Un investissement de l’UEMOA revitalise les secteurs du coton, du maïs et de l’élevage

Selon un nouveau rapport, les secteurs ouest-africains du coton, du maïs, de l’élevage, de l’aquaculture et de la volaille sont plus compétitifs et offrent aux petits exploitants agricoles des revenus plus élevés aujourd’hui qu’il y a quelques années.

Avec un investissement de 1,5 milliard de FCFA de la part de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), le CORAF, une institution de coordination régionale de la recherche basée à Dakar, a mis en œuvre un projet de recherche collaborative de cinq ans. Le projet a renforcé la résilience des communautés bénéficiaires et a contribué à améliorer les moyens de subsistance de milliers de personnes dans les États membres de l’UEMOA.

L’UEMOA est une union douanière composée de huit pays (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo). L’économie alimentaire des pays membres de l’Union est actuellement estimée à 43 milliards de dollars US, ce qui représente près de 30 % du produit intérieur brut. Cela fait du système alimentaire un pilier majeur des huit économies de l’UEMOA.

Du Bénin au Burkina Faso en passant par la Côte d’Ivoire, les petits exploitants agricoles ont considérablement amélioré leur situation grâce à l’adoption d’innovations éprouvées diffusées par le CORAF et les partenaires nationaux des instituts de recherche.

“Pour nous, ces résultats répondent de manière significative à nos attentes”, déclare M. Abdallah Boureima, Président de la Commission de l’UEMOA.

En 2014, la Commission de l’UEMOA a financé le CORAF pour améliorer les secteurs du maïs, du coton, de l’élevage, de la volaille et de l’aquaculture grâce à la recherche.

“Cet investissement a considérablement renforcé la résilience et les moyens de subsistance des bénéficiaires dans la communauté de l’UEMOA”, déclare le Dr Abdou Tenkouano, Directeur Exécutif du CORAF.

Quels sont les principaux résultats du projet ?

Huit mille cinq cent quarante-six ménages ont bénéficié directement du projet, dont vingt-trois pour cent sont des femmes.

La plupart des technologies générées tout au long du projet ont été diffusées par le biais de plateformes d’innovation. Il s’agit de lieux d’échange, d’apprentissage, de partage et d’adoption informels de technologies, d’innovations et de meilleures pratiques agricoles entre les principaux acteurs de la chaîne alimentaire d’une communauté donnée.

Au total, quinze plateformes d’innovation ont été créées et fonctionnent dans les huit pays de l’UEMOA. Environ 5 500 personnes ont interagi sur ces plateformes, ce qui représente 27 % des femmes.

Emile ADIMOU est le président d’une plateforme d’innovation regroupant les acteurs de la filière cotonnière au Bénin. Le Bénin, le Mali et le Togo ont participé à la diffusion d’une technologie innovante pour transformer les tiges de cotonniers en panneaux de particules. Le résultat a permis de transformer un résidu jusqu’alors sans valeur en une activité génératrice de revenus.

“Je pense que c’est une bonne initiative qui contribuera à réduire la pauvreté et à augmenter les revenus des femmes et des jeunes au Bénin, déclare Emile ADIMOU.

“La pisciculture a sauvé ma vie et celle de ma famille,”

Près d’un quart de l’investissement total a été consacré à la compréhension de la composition génétique des ovins, bovins, pintades, tilapias, etc. ainsi qu’à l’augmentation de leur production.

Les résultats des recherches menées dans le cadre du volet “élevage” du projet ont contribué à l’augmentation des revenus et des moyens de subsistance des pisciculteurs de la région et en particulier de la Côte d’Ivoire.

Ivoirien de 54 ans, Klodan Sanogo a été l’un des bénéficiaires de la technologie de pisciculture.

“La pisciculture a sauvé ma vie et celle de ma famille. Depuis que j’ai reçu de nouveaux aliments et des alevins, ma production a considérablement augmenté”, explique Klodan Sanogo.

Outre l’amélioration des revenus, l’un des impacts indirects les plus importants du projet a fini par être le renforcement des liens sociaux entre des tribus auparavant antagonistes.

En réunissant des pisciculteurs de tribus auparavant hostiles, les anciennes rivalités ont été apaisées et les vieilles blessures ont été guéries.

La Côte d’Ivoire a connu une crise civile brutale après les élections de 2010. Entre décembre 2010 et avril 2011, environ 3000 personnes auraient été tuées à la suite d’une impasse sur le vainqueur des élections présidentielles.

Le projet a également contribué à préparer la future génération de scientifiques en Afrique de l’Ouest. Au total, 25 étudiants – dont 36 % sont des femmes, ont obtenu des masters et des doctorats grâce au projet.

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