Coraf Action Lire CORAF Action
Lire CORAF Action



Coraf Action no 11, avril-juin 1999

Sommaire

Echos de la Recherche


Mauritanie. Lutte contre la péripneumonie bovine
Le Cap-Vert mise sur les eaux de brouillards
Un nouveau biscuit à base de manioc
Le neem, un insecticide efficace
Le programme de recherche ivoirien
Cameroun. Une maladie de la tomate : la septoriose
Un papillon ennemi de la canne à sucre et du maïs
Sénégal. Comment se mangent les légumes-feuilles
Agronomie et forêt. L'IRAF réorganise sa documentation
Afrique de l'Ouest. Aménagement des forêts en zone sèche
Afrique occidentale. Vaincre la trypanosomose

Vie de la Coraf

Coraf Action. Bilan et perspectives
CORAF-ADRAO. Pour un réseau riz unique

Sur le terrain

Question

Comment le mil et le sorgho se mangent-ils ?
Des aliments de qualité pour volailles
Le soja contre la malnutrition
De l'oignon en toute saison
Mauritanie. Les vaches souffrent de la chaleur
Sénégal. La monnaie, la dévaluation et le poisson
Un nouveau partenariat entre les acteurs agricoles en Guinée
Milieu paysan. Des essais convaincants


Coraf Action

Mariama Dalanda Barry, coordonnatrice du Sénégal


A lire

Agenda



ECHOS DE LA RECHERCHE

Mauritanie. Lutte contre la péripneumonie bovine

Après une absence de plusieurs années, la péripneumonie contagieuse bovine est réapparue en Mauritanie à la fin de l'année 1995. La déclaration de cette redoutable maladie dans de nombreux wilayas est due à l'introduction d'animaux touaregs dans le pays.

Pour l'éradiquer, un projet sur le renforcement des capacités de diagnostic et de surveillance épidémiologique de la péripneumonie contagieuse bovine a été mis en œuvre par le Centre national d'élevage et de recherches vétérinaires (CNERV), avec l'appui du Fonds des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Doter le pays d'une unité de dépistage et de diagnostic de la maladie, tel est l'objectif du projet.

Contre les maladies transfrontalières

En 1998, le projet a permis d'installer une équipe opérationnelle de chercheurs, de former le personnel technique aux méthodes de diagnostic bactériologique et sérologique, de combler les lacunes des campagnes de vaccination. Il a également permis d'organiser un atelier sous-régional de formation sur l'alerte précoce et la réaction rapide contre la péripneumonie bovine et les autres maladies infectieuses transfrontalières.

En décembre 1997, afin de préparer la fin du projet intervenue en 1998, une requête de révision budgétaire a été soumise à la FAO pour une deuxième phase. Un programme a été élaboré pour mettre en application les recommandations de l'atelier sous-régional : détecter tout foyer de la maladie sur le territoire national, renforcer l'unité de diagnostic et de titrage de vaccin, élaborer un plan d'urgence facilitant le diagnostic dans les cas de suspicion clinique. Avec ce programme, le CNERV pourrait aussi participer au réseau national de surveillance des maladies animales et collaborer avec les réseaux sous-régionaux d'épidémiologie et de surveillance.

Contact : Niama O. Merzoug
PPCB, BP 167, Nouakchott, Mauritanie
Fax : (222) 2 528 03
E-mail : cnrv10@calvpro.fr






Le Cap-Vert mise sur les eaux de brouillards

Alors que le pays est confronté à un manque crucial d'eau, les besoins des ménages, de l'agriculture et de l'industrie augmentent d'année en année au Cap-Vert. Pourtant, selon des études en cours, le captage des brouillards peut être une source illimitée d'eau, surtout dans les zones d'altitude supérieure à cinq cents mètres.

Ces recherches menées par l'Instituto National de Investigaçâo e Desenvolvìmento Agràrio (INIDA), ont permis de mettre en place un dispositif à Monte Tchota (1 000 mètres d'altitude), dans l'île de Santiago. Ce dispositif est constitué d'un tuyau en fer galvanisé, de six capteurs en toile de rideau (de type moustiquaire) de 0,5 mètre carré et d'un abri météorologique de petite dimension. Les quantités d'eau captées s'élèvent à environ 160 litres par mètre carré par mois.

La durée de vie de la structure métallique est supérieure à dix ans, celle des toiles de rideau à cinq ans. Le prix d'un dispositif de 28 mètre carré revient à 599 000 francs CFA.

Contact : Carlos Monteiro
INIDA, BP 84, Praia, Cap-Vert
Fax : (238) 7111 33
E-mail : inidad@mail.cvtelecom.cv






Un nouveau biscuit à base de manioc

Les recherches de l'Institut tchadien de recherche agronomique pour le développement (ITRAD) sur la transformation du manioc viennent d'aboutir à la fabrication d'un biscuit de manioc appelé bismanio. La faible valeur nutritive du manioc étant connue, de la pâte d'arachide grillée a été ajoutée à la farine de manioc pour l'enrichir.

Ainsi, cent grammes de bismanio apportent 424 calories, 11 grammes de protéines, 3,2 grammes de vitamine A, 1 milligramme de fer et 23 milligrammes de calcium. Les recherches se poursuivent pour enrichir encore ce biscuit, en remplaçant la margarine par du beurre de karité.

Pour ses recherches sur la transformation du manioc, l'ITRAD collabore avec l'International Institute of Tropical Agriculture (IITA).

Contact : M'Bayhoudel Koumaro
ITRAD, BP 44, N'Djamena, Tchad
Fax : (235) 52 51 19






Le neem, un insecticide efficace

Au Bénin, les recherches sur la valorisation et le recyclage de sous-produits d'origine animale et végétale menées par le Centre Songhaï montrent qu'on peut utiliser le neem pour la fabrication de produits destinés à l'alimentation animale, à la conservation de produits agricoles et à l'agriculture. De récents travaux ont montré les vertus du neem.

