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Coraf Action no 12, juillet-septembre 1999

Sommaire

Echos de la Recherche


Le Nigeria développe des fabriques de sucre artisanal
Base de données. Après la destruction, la reconstruction
Un nouveau réseau sol et eau
Madagascar. Une formation sur la transformation du manioc
Projet jachère. Bilan et perspectives
Centre Songhaï. Des produits pour l'alimentation animale
Afrique de l'Ouest. Un projet post-récolte de fonio en Guinée
Dromadaire et tuberculose en Mauritanie
Le réseau bananiers et plantains en activité
Lutte biologique : deux chercheurs primés au Ghana
Mali. Des insectes contre la jacinthe d'eau
Adaptation des plantes à la sécheresse. Des professionnels en formation
Système d'information. InfoSys évalué
Un plan stratégique pour la recherche agricole au Tchad


Vie de la CORAF

Opinion.

Afrique. La sécurité alimentaire en question

Sur le terrain

Le lait dans les étables fumières
L'igname en cossettes est très appréciée
Bassin du Congo. Un fonds pour les initiatives locales
Des maladies de poulets au Tchad
Le voandelaka, une plante insecticide
Gambie. Les femmes et la terre
Village de Beinleu. Les acteurs agricoles partagent les responsabilités
Sénégal-Union européenne. Accord de pêche : quel profit pour le Sénégal
Le mucuna adopté par les paysans du Bénin
Sénégal-Mali. La filière du bétail


Coraf Action

Isabel Tiendrébéogo, coordonnatrice du Burkina Faso
Rose Ekindi-Mbonga, coordonnatrice du Cameroun

A Lire

Agenda


ECHOS DE LA RECHERCHE


Le Nigeria développe des fabriques de sucre artisanal

Alors que ses besoins en sucre sont estimés à cinq cent mille tonnes par an, le Nigeria en produit environ vingt-cinq mille tonnes. Cette faible production correspond à un million de tonne de canne à sucre cultivée sur environ trente mille hectares. Pourtant le pays dispose de deux cent cinquante mille hectares de terres qui pourraient être conscrées à la canne à sucre. Deux types de canne sont cultivés : la canne industrielle (à écorce dure) et la canne de bouche (à écorce tendre). Cette dernière, cultivée par les petits paysans, représente soixante à soixante-cinq pour cent de la production ; elle est vendue sur les marchés pour une consommation rapide (les morceaux de canne sont mâchés pour leur jus sucré). Seule, une infime partie est transformée en produits locaux sucrés, tels l'" alewa " et le " mazarkwaila ".

Pour contribuer à l'autosuffisance en sucre, le National Cereals Research Institute (NCRI) a mis au point en 1996 une fabrique de sucre artisanal. Utilisable par les producteurs de canne pour fabriquer leur propre sucre, cette fabrique est composée d'un extracteur de jus, d'un évaporateur, d'un malaxeur et d'une centrifugeuse. L'extracteur de jus peut traiter près de 3 tonnes de canne par jour avec une production de 1 290 litres. L'évaporateur à air libre utilise la bagasse comme combustible ; sa chambre de combustion enterrée augmente l'utilisation de la chaleur de 60 %. Le malaxeur à circulation d'eau récupére 15 % de sucre de plus que le procédé de cristallisation par décantation.

        L'extracteur de jus de la fabrique de sucre artisanal
        L'extracteur de jus de la fabrique de sucre artisanal.


Des villages pilotes pour la vulgarisation

Cette fabrique est le résultat d'une série de modèles dont le premier prototype, réalisé en 1989, pouvait transformer environ 1,5 tonne de canne à sucre par jour pour 680 litres de jus. Il a été amélioré en 1990 pour donner un nouveau modèle capable de traiter environ 2 tonnes de canne à sucre par jour, avec une production de 810 litres de jus.

Pour faire adopter plus facilement la nouvelle fabrique par les producteurs, le jus est clarifié non plus avec des colorants chimiques, mais plutôt avec des extraits acqueux de plantes locales, la tige d'Abelmoschus esculentus (" okra "), la feuille de Calotropis procera (" arbre de soir ou pomme de sodome "), les graines d'Arachis hypogea (arachide), etc. Le sucre produit est sain et nutritif.

Pour faire connaître la fabrique, des séances de démonstration ont été organisées. Pour sa vulgarisation, trois villages pilotes - Sara dans l'Etat de Jigawa, Anchan dans l'Etat de Kaduna et Wuya dans l'Etat du Niger - où la canne est très cultivée, ont été choisis.

Contact : Latif D. Busari, Agidi Gbabo, Steve M. Misari
NCRI, P.M.B. 8, Bida, Niger State, Nigeria




Base de données, après la destruction, la reconstitution

Le Centre national de documentation et d'information scientifique et technique (CNDIST) du Congo a perdu tout son fonds documentaire, soit plus de dix mille ouvrages, pendant la guerre civile de juin 1997. Pour reconstituer ce fonds, le Centre élabore actuellement une série de bases de données dont une base de données bibliographiques, en utilisant le logiciel documentaire CDS-ISIS, le thésaurus AGROVOC et une liste complémentaire normalisée des termes spécifiques au contexte.

Ainsi, le Centre a déjà enregistré six cents références bibliographiques qui permettent de disposer d'un registre de toutes les collections documentaires, d'élaborer des catalogues, des fichiers, des bulletins signalétiques et analytiques. Elles favorisent également la diffusion sélective de l'information, un service interactif particulièrement adapté aux équipes de recherche.

Futur centre pilote

Dans la prochaine étape de ce travail, il est prévu l'informatisation des fonds documentaires des organismes de recherche et d'enseignement supérieur membres du réseau national de documentation et d'information scientifique et technique, dont la coordination est assurée par le CNDIST.

En retrouvant son lustre, le CNDIST pourrait servir de centre pilote au futur projet de métabase de données du Programme régional de gestion de l'information environnementale, qui regroupe le Cameroun, le Gabon, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la Guinée équatoriale et le Congo.

