide (centre-sud) peuvent accueillir la Primoca et la Yendev 55, la zone sahélienne (nord) peut recevoir la Ceraas-1-98.

Dans la région de Kolda, sud-est du pays, pendant la campagne agricole de 1999, seize producteurs de six villages pilotes, encadrés par l’Organisation non gouvernementale, Vétérinaires sans frontières (VSF), ont bénéficié de l’appui du CERAAS. Neuf d’entre eux, qui ont suivi les conseils prodigués, ont obtenu des rendements entre 370 et 1 140 kilos par hectare, soit en moyenne 735 kilos par hectare. En revanche, les sept autres n’ont obtenu que de faibles rendements, entre 70 kilos et 370 kilos par hectare, soit en moyenne 200 kilos par hectare. D’ailleurs, la production moyenne de cette année est cinq fois supérieure à celle de 1998, 800 kilos contre 160 kilos par hectare.

Des revenus alléchants

Une telle expérience est par conséquent à multiplier, d’autant qu’en investissant 6 625 000 francs CFA pour l’exploitation de 10 000 hectares, les producteurs obtiendraient 1 200 kilos par hectare, soit 12 000 tonnes. La vente de cette production de sésame peut rapporter aux producteurs de la région près de 1,694 milliards de francs CFA (200 000 francs CFA la tonne), et la vente de la production de sésame transformé en huile et en tourteau environ 2,515 milliards de francs CFA (296 000 francs CFA la tonne).

Pour promouvoir la culture du sésame et son adoption par les producteurs, le CERAAS travaille au renforcement de ses liens avec ses partenaires, en particulier le Programme de développement rural intégral pour la moyenne Casamance (PRIMOCA), le Catholics Reliefs Services (CRS) et Vétérinaires sans frontières (VSF).

Contact : Macoumba Diouf, Harold Roy-Macauley
CERAAS, BP 3320, Thiès-Escale, Sénégal
Fax : (221) 951 49 95
E-mail : ceraas@telecomplus.sn

Contact : Alain Colleuille
VSF, Kolda, Sénégal
Fax : (221) 996 13 41
E-mail : vsfafdi@telecomplus.sn


VIE DU CORAF

 

Une institution, une recherche

Pour bien gérer les programmes de recherche agricole, il faut les suivre et les évaluer. Pour ce faire, le Centre national de recherche agronomique (CNRA) de Côte d’Ivoire a mis en place des outils : la planification des activités, la production de rapports semestriels et la revue interne.

Un atelier de planification par objectif a défini notamment des activités pour les vingt-deux programmes de recherche retenus pour les trois prochaines années (voir onzième numéro de Coraf Action). Les chercheurs sont désormais tenus de produire des rapports tous les six mois. La revue interne des programmes de recherche, qui vise à évaluer les progrès réalisés, à analyser les résultats obtenus, à relever les lacunes et à donner des recommandations, a eu lieu en avril 2 000 dans les cinq directions régionales (Abidjan, Man, Gagnoa, Bouaké et Korhogo) du CNRA.

Dans ce processus, le bon niveau scientifique des chercheurs de l’institution et de leurs collègues expatriés a été particulièrement noté.

Contact : Kédro Diomandé
CNRA, 01 BP 1740 Abidjan 01, Côte d’Ivoire
Fax : (225) 23 45 33 05
E-mail : cnra@africaonline.co.ci



Information-communication : Vingt et un pays : une politique et un projet

L’information et la communication sont un des tout premiers chantiers du Conseil Ouest et Centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF). Leur amélioration a conduit notamment à la publication de la lettre d’information, Coraf Action, et au lancement du système d’information sous-régional. La gestion de tels outils nécessitant un travail de coordination et de mise en commun des ressources, une politique et une stratégie en matière d’information et de communication ont été définies. Elles ont été validées en février 2000 à Dakar, à l’issue d’un atelier qui a regroupé dix-huit représentants des Systèmes nationaux de recherche agricole (SNRA) du CORAF (depuis 1999, il en compte vingt et un), ainsi que les partenaires parmi lesquels les Organisations non gouvernementales, les organisations de producteurs, le secteur privé.