La lotion de neem, un mélange de poudre de grains de neem et d'eau, est un insecticide organique efficace (tout comme la tisane fabriquée à partir des feuilles) contre les insectes nuisibles aux pois d'angole, à l'arachide, au maïs, au millet, aux produits maraîchers, en particulier. Peu chère, cette lotion est facile à préparer, à utiliser (à l'aide d'un balai ou d'un bouquet de feuilles) et sans danger.

La poudre de neem protège les grains stockés contre les insectes. Utilisée à dix grammes pour un kilogramme de grains, elle est efficace pendant six mois environ à condition que les grains (céréales, légumineuses) ne soient pas infestés avant leur stockage. Après un rinçage à l'eau chaude, ces grains peuvent être consommés sans risque.

Le Centre Songhaï envisage la vulgarisation de ces nouveaux produits auprès des communautés rurales et la production de sous-produits concentrés destinés à l'alimentation des poissons et des poulets.

Extrait de L'Aigle de Songhaï (troisième trimestre 1998).

Contact : Eliot K. Wilson
Centre Songhaï, BP 597, Porto-Novo, Bénin
Fax : (229) 22 20 50
E-mail : songhaï.benin@intnet.bj


        
        La gestion des nombreux problèmes qui dégradent
        l'environnement est à la portée des acteurs
        de la recherche et du développement.







Le programme de recherche ivoirien

Un atelier organisé par le Centre national de recherche agronomique (CNRA), s'est tenu en novembre 1998 à Abidjan. Il avait pour objectif de finaliser les programmes de recherche à conduire au cours des trois prochaines années, d'identifier les sites de ces programmes et de constituer les équipes de recherche. Les participants étaient des responsables et acteurs de la recherche et du développement.

Les vingt-deux programmes retenus correspondent aux objectifs du développement agricole. Ils sont classés en cinq grands secteurs : plantes pérennes, plantes annuelles, production animale, systèmes de production, conservation et transformation des produits agricoles. Ces programmes de recherche sont répartis sur les treize stations du CNRA, en tenant compte des caractéristiques agronomiques, pédologiques et climatiques des régions de la Côte d'Ivoire.

Appel à la coopération

Avant cet atelier, une commission scientifique internationale avait évalué les chercheurs et retenu les plus compétents. Les équipes de recherche de chaque programme ont été constituées en fonction des spécialités. Il est apparu qu'il manquait 99 chercheurs pour compléter ces équipes. Pour combler ce déficit, il sera fait appel à la coopération nationale et internationale.

Contact : Sié Koffi
CNRA, 01 BP 1740 Abidjan 01, Côte d'Ivoire
Fax : (225) 45 33 05
E-mail : cnrabke@africaonline.co.ci






Cameroun. Une maladie de la tomate : la septoriose

Au Cameroun, la septoriose, une maladie provoquée par un champignon, s'est déclarée ces dernières années dans les jardins maraîchers autour de Yaoundé. Cette maladie provoque des taches sur les feuilles et des dégâts si importants que certains maraîchers abandonnent leurs jardins.

Des taches sur les feuilles, sèches, brunes et sombres avec des centres durs, entourés par une auréole jaune, signalent la maladie. Ces taches s'étendent rapidement et envahissent les feuilles, qui se dessèchent. Les fruits récoltés sont de très mauvaise qualité et ont un aspect peu attrayant, ce qui les rend impropres à la vente.

L'observation des lésions à la loupe permet de voir de petits points noirs (pycnides) au centre des lésions : c'est le champignon. Au microscope, des structures d'aspect long et filiforme (conidies) du champignon, Septoria bycopersici, apparaissent.

        
        Privilégier la lutte contre les maladies pour
        améliorer la production de tomate est une tâche urgente.



Efficacité des fongicides

Ce champignon est transporté par les semences en provenance de la zone des hauts plateaux (ouest) et de la zone du sud-ouest vers la région semi-humide, où la culture de la tomate est en cours d'intensification.

La tomate revêt une grande importance économique dans le pays, où elle est largement commercialisée et consommée dans les villes.

Plusieurs fongicides efficaces et autorisés par la réglementation phytosanitaire, tel le méthyl thiophanate, peuvent être employés pour lutter contre la septoriose.

Contact : Appolinaire Tagne
IRAD, BP 2067, Yaoundé, Cameroun
Fax : (237) 22 33 62






Un papillon ennemi de la canne à sucre et du maïs

Au Congo, pendant trois ans (1996-1998), les plantations de canne à sucre de la Société agricole de raffinage industriel du sucre (SARIS-Congo) et les champs de maïs de la Société de transport et de commercialisation des produits africains (STCPA-Mayoumina) ont subi les attaques d'un paillon nocturne, Spodoptera exempta, qui se nourrit de feuilles de graminées et de cypéracées. Les deux sociétés sont situées à Loudima, dans la vallée du Niari.

En novembre, les chenilles (plusieurs centaines au mètre carré) de ce lépidoptère dévorent les cultures, en laissant d'importants dégâts sur leur passage. Pour limiter ces dégâts, les deux sociétés ont mené une campagne de lutte qui a connu un franc succès. Foudroyants en 1996, les dégâts ont sensiblement diminué en 1997 et ont été très faibles en 1998. Ces sociétés ont également conduit des études afin d'améliorer les connaissances sur l'insecte et l'environnement lors des invasions. Les résultats sont disponibles au Centre de recherches agronomiques de Loudima (CRAL).

Contact : Grégoire Bani
CRAL, BP 28, Loudima, Congo
Fax : (242) 91 08 34






Sénégal. Comment se mangent les légumes-feuilles

Alors que les légumes-feuilles sont consommés en quantité importante (vingt-trois grammes en moyenne par personne et par jour) au Sénégal, rares sont les études consacrées à leur impact nutritionnel, économique et social. Pourtant, riches en vitamines, en minéraux, en protéines, en fibres, ces plantes (sauvages ou cultivées) entrent dans l'alimentation quotidienne des populations et jouent un rôle primordial en période de soudure. Elles possèdent des vertus médicinales et sont une source de revenus.