Contact : Accel Arnaud Ndinga-Makanda
DGRST, BP 1340, Brazzaville, Congo
Fax : (242) 81 29 20




Un nouveau réseau sol et eau


Un réseau pour la gestion conservatoire des ressources en sol et eau (GRES) en Afrique centrale et occidentale a été créé par un groupe de scientifiques de l'Institut de recherche agronomique pour le développement (IRAD) du Cameroun, des universités agricoles et des Organisations non gouvernementales. Le GRES vise à sensibiliser l'opinion publique nationale et régionale sur les problèmes de gestion durable des terres et des eaux. Il veut également contribuer à l'orientation des recherches sur ces ressources naturelles. Il compte enfin créer un fonds documentaire relatif à la gestion de ces ressources.

La création de ce réseau se justifie par la baisse continue de la productivité agricole et de la qualité de l'environnement. Cette baisse a pour cause principale la dégradation des terres par l'érosion. Un colloque sur le thème " Homme et érosion " sera organisé en décembre 1999 à Yaoundé par le GRES et l'Institut de recherche pour le développement (IRD).

Contact : Boli Baboulé Zaché
IRAD, BP 2123, Yaoundé, Cameroun
Fax : (237) 22 33 62





Madagascar, une formation sur la transformation du manioc

A Madagascar, le manioc constitue, après le riz, la deuxième production agricole avec deux millions trois cent mille tonnes par an. Mais, bien qu'il se prête à diverses utilisations dans l'industrie agroalimentaire (biscuterie, boulangerie, fabrication d'alcool, de sirop de glucose), son utilisation reste très limitée. Afin de contribuer à une plus large consommation du manioc, le Centre national de recherche appliquée au développement rural (FOFIFA) a développé des techniques de transformation simples et peu coûteuses, avec le soutien du réseau de recherche pour les plantes à racines en Afrique de l'Est (EARRNET).

        du manioc
        La grande consommation du manioc impose que
        tout soit mis en oeuvre pour développer davantage la filière.



La valorisation du manioc devant aussi passer par la transmission des connaissances, le FOFIFA, l'Ecole supérieure des sciences agronomiques et l'Université d'Antananarivo ont organisé en fin 1998 une formation pratique sur ces techniques de transformation à l'intention des opérateurs économiques et des agents des Organisations non gouvernementales. Les thèmes suivants y ont été traités : situation actuelle de la filière, valeur alimentaire du manioc, techniques simples de fabrication de la farine de manioc et de l'amidon, matériels et équipements de transformation, emballage et conditionnement, normalisation et qualité, gestion technique, économique et financière d'une unité de transformation.

A l'issue de cette formation, les stagiaires ont décidé de fonder l'Association pour le développement de la filière manioc (DEFI).

Contact : Lalo Roger Ranavoson
FOFIFA, BP 1444 Antananarivo 01, Madagascar
Fax : (261 2) 02 24 02 70
E-mail : fofifa@bow.dts.mg





Projet jachère, bilan et perspectives

Sur l'initiative de la CORAF, de l'Institut de recherche pour le développement (IRD), du Centre national de recherche scientifique et technique (CNRST), du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), le Projet régional d'amélioration et de gestion de la jachère en Afrique de l'Ouest a été mis en œuvre en 1994 (voir deuxième numéro de Coraf Action). Quatre ans après, ce projet a réuni les représentants des pays membres et ses autres partenaires, pour présenter ses résultats de recherche et pour se fixer des perspectives. C'était à l'occasion du séminaire international sur " La jachère en Afrique tropicale : rôle, aménagements, alternatives " tenu à Dakar, en avril 1999.

Les discussions ont clairement montré que les résultats de recherche obtenus par le projet dans les pays membres - Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Mali, Niger, Sénégal, Cameroun - sont très importants. Les participants ont donc recommandé la poursuite du projet au cours d'une seconde phase. Cette seconde phase devra principalement répondre aux préoccupations du développement par des recherches d'accompagnement.

Consolider le partenariat avec les Organisations non gouvernementales

Les contraintes socioéconomiques sont très importantes dans les systèmes de culture et les systèmes d'élevage. Les recherches doivent par conséquent les prendre en compte pour que les paysans puissent adopter leurs résultats. Pour ce faire, il faut développer l'approche participative afin d'améliorer les relations recherche-développement. Une meilleure collaboration avec les Organisations non gouvernementales permettra de mieux apprécier la manière dont les paysans perçoivent les changements.

La diversité des législations et réglementations sur le domaine foncier étant souvent une source de conflits, il est nécessaire de les prendre en considération dans les modes de gestion des jachères. Les relations entre la nature et l'usage des jachères, le mode de conduite des animaux, l'évolution des systèmes d'élevage, doivent être étudiés. Le recours aux plantes de couverture et aux plantes ligneuses est nécessaire. Les femmes y jouant un rôle important, une attention particulière doit leur être accordée.

La participation d'autres pays

Le transfert des acquis de la recherche sur l'arbre et la jachère nécessite l'élaboration de fiches techniques portant notamment sur la productivité des jachères naturelles et des espèces, sur les conditions de gestion et le comportement des espèces linéaires (haies vives, brise-vent). Le transfert des nouvelles pratiques de la jachère en milieu paysan, l'utilisation de l'élevage pour la production de fumier, l'introduction des légumineuses et herbacées, sont autant de moyens efficaces pour améliorer la fertilité des sols.

Par ailleurs, la participation d'autres pays à ces recherches à vocation régionale est très souhaitée.

Contact : C. Floret ; R. Pontanier
IRD, BP 1386, Dakar, Sénégal
Fax : (221) 32 26 98
E-mail : christianfloret@ird.sn




Centre Songhaï, des produits pour l'alimentation animale

Au Bénin, les recherches sur la valorisation et le recyclage des sous-produits d'origine animale et végétale menées par le Centre Songhai montrent qu'on peut utiliser les plumes, les excréments de volailles, des plantes naturelles, pour la fabrication de produits destinés à l'alimentation animale. Il s'agit de la farine de plumes, du prémix et de la fiente de pondeuses séchée.

La farine de plumes est obtenue en chauffant longuement les plumes de volailles provenant de l'abattoir du Centre. Très riche en protéines (envrion 84 %), elle contient également plusieurs éléments minéraux. Toutes sortes d'animaux peuvent être nourries avec de la farine de plumes mélangée à d'autres éléments, mais elle est plus digeste pour les ruminants que pour les animaux monogastriques (porc, volaille, lapin). Le Centre effectue des tests sur le produit pour l'alimentation des aulacodes (rongeurs). La production à grande échelle de la farine de plumes est facilement réalisable par les entreprises avicoles, qui disposent d'importantes quantités de plumes.