Dans la stratégie, un projet de mise en œuvre du système d’information est prévu. L’examen de ce projet a amené les participants à se pencher sur les besoins et attentes des différents acteurs, sur la collecte des informations détenues par les SNRA, sur le financement, sur l’organisation et la gestion des activités. Ils ont alors recommandé que la gestion de l’information soit suffisamment décentralisée, les institutions nationales devant servir de points focaux soient choisies, les bases de données des SNRA soient harmonisées. Pour cela, les capacités de ces institutions nationales doivent être renforcées, surtout en équipements, en pages web et en formations.

Pour ce travail, le CORAF a bénéficié du soutien de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à travers le secrétariat du Comité directeur des SNRA du Forum mondial pour la recherche agricole internationale (GFAR), et du Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA).

Contact : Dady Demby
CORAF, BP 8237, Dakar-Yoff, Sénégal
Fax : (221) 925 55 69
E-mail : dady.demby@coraf.org


SUR LE TERRAIN



Séchage solaire : Quelle alternative pour l’industrie agroalimentaire

L’Institut de recherche en sciences appliquées et technologies (IRSAT) du Burkina Faso et l’Association burkinabè d’action communautaire (ABAC) ont fabriqué et vulgarisé des modèles de séchoirs solaires, surtout à usage domestique (voir quatorzième et quinzième numéros de Coraf Action), destinés à la transformation des produits agricoles frais (notamment la mangue) en produits secs. C’est avec le précieux concours du Groupe de recherche et d’échanges technologiques (GRET) du Burkina, du Groupe énergies renouvelables et environnement (GERES) de France et du Centre écologique Albert Schweitzer (CEAS) de Suisse. Cette expérience a fait le bonheur des femmes organisées en groupements de production, en petites unités, en unités artisanales ou semi-industrielles, fabriquant des produits destinés au marché local et à l’exportation. Maintenant, qu’en est-il de l’industrie agroalimentaire ? Existe-t-il une alternative pour qu’elle puisse porter la production et l’exportation actuelles à des niveaux satisfaisants ? La réponse de ces institutions est toute trouvée : le séchoir à gaz et le séchoir à recyclage d’air.

Disponible en bouteilles de douze kilos pour trois mille francs CFA jusqu’en bouteilles de trente-six kilos pour neuf mille francs CFA, le gaz est une source d’énergie intéressante particulièrement pour les unités semi-industrielles. Il a donc servi à fabriquer un séchoir à convection naturelle comportant deux cellules pourvues chacune d’une entrée d’air, d’un brûleur de près de 2,5 kilowatts et d’un contrôleur manuel de température. Il peut transformer 100 kilos de produits frais en 18 kilos de produits secs par jour. En 1992, les trois unités installées ont exporté neuf tonnes de produits séchés ayant rapporté 18 millions de francs CFA. De conception facile, ce séchoir peut être fabriqué sur place pour un prix de revient de 800 000 francs CFA.

Cependant, l’utilisation n’est pas chose aisée, puisque la convection naturelle contraint à traiter au préalable chimiquement le produit frais afin de limiter l’action néfaste des bactéries. La production énergétique est également faible, et le séchage de la production n’est pas homogène. Malgré cela, le marché à l’exportation s’est élargi à l’Europe, et pour répondre à cette nouvelle donne, les huit unités installées se sont restructurées en 1995, en créant un Groupement d’intérêt économique, en diversifiant les marchés extérieurs, en homogénéisant la production, en améliorant la qualité des produits finis.