Avec le soutien de l'International Plant Genetic Resources Institute (IPGRI), l'Institiut sénégalais de recherches agricoles (ISRA) a mené récemment des prospections qui ont permis de recenser trente-huit espèces consommées, dont douze cultivées et vingt-six sauvages (quinze plantes annuelles et onze d'essences ligneuses). Hibiscus sabdariffa (roselle) ou " bisaap " reste le légume-feuille le plus consommé, suivi de Moringa oleifera (moringe), de Cassia tora (cassier), de Leptadenia hastata et d'espèces d'Amaranthus (amarante).

Les cultures sont pluviales, de décrue, ou parfois irriguées sur de petites surfaces (moins de 300 mètre carré). Sous irrigation, les rendements de l'amarante, du niébé et du bisaap pourraient atteindre 13 tonnes à l'hectare. Certains exploitants agricoles tirent de la culture de ces plantes un revenu mensuel de 30 000 francs CFA, ce qui représente 50 à 85 % de leur budget familial.

        
        La consommation des légumes-feuilles doit être encouragée.


Diverses formes de préparation

Les légumes-feuilles sont diversement consommés par les ethnies sénégalaises. Ficus gnaphalocarpa, Leptadenia hastata, Ficus thonningii, Euphorbia balsamifera sont préférés par les " sereer ", Amaranthus spp par les " soose " (mandingues), les " soninke ", les " pulaar " et les " joola ". Philoxerus vermicularis est surtout consommé chez les joola et les sereer. On mange les feuilles de niébé chez les pulaar, les soninke et les soose, celles de manioc et de patate douce chez les joola. En revanche, roselle, moringa, cassier et Leptadenia hastata sont utilisés par toutes les ethnies.

Dans la préparation des repas, les légumes-feuilles ont également des utilisations diverses. En milieu joola, soose et pulaar les sauces à base de feuilles se préparent avec de l'huile de palme, contrairement au milieu wolof, sereer, où on y ajoute de la pâte d'arachide.

Vertus médicinales

Ces plantes sont également utilisées en pharmacopée traditionnelle pour leurs vertus thérapeutiques. Les feuilles de moringe sont efficaces contre l'anémie, le diabète, l'hypertension artérielle (les feuilles de manioc aussi), la conjonctivite, etc. Les feuilles de sésame, de baobab, de jute, de cassier, de roselle et de niébé soignent la constipation. L'eau de feuilles de bisaap légèrement bouillies est utilisée pour prévenir le paludisme.

L'ISRA envisage d'approfondir les études sur les techniques de culture, la sélection, l'analyse biochimique, l'impact socioéconomique, les techniques de conservation, les méthodes de lutte intégrée contre les ravageurs et les maladies des légumes-feuilles.

Contact : Meïssa Diouf
ISRA, BP 3120, Dakar, Sénégal
Fax : (221) 835 06 10
E-mail : cdhisra@sonatel.senet.net






Agronomie et forêt. L'IRAF réorganise sa documentation

Le centre de documentation de l'Institut de recherches agronomiques et forestières (IRAF) du Gabon, créé en 1976, possède six mille ouvrages et est abonné à cinquante périodiques. Mais il souffre d'une mauvaise organisation.

Afin de remédier à cette situation, sont entreprises des actions de recrutement et de mise en œuvre d'une nouvelle politique d'organisation et de diffusion répondant aux besoins des chercheurs et autres utilisateurs, notamment à travers la gestion informatisée des bases de données bibliographiques et l'accès à Internet.

Un plan de classification des ouvrages, des listes sur les nouvelles acquisitions, des bulletins de sommaires, des dossiers documentaires, des catalogues, sont mis à la disposition des utilisateurs.

Contact : Jean-Daniel Mbéga
IRAF, BP 2246, Libreville, Gabon
Fax : (241) 73 08 59




Afrique de l'Ouest. Aménagement des forêts en zone sèche

L'aménagement des forêts naturelles dans les zones sèches d'Afrique de l'Ouest est freiné par le manque d'outils adaptés et la méconnaissance de l'écologie, des sociétés et des économies. Pour y remédier, un séminaire international, tenu en novembre 1998 à Ouagadougou, a préconisé des actions de recherche et de développement.

Les participants ont d'abord constaté l'absence d'harmonisation des objectifs des différents projets d'aménagement et des dispositifs et protocoles de recherche. Ils ont souligné l'inadaptation des lois et règlements et des outils d'évaluation des ressources fourragères et ligneuses. Ils ont enfin relevé l'absence de transfert des résultats de recherche vers le milieu rural.

Dans ces conditions, l'utilisation d'une nouvelle approche permettant l'aménagement de l'ensemble des forêts naturelles d'un pays, a été préconisée : négociation et médiation patrimoniales, schéma directeur d'approvisionnement, stratégie pour l'énergie domestique, marchés ruraux de bois de feu, itinéraire technique simplifié. Les axes de recherche identifiés portent notamment sur l'amélioration des outils existants (en réduisant les coûts par exemple) pour la mise en œuvre des aménagements, et sur la mise en place de bases de données nationales et régionales.

        
          Les forêts naturelles constituent une richesse non
          négligeable dont l'aménagement est impérieux.



Une approche anthropologique et sociologique

La réflexion a ensuite montré que les systèmes et les espèces sont méconnus, que la diversité biologique et génétique n'est pas prise en compte, et que le recueil des données n'est pas correctement réalisé. Afin d'améliorer les connaissances écologiques, il importe de procéder à la caractérisation des forêts, à la modélisation de la dynamique des écosystèmes, à la simplification des méthodes d'aménagement des systèmes, à l'étude des formes de multiplication végétative et sexuée. La conception de dispositifs pour l'inventaire et le suivi des écosystèmes et de formes d'activités liées aux aménagements a aussi été proposées.

Enfin, la méconnaissance des sociétés riveraines et de leurs économies a eu pour conséquences la non prise en compte des intérêts, des besoins, de la sécurité des populations. Les retombées économiques des aménagements sylvo-pastoraux ne sont pas sufisamment transparents. Tous ces élèments convergent vers la non appropriation des aménagements sylvo-pastoraux par les populations. L'amélioration des connaissances passe donc par l'adoption d'une approche anthropologique et sociologique (explication des valeurs, usages, etc.), par une réflexion sur les différentes approches participatives avant leur transfert sur le terrain, par la mise en œuvre d'un projet sur la valeur monétaire de l'arbre sur pied, et par la considération des besoins des populations bénéficiaires.

