Le Centre d’Excellence sur les Racines et Tubercules a besoin d’aide pour exploiter son analyseur d’ADN d’un demi-million de dollars

  • Le centre a acquis un analyseur d’ADN de dernière génération grâce au Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest ;
  • Depuis son acquisition en 2015, il n’a pas pu l’utiliser, faute de moyens et d’expertise ;
  • Son utilisation générera des revenus pour l’institut et bénéficiera à la sous-région.

Peu d’institutions de recherche au Ghana et en Afrique de l’Ouest disposent d’un analyseur d’ADN en raison du coût parfois prohibitif. On estime qu’un modèle moderne coûte environ un demi-million de dollars.

Dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO), le gouvernement du Ghana a acheté la dernière génération d’analyseur d’acide désoxyribonucléique (ADN) pour l’Institut de recherche sur les cultures du Conseil pour la recherche scientifique et industrielle (CSIR-CRI) basé sur à Kumasi.

Depuis 2015, cet important outil n’a pas été utilisé. « L’analyseur d’ADN n’a pas été étalonné et nous n’avons pas l’expertise pour nous en servir », déclare Dr Ruth Prempeh, sélectionneuse moléculaire d’espèces végétales au CRI-CSIR.

Cependant, « le coût d’acquisition de cet analyseur d’ADN 3730 est d’environ 500.000 USD », informe Dr Ruth Prempeh, par ailleurs Responsable du Centre de Biotechnologie de l’Institut.

L’équipement, de modèle 3730, est la référence en matière d’analyse génétique à haut et moyen débit. Seul le CRE sur les racines et tubercules en possède un, au Ghana.

Dans le monde scientifique, l’analyseur d’ADN 3730 est considéré comme l’un des meilleurs analyseurs d’ADN. Il permet d’obtenir des données de haute qualité à faible coût. Il est utilisé pour le séquençage d’ADN d’espèces animales et végétales.

Pourquoi n’est-il pas opérationnel ?

Sur la base de notre reportage à Kumasi, au Ghana, dans les premières semaines de mai 2021, la Responsable du Centre de Biotechnologie du CSIR a déclaré que c’est parce que l’équipement a été acquis à la fin du PPAAO. Par conséquent, il n’y avait pas de financement pour trouver quelqu’un pour le faire fonctionner.

De fait, « l’équipement a été acquis à la dernière étape du PPAAO et à cause de cela, il n’a pas pu être étalonné », explique Dr Prempeh.

L’étalonnage est une opération qui permet d’assurer la traçabilité métrologique des mesures.

Financement pour le rendre opérationnel

Ainsi, l a Responsable du Centre de Biotechnologie fait savoir que le centre est actuellement à la recherche de collaborations et de financements afin de pouvoir étalonner l’analyseur d’ADN et former le personnel à son utilisation.

D’après les devis estimatifs reçu par le centre, les frais d’installation et d’étalonnage s’élèveraient à 41.100 USD. En outre, le matériel requiert une maintenance régulière sur une base annuelle dont les frais sont estimés à environ 36.000 USD.

Perte économique

La conséquence du non fonctionnement de cet équipement est que les chercheurs ghanéens sont obligés d’envoyer leurs échantillons à l’étranger afin qu’ils soient analysés, à grands coûts.

« La plupart de nos échantillons doivent être envoyés à l’extérieur vers des laboratoires internationaux, où ils font la même activité que ce que l’on pourrait faire ici », déplore Dr Prempeh.

“If the device works and we have qualified personnel to use it, it will be useful not only for Ghana but also for the sub-region. We will use it ourselves and people in the sub-region will also be able to bring their samples, which will generate income for the center,” argues Dr. Prempeh.

In addition, the equipment will enhance and improve conventional reproduction of species, increase productivity and, indirectly, improve the livelihoods of smallholder farmers.

« Si l’appareil fonctionne et que nous avons du personnel qualifié pour l’utiliser, il sera utile pas uniquement pour le Ghana, mais aussi pour la sous-région. Nous l’utiliserons nous-mêmes et les gens de la sous-région pourront également apporter leurs échantillons, ce qui générera des revenus pour le centre », argumente Dr Ruth.

De plus, l’équipement améliorera et augmentera la reproduction conventionnelle des espèces, augmentera la productivité et, par ricochet, améliorera les moyens de subsistance des petits agriculteurs.

Le PPAAO est un programme financé par la Banque mondiale, à l’initiative de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Mis en œuvre par le CORAF, le programme a démarré en 2008 et s’est achevé en 2019.