Ni à la santé ni à la performance des porcs

Le prémix, un mélange de plantes naturelles, de cendre de bois, de farine de sang, de farine de poisson (ou de farine d'asticot), de piment rouge, est très riche en protéines, en éléments minéraux et en vitamines. Moins cher que le prémix importé, il peut servir à nourrir toutes sortes d'animaux, notamment la volaille et les porcs. Le taux de prémix incorporé par le Centre dans leur ration alimentaire est faible (près de 0,3 %). La production à grande échelle est plus facile dans les zones disposant d'importantes quantités de sang dans les abattoirs ; ce sang doit cependant provenir d'animaux sains.

La fiente de pondeuses séchée, à base d'excréments de volailles, contient notamment 19 % de protéines et 6 % de calcium. Elle est très utilisée dans l'alimentation des porcs, des moutons, des lapins. Le Centre a récemment réalisé un essai sur deux catégories de porcs : la première a été nourrie avec une alimentation contenant 10 % de fiente et la seconde avec une alimentatioon sans fiente, pendant deux semaines. L'essai a révélé que le rajout à faible dose de fiente dans l'alimentation des porcs n'est nuisible ni à leur santé ni à leur performance.

Contact : Eliot K. Wilson
Centre Songhaï, BP 597, Porto-Novo, Bénin
Fax : (229) 22 20 50
E-mail : songhaï.berlin@itnet.bj




Afrique de l'Ouest, un projet post-récolte de fonio en Guinée

Le fonio est une céréale très recherchée pour ses qualités nutritives. Il renferme un acide aminé, la méthionine, qui facilite la digestion. En Guinée, le Service national des statistiques agricoles (SNSA) estime la production de fonio à cent quarante mille tonnes par an. Pour promouvoir sa culture, l'Institut de recherche agronomique de Guinée (IRAG), l'Institut d'économie rurale (IER) du Mali, le Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST) du Burkina Faso, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), viennent d'entamer un projet sur la période post-récolte du fonio en Moyenne Guinée, une zone de prédilection de la culture.

L'objectif du projet est de développer des technologies appropriées, de soutenir la commercialisation du fonio, les associations de producteurs dans les grandes zones de culture, de détecter les marchés potentiels dans les trois pays concernés et dans la sous-région.

Le projet, qui a été initié à la demande de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, est financé par le Fonds commun des produits de base.

Contact : Marie-Antoinette Haba Sanoussi
IRAG, BP 1523, Conakry, Guinée
Fax : (224) 41 57 58
E-mail : irag@mirinet.net.gn





Dromadaire et tuberculose en Mauritanie

En Mauritanie, la tuberculose humaine d'origine animale constitue un problème de santé publique. Deux cas de tuberculose ont été déclarés chez les dromadaires. La tradition étant de consommer le lait frais, le risque est grand de voir les populations affectées, surtout dans les zones péri-urbaines où un important élevage de dromadaires, de bovins, de chèvres, se développe.

A Nouakchott, cet élevage sert essentiellement à la production laitère destinée à l'industrie laitère et à la vente aux consommateurs. Le Centre national d'élevage et de recherches vétérinaires (CNERV) entend contribuer à l'éradication de cette redoutable maladie, en menant des recherches sur la maladie (tuberculinisation), sur le lait affecté et dans les abattoirs.

En cela, le CNERV est soutenu par la Banque mondiale dans le cadre du projet des services agricoles.

Contact : Ahmed Ould Mouhamed
CNERV, BP 167, Nouakchott, Mauritanie
Fax : (22 2) 25 28 03
E-mail : cnerv10@calvapro.fr





Le réseau bananiers et plantains en activité

Dans les zones de forêt humides d'Afrique de l'Ouest et du Centre, les bananes et les plantains font partie de l'alimentation de base des populations rurales et urbaines. Malgré cela, le soutien apporté à la recherche-développement sur les musacées est faible, alors que les producteurs sont disposés à adopter les résultats de la recherche. Pour y remédier, la CORAF et l'International Network for Improvement of Bananas and Plantains (INIBAP) ont créé en 1997 le réseau bananiers et plantains (MUSACO).

Le MUSACO est actif dans les domaines de la recherche-développemnt et du renforcement des capacités des Systèmes nationaux de recherche agricole (SNRA). Il procède notamment à l'évaluation de germplasm, à des essais pour améliorer l'efficacité de la méthode de production rapide de rejets de plantains, la fente de la pulpe. Basé au Centre de recherches régional sur bananiers et plantains (CRBP) au Cameroun, le réseau a développé des collaborations pour permettre que des variétés à hauts rendements et des hybrides résistants aux maladies soient diffusés dans les zones péri-urbaines du Ghana et du Bénin.

Constituer une base de données

Les SNRA de la Côte d'Ivoire, de la République centrafricaine, de la République démocratique du Congo, du Sénégal, bénéficient de l'appui du réseau, qui les dote de capacités à introduire, à évaluer les variétés à hauts rendements et résistantes aux maladies et ravageurs. L'objectif visé est d'aider ces pays à accroître les rendements et les revenus de leurs producteurs.

Par ailleurs, le réseau étudie la possibilté de collecter les données sur la production dans chaque pays, en vue de constituer une base de données sur les bananes et plantains.

Contact : Ekow Akyeampong
INIBAP, BP 12438, Douala, Cameroun
Fax : (237) 42 91 56
E-mail : inibap@cgnet.com


        
            L'accroissement de la production contribue à
            l'augementation des revenus des producteurs et à une
            large consommation des bananes et plantains.






Lutte biologique : deux chercheurs primés au Ghana

Au Ghana, le titre de meilleurs chercheurs en recherche agricole de l'année 1998 a été décerné à J. A. Timbilla et H. Braimah, du Crop Research Institute (CRI) du Council for Scientific and Industrial Research (CSIR), pour avoir fait faire un grand pas à la lutte contre l'adventice de Siam (une mauvaise herbe), Chromolaena odorata, et ses effets néfastes sur la biodiversité. Le jury national a considéré qu'ils ont le plus contribué au développement agricole national, en développant une méthode de lutte biologique sans risques sur l'environnement et au coût économique intéressant.

