40 000 producteurs bénéficieront d’un projet de recherche financé par l’Union européenne

Environ 40 000 familles du Burkina Faso, du Niger et du Sénégal bénéficieront d’un nouveau programme quinquennal de sélection végétale financé par l’Union européenne et coordonné en Afrique de l’Ouest par le CORAF et d’autres partenaires clés.

L’annonce a été faite au début du mois de mars 2020, à Dakar, la capitale sénégalaise, lors du lancement du projet Renforcement des réseaux et des capacités institutionnelles en amélioration des plantes pour le développement de cultures résilientes répondant aux besoins des paysans d’Afrique de l’Ouest (ABEE).

Le nouveau projet vise à renforcer la résilience des communautés rurales du Sahel au changement climatique par la mise en place d’équipements et d’infrastructures modernes pour la sélection des variétés de cinq cultures sensibles au climat (niébé, arachide, mil, sorgho et fonio).

En 2018, le Burkina Faso, le Niger et le Sénégal ont produit 72% du mil, 53 % du niébé, 41% du sorgho, 31% de l’arachide et seulement 7,6% du fonio dans toute l’Afrique de l’Ouest, selon l’Organisation pour l’Alimentation et l’Agriculture.

Le projet ABEE apportera une meilleure approche à la coordination de la sélection variétale aux niveaux régional et national en plaçant les sélectionneurs du Burkina Faso, du Niger et du Sénégal au cœur de l’action pour développer et moderniser leurs pratiques de sélection et mieux identifier les demandes du marché.

Un large consortium d’acteurs de mise en œuvre

Le projet ABEE sera mis en œuvre par un vaste réseau d’institutions mondiales, régionales et nationales ayant fait leurs preuves en matière d’amélioration variétale. Il s’agit notamment du CORAF, de l’Union européenne, du l’Organisme français de recherche agronomique et de coopération internationale pour le développement durable des régions tropicales et méditerranéennes (CIRAD), d’AfricaRice par le biais de Integrated Breeding Platform, de l’Institut Sénégalais de Recherche Agricole à travers le Centre d’études régionales pour l’amélioration de l’adaptation à la sécheresse (CERAAS), de l’Institut National de l’environnementale et de recherche agricole du Burkina Faso et de l’Institut national de recherche agronomique du Niger du (INRAN).

Ce qu’ils ont dit lors de la cérémonie de lancement

Dr Abdou Tenkouano, Directeur Exécutif du CORAF

“L’amélioration variétale des principales cultures vivrières est un outil important pour répondre efficacement aux besoins alimentaires croissants et à l’augmentation de la population. Ma conviction est que si nous unissons nos efforts et nos ressources, nous obtiendrons des résultats qui répondront aux attentes de nos courageux agriculteurs et producteurs. ”

Boubaca Kanouté, Chargé de programme pour l’agriculture et le développement rural de la délégation de l’UE au Sénégal

“Ce projet est le fruit d’un engagement politique au plus haut niveau entre les ministres de l’agriculture de l’Union européenne et de l’Union africaine. Le projet souligne l’importance du secteur agricole dans la lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle, la pauvreté, la création d’emplois décents, en particulier pour les jeunes et les femmes en milieu rural”.

Dr. Hamidou Traoré, Directeur de l’INERA

“L’importance du niébé, de l’arachide, du mil, du sorgho et du fonio pour les communautés des pays cibles est bien connue. Le renforcement des processus impliqués dans une meilleure panification ne pourrait que renforcer la résilience des petits exploitants dans ces pays”.

Dr. Alioune Fall, Directeur Général de l’ISRA

“ABEE répondra plus efficacement à la demande de variétés productives émanant de divers acteurs, où des sélectionneurs expérimentés se retrouveront dans des stations et des laboratoires bien équipés utilisant des techniques de sélection modernes”.

Mme Sylvie Lewicki, Directrice Régionale pour l’Afrique de l’Ouest – Zone sèche du CIRAD  

“Le CIRAD est très heureux d’être partenaire de ce projet qui renforcera le réseau régional de sélectionneurs créé dans le cadre du Dispositif de Rechercher et d’enseignement en partenariat Innovation et Amélioration variétale en Afrique de l’Ouest (dP IAVAO) qui partage ses objectifs avec le Centre d’Étude Régional pour l’Amélioration de l’Adaptation à la Sécheresse (CERAAS), lui-même centre de l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA) à vocation sous régionale, qui est d’ailleurs un Centre Régional d’Excellence du CORAF.”

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Photo des participants lors de l’atelier de lancement

Les agriculteurs du Mali ne sont pas en reste

Les agriculteurs du Mali bénéficieront également de nouvelles variétés grâce à un projet de l’ICRISAT connu sous le nom de Amélioration de la productivité des cultures et de la résistance au climat pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle (APSAN-Mali). APSAN-Mali travaillera en collaboration avec le projet Accélération de l’amélioration variétale et de la livraison de semences de légumes et de céréales en Afrique (AVISA), financé par la Fondation Bill et Melinda Gates. Il cherche à maximiser les impacts dans les champs des petits exploitants agricoles en Afrique de l’Ouest (Burkina Faso, Ghana, Mali et Nigeria).

L’historique

ABEE est financé par le programme Développement de l’innovation intelligente par la recherche en agriculture (DeSIRA), une initiative de l’UE mise en place en 2017 pour soutenir la réalisation des objectifs de développement durable. DeSIRA s’adresse à de multiples ODD interconnectés. Le financement total est estimé à 300 millions d’euros.

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Le CORAF met en œuvre au total trois projets de l’initiative DeSIRA. Les deux autres comprennent le CAADP-XP4 et le projet Anticiper et gérer les risques biologiques pour renforcer la résilience des agriculteurs au changement climatique en Afrique de l’Ouest et du Centre, en collaboration avec le Biorisk Management Facility (BIMAF), le West African Virus Epidemiology (WAVE) et les systèmes nationaux de recherche de dix pays.

Il existe actuellement près de 14 initiatives DeSIRA à travers l’Afrique de l’Ouest et du Centre, pour un montant de près de 70 millions d’euros.