Contact : Isabelle Tiendrébéogo
CNRST, 03 BP 7047 Ouagadougou 03, Burkina Faso
Fax : (226) 31 50 03






Afrique occidentale. Vaincre la trypanosomose

Développer et vulgariser auprès des producteurs des technologies adaptées et intégrées susceptibles d'améliorer la santé et la production animales, tel est l'objectif du programme de recherche collaborative sur la trypanosomose de l'International Trypanotolerance Centre (ITC). Le programme, qui couvre la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau et la Sierra-Leone, a d'abord identifié les problèmes pathologiques limitant la production de lait et de viande ainsi que la capacité de travail des animaux.

Le programme s'intéresse à l'amélioration génétique du bétail " Ndaama ", des moutons et des chèvres, à l'évaluation de l'incidence des maladies sur la productivité et des effets du contrôle parasitaire. Il s'intéresse également à la lutte contre la mouche tsé-tsé, à l'alimentation des Ndaama et des zébus, aux techniques de diagnostic des infections, aux systèmes de production. La productivité des bovins Ndaama et des petits ruminants trypanotolérants a été évaluée dans des zones infestées.

Les bovins ont un taux de croissance faible en période humide et négatif en période sèche. La première gestation est tardive et l'intervalle entre deux vêlages est d'environ deux ans. Quand la vache souffre de trypanosomose, le poids du veau à la naissance est beaucoup plus faible et le risque de mortalité du veau est deux fois plus élevé. La croissance du veau est également très lente. Toutefois, une évaluation économique devrait tenir compte de la compensation du poids dans les cas d'auto-guérison et d'amélioration de la nutrition.

        
          La lutte contre les maladies contribue à
          l'amélioration de la productivité des animaux.



Maintien de la capacité immunitaire

Chez les petits ruminants, la trypanosomose provoque de l'anémie et ralentit le gain de poids, mais seulement pendant certaines périodes de l'année. Les performances de reproduction des chèvres et la mortalité des chevreaux sont affectées. En revanche, le poids des chevreaux à la naissance et leur croissance sont identiques, que la chèvre soit malade ou non.

La trypanosomose ayant des effets négatifs même chez les bovins Ndaama tolérants, une campagne d'intervention contre la mouche tsé-tsé a été menée. Le traitement des bovins avec un insecticide est insuffisant. Il faut également installer des " pièges " à tsé-tsé imprégnés d'insecticides. Les résultats sur la santé et la productivité du bétail demandent néanmoins à être confirmés.

En outre, les résultats montrent que les affections gastro-intestinales et la malnutrition interagissent avec la trypanosomose et sont aussi responsables des mauvaises conditions de santé et de productivité. Un régime alimentaire de 9 à 12 grammes par kilo de poids vif, une dépense d'énergie égale à 7 % du poids, sont favorables au maintien de la capacité immunitaire du bovin Ndaama.

La lutte contre les tiques chez les Ndaama et contre les parasites gastro-intestinaux chez les petits ruminants a des retombées économiques positives, surtout en période de grandes infestations.

Ces résultats de recherche ont été mis à la disposition des Systèmes nationaux de recherche agricole impliqués dans le programme.

Contact : R. C. Mattioli, D. Mehlitz
ITC, P.M.B. 14, Banjul, Gambie
Fax : (220) 46 2924



VIE DE LA CORAF


Coraf Action. Bilan et perspectives

A l'initiative de la CORAF, le premier atelier des coordonnateurs nationaux de sa lettre d'information régionale, Coraf Action, s'est tenu à Dakar du 15 au 19 février 1999. Cet atelier, destiné à évaluer la publication, à améliorer le fonctionnement de ses sources d'information, à doter ses coordonnateurs de techniques de base pour le recueil de l'information et la rédaction d'articles destinés à une lettre d'information, a regroupé les coordonnateurs de quinze pays. A l'endroit de la CORAF et de ses instituts de recherche, les coordonnateurs ont adressé des recommandations pour un meilleur exercice de leurs activités.

Après deux années de parution régulière depuis octobre 1996, Coraf Action a été diffusée à 70 000 exemplaires. Chaque numéro tiré à 7 000 exemplaires (5 000 en version française et 2 000 en version anglaise) est envoyé dans quarante-six pays d'Afrique et quarante-cinq pays hors d'Afrique. Les réactions des lecteurs sont généralement très positives. Des échanges sont établis entre lecteurs et auteurs d'articles. La publication d'articles a été valorisante pour certains auteurs. Les articles sont régulièrement repris par des publications nationales et internationales. Des données chiffrées sur l'impact de Coraf Action ont été publiées.

Appui financier et matériel

Au cours de l'atelier, des échanges d'expériences ont été organisés en vue d'améliorer le fonctionnement des sources d'information (réseaux nationaux de communication). Ils ont permis aux coordonnateurs des neuf pays qui ont participé au lancement de Coraf Action, d'exposer leurs réussites et leurs difficultés. Les problèmes évoqués sont la démotivation ou la mobilité des correspondants chargés de la collecte de l'information, l'absence de budget de fonctionnement, l'insuffisance de liens entre les coordonnateurs et entre eux et la rédaction de Coraf Action. Les difficultés administratives ont été également signalées, les responsables hiérarchiques ne prenant pas en compte leur contribution à la lettre d'information. Les leçons tirées de ces exposés ont conduit chaque participant à élaborer un plan d'action adapté au contexte de son pays.

Ainsi, à l'endroit de la CORAF, les coordonnateurs proposent de tenir chaque année et de manière tournante dans les pays cet atelier, d'organiser des missions d'animation et d'appui du rédacteur en chef auprès des réseaux nationaux, d'inciter les directions des instituts de recherche membres à accorder des facilités et à soutenir les coordonnateurs dans leurs activités. La CORAF doit contribuer aux charges de fonctionnement et d'équipement des réseaux ; elle doit inscrire les activités de Coraf Action dans le Plan stratégique pour la recherche agricole en Afrique de l'Ouest et du Centre en cours d'élaboration.