La contribution de ce travail a consisté à utiliser un papillon, le Pareuchaetes pseudoinsulata, afin de réduire les populations de C. odorata. En secrétant des substances nocives qui empêchent les plantes de pouser, C. odorata a en effet réduit progressivement les espèces végétales et animales qui composaient l'écosystème. Présente au Ghana depui vingt-six ans, la mauvaise herbe a colonisé 65 % des terres, où elle représente environ 23 % de la flore. De plus, le risque est grand de voir la situation s'empirer, si les actions de déforestation ne connaissent pas un coup d'arrêt.

Les études et essais effectués par les deux chercheurs ont confirmé l'efficacité de cet insecte contre la mauvaise herbe. Ils l'ont alors multiplié et disséminé dans les parcelles du CRI et les terrains environnants. L'utilisation d'autres agents biologiques pour accélérer la lutte contre la mauvaise herbe est cependant recommandée.

Contact : J. A. Timballa ; H. Braimah
CRI, P.O. Box 3785, Kumasi, Ghana
Fax : (223) 051 60391





Mali, des insectes contre la jacinthe d'eau


La jacinthe d'eau est une plante aquatique très nuisible et envahissante (voir quatrième numéro de Coraf Action). Au Mali, elle a colonisé une bonne partie du fleuve Niger à partir de Bamako, en créant un épais tapis qui gêne la pêche, la navigation, le fonctionnement du barrage hydroélectrique de Sotuba de la Société d'énergie du Mali (SEM). Il obstrue sur quinze kilomètres les canaux d'irrigation du Périmètre rizicole de Baguineda (PRB), bouche les distributeurs d'eau et menace cent mille hectares de cultures de l'Office du Niger (ON). Le PRB, l'ON et la SEM ont investi plus de soixante-trois millions de francs CFA pour lutter contre cette invasion.

Afin de soutenir ces efforts, l'Institut d'économie rurale (IER) du Mali mène des recherches sur la lutte contre les plantes aquatiques nuisibles : étude de l'importance de l'infestation des végétaux flottants, de la lutte biologique et de la lutte intégrée. En septembre 1997, des lâchers de charançons importés (insectes qui attaquent les feuilles des plantes) ont été effectués sur le fleuve, entre Bamako et Ségou. Sur le site de Kalabankoro, quatre mois après, ces lâchers ont provoqué une importante diminution du nombre de plants au kilomètre carré. Tous les charançons ont survécu.

Plusieurs années de lutte

Ces premiers résultats ont permis à l'IER de procéder à l'élevage des charançons en station. Ils sont ensuite multipliés et dispersés le long du fleuve Niger, entre Bamako et Baguineda. Mais, la lutte durera plusieurs années pour endiguer la prolifération de la jacinthe d'eau, vu l'importance de l'infestation du fleuve et le nombre encore limité d'insectes lâchés.

Contact : Bouréma Dembélé
IER, BP 258, Bamako, Mali
Fax : (223) 22 37 75





Adaptation des plantes à la sécheresse, des professionnels en formation

Dans le neuvième numéro de Coraf Action, le Centre d'étude régional pour l'amélioration de l'adaptation à la sécheresse (CERAAS) annonçait la création, pour la première fois en Afrique sahélienne, d'un certificat d'études supérieures spécialisées (CESS) sur l'adaptation à la sécheresse des plantes cultivées délivré par l'Ecole nationale supérieure d'agronomie (ENSA) de Thiès. Il y annonçait également la création de diplômes de troisième cycle (diplôme d'études approfondies et thèses) dans ce domaine délivrés par l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).

La formation pour le CESS, destinée aux ingénieurs et chercheurs, a démarré en février 1999. Huit professionnels suivent actuellement cette formation dispensée par un corps professoral d'origine africaine et européenne. Ils proviennent du Burkina Faso, de la République centrafricaine, du Niger, du Tchad et du Sénégal.

Rappelons que l'objectif de cette formation est de doter les ingénieurs et chercheurs de la région de capacités à participer à la définition et à l'application des politiques de développement agricole.

Contact : Harold Roy-Macauley
CERAAS, BP 3320, Thiès, Sénégal
Fax : (221) 951 49 95
E-mail : ceraas@telecomplus.sn

Site web :
www.refer.sn/sngal_ct/rec/ceraas/accueil.htm


         La formation
        La formation par la pratique est indispensable aux cadres africains.





Système d'information, InfoSys évalué

" L'information pour la sécurité alimentaire : contribution des systèmes d'information régionaux à la construction du système d'information mondial ", tel est le thème de l'atelier organisé par l'European Initiative for Agricultural Research for Development (EIARD) à Bonn, du 3 au 5 mai 1999, pour évaluer et planifier le projet de système d'information décentralisé basé sur internet, InfoSys (voir dixième numéro de Coraf Action). Des représentants des systèmes nationaux de recherche agricole (SNRA) des pays de l'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), des institutions internationales, des bailleurs de fonds, y ont pris part.

L'évaluation de la première phase d'InfoSys a permis la création d'un comité de pilotage. L'EIARD se propose d'appuyer les projets de système d'information élaborés par les organisations sous-régionales ou régionales des pays du Sud. L'élaboration de ces projets devra tenir compte des orientations fixées au cours de l'atelier.

La deuxième phase du projet InfoSys (2000-2003) devrait enregistrer une participation effective des partenaires du Sud.

Contact : Dady Demby
CORAF, BP 8732, Dakar-Yoff, Sénégal
E-mail : corafact@sonatel.senet.net




Un plan stratégique pour la recherche agricole au Tchad

Un atelier a été organisé en novembre 1998 à N'Djamena par l'Institut tchadien de recherche agronomique pour le développement (ITRAD) pour l'élaboration d'un plan à moyen terme de la recherche agronomique.

Cet atelier entre dans le processus de restructuration de la recherche agronomique, qui a permis que la Direction de la recherche et de la technologie agricole (DRTA) devienne l'ITRAD depuis janvier 1998. Cette restructuration passe notamment par la programmation et l'établissement des priorités de recherche.

Ce travail se poursuit par les réflexions des chercheurs regroupés dans huit programmes, dont la mise en œuvre permettra de transformer l'ITRAD en une entreprise créatrice de technologies au service du développement rural.

