Vers la Création d’une Alliance pour une Agriculture Intelligente face au Climat en Afrique Centrale

Comme dans de nombreuses régions de l’Afrique Subsaharienne, le système alimentaire de l’Afrique centrale est durement touché à l’extrême par le changement climatique, ce qui entraîne une faible productivité. Alors que les gouvernements, les acteurs du développement et la société civile intensifient leurs efforts pour augmenter la production alimentaire afin de répondre à la demande croissante, de nombreuses options sont envisagées.

L’une des principales options est la création d’une alliance pour une agriculture intelligente face au climat (AIC) —un consortium de chercheurs, de décideurs, de groupes d’agriculteurs, d’organisations non gouvernementales, d’organisations de la société civile et du secteur privé.

Le 9 décembre 2020, le CORAF a réuni les principaux acteurs de l’environnement et de l’agriculture des pays d’Afrique centrale, y compris la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), pour réfléchir aux possibilités d’établir une Alliance AIC en Afrique centrale.

L’Alliance AIC sert de plateforme de coordination à travers laquelle les acteurs peuvent avoir un dialogue ouvert pour mieux accorder les initiatives et harmoniser les efforts pour intensifier les interventions intelligentes face au climat.

« Il est important de créer un cadre régional de dialogue entre la recherche et les décideurs politiques sur la question du changement climatique dans l’agriculture », a déclaré le représentant du Directeur Exécutif du CORAF, lors de la cérémonie d’ouverture de l’événement en ligne.

« La recherche et le développement agricoles ne contribueront pas seulement aux nouvelles technologies et aux bonnes pratiques, mais généreront également les preuves scientifiques nécessaires pour prendre les décisions appropriées afin d’orienter les politiques sur le changement climatique dans l’agriculture. »

La région de l’Afrique de l’Ouest a déjà une initiative AIC. Créée en 2015 à Bamako, au Mali, l’initiative AIC soutient la prise de décision fondée sur des preuves, dans l’agriculture et le changement climatique.

Pour que l’initiative AIC fonctionne en Afrique centrale, la communauté économique régionale doit jouer un rôle de leadership, affirment les experts.

Le Programme Détaillé de Développement de l’Agriculture Africaine est le principal cadre politique des chefs d’État africains concernant la production alimentaire sur le continent. Dans chaque région d’Afrique, ce cadre politique est mis en œuvre à travers un plan agricole régional. En Afrique centrale, il devrait être mis en œuvre par la CEEAC dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

M. Abakar Mohammed, Ingénieur Agro-Économiste et également Chef du Département Agriculture et Développement Rural de la CEEAC était présent à l’événement virtuel.

Dans sa déclaration liminaire, il a remercié le CORAF d’avoir initié une telle démarche pour impliquer les acteurs du système alimentaire d’Afrique centrale pour résoudre les défis auxquels l’agriculture est confrontée.

Le Haut fonctionnaire de la CEEAC a accueilli favorablement l’approche consistant à établir une Alliance AIC en Afrique centrale. Il a détaillé la Politique Agricole Commune ainsi que les Contributions Prévues Déterminées au niveau National des pays d’Afrique centrale.

La rencontre s’est terminée par un accord pour travailler à l’établissement d’une Alliance AIC en Afrique centrale. À travers le projet PDDAA-XP4, le CORAF cherche à renforcer la collaboration entre les principaux acteurs du secteur agricole en vue de meilleurs résultats alimentaires et nutritionnels en Afrique de l’Ouest et du Centre. La création de l’Alliance AIC est une activité cruciale financée par le projet PDDAA-XP4. Alors que le projet se dirige vers la cartographie des projets intelligents face au climat en Afrique centrale, il profiterait davantage de l’opportunité pour opérationnaliser l’alliance en Afrique centrale.