Le gaz maintenu comme source énergétique

Dans ces conditions, il fallait un nouveau type de séchoir solaire plus performant, le séchoir à recyclage d’air. Il comporte une cellule divisée en deux chambres, l’une accueillant deux chariots (pour les produits), l’autre contenant les organes de chauffage et de ventilation. D’une puissance de chauffage de 40 kilowatts et d’une capacité de ventilation de 8 000 mètres cubes par heure, ce séchoir peut produire 65 kilos de mangues sèches en dix-huit heures de temps à partir de 320 kilos de mangues fraîches. Le gaz a été conservé comme la source d’énergie, mais son recyclage permet de réduire la consommation énergétique à 1,25 kilowattheure par kilogramme d’eau évaporée contre 2,5 kilowattheures pour le séchoir à gaz. Il permet également d’éviter le traitement préalable du produit et d’atteindre un excellent taux (95 %) d’homogénéité du produit fini. La souplesse d’utilisation permet de traiter d’autres produits — les fruits, les légumes et les poissons —, et de recourir à d’autres procédés de fabrication comme la pasteurisation à humidité intermédiaire (35 %). Ce séchoir permet enfin d’utiliser jusqu’à six chariots dans une cellule, ce qui lui donne une capacité de production de 200 kilos de mangues sèches par jour, soit 30 tonnes par an, à raison de cinq mois de travail. Au prix de vente de 3 500 francs CFA le kilo, une seule unité peut générer une capacité d’autofinancement de 34 %. Par ailleurs, il fournit du travail pour environ quinze personnes.

Ces perspectives sont très favorables à l’accroissement de la production si un environnement propice est créé pour les professionnels du secteur : accès au crédit compte tenu des coûts d’installation (plus de 13 800 000 francs CFA), formations technique et commerciale, etc.

Contact : Thérèse Onadja, Christian Legay
ABAC-GERES, 01 BP 4071 Ouagadougou 01, Burkina Faso
Fax : (226) 26 02 18
E-mail : geres@fasonet.bf



Des poules guéries de la variole aviaire

Répandu au Congo, l’élevage de poules pondeuses est freiné par une maladie contagieuse, la variole aviaire, qui attaque surtout les poules, les coqs, les pigeons, les dindons et les canards. Dans une ferme qui dispose de mille poules pondeuses, parmi celles atteintes de la maladie une centaine sont mortes. Elles étaient âgées de vingt-sept semaines. Les chercheurs du Centre de recherches vétérinaires et zootechniques (CRVZ) ont dépisté la variole, qui a sévi sous la forme mixte ou diphtéro-variolique.

Les sujets malades présentaient des boutons grisâtres sur la crête et des babillons au niveau des yeux et des commissures labiales. Les chercheurs ont alors isolé et soigné ces sujets ; ils ont vacciné les sujets sains et ceux légèrement affectés.

Le traitement a été si efficace que, tous les symptômes ayant disparu, la ponte a augmenté par la suite.

Contact : E. Nkodia
CRVZ, BP 235, Brazzaville, Congo


 
Pourquoi élever un rongeur comme l’agouti

En Afrique de l’Ouest, un rongeur comme l’agouti est élevé, parce que les populations apprécient la saveur et la tendresse de sa viande. En Côte d’Ivoire, cet aulacode est très chassé, et ces dernières années son élevage s’est développé dans les zones rurale et périurbaine. Cette dynamique est soutenue par l’Agence nationale d’appui au développement rural (ANADER) et le Projet d’appui à la commercialisation et aux initiatives locales (PACIL) qui ont mis en œuvre un programme de pré-vulgarisation.

A Bouaké, ce programme (1998-2001) couvre cinquante élevages et une ferme expérimentale. Il est prévu que les futurs éleveurs et les techniciens soient formés, les innovations techniques soient testées avant leur transfert chez les éleveurs, des reproducteurs adaptés à la vie en captivité soient produits. D’ailleurs, les reproducteurs importés du Bénin ont permis la constitution de lots de reproducteurs qui reviendront moins chers aux éleveurs ivoiriens. Seulement, pour que l’élevage soit rentable à partir de la troisième année, il faut l’intégrer dans une exploitation agricole produisant des aliments pour agoutis. Il faut aussi que la législation sur l’élevage et le petit gibier soit élaborée.

La réussite de ce programme, qui s’étendra après aux autres régions, permettra la réduction du braconnage, des feux de brousse, des intoxications dues à la consommation de la viande de gibiers empoisonnée (à partir des appâts).