Contact : Allarangaye Moundibaye, Laokole Déjogueré
ITRAD, BP 441, N'Djamena, Tchad
Fax : (235) 52 51 19



VIE DE LA CORAF


OPINION


Afrique, la sécurité alimentaire en question

La moitié des quatre-vingt huit pays à faibles revenus accusant un déficit alimentaire se trouve en Afrique. Le continent, qui abrite onze pour cent de la population mondiale, ne produit que sept pour cent des cultures vivrières. Or, les populations ont de plus en plus de difficultés à satisfaire leurs besoins alimentaires. La situation est encore plus critique au Sahel, où l'alimentation de base est d'origine agricole, halieutique et forestière. Les facteurs mis en cause sont : les pratiques culturales surtout défavorables aux céréales, les contraintes naturelles, la croissance démographique, les conflits incessants, le retard technologique.

Depuis 1990, la valeur ajoutée du secteur agricole a enregistré une croissance de 1,4 % (2 % en 1980), alors que la croissance démographique est en moyenne de 3 % par an. Les importations céréalières accusent une augmentation d'environ 7 % par an, contribuant fortement au déficit des balances commerciales. Si les tendances actuelles se maintiennent, le déficit céréalier en Afrique sub-saharienne estimé à 9 millions de tonnes par an, va tripler dans vingt-cinq ans. L'exode rural, qui est une de ces tendances, contribue à creuser l'écart entre l'offre et la demande en dépeuplant les campagnes, où la population est passée de 73,6 % en 1998 à 62,3 % aujourd'hui. A cela s'ajoute la perturbation du marché céréalier international dû au fait que de grands pays exportateurs (comme la Chine) sont devenus tout simplement importateurs.

         des céréales locales
        Les producteurs doivent être à la base de la promotion des céréales locales


Des zones excédentaires vers les zones déficitaires

Les politiques agricoles mises en œuvre pour atteindre l'autosuffisance et la sécurité alimentaires ont toujours privilégié les filières d'exportation : arachide, coton, café, cacao. Mais aujourd'hui, les efforts visant à réduire les importations (les pays enclavés importent pour 20 % et les pays côtiers pour 400 % de leurs besoins), mettent l'accent sur la promotion des céréales locales. Depuis 1989, le Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS) et le Club du Sahel ont mis en œuvre le Programme sur la promotion des céréales locales au Sahel (PROCELOS). Dans leur nouvelle politique d'assistance alimentaire, les bailleurs de fonds du CILSS insistent par conséquent sur l'organisation du transfert, à l'échelle nationale et sous-régionale, des surplus de production des zones excédentaires vers les zones déficitaires.

Les efforts ont porté également sur la transformation des produits locaux en vue de les rendre plus attractifs pour les consommateurs et plus compétitifs face aux produits alimentaires importés. De même, l'existence de technologies adaptées et accessibles aux petits producteurs a été favorisée.

Contact : Moustapha Kébé
ISRA, BP 3120, Dakar, Sénégal
Fax : (221) 834 27 92



SUR LE TERRAIN



Le lait dans les étables fumières

Les étables fumières, qui servaient à l'entretien des bovins de trait et à la production d'un fumier de qualité, passent pour servir également à la production de lait. C'est l'expérience que mènent depuis 1993 à Tambacounda la Société de développement des fibres textiles (SODEFITEX) et le Centre de recherches zootechniques et vétérinaires de Kolda de l'Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA). Dans la zone cotonnière (région orientale) du Sénégal en effet, la production de lait est interrompue en saison sèche du fait de la diminution de la disponibilité fourragère. Les animaux traversent une période de soudure propice aux stress alimentaires préjudiciables à cette production.

Cette expérience a permis d'assurer des soins prophylactiques aux animaux, d'améliorer l'alimentation et l'habitat. Dans un premier temps, le lait est produit et transporté tous les jours à Tambacounda. En 1994 la production a atteint 22 016 litres de lait, desquels 15 132 litres ont été consommés et 6 834 litres vendus. La SODEFITEX a fourni aux producteurs des graines de coton pour constituer des réserves fourragères, pour planifier le rationnement, pour organiser la couverture sanitaire. Cet appui a permis également aux producteurs de bénéficier d'une formation en hygiène du lait, d'apprendre les méthodes de recherche de la clientèle et de récupération des recettes.

L'intérêt des promoteurs suscité

Dans un second temps, une unité de pasteurisation du lait a été installée à Kolda avec l'appui d'une Organisation non gouvernementale, Vétérinaires sans frontières (VSF). L'exploitation de cette unité, qui a coûté deux millions de francs CFA, a été si intéressante pour les producteurs que de nouveaux promoteurs se sont manifestés pour acquérir à crédit d'autres unités de pasteurisation. A présent, six unités fonctionnent avec une capacité de traitement de 150 litres par jour chacune. Les produits commercialisés sont le lait frais, le lait caillé sucré ou non, et conditionné en sachets de 500 millilitres. Employant deux à trois personnes chacune, ces unités sont gérées par des vétérinaires privés, un groupement de femmes et un groupement de jeunes chômeurs.

Dans un troisième temps, un crédit en nature (graines de coton) est accordé à l'unité de pasteurisation du lait et au groupement des producteurs. L'objectif visé : satisfaire les besoins en graines de coton des vaches lactantes du programme ; approvisionner régulièrement en lait les unités de pasteurisation ; récupérer le crédit en nature sur les recette de la vente du lait.

La consolidation de ces résultats requiert le recours à d'autres systèmes fourragers offrant des rations alimentaires variées, à l'insémination artificielle, à de nouvelles technologies de conservation et de transformation du lait, à de nouveaux partenaires pour faciliter l'accès au crédit, ainsi qu'à de nouvelles formes d'organisation des producteurs.

Contact : Cheikh Saadibou Sèye
SODEFITEX, BP 92, Tambacounda, Sénégal





L'igname en cossettes est très appréciée

Dans le Golfe de Guinée, l'igname est très appréciée par les populations tant rurales qu'urbaines. Depuis quinze ans, au Nigeria, au Bénin et au Togo, les villes sont principalement approvisionnées en tubercules frais. Mais cette filière est confrontée à un problème de conservation des tubercules frais qui occasionne des pertes post-récoltes importantes et des pénuries toute l'année. Les coûts de transport, de commercialisation, ainsi que les prix du produit sont élevés. La culture des variétés à tubercules longs exige des terres fertiles et beaucoup d'efforts au travail contrairement à celle des variétés à tubercules courts.

