Renforcer la résilience climatique dans les États d’Afrique centrale

Une semaine après la Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP26) à Glasgow, les acteurs du climat et de l’environnement d’Afrique centrale sont convoqués à Kinshasa, en République démocratique du Congo, pour réfléchir à la manière de renforcer la pratique de l’agriculture intelligente face au climat dans la région.

Organisé conjointement par la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), le CORAF et l’Union européenne, cet événement de trois jours (24 au 26 novembre 2021) permettra aux participants de discuter davantage des moyens de renforcer l’itération centrafricaine de l’Alliance pour une agriculture intelligente face au climat (CSA). La CSA est un consortium de chercheurs, de décideurs, de groupes d’agriculteurs, d’organisations non gouvernementales, d’organisations de la société civile et du secteur privé.

Cette plateforme devrait servir d’instrument de coordination à travers lequel les acteurs pourront avoir un dialogue ouvert afin de mieux aligner les initiatives et d’harmoniser les efforts pour intensifier les interventions climato-intelligentes.

« La région de l’Afrique centrale n’est pas exonérée de la crise climatique. Malgré son énorme potentiel, l’agriculture de la région connaît encore une productivité considérablement faible et, par conséquent, ne peut pas contribuer comme prévu au produit intérieur brut et à la croissance économique », affirme Dr Emmanuel Njukwe, Directeur de la Recherche et de l’Innovation du CORAF.

« L’Alliance CSA est un moyen de rassembler les acteurs pour dialoguer, mieux aligner les initiatives et harmoniser les efforts dans le but d’intensifier les interventions climatiques intelligentes. »

La réunion initiale pour mettre en place l’alliance en Afrique centrale s’est tenue virtuellement en décembre 2020.

L’Afrique de l’Ouest a déjà une initiative CSA. Créée en 2015 à Bamako, au Mali, elle soutient la prise de décision fondée sur des données probantes en matière d’agriculture et de changement climatique.

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L’établissement de l’Alliance CSA est une activité cruciale financée par le projet de Transformation agricole adaptée au climat dirigée par la science en Afrique de l’Ouest et du Centre (CAADP-XP4). CAADP-XP4 est une intervention de quatre ans financée par l’Union européenne et administrée par Fonds international de développement agricole (FIDA)).

Le projet est mis en œuvre à travers l’Afrique par plusieurs autres partenaires, notamment le Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA), le Forum africain pour les services de conseil agricole (AFAAS), l’Association pour le renforcement de la recherche agricole en Afrique orientale et centrale (ASARECA) et le Centre de coordination de la recherche et du développement agricoles pour l’Afrique australe (CCARDESA).

Globalement, l’objectif du projet CAADP-XP4 est de contribuer à la mise en œuvre de l’Agenda 2030, en particulier les objectifs 2 (faim zéro), 5 (égalité des sexes), 10 (réduction des inégalités), 12 (consommation responsable) et 13 (lutte contre le changement climatique) ainsi que de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et la Déclaration de Malabo du Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine (PDDAA). 

CAADP-XP4 fait partie de l’initiative Développement de l’innovation intelligente par la recherche en agriculture (DeSIRA) – une initiative de l’Union européenne.

Le CORAF met en œuvre au total, trois projets de l’initiative DeSIRA. Les deux autres sont Biorisks et l’Anticipation et la gestion des risques biologiques pour renforcer la résilience des agriculteurs au changement climatique en Afrique de l’Ouest et du Centre, en collaboration avec l’Établissement de gestion des risques biologiques (BIMAF), le programme West African Virus Epidemiology (WAVE) et les Systèmes nationaux de recherche dans dix pays.

Un jour avant la discussion sur l’agriculture intelligente face au climat, les participants tiendront une discussion sur la gestion des risques biologiques liés au manioc. L’événement d’une demi-journée sera organisé en partenariat avec le programme d’épidémiologie virale d’Afrique centrale et occidentale (WAVE).

Il existe près de 14 initiatives DeSIRA en Afrique de l’Ouest et du Centre, pour un montant de près de 70 millions d’euros.