Contact : Aboubakri Touré
ANADER, BP 3616, Bouaké, Côte d’Ivoire
Fax : (225) 31 63 87 32



Patate douce mais résistante

La patate douce a toujours été cultivée sur les berges du fleuve Sénégal. Aujourd’hui, la culture irriguée est si répandue près du lac de Guiers que la production du tubercule devient la principale source de revenus des producteurs. Pour cela, il a fallu que des clones à bons rendements se substituent à la variété locale à cycle long (cent quatre-vingt à deux cent dix jours), très sensible aux nématodes et à faible productivité (dix à vingt tonnes par hectare).

Les études de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA), du Pôle régional de recherche sur les systèmes irrigués en zone soudano-sahélienne (PSI) et de l’Institut de recherche pour le dévloppement (IRD) montrent que la culture du clone 2, du clone 27, du clone 29, de CJM, de Louga 5, de Ndargu, est aussi attaquée par des nématodes très répandus, M. incognita, M. javanica et M. mayaguensis. D’aprés les essais, aucun clone n’est résistant à M. mayaguensis. En plus, le clone 2 et le clone 29 sont ses seuls hôtes. Par contre, ils sont tous résistants à M. incognita, sauf le clone 2 et le clone 29 qui l’abritent. De même, ils manisfestent tous une résistance à M. javanica, à l’exception du clone CJM qui est son hôte.

En tenant compte de ces résultats, la vulgarisation de ces variétés pourrait être envisagée dans la zone du lac de Guiers. Leurs boutures sont disponibles à la station agronomique de l’ISRA à Saint-Louis (nord du pays).

Contact : Joël Huat
ISRA-PSI, BP 240, St-Louis, Sénégal
Fax : (221) 961 18 91
E-mail : huat@telecomplus.sn

Contact : Thierry Mateille
IRD-CBGP, Campus Agropolis de Baillarguet, 34980 Montferrier-Sur-Lez, Montpellier, France
Fax : (33) 04 67 59 31 22
E-mail : thierry.mateille@ensam.inra.fr


Réponse


Au sujet du mil et du sorgho

La demande d’Andriantahina Rakotondralambo, de l’Association nationale d’actions environnementales (ANAE) de Madagascar, relative à la manière dont l’homme se nourrit de mil et de sorgho (voir onzième numéro de Coraf Action) a enregistré la réponse de Daniel Bartianelli, du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), et les réactions de Babatundé Obilana, de l’International Crops Research Institute for the Semi-Arid Tropics (ICRISAT) au Zimbabwe, de Dédjogueré Laokole et de Moundibaye Allarangaye, de l’Institut tchadien de recherche agricole pour le développement (ITRAD). Cette fois-ci, c’est Cécile Broutin, du Groupe de recherche et d’échanges technologiques (GRET) au Sénégal, qui fournit une autre réponse.

Le GRET et l’Organisation non gouvernementale, Environnement, Développement et Action du Tiers-monde (ENDA) ont récemment publié un livre sur la transformation des céréales et leurs modes de consommation. Il s’agit de la restitution d’une expérience vécue ensemble depuis 1993 (voir douzième page à la rubrique A lire).

Le Programme de promotion des céréales locales du Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse (CILSS) a également édité des livres portant sur les recettes à base de céréales, notamment du Sénégal et du Burkina Faso. Enfin, il faut savoir que la Namibie, qui est plus proche de Madagascar, est un grand producteur de mil consommé surtout sous forme de pâte.

Contact : Cécile Broutin
GRET, BP 10422, Dakar-Liberté, Sénégal
Fax : (221) 821 98 14



Rappeler les vertus du citron

D’apparence anodine, le citron n’en recèle pas moins des vertus autres qu’alimentaires : des vertus tonifiantes, curatives, dermatologiques. Il est ingurgité sous forme de jus, de limonade, d’infusion, de poudre, seul ou mélangé avec d’autres plantes (notamment le papayer).

Le citron tonifie les glandes lymphatiques, les nerfs et la cage thoracique. Il peut venir à bout de l’entérite aiguë (inflammation de l’intestin grêle), de l’arthrite (inflammation articulaire), du scorbut (carence en vitamine C), du rhumatisme, de la sinusite, de la varicelle, des hémorroïdes, de l’angine, de la gastrite, de l’ulcère, des maladies vénériennes. En outre, il est efficace contre la chute des cheveux, le rhume, la constipation, l’obésité.