Dans ces pays, les marchés sont approvisionnés maintenant en cossettes d'igname. En 1996, l'Université nationale du Bénin (UNB), le National Root Crop Research Institute (NRCRI) du Nigeria, l'Institut national des cultures vivrières (INCV) du Togo, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), ont évalué l'impact de la filière sur les consommateurs, les restauratrices urbaines, les commerçants, les producteurs. Le système de transformation de l'igname en cossettes est également évalué. Cette étude a notamment montré que les cossettes sont obtenues après la pré-cuisson et le séchage des tubercules épluchés au soleil. Les cossettes sont ensuite transformées en farine par des concasseurs et moulins artisanaux. La farine est enfin transformée en une pâte élastique appelée " amala " ou " telibo-wo ". Pour cela, les variétés à tubercules courts (Drocorea cayerensis-rotinkata) sont plus appréciées, parce qu'elles sont plus faciles à sécher.

         l'igname
        L'igname est largement consommeée, mais sous une forme peu variée.


Transfert de la technologie

Ainsi, ces cossettes peuvent se conserver plus d'une année, ce qui réduit les pertes post-récoltes et rend le produit plus disponible sur le marché. Leur faible teneur en eau (13 % pour les cossettes contre 65 à 80 % pour les tubercules frais) a contribué à réduire les coûts du transport, de la commercialisation, et les prix au consommateur. La pâte élastique est très appréciée par les consommateurs pour sa facilité de préparation, son goût, sa valeur nutritive.

Si ces techniques de transformation sont à la portée des petits producteurs et sont peu coûteuses, leur performance est encore limitée par les difficultés de séchage durant les périodes plus humides de l'année, par les effets des insectes sur les stocks, par l'utilisation peu variée de la farine de cossettes. Malgré cela, des Systèmes nationaux de recherche agricole, des Organisations non gouvernementales et des opérateurs économiques préparent un projet de transfert de la technologie des cossettes dans les autres pays producteurs d'igname.

Contact : Joseph Hounhouingan
UNB, BP 526, Cotonou, Bénin
E-mail : houinjos@syfed.bj.refer.org


Contact : Philipe Vernier, Nicolas Bricas
CIRAD, 08 BP 0932 Cotonou, Bénin
E-mail : p.vernier@cgnet.com



Bassin du Congo, un fonds pour les initiatives locales

Dans le bassin du Congo, le Progamme régional de gestion de l'information environnementale (PRGIE) a mis en place un fonds des initiatives locales (FIL) pour soutenir les Organisations non gouvernementales aux capacités d'intervention très limitées ainsi que les collectivités locales.

Le FIL leur permet de contribuer à améliorer la gestion des écosystèmes. Il soutient les activités non prises en compte par les réseaux nationaux d'information environnementale. Les critères suivants ont été définis pour accéder au fonds : répondre à l'un des objectifs du PRGIE, être proche des populations, avoir de faibles moyens, disposer de peu d'hectares, notamment.

Pour cela, le Programme bénéficie de l'appui de l'Agence générale de coopération pour le développement de Belgique et du Fonds international pour le développement agricole (FIDA).
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Contact : Gaston Andoka
UNGC, Brazzaville, Congo



Des maladies de poulets au Tchad


La maladie de Newcastle, les ectoparasites et la variole sont les principales pathologies des poulets au Tchad. C'est le résultat d'une enquête menée chez trois cent cinq ménages d'aviculteurs sur plus de huit mille poulets. L'enquête a été réalisée dans le Centre-Est du pays, dans trois sous-préfectures du Guéra (Mangalmé, Mongo et Bitkine).

Quand elle se déclare, la maladie de Newcastle, appelée localement " abmarara " ou " amissérine ", est à l'origine de taux moyens de morbidité (animaux malades) de 70 % et de mortalité de 59 %. Elle se manifeste pendant la saison sèche. Les ectoparasites, localement appelés " dalam ", provoquent des symptômes toute l'année avec un taux de morbidité de 57 % et de mortalité de 32,5 %. Quant à la variole, elle provoque une morbidité de l'ordre de 50 % et une mortalité de 35 %. Les symptômes sont appelés par les population " kirdesso " ou " aboukintèche ".

L'élevage de poulets et de petits ruminants joue un rôle important dans la sécurité alimentaire du Tchad comme dans les autres pays au sud du Sahara. C'est pourquoi des enquêtes sont réalisées dans le cadre de certains projets de développement pour identifier les goulets d'étranglement et proposer des mesures d'amélioration. Ces enquêtes ont pour objectif de connaître l'importance de la production de poulets. Les paramètres étudiés sont les taux d'exploitation, les élèments socio-économiques et les facteurs limitants (d'ordre sanitaire et liés à l'élevage).

Des mesures correctives préconisées

La production s'élève dans cette région à environ 1,3 million de poulets. Les aviculteurs produisent pour leur consommation et pour la vente. La consommation des poulets est surtout motivée par l'accueil d'hôtes de passage. La vente rapporte en fonction des marchés (ruraux et urbains) 2 à 2,5 millions de francs CFA. Les recettes moyennes par ménage avoisinent 10 000 francs CFA. Le produit de la vente contribue à l'acquisition de biens de consommation courante (thé, sucre, savon, condiments, par exemple), à l'achat de céréales pour les éleveurs ayant connu une campagne agricole déficitaire, et à l'achat de petits ruminants pour la création d'un élevage. La quantité de viande de poulet consommée par ménage est d'environ neuf kilogrammes par an, soit environ trois tonnes dans la zone concernée.

Par ailleurs, les pertes par prédation sont importantes. L'absence de poulaillers adéquats et la divagation des poulets en sont à l'origine. Les mesures correctrices préconisées portent sur la construction de poulaillers adaptés et sur des mesures prophylactiques.

Contact : Mopaté Logtène Youssouf
LRVZ, BP 433, N'Djamena, Tchad
Fax : (235) 52 83 02





Le voandelaka, une plante insecticide

A Madagascar, les pesticides coûtent non seulement chers, mais font également courir de grands dangers à l'homme et à l'environnement, en contaminant les cours d'eau et les nappes phréatiques. Pour protéger leurs rizières contre les attaques du colioptère noir (un ravageur appelé " voana "), les paysans de la région du Lac Alaotra ont recours à une solution réaliste : une ressource locale. Il s'agit de la poudre d'une plante originaire du Pakistan, " melia azedarch ", que les malgaches surnomment " voandelaka ".

