Présentation de l'ITRAD


L'Institut Tchadien de Recherche Agronomique pour le Développement (ITRAD) est un établissement public à caractère scientifique et technique (EPCST) doté de la personnalité juridique et d'autonomie financière. Créé par la loi N° 001/PR/98 du 27 janvier 1998, l'ITRAD a ainsi mis fin aux différentes structurations et dénomination de la recherche agricole au Tchad. Ses prérogatives couvrent les domaines de la production végétale, halieutique et forestière, puis les technologies agroalimentaires, ainsi que les politiques agricoles, la formation et l'encadrement des jeunes cadres nationaux. Il est placé sous la tutelle administrative du Ministère de l'Agriculture et de l'Irrigation et dépend essentiellement de la subvention nationale sur le trésor public.
L'ITRAD est une composante prépondérante du système national de recherche agricole (SNRA). Il assume son mandat en partenariat avec les autres institutions composant le Système. A ce titre, le SNRA tchadien à l'instar de ceux des autres pays africains a un certain nombre de défis à lever dans un contexte d'insécurité alimentaire récurrente et de croissance démographique galopante, contraint par le phénomène de changement climatique qui a des effets négatifs de plus en plus importants sur les productions agricoles.
En dépit de l'adoption dès 1993 du Plan National à Long Terme de la Recherche Agricole (PNLTRA) au Tchad, puis en 2002, du premier Plan à Moyen Terme de la Recherche Agricole (PMTRA I) pour la période 2003-2007, la recherche agricole tchadienne est restée très limitée dans sa capacité d'accompagner les politiques agricoles du pays.

Tirant les leçons de la mise en œuvre très peu efficace du PMTRA I, l'ITRAD, appuyé par les partenaires du développement, s'est engagé depuis 2007 dans un processus de transformation institutionnelle de ses méthodes, de ses pratiques et de ses relations fonctionnelles.
C'est ainsi qu'une relecture critique du PMTRA I a été faite et a abouti à l'élaboration du second Plan à Moyen Terme de la Recherche Agricole au Tchad (PMTRA II) pour la période allant de 2010 à 2014. Afin de faciliter une mise en œuvre efficace et efficiente des activités, l'ITRAD a élaboré avec l'assistance de la FAO un plan opérationnel de mise en œuvre du PMTRA II.
En effet, avant 1998, année de création de l'ITRAD, la recherche agricole tchadienne a connu quelques balbutiements quant au réel statut qui devait lui être attribué aussi bien aux rôles qui devaient lui être dévolus. Allusion est faite ici au vrai rôle de production de connaissances et de technologies en vue d'un développement durable de l'agriculture tchadienne, riche en ressources foncières et hydro-agricoles, mais sous-exploitées.

Grâce à l'appui de la haute autorité du pays, la recherche a fait un progrès appréciable en réponse aux moyens qui sont mis à sa disposition, l'ITRAD a revu son premier plan à moyen qui a abouti à un second. Différents thèmes de recherche sont mis en œuvres, ainsi que des publications des chercheurs qui en sont découlés. La production de semences qui vient en appui aux structures de développement a connu depuis les quatre dernières années, une évolution exponentielle. Ceci montre que la recherche agricole au Tchad a fait un bond significatif dans sa démarche recherche de performance tant en qualité qu'en quantité.
Aussi, dans un contexte de changement climatique où les productions agricoles sont de plus en plus hypothéquées par la mauvaise répartition des pluies tant dans le temps que dans l'espace, les chercheurs sont davantage sollicités pour proposer des alternatives. Il s'agit là de mettre au point où d'introduire des connaissances et technologies adaptées à ce nouveau défi qu'est le changement climatique. Pour ce faire, il est nécessaire et indispensable de renforcer les capacités de l'institution tant en moyens financiers, matériels qu'en personnel hautement qualifié. Pour l'instant le budget annuel de l'ITRAD est d'environ 3 milliards, avec des matériels pour la pluparts vétustes, avec un personnel scientifique en dessous de la cinquantaine.
La principale source de financement de l'Institution est l'Etat. A cela s'ajoutes les partenaires scientifiques et techniques comme le Service de Coopération et d'Action Culturelle (SCAC) du Ministère français des Affaires étrangères, le CORAF/WECARD, Le centre du riz pour l'Afrique, l'Institut du Sahel (INSAH), etc.

3.1. Production de matériel végétal

A défaut de structures spécialisées, l'ITRAD s'occupe également de la production de matériel végétal. Cette activité consiste à multiplier les graines semencières et les plants de façon à les rendre accessibles aux producteurs.
Cette présentation fait uniquement mention de la production de semences pour illustrer les efforts faits dans ce domaine depuis les quatre dernières années (fig.2).
L'activité de production de semences vivrières à l'ITRAD se fait à trois niveaux : i) production de semences de prébase, ii) production de semences de base et iii) production de semences de première reproduction (R1). La production des semences de prébase et base relève des prorogatives de l'ITRAD. Cependant, les semences de prébase sont produites uniquement au niveau des stations de recherche agronomique, tandis que les semences de base sont produites certes en milieu contrôlé, mais au-delà des stations : cette activité est menée également sur les fermes d'appui de l'institution. En outre, la production de semences R1 est faite aussi par l'ITRAD du fait du manque d'institutions spécialisées en la matière.

La production des semences R1 paraît la plus intéressante dans la mesure où elle est destinée directement aux producteurs. Chaque année l'ITRAD fait des efforts nécessaires pour augmenter la production de cette catégorie de semences afin de répondre au besoin des producteurs en semences améliorées. En quatre ans, l'effort consenti est passé d'environ 169 tonnes en 2007 à 1 768 tonnes en 2010, soit un peu plus de 10 fois la production de l'année de référence (2007). Il faut souligner par ailleurs que les productions des années antérieures étaient bien en deçà de celles de l'année de référence citée dans cette synthèse (fig. ci-dessus).
Sur le plan financement, à partir de 2006, l'Etat a consenti un effort important en augmentant le budget alloué à l'ITRAD (fig. 2). Il convient de souligner que le budget de l'institution est essentiellement basé sur la subvention de l'Etat. Il évolue cependant en dents de scie. A partir de 2008, les recettes propres contribuent de manière croissante au budget annuel de l'institution. La contribution des conventions avec les partenaires se signale certes, mais de manière faible, irrégulière et décroissante pendant cette période 6 ans.

3.2. Quelques projets et/ou programmes mis en œuvre par l'ITRAD

L'ITRAD met en œuvre quelques projets et/ou programmes pour l'atteinte de ses objectifs en matière de recherche agricole. On peut citer entre autres, les projets sur :
L' « Amélioration de la productivité du maïs (Zea mays L.) et de sa diffusion par la promotion des technologies de gestion intégrée dans les savanes du Cameroun, du Nigeria et du Tchad ».
Le « Réseau d'analyse des facteurs limitant les productions vivrières, la diversification agricole et l'accès au marché (AFOMDnet) »
L' « Amélioration de la Compétitivité du Riz en Afrique Centrale CFC/FIGR/14 ».