A l'endroit des instituts de recherche, les coordonnateurs demandent de les assister dans l'animation des réseaux, et d'assurer la contrepartie du soutien financier et matériel accordé par la CORAF, en l'inscrivant dans leur budget annuel.

        
          L'informatin et la communication sont indispensables
          à l'amélioration de la recherche agricole et du développement rural.



Faire connaissance avec les coordonnateurs

En ce qui les concerne, les coordonnateurs s'engagent à renforcer les liens entre les réseaux, et à produire des rapports d'activités annuels destinés aux directions de leurs instituts. Le renforcement de la campagne de collecte d'articles par des actions de sensibilisation et l'établissement de contacts directs avec les auteurs d'articles, sont envisagés. Pour cela, à partir de ce numéro ces derniers vont faire connaissance avec les coordonnateurs, dont la photo et les contacts figureront à la dernière page de Coraf Action.

Par ailleurs, les coordonnateurs, informés de la mise en place du système d'information pour la sous-région, se sont félicités de cette initiative et recommandent vivement que la CORAF et les Systèmes nationaux de recherche agricole la mettent en œuvre dans les meilleurs délais, en réfléchissant à la contribution qu'ils pourraient apporter à ce projet.

Contact : Armand Faye
CORAF, BP 8237, Dakar-Yoff, Sénégal
Fax : (221) 825 55 69
E-mail : caction@sonatel.senet.net






CORAF-ADRAO. Pour un réseau riz unique

En matière de recherche sur le riz, la CORAF dispose d'un réseau et l'Association pour le développement de la riziculture en Afrique de l'Ouest (ADRAO) de groupes de travail. Pour unir leurs efforts, les deux institutions ont décidé en août 1998 de créer un réseau unique de recherche sur le riz. Quatre mois plus tard, les bases en ont été jetées à l'issue d'une réunion commune tenue à Cotonou, sous les auspices de l'Institut national de recherches agricoles du Bénin (INRAB).

Cette réunion a permis de passer en revue les questions relatives à l'organisation et au fonctionnement de ce réseau. Un comité directeur provisoire a été installé. Le secrétariat du réseau sera abrité par l'ADRAO, à Bouaké, en Côte d'Ivoire.

La mission confiée au comité directeur provisoire consiste à rédiger le projet de statuts du réseau en tenant compte du Plan stratégique de la CORAF en cours d'élaboration, à rédiger le plan d'action du réseau, et à organiser l'assemblée générale constitutive. Les moyens devant permettre la réalisation de cette mission seront recherchés par la CORAF et l'ADRAO.

Contact : Marcel Nwalozie
CORAF, BP 8237, Dakar-Yoff, Sénégal
Fax : (221) 825 55 69
E-mail : nwalozie@sonatel.senet.net





Question


Comment le mil et le sorgho se mangent-ils ?

Ahmadou Sankaré, coordonnateur national de Coraf Action au Mali, a écrit dans le numéro dix un article intitulé " Mali. La recherche, le mil et le sorgho ". En substance, l'article rend compte des résultats chiffrés d'une étude sur l'impact de la recherche sur le sorgho et le mil menée en 1995 par l'Institut d'économie rurale (IER), le Programme national de vulgarisation agricole (PNVA) du Mali, l'Institut du Sahel et l'International Crops Research Institute for the Semi-arid Tropics (ICRISAT). Cet article a suscité la réaction d'Andriantahina Rakotondralambo, de l'Association nationale d'actions environnementales (ANAE) de Madagascar.

Après la lecture de cet article, l'ANAE est particulièrement intéressée par l'utilisation du mil et du sorgho en alimentation humaine.

L'ANAE est chargée de gérer des fonds destinés à financer des projets communautaires de développement rural, surtout dans le domaine de la conservation des sols où la vulgarisation des techniques de gestion agrobiologiques est en plein essor depuis 1996. Madagascar étant un pays rizicole, nous avons introduit chez les paysans la culture du mil et du sorgho uniquement pour servir de plantes de couverture des sols. Mais dans certaines zones, la production a été tellement importante que les paysans essayent de trouver des recettes à base de mil et de sorgho, ce qui est très difficile sans expérience culinaire.

L'ANAE compte sur les auteurs de cette étude menée au Mali, mais aussi sur les lecteurs de Coraf Action pour la renseigner et lui trouver des contacts.

Contact : Andriantahina Rakotondralambo
ANAE, Antananarivo, Madagascar
E-mail : anae@bow.dts.mg



SUR LE TERRAIN


Des aliments de qualité pour volailles

Au Sénégal, la qualité des aliments pour volailles nuit à la rentabilité de l'aviculture. C'est ce que révèle une étude sur les aliments pour volailles produits par dix fabriquants. L'étude, menée en 1999 par l'Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA) à la demande de la Direction de l'élevage, a comporté trois étapes.

Dans un premier temps, la qualité des quatre aliments produits a été évaluée par analyse chimique et comparée aux normes communément admises. Sur les dix fabriquants, deux produisaient des aliments de très bonne qualité, six des aliments de qualité acceptable et deux des aliments de qualité très insuffisante. En particulier, les taux de cellulose étaient souvent trop élevés, les protéines de mauvaise qualité (déficience en lysine et méthionine) et le taux de calcium des aliments pour poules pondeuses insuffisant. D'autre part, le plus souvent les sacs n'étaient pas étiquetés ou portaient des étiquettes avec des mentions de compositions erronées.

Pour des labels de qualité

Dans un second temps, des essais ont été menés pour montrer l'importance de la qualité de l'aliment dans la croissance des poulets de chair. Des lots de cinquante poulets ont été nourris avec des aliments provenant des dix fabriques. Les plus importantes performances ont été observées avec les aliments de meilleure qualité. Selon les aliments utilisés, le poids moyen des poulets de 42 jours variait de 542 à 1 600 grammes.

Enfin, une étude de rentabilité a montré que les meilleurs aliments, même s'ils sont plus chers, génèrent les bénéfices les plus élevés.