Pour obtenir cette poudre, les feuilles de la plante sont pilées au mortier. Les graines des fruits récoltés sur la plante peuvent également la donner, les noyaux étant séchés (jusqu'à ce que la colle disparaisse) et broyés. Après avoir mélangé la poudre avec les semences de riz, les paysans ont constaté que les plants de riz sont épargnés par les vers blancs. Des tests ont confirmé que les principes actifs du voandelaka agissent efficacement sur les larves et les adultes des vers blancs.

La plante insecticide est au moins aussi efficace que les pesticides vendus sur le marché, mais le principal obstacle à sa promotion est l'absence de matériel de broyage des graines de fruits.

Contact : Charlotte Razafindrakoto
FOFIFA, BP 30, Ambohitsilaozana, Ambatandrazaka, 503, Madagascar
Fax : (261) 20 22 402 70
E-mail : fofifa@bow.dts.mg





Gambie. Les femmes et la terre

En Gambie, la majorité des paysans vivant dans les zones urbaines et rurales sont des femmes. Mais elles ne possèdent pas leurs propres terres de culture contrairement aux hommes. Pour y remédier, l'Etat a réformé le système traditionnel de la propriété foncière. Cette réforme favorisera l'accès des femmes aux crédits et aux intrants agricoles. Elles pourront désormais disposer de leurs surplus de production pour la consommation ou la commercialisation.

Cette responsabilisation des femmes pourrait contribuer à l'accroissement de la production de céréales, de légumes et de fruits, ce qui aiderait à réduire notamment les importations de riz, aliment de base du pays.

Pour accompagner cette réforme, des recherches sont orientées vers l'amélioration variétale du riz, vers l'introduction et la multiplication de variétés améliorées de maïs, de mil, de sorgho, d'arachide. Des méthodes simples de conservation de l'eau sont étudiées pour améliorer l'irrigation du riz. De meilleures techniques de préparation des sols marécageux pouvant faciliter la traction animale sont identifiées.

En outre, l'utilisation de machines est préconisée afin de réduire le temps de travail et l'énergie cansacrés par les femmes à transformer les graines.

Contact : Amie Sissoko
NARI, P.M.B. 526, Serre-Kunda, Gambie
Fax : (220) 48 49 21
E-mail : nari@qanet.gm





Village de Beinleu. Les acteurs agricoles partagent les responsabilités

Des chercheurs du Centre national de recherche agronomique (CNRA) et des agents de l'Agence nationale pour le développement rural (ANADER) ont rendu visite en mars 1999 aux paysans du village de Beinleu, dans la sous-préfecture d'Anané, dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire. Le but de cette visite est de trouver avec leurs hôtes les réponses aux problèmes rencontrés par ces derniers.

Au cours de ce diagnostic participatif, l'histoire du village, la carte du terroir, le calendrier cultural, sont d'abord passés en revue. Les discussions ont porté ensuite sur les différentes activités agricoles : cultures de rente (café, cacao, cola), cultures vivrières (riz, maïs, manioc, igname), activités nouvelles (hévéa, palmier à huile, élevage moderne). Les difficultés rencontrées dans chaque activité agricole ont été identifiées. Des solutions ont été proposées. Ces propositions ont été discutées. Dans certains cas, les technologies existent pour remédier aux difficultés. L'ANADER est chargée de les vulgariser auprès des paysans. Dans d'autres cas, il revient au CNRA de suggérer des solutions. D'ailleurs, des thèmes de recherche ont été retenus, séance tenante. Les actions de recherche seront exécutées aussi bien par les chercheurs, les vulgarisateurs que les paysans.

Contact : Konan Ahoutou
CNRA, 01 BP 1740 Abidjan 01, Côte d'Ivoire
E-mail : cnra@africaonline.co.ci





Sénégal-Union européenne. Accords de pêche : quel profit pour le Sénégal ?

Le Sénégal et l'Union européenne ont signé en 1979 des accords de pêche autorisant les navires de l'Union européenne à pêcher dans les eaux sénégalaises. En contrepartie, le Sénégal reçoit de son partenaire une compensation financière. Le protocole d'application, qui en fixe le montant ainsi que les conditions de la pêche, est négocié tous les deux ans.

Jugés comme ayant un très faible impact sur le développement de la pêche au Sénégal, ces accords ont connu récemment une évolution. La Commission européenne a décidé d'augmenter de 33 % la compensation financière et de 10 % la redevance sur les licences, bien que les réserves de pêche du Sénégal aient baissé d'un tiers. Des mesures d'accompagnement ont été adoptées, qui visent à préserver les ressources halieutiques du pays, à promouvoir les intérêts des armateurs nationaux, à créer des emplois à terre, notamment dans l'industrie agroalimentaire.

Ainsi, le Sénégal a décidé de consacrer 50 % de cette contrepartie au développement durable du secteur de la pêche. Cela a déjà permis l'élaboration d'un programme d'intervention prioritaire dans le cadre du Plan directeur des pêches.

Contact : Ndiaga Guèye
DOPM, BP 289, Dakar, Sénégal
Fax : (221) 821 47 58
E-mail : ngueye@sonatel.senet.net





Le mucuna adopté par les paysans du Bénin

Au Bénin, l'usage du feu pour préparer les semis est encore une pratique répandue dans le Sud. Les associations de cultures y sont nombreuses et variées. La population y est fortement concentrée, entre cent et deux cents habitants au kilomètre carré. Cette pression démographique a entraîné la réduction des jachères et la prolifération des mauvaises herbes (chiendent et cyperus). En revanche, dans le Nord la concentration de la population n'est que de quinze habitants au kilomètre carré. La culture du coton a amené les paysans à emblaver d'importantes superficies à l'aide de la traction animale. L'effet cumulatif des engrais chimiques et des pesticides a provoqué l'acidification des sols et la pollution des eaux. En saison sèche les animaux en divagation se nourrissent de résidus de récolte. L'invasion des champs par le striga compromet la production céréalière. Les rendements des céréales, surtout le maïs, sont faibles.

