Son doctorat a été le moment décisif de sa carrière 

Le chercheur ghanéen Harry Okyere, âgé de 43 ans, a vu son destin changer de manière significative depuis qu’il a obtenu son doctorat grâce au financement du Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO). Pendant le PPAAO, plus de 1.000 personnes ont été formées à travers l’Afrique de l’Ouest, produisant probablement la plus grande cohorte de scientifiques de la prochaine génération en Afrique de l’Ouest.

L’histoire de Harry remonte en 2014, lorsqu’il a été sélectionné avec d’autres candidats pour bénéficier d’une bourse du PPAAO. Cette bourse a permis à Harry de suivre un programme de quatre ans au Département de chimie de l’Université Kwame Nkrumah, où il a mené ses recherches. À la fin de ses études, il a obtenu un doctorat en chimie environnementale. 

Le PPAAO m’a beaucoup aidé. Sans lui, je n’aurais pas pu obtenir ce doctorat.”

Dr Harry Okyere

Avec son doctorat en poche, Dr Harry est aujourd’hui dans une bonne positon pour écrire et soumettre des propositions sans qu’elles ne soient recalées pour faute d’un doctorat, ce qui n’était pas le cas auparavant.

« Lorsque vous rédigez des propositions, certaines requièrent un doctorat. Aujourd’hui, ce doctorat m’a ouvert les portes et je peux soumettre des propositions partout », déclare Dr Harry. 

Cela a également catapulté le jeune chercheur dans sa carrière professionnelle. Il occupe présentement le poste de Conseiller à la recherche scientifique industrielle, à l’Institut de recherche sur les cultures du Conseil de la recherche scientifique et industrielle (CSIR).

De sa position à l’unité post-récolte, il a une vue transversale sur tout ce qui requiert l’expertise de la chimie : contrôle de la qualité de l’eau utilisée pour irriguer les cultures, contrôle du niveau des métaux lourds dans les plantes, etc.

« Mes études et mes nouvelles connaissances ont été incroyablement utiles. Cela m’a élevé à la position où je suis maintenant », dit-il avec un sourire.

Transformer les résidus de manioc en revenus

La thèse de Harry a porté sur la recherche de solutions pour mitiger les problèmes associés à la transformation du manioc en “gari”.

« Les résidus de la transformation du manioc en gari constituent un problème pour les agriculteurs », affirme Dr Okyere.

Face à ce défi, le chercheur a choisi de s’attaquer à la gestion des déchets solides. Les agriculteurs ont du mal à gérer cette forme de déchets. Alors, Harry a mis au point une système de transformation de ces déchets en nourriture pour lapins.

« Avec des procédés adéquats, nous avons réussi à transformer ces résidus en nourriture pour lapins et nos produits peuvent également servir à nourrir des moutons, des poissons et bien d’autres animaux encore », déclare Dr Harry.

Alors, avec cette technologie mise au point par le chercheur, les résidus qui étaient autrefois sources de problèmes pour les agriculteurs et pour les communautés qui ne savaient pas comment gérer leur entassement dans la nature, sont désormais sources de revenus supplémentaires.

Satisfait du programme et surtout avide de sa continuité, le scientifique déclare : « le PPAAO est un excellent programme et je souhaite que cela continue, plus précisément dans le transfert de technologies. »

« La success story n’est pas encore terminée. Je reste convaincu qu’ils peuvent faire plus », lance-t-il à l’endroit des bailleurs.

Sous la coordination technique du CORAF, le PPAAO a été mis en œuvre de 2008 à 2019. C’est une initiative de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), financée par la Banque mondiale.