Des propositions ont été faites pour que des labels de qualité soient délivrés aux meilleurs fabriquants. Une réglementation concernant la composition des aliments fabriqués et la mise en place d'un laboratoire agréé pour le contrôle des aliments pour animaux, apporteraient une grande amélioration de la filière avicole au Sénégal.

Contact : Maïmouna Cissé
ISRA, BP 2057, Dakar, Sénégal
Fax : (221) 832 24 28






Le soja contre la malnutrition

Sensibilisation sur les vertus du soja pour lutter contre la malnutrition, tel est le thème de la journée organisée en novembre 1998 à Saroua, dans le Centre-Ouest de la Côte d'Ivoire, par l'Organisation des volontaires pour le développement local (OVDL). Les autorités politiques et administratives, Winrock International et d'autres partenaires étaient représentés à cette manifestation. Plusieurs recettes à base de soja ont été présentées : lait, farine, merveilles, galettes, en particulier.

Le soja, une légumineuse jusqu'alors inconnue dans la région, a été cultivé en 1998 par dix-neuf groupements de producteurs. Sans apport d'engrais ni traitement phytosanitaire, les cultures ont donné un bon rendement : une tonne à l'hectare en période de petite saison des pluies (mi-septembre à novembre), qui permet une deuxième culture. En revanche, les rendements ont été très faibles pendant la grande saison des pluies (mars à juin), à cause d'une forte infestation d'insectes.

L'épineux problème des semences

Les producteurs ont décidé de cultiver le soja pendant la petite saison des pluies, en utilisant des variétés à cycle court (100-105 jours) telles IAC 8 et Emboga 310.

L'OVDL poursuit la sensibilisation et la formation des productrices à la culture du soja et à son utilisation dans l'alimentation, surtout des enfants. Cela produit déjà des résultats : elles ont demandé une importante quantité de semences. Mais les semences pouvant perdre rapidement leur pouvoir germinatif, l'ONG devra résoudre pour elles l'épineux problème de leur production et de leur conservation.

Contact : A. L. N'Cho
OVDL, 04 BP 304 Bouaké 04, Côte d'Ivoire






De l'oignon en toute saison

L'oignon est une denrée essentielle au Sénégal. Il entre dans la préparation de la quasi-totalité des mets. Pourtant, le pays est obligé d'importer 18 000 à 20 000 tonnes d'oignons par an pour satisfaire la demande estimée à 40 000 tonnes par an, que la production nationale aurait pu couvrir si les problèmes de conservation étaient résolus.

        
        Développer des techniques de conservation, c'est
        contribuer à réduire les importations massives d'oignon.



Pour contribuer à résorber ce déficit, l'Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA) a développé la technique de l'abri séchoir afin de mieux conserver la production. Cette technique consiste à construire des abris simples, bien aérés, avec du matériel local (paille, rônier, ciment) et du matériel importé (grillage).

L'utilisation de cette technique permet de conserver l'oignon pendant huit mois, ce qui contribue à l'économie de devises, à l'augmentation des revenus des producteurs surtout en période de soudure, à la disponibilité de l'oignon durant toute l'année. En exploitant un abri d'une capacité de 4 à 5 tonnes qui revient à 250 000 francs CFA, le producteur réalise un bénéfice de 310 000 francs CFA. Le coût de fabrication étant assez élevé, les regroupements de producteurs favoriseraient la diffusion de la technologie.

Cependant, toutes les variétés ne se prêtent pas à cette technique, notamment celles contenant beaucoup d'eau (le Violet de Galmi).

Contact : Cheikh Lô
ISRA, BP 3120 Dakar, Sénégal
Fax : (221) 835 06 10






Mauritanie. Les vaches souffrent de la chaleur

En Mauritanie, dans les wilayas (régions) du Trarza, du Guidimakha, du Brakna, d'Assaba, une nouvelle maladie affecte les vaches laitières. Cette maladie se traduit par une grande sensibilité à la chaleur. Plus de dix cas ont été déclarés en 1998.

Les vaches malades se réfugient à l'ombre ou dans l'eau fraîche jusqu'au soir. Elles respirent difficilement, maigrissent, présentent des poils longs et hérissés sur le dos, les flancs et le cou.

        
        Pour lutter efficacement contre les maladies des
        animaux, il faut associer les éleveurs aux opérations de suivi et de dépistage.



Dépistage dans d'autres wilayas

Des problèmes d'origine hépatique ou hormonale sont soupçonnés d'être à l'origine de cette maladie appelée " nehte ", " ehlatt " en hassania ou " lahel " en pulaar. Un traitement à base d'antibiotiques et de vitamines est conseillé.

Des contacts sont établis avec les éleveurs pour le suivi de l'évolution de la maladie, et son dépistage dans d'autres wilayas.

Contact : Boubacar Cissé Diallo
CNERV, BP 167, Nouakchott, Mauritanie
Fax : (222) 2 528 03
E-mail : cnrv10@calvapro.fr






Sénégal. La monnaie, la dévaluation et le poisson

Au Sénégal, le secteur de la pêche contribue à la réduction du déficit de la balance commerciale, à la sécurité alimentaire et à la résorption du chômage. La pêche artisanale marine représente le sous-secteur le plus important avec 300 000 tonnes de poisson en moyenne par an, soit 85 % de la production nationale. La pêche permet ainsi de satisfaire plus de 75 % des besoins en protéines animales des populations.

Des changements notables ont été observés dans le secteur après la dévaluation du franc CFA intervenue en janvier 1994. La rentabilité des unités de pêche artisanale maritime a fortement diminué. Cette situation a conduit les pêcheurs à se tourner notamment vers le marché extérieur devenu plus incitatif, ce qui a entraîné une réduction de l'offre de poisson sur le marché local. Cette dévaluation s'est également traduite par une hausse généralisée des coûts de l'équipement et du matériel : 69 % pour les moteurs hors-bord, 26 % pour les pirogues en bois et 67 % pour les rapports de filet. Le coût des facteurs de production a renchéri en l'occurence le prix du carburant, qui représente la charge d'exploitation la plus importante, en subissant une hausse de 55 %.