L'Institut national de recherches agricoles du Bénin (INRAB) et l'International Institute of Tropical Agriculture (IITA) ont introduit en 1996 le pois mascate (Mucuna pruriens) sur le plateau d'Adja, dans le département du Mono, pour lutter durablement contre la baisse de la fertilité des sols (apports de 7 à 9 tonnes de matière sèche par hectare et de 100 kilos d'azote par hectare). Par ailleurs, les paysans ont noté que cette légumineuse, volubile et étouffante, est efficace dans la lutte contre le chiendent (Imperata cylindrica). Dans le Nord, les paysans ont également constaté son efficacité contre le striga.

Des semences de mucuna à crédit

Les Centres régionaux d'action pour le développement rural (CARDER) et l'Organisation non gouvernementale, Sassakawa Global 2000 (SG 2000), ont vulgarisé cette technologie dans tout le pays. Cette diffusion a été réalisée en 1995 après que l'ONG ait acheté chez les paysans quinze tonnes de semences de mucuna. Les CARDER se sont chargés de les donner à crédit aux organisations de producteurs pour installer des unités de démonstration (dix mille actuellement). Les paysans ont déjà remboursé ces crédits, qui ont servi à installer d'autres unités de démonstration par d'autres organisations de producteurs.

Le projet de développement de l'élevage dans le Borgou-est a pu au moins doubler les rendements de maïs après une jachère de mucuna sans apport d'engrais minéraux.

Contact : Marcel Galiba, V. Vissoh
SG 2000, BP 04 1091, Cotonou, Bénin
Fax : (229) 30 06 89
E-mail : sg2000@intnet.bj




Sénégal-Mali. La filière du bétail

Malgré les coûts élevés du convoyage et les risques de vol du bétail par les bandes armées sillonnant la frontière entre les deux pays, les " jula " (marchands de bétail) sénégalais continuent à s'approvisionner en bovins dans la région de Kayes, au Mali. Le prix d'un bovin y est de cent dix-sept mille contre cent trente-cinq mille francs CFA sur place.

Pour vendre leurs bovins à Dahra, dans la région de Louga (zone sylvo-pastorale), principal foirail du pays, ces importateurs déboursent cependant 14 500 francs CFA par tête et par voyage, là où les jula achetant le bétail sur place ne payent que 4 500 francs CFA. En outre, si les premiers effectuent quatre voyages par an, les seconds peuvent en faire quarante.

Pour que la filière soit rentable pour les premiers, un nombre plus important de bovins (au moins quarante par voyage) doit être importé, les pouvoirs publics devant garantir la sécurité à la frontière.

Contact : Cheikh Mbacké Ndione
ISRA, BP 3120, Dakar, Sénégal
Fax : (221) 832 27 92





Coraf Action. Isabelle Tiendrébéogo, coordonnatrice du Burkina Faso

Rédactrice en chef de la revue Euréka du Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST), Isabelle Tiendrébéogo est coordonnatrice du réseau national de communication du Burkina Faso de la lettre d'information régionale de la CORAF, Coraf Action. A ce titre, elle est chargée de la collecte, de la rédaction ou de la réécriture éventuelles des articles écrits par des tiers (les auteurs). Dans chaque institution membre du réseau, un correspondant est chargé de l'assister, essentiellement par la fourniture d'articles.

Les articles destinés à Coraf Action devant passer par elle, tous les auteurs résidant au Burkina sont priés d'envoyer autant que possible leurs articles à cette adresse.

        

Contact : Isabelle Tiendrébéogo
CNRST, 03 BP 7947 Ouagadougou 03, Burkina Faso
Fax : (226) 31 50 03
Tél. : (226) 32 46 48
(226) 32 45 04




Coraf Action. Rose Ekindi-Mbonga, coordonnatrice du Cameroun

Chef du service de l'information scientifique et technique de l'Institut de recherche agronomique pour le développement (IRAD), Rose Ekindi-Mbonga est coordonnatrice du réseau national de communication du Cameroun de la lettre d'information régionale de la CORAF, Coraf Action. A ce titre, elle est chargée de la collecte, de la rédaction ou de la réécriture éventuelles des articles écrits par des tiers (les auteurs). Dans chaque institution membre du réseau, un correspondant est chargé de l'assister, essentiellement par la fourniture d'articles.

Les articles destinés à Coraf Action devant passer par elle, tous les auteurs résidant au Cameroun sont priés d'envoyer autant que possible leurs articles à cette adresse.

        

Contact : Rose Ekindi-Mbonga
IRAD, BP 2123, Yaoundé, Cameroun
Fax : (237) 22 33 62
Tél. : (237) 22 33 62
E-mail : iradhq@sncm.undp.org




A lire

Le troisième symposium international sur le tilapia en aquaculture. Par R. S. V. Pullin, J. Lazard, M. Legendre, J. B. Amon Kothias et D. Pauly. 1996, 630 pages, collection " ICLARM Contribution n° 1325 ", ISBN 971-8709-88-6, ISSN 0115-4435. Publié conjointement par l'International Center for Living Aquatic Resources Management (ICLARM), MCPO Box 2631, 0718 Makati City, Philippines, le Centre de recherches océanologiques (CRO), BP V18, Abidjan, Côte d'Ivoire, l'Institut français de recherche scientifique pour le développement en coopération (ORSTOM, actuellement IRD), 213 rue La Fayette, 75480 Paris Cedex 10, France.
Résumé.
L'élevage du tilapia se pratique depuis plus de deux mille ans. La plupart des recherches sur ce poisson ont porté sur l'ichtyologie de ses populations naturelles et sur l'élevage en réservoirs. Le présent document témoigne du vif intérêt que suscite la recherche sur les systèmes de production et sur la socioéconomie.

Risques et conséquences de la mauvaise utilisation des pesticides pour le traitement des denrées stockées. 1996, 17 pages, " Bulletin technique n° 2 ". Publié par le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA), Postbus 380, 6700 AJ Wageningen, Pays-Bas.
Résumé.
De nombreuses campagnes d'information sur l'utilisation des pesticides sont conduites par les organisations nationales, internationales, ou par les industries. Ces produits restent encore à l'origine des accidents. Ce document s'adresse à l'ensemble des agents de vulgarisation, des formateurs, des magasiniers et des industriels, afin qu'ils participent activement à la promotion d'une meilleure utilisation des pesticides.




AGENDA


La douzième réunion plénière de la CORAF se tiendra à Bangui, du 5 au 12 juillet 1999.


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