Des plans pour un plus grand rapprochement entre le CORAF, la CEMAC et la CEEAC approuvés

Les plans visant à impliquer la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC) et la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) ont été approuvés. Réunis à N’djamena, au Tchad, à l’occasion de sa 13e Assemblée générale, les délégués ont entendu et validé une nouvelle stratégie qui vise à engager largement la plupart des acteurs centraux de la recherche et du développement en Afrique centrale.

Le CORAF est le plus grand instrument sous-régional de coordination de la recherche en Afrique. Il a pour mandat de ses membres de travailler en Afrique centrale et occidentale. Et bien qu’il ait historiquement soutenu les systèmes nationaux de recherche agricole en Afrique centrale, les faits montrent que le CORAF a davantage investi en Afrique de l’Ouest. En conséquence, le CORAF a entrepris des actions ces dernières années pour accroître son empreinte en Afrique centrale, non seulement pour démontrer son engagement à répondre aux besoins de ses membres, mais surtout parce que la science est essentielle pour libérer l’économie agricole.

« Les dirigeants des pays et institutions d’Afrique centrale n’ont cessé de demander au CORAF d’accroître sa présence dans la région », a déclaré Dr Abdou Tenkouano.

« Ce que vous avez vu dans les discussions et l’approbation de ce document est un signe de la capacité du CORAF à être réactif aux demandes de ses principaux mandants. Ce jour marque donc un tournant dans notre histoire avec la région d’Afrique centrale. »

Alors, qu’y a-t-il dans la stratégie ?

La nouvelle stratégie résume les activités du CORAF en Afrique centrale jusqu’à ces dernières années, fournit des informations sur l’état de la recherche et du développement en Afrique centrale, et rend compte des politiques agricoles de la région. La stratégie suggère des domaines potentiels de collaboration entre les acteurs d’Afrique centrale et le CORAF et se termine par des recommandations à la fois au CORAF et aux communautés économiques régionales.

Quelles sont les actions à entreprendre par le CORAF?

À court terme :

  • Rencontrer la nouvelle équipe de la Commission de la CEEAC pour connaître sa nouvelle vision et sa stratégie, mais aussi pour présenter le CORAF, ses réalisations, sa vision stratégique, scientifique et opérationnelle, et sa volonté de reprendre la coopération avec la CEEAC ;
  • Nommer un Point Focal du CORAF au sein de chaque institution membre du CORAF qui servira de relais dans la promotion et la diffusion des technologies développées pour une meilleure visibilité de ses actions et une meilleure communication ;
  • Organiser des missions régulières dans les pays pour rencontrer non seulement les DG et les Ministres en charge de la Recherche, mais aussi ceux en charge de l’Agriculture et de l’Élevage, de l’Économie et des Finances pour intégrer leurs préoccupations pour le développement du secteur et prendre en compte la nécessité de financer les activités des SNRA et du CORAF ;
  • En s’appuyant sur le protocole d’accord entre la CEDEAO et la CEEAC de 2018, organiser sur une base annuelle, dans une capitale d’un pays de la CEEAC, une grande Foire des technologies générées dans les deux sous-régions, des technologies qui peuvent être adoptées par ces pays, afin de montrer la valeur ajoutée du CORAF en termes de facilitation du développement, du transfert et de l’échange de technologies. La contribution du secteur privé et les PTF peuvent être sollicités à cet effet.

À moyen term :

  • Soutenir la CEEAC et le Département de l’environnement, des ressources naturelles, de l’agriculture et du développement rural (DERNADR) dans la révision de la PAC, le NAFNSIP, et dans l’élaboration de stratégies visant à créer un environnement propice à l’accélération de la transformation de l’agriculture, à relier la production aux marchés (nationaux, sous-régionaux et internationaux) et à renforcer les institutions d’intégration régionale (PRASAC, CARBAP) ; 
  • Renforcer la capacité de la CEEAC à s’attaquer aux obstacles au commerce transfrontalier des intrants et des technologies agricoles. Il s’agit notamment de : (i) des politiques et réglementations régionales harmonisées, (ii) le développement du marché régional pour les produits ciblés, et (iii) le renforcement des capacités institutionnelles régionales et nationales ;
  • Appuyer le CARBAP pour éviter son effondrement en organisant, en partenariat avec le Cameroun (pays hôte), une réunion de renflouement de ce bel outil de recherche régionale et de coopération scientifique, impliquant les pays membres, la CEMAC, la CEEAC, le PRASAC, les PTF traditionnels (UE, BM, BAD, IITA et CIRAD), la PROPAC et le secteur privé (Plantations des Hauts Penja) ;
  • Développer des thèmes de recherche prospectifs et produire des notes d’orientation pour informer et influencer les politiques sur les priorités et les problèmes actuels et futurs en Afrique centrale.

Quelles sont les recommandations formulées à l’endroit de la CEEAC

À court terme :

  • Réviser et signer un nouvel accord de partenariat pour remplacer la version de 2008, en tenant compte des nouveaux défis et des priorités actuelles de la CEEAC : Covid-19, Changement climatique, Emploi des jeunes, Transformation agricole, Élevage et Aquaculture, Gestion durable des ressources naturelles, Gestion de l’eau, entre autres ;
  • Mettre en place un Groupe technique de suivi de la mise en œuvre de l’Accord de partenariat CEEAC-CORAF, impliquant les gouvernements des pays de la CEEAC, la CEMAC, le PRASAC et le CARBAP. Ce groupe pourra avoir une réunion virtuelle à une fréquence à déterminer et une réunion physique une fois par an lorsque la situation sécuritaire et sanitaire (post-COVID) le permettra ;

À moyen terme :

  • Initier l’élaboration et la mise en œuvre de projets régionaux d’envergure impliquant les pays, le CORAF et les potentiels PTF, sur les priorités actuelles telles que : le changement climatique, la gestion de l’eau, l’emploi des jeunes, la productivité agricole dans un contexte de risques physiques et biologiques, notamment COVID-19 et d’éventuelles pandémies ;
  • Analyser avec le CORAF, l’INRA, le PRASAC, le CARBAP, le secteur privé, les APO et la BDEAC, les stratégies de mobilisation des décideurs politiques et des PTF pour sécuriser les financements sur ressources internes et externes afin de développer des programmes importants pour la transformation agricole durable des pays d’Afrique centrale.

Le Secrétariat du CORAF a maintenant été chargé de mettre en œuvre la stratégie et de prendre toutes les mesures nécessaires pour s’assurer qu’elle se transforme en action.

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