Abandonner l'espadon au profit du rouget

Cela s'est enfin traduit par une chute des revenus des propriétaires des unités de pêche à la senne tournante spécialisées dans la pêche des petits pélagiques côtiers (sardinelles surtout) destinés au marché local, pour lesquels les prix au producteur n'ont connu qu'une légère hausse de 26 à 45 %. De ce fait, beaucoup de pêcheurs ont émigré vers d'autres horizons ; des pêcheurs sont même passés du statut de propriétaires à celui de matelots dans les bateaux industriels.

En revanche, se sont nettement améliorés les revenus des propriétaires des unités de pêche capturant les espèces démersales destinées au marché extérieur, pour lesquels les prix au producteur ont augmenté de plus de 200 %. Sur la Petite Côte en effet, la plupart des unités de pêche approvisionnent en priorité les usines en céphalopodes (seiches et poulpes) entre juin et septembre. A Kayar les pêcheurs ont systématiquement abandonné la pêche à l'espadon au profit de celle du rouget, ce qui a rendu les poissons moins disponibles pour les populations.

Pour améliorer leur situation, les pêcheurs ont adopté des stratégies : utiliser les sennes tournantes ou une seule pirogue (au lieu de deux) pour rapprocher les lieux de pêche, les filets maillants encerclants pour réduire la taille des équipages, allonger la durée des marées avec des pirogues glacières, adopter des quotas journaliers sur le pageot (trois caisses de treize kilos chacune par unité de pêche) qui a permis d'augmenter le prix de la caisse de 1 000 à 8 000 francs CFA.

Sauvegarder les espèces

Cependant, l'utilisation des sennes tournantes et des filets maillants encerclants pour pêcher les pélagiques côtiers, principales sources de protéines des populations, a fait passer le prix du pélagique transformé de 75 à 250 francs CFA le kilo. Le fait de conserver longtemps les poissons dans la glace affecte leur qualité. Les ressources démersales destinées au marché sont aujourd'hui surexploitées, d'où la nécessité d'aménager les pêcheries pour la sauvegarde des espèces. En outre, l'observatoire économique devrait réactualiser les données relatives aux flux commerciaux, aux prix pratiqués sur les marchés, pour une meilleure évaluation de l'impact de la dévaluation sur le niveau de la consommation locale et sur le revenu réel.

Contact : Moustapha Kébé
ISRA, BP 3120, Dakar, Sénégal
Fax : (221) 834 27 92





Un nouveau partenariat entre les acteurs agricoles en Guinée

Pour encourager l'émergence d'organisations paysannes capables d'être des interlocuteurs valables pour des services publics, il est nécessaire que la concertation systématique avec les producteurs fasse partie de la culture d'entreprise de la recherche et de la vulgarisation. Pour y parvenir, un atelier sur la promotion et le suivi du partenariat entre les organisations paysannes, les services de vulgarisation et les institutions de recherche, a été organisé en 1998 dans la sous-préfecture de Koumbia. Les représentants des organisations paysannes venus des régions de Labé, Mamou, Kindia, Boké, y assistaient ainsi que ceux des pouvoirs publics, des Organisations non gouvernementales nationales et internationales, des bailleurs de fonds.

L'atelier a permis de présenter les expériences de partenariat se déroulant au Fouta Djallon, de réfléchir sur leur poursuite et leur démultiplication, sur l'élaboration d'un plan d'actions, dans les zones où émergent des organisations de producteurs. Il a également été l'occasion de discuter sur la possibilité de créer à l'échelle régionale ce type de partenariat indispensable pour améliorer les services de la recherche et de la vulgarisation.

Profesionnalisation et protection

De même, la consolidation de la structuration de certaines filières de production a été abordée, cette dynamique exigeant une adaptation des structures d'appui, de recherche et de vulgarisation. Il apparaît en effet que cette structuration a amélioré l'approvisionnement en intrants, l'accès aux crédits et l'organisation de la commercialisation, ainsi que les performances techniques des exploitations agricoles. Désormais, les organisations paysannes touchées définissent mieux leurs besoins avant de les soumettre aux instituts de recherche et services de vulgarisation.

La prise en compte de ces besoins ayant rendu plus efficaces la recherche (le centre de Bareng de l'IRAG a ouvert ses instances d'orientation et de décision à la Fédération des paysans du Fouta Djallon) et la vulgarisation, la professionnalisation et la protection des producteurs s'avèrent impérieuses. Pour cela, il est prévu la création de Centres d'appui aux organisations professionnelles agricoles (CAOPA) et l'institutionnalisation des organisations paysannes.

Enfin, l'atelier a suggéré que les services de vulgarisation disposent d'informations sur les organisations paysannes et se dotent de plans de formation.

Contact : Sékou Béavogui
IRAG, BP 1523, Conakry, Guinée
Fax : (224) 41 57 58
E-mail : irag@mirinet.net.gn





Milieu paysan. Des essais convaincants

Dans le cadre du programme de recherche commun de l'Institut d'économie rurale (IER) du Mali et de l'International Institute of Tropical Agriculture (IITA), des chercheurs de la sous-région ont visité en fin 1998 des essais en milieu paysan de culture de maïs, de niébé et de riz dans les régions de Koulikoro, Sikasso, Ségou et Mopti.

A Bougoni par exemple, la variété de maïs améliorée " Sotubaka " est mise en essai depuis trois ans. Les rendements sont si satisfaisants que le paysan a augmenté les superficies cultivées d'un quart à cinq hectares. Les techniques et le calendrier cultural sont maîtrisés. A Balanza (Kangaba), deux variétés améliorées " Obatanpa " et " Sotubaka " sont comparées à la variété locale " Tiémantié " avec l'appui de l'ONG Sassakawa Global 2000. L'un des paysans préfère Sotubaka pour sa production grainière, tandis qu'un autre pose le problème de sa conservation.

        
        Entre chercheurs et paysans, la collaboration doit être étroitement suivie.


A vil prix

Malgré cela, les paysans ont du mal à stocker et à commercialiser le maïs. Leurs capacités de conservation et de stockage étant très limitées, ils sont contraints de vendre à vil prix la production, c'est-à-dire moins de 35 francs CFA le kilogramme à la récolte. Ils ont aussi du mal à s'approvisionner en semences améliorées.