Le citron est un puissant diurétique, permettant donc au sang de mieux circuler, ce qui régule la tension artérielle. Antiseptique (prévention des infections), il protège les dents. Il aide à la repigmentation de la peau victime des effets néfastes de certains produits cosmétiques, chasse les rides de la peau qu’il rend luisante.

Contact : Empereur Ibrahima Camara
IRAG, BP 1523, Conakry, Guinée
Fax : (224) 41 57 58
E-mail : irag@mirinet.net.gn


Question


Où trouve-t-on le camphrier ?

Christine M. Soro-Giordanie, technicienne d’animation rurale, fidèle lectrice de Coraf Action, veut créer dans sa ferme un jardin de plantes médicinales, et cherche des plants ou des graines de camphrier, le laurier d’Asie. Le camphre soulage les douleurs musculaires dont souffrent souvent les paysans du fait des durs labeurs.

Contact : Christine M. Soro-Giordanie
BP 71, Ferkéssédougou, Côte d’Ivoire



Culture du coton : L’expertise chez les paysans aussi

En Côte d’ivoire, la lutte contre les insectes nuisibles à la production cotonnière est menée avec l’utilisation de produits chimiques tous les quatorze jours (à partir du quarante-cinquième jusqu’au cent quinzième jours de culture). Mais cette méthode n’est pas adaptée aux modes de vie des insectes, et les paysans ne traitent plus régulièrement les cultures depuis que les insecticides ont cessé d’être gratuits. A la place de cette méthode, les chercheurs du Centre national de recherche agronomique (CNRA) de Côte d’Ivoire préconisent d’attendre le moment où le cotonnier est dangereusement infesté par les insectes pour le traiter.

Ce traitement débute dès la période végétative et s’achève à l’apparition des fruits du cotonnier. Des méthodes simples sont développées pour que les paysans puissent reconnaître ces moments propices, les principaux ravageurs, les produits chimiques. Les formations reçues aideront surtout les jeunes planteurs à mieux rentabiliser leurs cultures.

Contact : Germain Ochou Ochou
CNRA, 01 BP 633 Bouaké, Côte d’Ivoire
Fax : (225) 31 63 68 53
E-mail : cnracs@africaonline.co.ci



Les jachères incontournables

En zone sahélienne surtout, le temps de jachère se raccourcit comme peau de chagrin, ce qui présage de son abandon futur. Pourtant, cette technique ancestrale restaure non seulement la fertilité des sols, mais permet également d’obtenir du bois de chauffe, du fourrage, et de lutter contre les mauvaises herbes, les cantharides, les criquets, etc. A Séno Bankass, dans la région de Mopti, au Mali, les paysans arrêtent de cultiver les champs lorsqu’ils constatent la baisse de la fertilité, l’invasion des mauvaises herbes, l’érosion hydrique. De même, ils reprennent leur culture dès que le retour de la fertilité se manifeste par la présence des plantes fourragères, Andropogon gayanus, Pennicetum pedicellatum et Andropogon pseudapricus, par l’augmentation de la densité des arbres, par la disparition de Digitaria horizontalis. Un an avant, les paysans font des buttes avec les herbes enterrées, sur lesquelles seront semés du niébé et du " dah ".

Pour réhabiliter cette pratique, le Projet régional d’amélioration et de gestion de la jachère en Afrique de l’Ouest (voir douzième numéro de Coraf Action) mène des activités de recherche-développement dans les stations agronomiques de Sotuba (région de Koulikoro) et de N’tarla (région de Sikasso) de l’Institut d’économie rurale (IER), et dans les villages de Gouani (région de Koulikoro), de Lagassagou (région de Mopti). L’objectif visé est d’étudier la place de la jachère dans les systèmes agraires, l’état de dégradation des sols et de la végétation, de développer des techniques d’amélioration et de gestion de la jachère, des techniques alternatives.

