Eloge du rôle catalytique d’INIDA dans la diffusion de l’innovation

Les rudes effets du changement climatique sur le petit Etat insulaire du Cap-Vert n’ont pas rendu ses défis de développement plus confortables. A Santiago, l’une des quatre îles du Cap-Vert, il n’a pas plu depuis trois ans, ce qui rend les pratiques agricoles délicates.

Accroître la productivité dans ces circonstances avec moins de dommages à un environnement déjà dégradé devient un dilemme majeur. Selon les experts, la science, les innovations et les technologies sont le meilleur pari pour remettre l’industrie agricole du pays sur une voie durable.

Aucune autre institution n’est la mieux placée pour faire avancer le programme de la science et de l’innovation au Cap-Vert que l’Institut national de recherche pour le développement agricole (INIDA). Pendant quatre décennies, l’INIDA a dirigé la création et la diffusion de technologies appropriées et éprouvées qui ont entraîné des changements substantiels dans les moyens de subsistance des communautés rurales à travers le Cap-Vert.

« Je tiens à féliciter l’INIDA pour ses innovations agricoles de pointe au Cap-Vert », a déclaré le Dr José Ulisses de Pina Correia e Silva, Premier ministre (PM) du Cap-Vert.

S’exprimant à Achada Porto, située à environ 44 kilomètres de la capitale, Praia, le Premier ministre a assuré à l’INIDA du soutien politique nécessaire tant qu’elle continuerait de stimuler les innovations et de diffuser des paquets technologiques intelligents. Achada Porto, comme la plupart des communautés du Cap-Vert, est affectée par le changement climatique, l’érosion des sols, la dégradation des terres et le stress hydrique.

Le Premier ministre, qui est également Chef de l’Etat du Cap-Vert, a pris la parole mardi 14 janvier en présence d’autres hauts responsables du gouvernement, du maire et des habitants du Comté de Tarrafal sur l’île de Santiago.

Dr. José Ulisses de Pina Correia e Silva (troisième à droite) Premier ministre du Cap-Vert à Achada Porto, Cap-Vert. Mardi 14 janvier 2020. Crédit photo / CORAF

Un projet innovant avec des leçons pour les pays aux agroécologies similaires 

Bien qu’il s’agisse d’un petit État insulaire, les réalités agroécologiques du Cap-Vert sont similaires à celles des pays sahéliens. Avec sa topographie montagneuse, l’érosion des sols est endémique, et la rareté de l’eau est une caractéristique régulière, une contrainte supplémentaire à l’environnement agricole.

Grâce au financement du Fonds international de développement agricole (FIDA), le Gouvernement capverdien met en œuvre un système hydroponique à faible coût et économe en eau, qui permet la culture de plantes hors sol et l’utilisation généralisée de l’énergie photovoltaïque pour mobiliser et gérer l’eau.

« Jusqu’à récemment, le village de Tarrafal était principalement constitué de pierres », explique Jiao Fonseca, Coordonnateur du projet FIDA. Mais depuis le début du projet, de nombreux bénéficiaires ont franchi un cap.

« J’ai passé la majeure partie de mon temps devant la télévision ou à faire des choses qui n’étaient pas importantes. Mais depuis que j’ai reçu la formation et les connaissances pour cultiver des concombres, des laitues et des tomates, non seulement les repas dans ma maison se sont améliorés, mais nous avons également constaté une augmentation de nos revenus », explique Edna Rose Lopes, l’une des bénéficiaires.

Le projet financé par le FIDA a bénéficié à 30 personnes (27 femmes et trois hommes) dans un village d’environ 150 personnes. La plupart des bénéficiaires n’avaient pas d’expérience agricole auparavant. Mais grâce à un effort combiné d’organisations non-gouvernementales, de spécialistes de la recherche et de la vulgarisation de l’INIDA et à l’appui du Gouvernement local, ces femmes ont constaté une amélioration de leurs revenus et de leurs conditions de vie.

L’INIDA a conclu un protocole d’accord avec le FIDA pour la diffusion des technologies intelligentes dans le cadre du Programme d’opportunités socioéconomiques rurales (POSER).

La population totale du Cap-Vert est d’environ 500 000 personnes et 500 000 autres vivent à l’étranger, principalement en Amérique du Nord et en Europe.

Quarante Ans d’Impact

INIDA a 40 ans. En tant que principal moteur de l’innovation et mandataire du savoir du pays dans le domaine de l’innovation agricole, l’INIDA a contribué à fournir non seulement de nouvelles technologies mais aussi à faciliter la diffusion des technologies pertinentes après des communautés rurales. Voici quelques-unes des réalisations de l’INIDA :

  • La diversification des espèces, pratiques et variétés horticoles ;
  • L’amélioration des semences et des cultures ;
  • L’installation de banques de matériels génétiques et de banques de semences agricoles ;
  • La conservation de la biodiversité terrestre ;
  • Contribution à la recherche appliquée et au transfert de connaissances, et aux technologies d’irrigation et d’horticulture ;
  • La relance de la culture de la banane ;
  • Contribution au renforcement des capacités d’adaptation au changement climatique et de résilience dans le secteur de l’eau au Cap-Vert ;
  • Le diagnostic et la lutte contre les maladies et les nuisibles ;
  • Réalisation d’études sur la rentabilité économique de onze principales cultures maraîchères et fruitières ;
  • L’utilisation d’eaux usées traitées dans la production de semences fourragères.

L’INIDA est membre du CORAF, l’organisme responsable de la coordination de la recherche agricole en Afrique de l’Ouest et Centrale. L’INIDA est actuellement dirigée par Maria Angela P. Bareto Da Veiga Moreno, qui est également Présidente du Conseil d’administration du CORAF.

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