Toutes les conditions semblent pourtant réunies pour assurer des revenus substantiels aux producteurs : une bonne production au champ et des besoins croissants dans les centres urbains. Mais il faut organiser la filière.

Contact : Ahmadou Sankaré
IER, BP 258, Bamako, Mali
Fax : (223) 22 37 75






Coraf Action. Mariama Dalanda Barry, coordonnatrice du Sénégal

Chef de l'Unité d'information et de valorisation de l'Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA), Mariama D. Barry est coordonnatrice du réseau national de communication du Sénégal de la lettre d'information régionale de la CORAF, Coraf Action. A ce titre, elle est chargée de la collecte, de la rédaction ou de la réécriture éventuelles des articles écrits par des tiers (les auteurs). Dans chaque institution membre du réseau, un correspondant est chargé de l'assister, essentiellement par la fourniture d'articles.

Tous les articles destinés à Coraf Action devant passer par elle, les auteurs résidant au Sénégal sont priés d'envoyer autant que possible leurs articles à cette adresse.

        Mariama D. Barry


Contact : Mariama D. Barry
ISRA, BP 3120, Dakar, Sénégal
Fax : (221) 832 24 27
Tél. : (221) 832 51 48
E-mail : mbarry@crodt.ina.sn




A LIRE

Recherche et développement agricoles en Guinée. Bibliographie. 1997, 346 pages. Publié par l'Institut de recherche agronomique de Guinée (IRAG), BP 1523, Conakry, par le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA), Postbus 380, 6700 AJ Wageningen, Pays-Bas, et par le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), BP 5035, 34032 Montpellier Cedex 1, France.
Résumé.
Cette publication est destinée à informer les acteurs de la recherche et du développement agricoles sur les travaux réalisés dans les différents services agricoles de la Guinée. Sa réalisation a nécessité la mobilisation des sources d'information que sont le Bureau de coordination de projets agricoles (BCPA), le Centre de documentation universitaire scientifique et technique (CEDUST), le Centre national de documentation et d'information sur le développement rural (CNDIDR), le Génie rural (GR) et le Projet national d'appui à la sécurité alimentaire (PNASA).

Monographie nationale sur la biodiversité au Sénégal. /s.d./, 82 pages. Publié par le Ministère de l'environnement et de la protection de la nature, BP 4049, Dakar, Sénégal.
Résumé.
Cette monographie résulte d'une recommandation de la première Conférence des parties à la convention sur la diversité biologique, tenue aux Bahamas en novembre 1994. Son objectif est de faire le point sur l'état des connaissances. Les études portent sur la diversité des écosytèmes, des espèces, le cadre juridique et les modes de gestion de la biodiversité. Ce document a aidé le Sénégal à formuler son Plan national d'actions pour la conservation de la biodiversité.

Végétation et flore. Parc transfrontalier Niokolo Badiar. Par Amadou Tidiane Bâ, Bienvenu Sambou, Finn Ewick, Assane Goudiaby, Ciré Camara et Daouda Diallo. 1997, 157 pages.
Résumé.
Cet ouvrage rassemble, à partir de sources diverses, des informations sur la flore et la végétation du parc transfrontalier au Sénégal. Il apporte des indications utiles et renseigne sur la diversité biologique et les écosystèmes.

Traitement de la paille de brousse à l'urée 4 % et utilisation pour l'entretien des animaux en saison sèche et pour l'embouche. Par Maïmouna Cissé, Abdoulaye Fall, Alpha Mamadou Sow, Moustapha Kébé, Pafou G. Gongnet, Ibrahima Ly et Antoine Koréa. 1998, 24 pages, " Fiches techniques ", vol. 5, n° 1, ISSN 0850-9980. Publié par l'Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA), BP 3120, Dakar, Sénégal.
Résumé.
Ces fiches illustrées sont destinées au vulgarisateur et à l'éleveur. La technique de traitement des pailles à l'urée doit être scrupuleusement respectée pour obtenir de bons résultats. L'utilisation des pailles traitées à l'urée présente des avantages considérables. Elle permet de maintenir les animaux en bon état corporel pendant la longue période de saison sèche, à des coûts modérés. La paille traitée constitute également un excellent aliment de base pour l'embouche.

La collecte de l'eau et la rétention de l'humidité du sol. Par Justine Anschütz, Antoinette Kome, Marc Nederlof, Rob de Neef et Tom van de Ven. 1998, 96 pages, " AGRODOK 13 ", ISBN 90-72746-83-X. Publié par AGROMISA, Postbus 41, 6700 AA Wageningen, et par le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA), postbus 380, 6700 AJ Wageningen, Pays-Bas.
Résumé.
L'eau est l'un des principaux besoins des végétaux. Cependant, la pluviosité est insuffisante dans la plupart des régions arides et semi-arides. Ce document est destiné aux coopérants et aux conseillers agricoles qui travaillent dans ces zones avec les paysans confrontés au manque d'eau, aux sols érodés, sources de faibles rendements.

Risques et conséquences de la mauvaise utilisation des pesticides pour le traitement des denrées stockées. 1996, 17 pages, " Bulletin technique n° 2 ". Publié par le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA), Postbus 380, 6700 AJ Wageningen, Pays-Bas.
Résumé.
De nombreuses campagnes d'information sur l'utilisation des pesticides sont conduites par les organisations nationales, internationales, ou par les l'industries. Ces produits restent encore à l'origine des accidents. Ce document s'adresse à l'ensemble des agents de vulgarisation, des formateurs, des magasiniers et des industriels, afin qu'ils participent activement à la promotion d'une meilleure utilisation des pesticides.



AGENDA


Le séminaire international sur "La jachère en Afrique tropicale : rôles, aménagements, alternatives " organisé par la CORAF, la Délégation de la Commission européenne au Sénégal, le Projet régional pour l'amélioration et la gestion de la jachère en Afrique de l'Ouestj l'ISRA et l'Institut de recherche pour le développement (IRD) se tiendra à Dakar, du 13 au 16 avril 1999.


gotop