Contact : Harouna Yossi
IER, BP 1704, Bamako, Mali
E-mail : direction@ier.ml


Coraf Action


Odile Tahouo, coordonnatrice de la Côte d’Ivoire

Ingénieur documentaliste, sous-directeur de l’information scientifique et technique du Centre national de recherche agronomique (CNRA), Odile Tahouo est coordonnatrice du réseau national de communication de la Côte d’Ivoire de la lettre d’information régionale du CORAF, Coraf Action. A ce titre, elle est chargée de la collecte, de la rédaction ou de la réécriture éventuelles des articles écrits par des tiers (les auteurs). Dans chaque institution membre du réseau, un correspondant est chargé de l’assister, essentiellement par la fourniture d’articles.

Les articles destinés à Coraf Action devant passer par elle, tous les auteurs résidant en Côte d’Ivoire sont priés d’envoyer autant que possible leurs articles à cette adresse.

Contact : Odile Tahouo
CNRA, 01 BP 1740 Abidjan 01, Côte d’Ivoire
Fax : (225) 23 45 33 05
Tél. : (225) 23 45 41 70
(225) 23 45 31 16
E-mail : cnrabke@africaonline.co.ci


Bah Seiti Rabiou, coordonnatreur du Togo

Ingénieur agronome, chef de la division de l’information scientifique et technique, de la documentation et de la formation de l’Institut togolais de recherche agronomique (ITRA), Bah Seiti Rabiou est coordonnateur du réseau national de communication du Togo de la lettre d’information régionale du CORAF, Coraf Action. A ce titre, il est chargé de la collecte, de la rédaction ou de la réécriture éventuelles des articles écrits par des tiers (les auteurs). Dans chaque institution membre du réseau, un correspondant est chargé de l’assister, essentiellement par la fourniture d’articles.

Les articles destinés à Coraf Action devant passer par lui, tous les auteurs résidant au Togo sont priés d’envoyer autant que possible leurs articles à cette adresse.

Contact : Bah Seiti Rabiou
ITRA, BP 1163, Lomé, Togo
Fax : (228) 25 15 59
Tél. : (228) 25 21 48
(228) 25 30 96
E-mail : itra@cafe.tg



A LIRE


Innovations pour la promotion des céréales locales. Reconquérir les marchés urbains. Par Cécile Broutin et Khanata Sokona. 1999, 147 pages, ISBN 2 86844 105 X. Edité par le Groupe de recherche et d’échanges technologiques (GRET), 211-213 rue La Fayette, 75010 Paris, France, et Environnement, Développement et Action du Tiers-monde (ENDA), BP 3370, Dakar, Sénégal.
Résumé
Cet ouvrage décrit les succès et les limites d’une expérience (l’utilisation des céréales locales) vécue ensemble , qui sera très utile au lecteur.

African Indigenous Vegetables. An Overview of the Cultivated Species. Par R. R. Schippers. 2000, 214 pages, ISBN 0 85954 515 6. Publié par le Department for International Development (DFID), 94 Victoria Street, London SW 1E 5JL, Grande-Bretagne, le Natural Research Institute (NRI), University of Greenwich, Central Avenue, Chatham Maritime, Kent ME4 4TB, Grande-Bretagne et le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA), postbus 380, 6700 AJ Wageningen, Pays-Bas.
Résumé
Ce document décrit cent espèces végétales et vingt-cinq cultures principales d’Afrique.

Contrôler la mosaïque africaine du manioc. Par John Guthrie. 20 pages, ISBN 92 9081 074 2. Edité par le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA), postbus 380, 6700 AJ Wageningen, Pays-Bas.
Résumé
La transmission et les effets de la mosaïque sur le manioc sont décrits. Les méthodes de lutte sont aussi abordées. Par ailleurs, d’autres maladies parasitaires du manioc sont traitées, ansi que les techniques de sa multiplication.


AGENDA



Les réunions du CORAF

Le Comité exécutif du Conseil Ouest et Centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF) (ou West and Central African Council for Agricultural Research and Development (WECARD)) se tiendra à Dakar, en juin 2000.

L’Assemblée générale du CORAF se tiendra à Dakar, du 17 au 21 juillet 2000.


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